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Full text of "Bulletin des Sciences Physiques et Naturelles en NĂ©erlande"

BULLETIN 







DES 



SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES 



EN 



NfcERLANDE, 



RfcDIGfc PAR 



F. A. 



' ' ' ...'Jjili'l 

*. - -f 

MIQUEL, G. J. MULDER ET W. WENCKEBACH. 






(V 






LEYDE, 

CHEZ P. H. VAN DEN IIEUVELL, 

I. I B R A I R E - K U I T E U K. 



I>tl'AIMKI D2 A. 1). SCHI.N'M.L, 



ANNONCEDU LIBRAIRE. 



Le Bulletin ties sciences physiques et naturelles sera distribue aux souscripleurs deux fois par rnois, par 
1'intermediaire des postes a lettres. 

Le prix est fixe pour la Neerlande a .......... f 5,50. 

Pour l'ext(5rieur a ....... ... .'.''!". . .'.. . . f 6,75. 

Le prix d'un N., accompagne d'une ou de plusieurs planches, sera augmente de 30 cents pour chaque planche. 

**' & 2&. van Sen 

Janvier J83S. 






v> ,'. '. ' 



AYANT-PROPOS. 



La langue hollandaise etant presque entwrement inconnue d tetranger , les cultivateurs des 
Sciences physiques el naturelles dans notre pays , ont eprouve de yrandes difficultes dans la publi- 
cation de leurs travaux litteraires , depuis quen Sciences on a quitte I'usage de la langue latinc , 
et les Savans Strangers se sont trouves presque tout-a-fait dans I' impossibility , (Cobtenir quelques 
notices sur I'etat des Sciences en Necrlande. 

C'est done pour satisfaire d un desir vivement senti depuis longtcmps , que nous nous sommes 
reunis , pour publier une feuille dans une langue, (jeneralement connue par tout le monde civilise. 
Ellc contiendra des exlraits ou traductions de mernoires hollandais , des memoires concis , des 
annonces de livres et cfautres nouveautes relatives aux dites Sciences dans la Neerlande. Les 
redactcurs se Jlattent dc Cespoir, quon voudra lien les aider dans la tdche, parfois difficile, 
quits se sont imposfe. 

Deux fois par mois il se publisra une feuille in 4' , accompagnee , quand il le faudra , de 
planches. La 25 nie , ou derniere feuille , contiendra un Index sur toute la partie annuelle. 



Les personnes qui voudront nous cnvoyer soil dcs livres imprimes , destines d 6tre annonces 
dans le Bulletin , soit des memoires manuscrits , sont prides de les adresser , comme tons les 
oljets relatifs d la correspondance , franc de port aux rddacteurs ,. ou au libraire-editeur a 
Leyde. 



et 
f 






STANCE PUBIIQUE 



DE LA PREMIERE CLASSE 



DE L'INSTITUT ROYAL DBS PAYS-BAS. 



- 



Vendredi 22 Decemhre JS37. 

La premiere classe de 1'Institut a lenu aujourd'hui la onzieine seance publique. Le Pre- 
sident M. Alewijn, apres avoir complimente 1'assemblee , donna la flatlcuse assurance, que 
la classe avail pu continuer avec succes ses operations pendant les deux annees dernieres , 
quoiqu'elle cut a deplorer la perte de plusieurs membres actifs et savants, lels que MM. 
J. M. C. van Uttenhoven, A. P. R. C. van der Borgh van Verwolde et A. Pacts van Troost- 
wijk , de ses correspondants MM.. P. J. Groen van Prinsterer a la Haye, et D. Hufeland a 
Berlin , que la classe a en partie remplaces par d'aulres savants du pays et de 1'etrangcr. 

Le Secretaire M. le Prof. G. Vrolik passa ensuite au proces-verbal des operations de la 
classe : il les divisa en deux sections ; 1 cclles qui sont dcmandees par le Gouvcrnemcnt ; 
2 celles qui appartiennent a la classe elle-meme. 

Le Ministre de 1'Interieur avail envoye a la classe un memoire adresse a lui, sur les 
charbons de tourbes, sur Icquel S. E. demandait le sentiment de la classe, a quoi elle a 
satisfait. La classe a recu par la meme voie deux nouvelles inventions de M. Schiereck a 
Francfort pour en rapporter: 1 sur une machine a calculer; 2 sur une application parti- 
culiere de la force du venl pour augmenler la velocite des vaisseaux , des moulins etc. la 
classe, ne pouvant en juger d'apres les descriptions defectueuses, n'a pu decider la valeur 
des dites inventions , surloul puisqu'elles elaient accompagnees de cerlificats evitant evi- 
demmenl la question, et donncs par deux savanls compatrioles de 1'inventeur. 

La classe a aussi rapport6 au Ministere sur deux invenlions , ou plutot invenlions amelio- 
rees de M. W. van Houlen. Le Minislre de la Marine et celui de 1'Interieur ont souhaite 
d'apprendre le jugement de la classe sur le nouveau remede , qu'on applique, selon toute 
apparence avec succes, pour proleger les bois contre la pourriture, nommee vervuring , 
matiere sur laquelle la classe n'a pas encore r6pondu. 

On a en outre demande 1'opinion de la classe sur 1'utilite de 1'application de r6servoirs 
a eau, comme a Venise , (selou une description de ces reservoirs donn6e par le Major van 
Panhuys) afin d'avoir de 1'eau potable a Amsterdam. II a paru a la classe , que ce remede 
ne pourvoirait qu'insuffisamment aux besoins de la capitale. 

En 1836 elle a sollicit6 la permission et 1'assistance du Roi pour tenter la perforation 
d'un puits Artesien, a quoi S. M. a bien voulu acquiescer , taridis que par l'administration 
de la capitale on lui a donne toute 1'autorisation necessaire pour altcindre a ce but; 1'exo- 



(6) 

cution d'une telle tentative a etc deferee exclusivement aux membres de la classe habitant 
Ja Capitale , tandis qu'ils pourraient consulter les autres rnembres et requerir , au besoin , 
leurs secours et leurs lumieres. Les perforations ont et6 commencees le 25 Fevrier de cette 
annee , avec des tubes de fer , d'un diametre de 17 centimetres. Le l' r Mars on 6tait avance 
a une profoiuleur de 10 metres sous A. P. On rencontra de temps en temps des obstacles 
qu'on a heureuscment vaincus. La perforation a etc continuee jusqu'a une profondeur de 
65 m ,72. Depuis le 28 Avril on a cesse les perforations , attendu qu'on les pr6tend suffisan- 
tes pour une epreuve provisoire , d'autant plus , que 1'eau est abondante , claire et potable , 
comme S. M. Elle-meme 1'a trouvee lorsqu'Elle visita dernierement la Capitale. 

II fut ensuite fait mention dans le rapport des memoircs , des communications etc. des mem- 
bres : savoir du Prof. Reinwardt , Experiences et observations sur le gaz de tourbes, sur- 
tout de celles de la Frise ; du Prof. Moll sur deux sortes de bois , trouvees a une grande 
profondeur dans la terre ; sur les paratonnerres pendant 1'orage du 12 Fevrier 1836, et plus 
tard sur le paratonnerre de Goederede en particulier. La Classe s'est adressee au Gouvernement, 
d'apres la proposition de M. Moll, pour prendre en consideration, s'il ne serait par conve- 
nable d'exposer serieusement aux communes toute 1'utilite des paratonnerres, opinion que 
le Gouvernement Provincial a ensuite adoptee. Ensuite une communication de M. Alewyn 
concernant 1'echelle de la ville , nominee Amsterdamsche peil ; de M. Stratingh Ez. sur un 
instrument eleclro-magnetique , construit avec coop6ration du mecanicien Becker , et qui 
parait meriter la preference par sa plus grande velocit6 et son inoiris de danger, que les 
machines a vapeur ordinaires; du Prof. Uylenbroek de Leide , sur 1'influence de 1'aurore 
boreale sur les aiguilles aimantees, surtout dans la soiree du 21 Mars 1833; de M. Verdam 
sur les causes possibles des explosions des machines a vapeur ; du Prof, de Fremery sur 
quelques cranes trouves dans le pays; de M. H. C. van Hall sur 1'histoire de rancienne eco- 
nomic rurale dans les Pays-Bas, surtout dans les provinces de Groningue et de Drenthe: 
de MM. Alewyri et G. Vrolik sur quelques morceaux d'ecorce d'ormes et de tilleuls , ras- 
sembles par eux a Haarlem , et que Ton suppose etre scenes et genes dans leur croissance 
par le gaz de l'6clairage ; du Prof. Reinwardt sur les nids d'oiseaux mangeables, trouves 
dans 1'Archipel des Indes; du Prof, van Breda sur quelques fossiles trouves en Angleterre ; 
du Prof. Moll sur Tabus continucl a negliger 1'usage du systeme des poids et mesures intro- 
duits dans le pays, surtout par rapport aux bouteilles, inconvenient auquel on pourrait 
remedier en suivant la coutume de la Prusse , d'imprimer les mesures sur les bouteilles dans 
les verreries memes ; du Prof. Wttewaall sur les dimes, impot vraiment oppressif, qu'il 
voulait voir souleve en introduisarit I'amortissement des dimes par maniere de rachat , en 
faveur de ceux qui tirent des rentes ou qui en paient ; de M. Stratingh une description d'un 
appareil hydro-oxygenique construit a 1'usage microscopique etc.; du Prof. W. Vrolik, con- 
siderations sur la classification des monstres doubles; de M. G. J. Mulder sur la constitu- 
tion de I'albumine ; de M. Ontyd une dissertation psychologique sur 1'existence de Dieu 
et rimmortalite de 1'ame ; la Classe a rendu hommage au morceau tant par rapport au me- 



(7) 

rile de 1'auteur, qu'au sens moral et vraiment liberal, qui y transpire; de M. Verdam le 
projet d'une machine nouvelle pour construire des echelles pour des instruments de physique 
etc. 11 avail etc remis a la Classe par feu A. F. Goudriaan une description d'un levier 
hydro-statique pour rembarquement et le debarquement des vaisseaux; par le Prof. Sandi- 
fort une description d'un fetus monstrueux de 7 mois ; par M. J. P. Delprat sur la velocite 
dans les mouvements sur les chemins de fer ondoyants. Le Secretaire a fini son rapport en 
communiquaiit , qu'on n'avait pas recu de r6ptmses sur les questions proposees et en faisant 
la lecture de trois nouvelles questions , auxquelles la Classe desirait voir repondre avant le 
mois de Fevrier 1839. 

Apres quoi le President invita le Prof, van Breda a prendre la parole. M. van Breda 
donna un aper9u des anciennes periodes , jusqu'aux restes desquelles on avail pen6tr6 dans 
les Pays-Bas, surtoul dans la perforation du dernier puits Artesien. 

II les divisa en trois p6riodes ; la premiere 6tait marquee d'une temperature si ardente 
qu'elle etait plus chaude que les regions equinoxiales de la lerre ; la seconde comprenail la 
periode dite terliaire , lorsque la terre se fut deja plus refroidie et que Ton trouva ces 
animaux, qui habitent aujourd'hui les parties les plus chaudes de 1'Asie ; la troisieme est 
la periode antidiluvienne , dans laquelle on trouve encore plusieurs objets qui appartien- 
nent maintenant a 1'Egypte. La seance se termina par une courte allocution du President. 
(Traduction de 1'annonce publique). 



ACTION DE L'ACIDE SULFURIQUE ETENDU SUR DU ZINC DISTILLE , PLACfc DANS 
DES VAISSEAUX ISOLANTS ET NON ISOLANTS, 



M. A. F. VAN DER VLIET. 

. i ' ! * * ' i Kill'.!. 

Pour rechercher les causes , qui influent sur la quantite d'action d'un appareil voltaique 
compose de deux metaux et d'une liqueur acide , il est important d'etudier ce qui se passe, 
quand un seul metal, notamment le zinc, est plonge dans un acide. II est deja connu, 
que dans ce cas 1'action est modifiee par la puret6 chimique du metal , ainsi que par plu- 
sieurs autres circonstances. Parmi celles-ci, une cause , sur laquelle on n'a pas encore fait 
d'experiences , c'est la forme , qu'a la masse du metal , et le rapport de la surface a sa 
masse. 

Pour etudier 1'influence de la forme et de la surface , M. van der Vliet prit un vaisseau 
de verre surmont6 d'un entonnoir renverse , muni d'un robinet , qui se termine en un tube 
de verre ferme par le haut , et soigneusement gradue ; il remplit le vaisseau de 2''',5 de 
liquide, contenant 150 grammes d'acide sulfurique de 1,85 pes. spec. II plongea successive- 



(8) 

incut dans ce liquicle trois masses de zinc distille, ay ant 1'une la forme d'un parallelipipede , 
la seconde d'un cube, la troisieme d'une sphere. 

Le parallelipipede avail 40""" en longueur , 9 mm en largeur el 7' nm en hauteur , et pesail 
18,"' ra '"966: sa surface active etait done de 1406 D inm . 

Le cube avail 13""" de cote, sa surface etait de 1014 D """. 

La sphere avail un rayon de 9 mm , el une surface de 1017 D mm . 

Les surfaces elaienl polies a la lime. 

Ayanl plong6 une de ces masses de zinc dans le liquide, il nota de 5 en 5 min. la quan- 
tite de gaz , qui s'etail accumu!6e dans le lube gradue, et contiriua 1'experience pendant une 
heure entiere ; alors le zinc, ote de 1'appareil, fut pes6 encore, et la diminution de poids 
donna la quantile de metal , dissoule dans 1'acide pendanl 1'heure, que le zinc avail ele en 
aclivile. Apres quelques jours d'inlervalle , il replaca dans le liquide la meme masse , dont la 
surface avail ele altaquee par 1'acide , el n'6lait par consequenl, plus aussi unie qu'aupa- 
ravanl , nola encore pendanl une heure entiere de 5 en 5' la quantile d'hydrogene degagee , 
et delermina la perle de poids de la masse melallique. De la meme maniere il fil agir le 
meme liquide sur la meme masse a des inlervalles d'un ou de plusieurs jours. 

Les experiences conduiles de cette maniere onl donn6 les resullals suivanls : quanl a la 
quanlile d'action de 1'acide sur le parallelipipede, elle ful sensiblemenl nulle dans les 10 
premieres minules de la premiere experience : dans les Iroisiemes 5' le degagemenl de gaz 
ful de 0,1 cm. cub. el monla graduellemeril jusqu'a 1,5 cm. cub. dans les 5 dernieres minu- 
tes : apres 9 jours de repos Faction sur la surface moins unie commenca deja dans les 
deuxiemes 5', et monta jusqu'a 1,7 cm. cub.: il en fut de mme dans la 3 e experien- 
ce sur la meme masse et les suivantes , excepl6 quo 1'aclion de 1'acide se manifesta des 
le commencement, el que la quanlite de gaz, degagee dans les 5 dernieres minutes de cha- 
que heure, monta jusqu'a 13 et 15 cm. cub. Cependanl un jour de repos suffisail pour que , 
dans une nouvelle experience, le parallelipipede rccommencal par ne donner que 0,6 cm. 
cub. dans les 5 premieres minules. 

Le cube place dans les memes circonstances monlrail deja une action sensible des le com- 
mencement de son immersion ; mais cette action surpassait de beaucoup celle du paralleli- 
pipede : dans la premiere experience ellc donna dans les 5 dernieres minutes de 1'heure 30 
cm. cub. , en tout 238 cm. cub. , tandis que le paral!61ipipede n' avail donn6 , loul au plus , 
que 90 cm. cub. dans 1'heure. Aussi celle quanlile n'elail elle pas notablemenl augmenlee 
dans les experiences suivanles; mais lantol plus pelile , lanlol plus graride , varianl de 165 
a 273 cm. cub.; el 1'aclion, toujours faible du commencement de chaque nouvelle expe- 
rience, etait deja souvent a son maximum apres 10 a 25 minutes d'immersion. 

La boule plongee dans 1'acide fut atlaquee si lentement, qu'au boul d'une heure enliere, 
la quanlile de gaz degagee n'elait que de 0,2 cm. cub. En rep6tanl 1'experience plusieurs 
fois, apres quelques jours de repos , 1'aclion resta ^galement faible, el il fallul conlinuer la 
meme experience pendant plusieurs heures consecutives pour obtenir un degagemenl notable 



( 9 ) 

d'hydrog^ne , qui ne fut que de 10 cm. cub. la 4 me heure, mais qui alia ensuite croissant 
rapidement, de maniere que la 5 me heure donna 51,5 cm. cub. 

6 158,5 

7 318,0 

Les trois formes, soumises a 1'experience, ne differaient pas sculement par la vitesse 
et la quantite d'action, mais encore par la maniere , dont 1'acide exerca son action sur 
le metal. 

Le cube est attaqu6 sur toute sa surface, excepte seulement les points de contact avec le 
fond du vase , ou une bulle d'hydrogene , adherente entre le verre et le metal , empeche 
bientot Faction du liquide : le parallelipipede , au contraire, ne donnait que deux cou- 
rants d'hydrogene , partant des faces, dont la surface etait la plus petite, et les quatre au- 
tres faces ne produisaient que peu de gaz. Cette espece de polarite dans 1'action chimique 
se soutint dans chaque repetition de 1'experience , ce qui explique , pourquoi le parallelipi- 
pede , quoiqu'ayant une surface beaucoup plus grande que le cube , etait de beaucoup infe- 
rieur a celui-ci, pour la quantite d'hydrogene fournie en temps egaux. La position du pa- 
rall61ipipede dans le liquide n'avait , au reste, aucune influence sur le choix des cotes 
attaques et non attaques. Desirant d'eclaircir ce fait curieux , M. v. d. V. , rep6ta 1'expe- 
rience avec un parallelipipede d'une plus grande longueur , qui avail 80' nm de long. , sur 5' nm 
de large et 5 nm de haul, qui offrait par consequent 1650 cm. carres a 1'acide, et dont 
le poids etait de 15' ram ,350; mais cette fois il n'y cut point de polarite dans 1'action de 
1'acide : le parallelipipede fut attaqu6 egalement sur toutes ses faces , et fournit 534 cm. 
cub. d'hydrogene dans une heure d'action. 

Quant al'mfluence de 1'etat des surfaces, Use trouva, qu'en rep6tant 1'experience avec un 
parallelipipede et une boule , dont les surfaces n'avaient pas 6te polies & la lime, 1'action 
fut plus forte des le commencement , mais qu'elle suivit , au reste , les memes lois. 

Une deuxieme serie d'experiences avait pour but d'etudier 1'influence que la matiere du 
vase pourrait exercer sur la quantite d'action, quand , au lieu d'un vase isolant de verre, 
on en prenait un de cuivre , de maniere a donner lieu a une action et voltai'que et chimi- 
que en meine temps. 1'Appareil et la maniere d'experimenter etaient les memes, seulement 
le degagement d'hydrogene devenant trop rapide , apres que 1'eau fut m61angee de 6 pour 
cent d'acide sulfurique, M. v. d. Vliet dimiriuait la quantite d'acide jusqu'a 2 pour cent: 
1'immersion du zinc dans le liquide se faisait de maniere que , tantot les deux m6taux se 
touchaient et donnaient lieu a un circuit voltai'que ferine , tantot le zinc n'etait que suspendu 
et le circuit ouvert , tantot 1'appareil tout entier etait isole en le plaoant dans un vase de 
verre, tantot enfin il etait en communication avec le sol. 

Les resultats de cette deuxieme serie differaient sous plusieurs rapports de ceux de la 
premiere ; en voici les principaux : 

L'action, deja sensible des les premieres minutes, croissait en raison de la duree de 1'expe- 
rience jusqu'a un certain temps , qui variait de 20 a 60 minutes , apres lequcl elle resta sta- 

Bullulin 1C." 3. I Ft'vrier 1838. 2 



( 10 ) 

tionnaire pendant le reste de 1'heure. En recommeneant 1'experierice , apres un ou .plusieurs 
jours de repos , 1'action redevenait toujours assez faible pendant les premieres minutes, sur- 
tout quand les deux metaux n'etaient pas en contact. L'isolement de 1'appareil entier ne 
produisit pas d'effet sensible ; mais apres une demi-heure d'action le degagement de gaz 
etait sensiblement le mme , soit qu'il y cut isolement des metaux de 1'appareil entier , ou 
pas d'isolement du tout. 

Le degagement d'hydrogene fut beaucoup plus abondant que dans le vase de verre ; 
le parallelipipede avail perdu sa polarite , et toutes les faces en furent egalement attaquees : 
aussi les quantit6s de gaz degagees par 1'action du liquide sur le parallelipipede , le cube et 
la boule , etaient elles assez exactement proportionnelles a la grandeur des surfaces totales 
des trois masses ; de maniere que le cube et la boule, dont les surfaces 6taient egales , four- 
nissaient les mdmes quantites de gaz, et subissaient une perte de zinc egale en temps 
egaux : de sorte qu'ici 1'influence de la forme disparait entierement. 

Pendant le cours de toutes les exp6riences la Iemp6rature du liquide ne varia que de 
14 a 20 C. (Extrait du Natuur- en Scheik. Archief, Tom. IV, pag. 205239). 

W. 



NOTICE SUR UNE ESPECE PEU CONNUE VENCEPHALARTOS, 



W. II. DE VRIESE, 



PROF. A AMSTERDAM. 



Parmi les plantes interessantes qui se trouvaient a une exposition a Utrecht en 1836, 
on observa un specimen ancien de Zamia, dite Z. Cycadifolia Jacq Les commissaires , et 
parmi eux M. le Prof, de Vriese, la reconnurent pour une espece peut-etre non decrite jusqu'a 
present. Une feuille de la plante fut envoyee a M. Lehmann a Hamburg, qui reconnut la 
plante pour son Encephalartos brachyphyUus , dont il avail cullive un specimen dans 
le riche jardin d'Hamburg, mais dont le Professeur n'avait pas encore publi6 la diag- 
nose, quoique la plante fut nominee ainsi et introduite sous ce nom dans le Catalogue de 
ce jardin. (Voyez Doubletten-Verzeichniss 1836, pag. 97). 

II nous parait done assez interessant de communiquer litteralement ici la description de 
cette espece, donnee par M. de Vriese, qui a conserve le nom Lehmannien : 

E. brachyphyllus Lehm. et de V. 

E. Caudice glabro , rhachi subtereli vel semitereli, supra hie illic lanuginosa, infra minus 
lanuginosa. Pinnis multijugis, brevibus, lanceolatis, pagina superiore extrorsum flexis , inte- 
gerrimis , basi et interiore (id est inferiore) margine omnibus lanatis , exteriore (id est supe- 
riore) rarius lanatis aut plane glabris mucronalis. 



(11) 

La plante se trouve a present dans la collection de M. ran Lunteren a Utrecht ; elle fut 
trouvee par M. Hendrik Swellengrebel , dans 1'interieur du pays du Cap, en voyageant au 
N. Quest jusqu'au Visch-rivier , dans le pays des Caffres en 1776. La plante a fleuri pour 
la premiere fois en 1833, ct de nouveau en 1836. Le cone masculin avait tous les caracte- 
res du genre Encephalartos. (Extrait du Konst- en Letterbode 1838 n.o 2 ) 

M L. 



NOTE ADDITIONELLE SUR UNE AUTRE ESPECE DU MEME GENRE, 



F. A. W. MIQUEL. 

On trouve dans nos serres une grande quantite de plantes du Cap, et souvent de tres- 
rares. Ce fut par la vive communication qui existait avant plusieurs annees entre ce pays et 
la Neerlande , qu'une foule de plantes vivantes et de semences furent transporters dans 
uos serres. 

Dans un extrait de la dissertation de notre ami, M. Lehmann , sur les especes du genre En- 
cephalartos , que nous communiquames 1'annee passee dans le Konst en Lelterbode (n. 5) , 
nous fixames 1'attention des botanistes sur les Zamia et les Encephalartos de nos jardins. Nous 
avions trouve parmi ceux du jardin de Rotterdam une espece entierement inconnue , que 
je montrais a M. Lehmann , en le priant de lui donner un nom specifique. M. Lehmann , ve- 
nant alors de la Belgique, me disait, qu'il avait vu aussi un specimen de cette plante dans 
une des serres de ce pays. Illanommait JE. elongatus , nom que je pref6rai a celui en manus- 
crit , que je conservai dans mon herbier. M. Lehmann , n'ayant pas encore public la des- 
cription de cette plante , il ne nous parait par inconvenant d'en dormer ici une diagnose. 

E. elongatus Lehmann. Caudice glabro , squamis obtuse-rhomboideis , rhachi obtuse 3-gona, 
facie superiore bicanaliculata, foliolis inferioribus alternis remotioribus, superioribus sub- 
oppositis, omnibus faciei rhacheos anticae affixis , longe lanceolatis, acuminatis , glaberrimis 
(nascentibus pilosis) , pagina inf. lirieatis pallidis, basi contractis. 

Hab. ad Prom. B. Sp. , unde cum plurimis E. horridi speciminibus advectus. Altitude 
trunci H pedem, longitude rhacheos pedes 2 3 et ultra; foliolorum 4, i imo ultra pedem; 
* 5 poll, paris. lat. Raro urmm alterumve foliolum unidentatum. L' Encephalartos a folio- 
les alongees doit etre range pres de ['E. de Lehmann par la forme des feuilles et par son port. 

La couleur glauque des feuilles, causee par une excretion cireuse , est un caractere tres- 
inconstant , qui manque tantot dans les jeunes especes , tantot dans les ainees. Nous cultivonsp. 
e. un E. Lehmanni , dont le tronc a j pied de hauteur , et dont les feuilles a present commencent 
a devenir glauques , pendant qu'elles ont ete toujours d'une couleur vert fonce. Un specimen de 
\'E. Altensteinii de plusieurs annees a des folioles tres-lisses etluisantes, pendant que des speci- 



( 12) 

mens , cultives de semenccs , recues par M. Ecklon , ont des feuillcs tres-glauques et circuses. 

Notre jardin possede quaritite de specimens de \'E. horridus, apportes de 1'interieur du 
Cap par un coloniste hollandais. Us se ressemblent tout a fait, exceple un , qui a la tige 
plus lisse , des frondes plus alongees et qui est d'uue couleur plus verdatre , de maniere que 
le port est tres-different, pendant que la forme des foliolcs et du rhachis est entieremerit la meine. 

Les Encephalartes fleurissent tres-rarement , tandis que les Zamia forment presque cha- 
que ann6e leurs cones. 

Nous esperons de revenir encore sur ce sujet. 



ESSAI SUR LA PIIYSIONOMIE DES SERPENTS, 



II. SCHLEGEL, 

Docteur en Philosophic, conservateur du Musee des Pays-Bas, membre de plusieurs so- 
cietes savantes. 2 Tom. avec un atlas. La Haye , chez J. Kips J.Hz. , et W. P. van Stoc- 
kum 1837, 8. Tom. 1" de 251 et XXVIII pages. 2*. de 007, et XV. Atlas grand in 4" 
de 21 planches , 3 cartes et 2 tableaux. Prix fl. 20, 

L'interessant ouvrage , dont la publication avail etc entravee pendant quelques annees par 
des circonstances hors de 1'auteur , vient de paraitre en deux parties , dont la premiere con- 
tient les etudes gdnerales, la seconde 1'histoire et la description des especes. 

Dans une lettre , a la tete de la l re partie, adressee a M. Temminck , 1'auteur expose 1'his- 
toire de ses etudes erpetologiques , iritimement liee avec 1'liistoire de sa vie , que 1'auteur 
a consacree a une etude approfondie d'une classe d'animaux , connue jusqu'ici d'une ma- 
niere tres-imparfaite. Jainais, peut-etre, I'ex6cution d'un ouvrage de ce genre n'a ete secon- 
dec par tant de collections et de secours de la part d'illustres savants. Les galeries du Musee 
de Leyde ont servi de base aux recherches de 1'autcur, mais aussi les ricliesses des Mu- 
secs de Paris, de Vienne, de Berlin etc., ont ete ouvertes a M. Schlegel , et les naturalis- 
tes les plus distingues de presque tousles pays, regoivent, a la tete de 1'ouvrage , les remer- 
ciments de 1'auteur, pour la communication d'especes rares, pour leurs tableaux ou leurs 
communications litteraires. 

C'est done sous le litre modeste d'un Essai sur la Physionomie des S. , que 1'aulcur donne 
les fruits de ses 6tudes erp6tologiques , commencees des sa premiere jeunesse el conti- 
nuecs pendant toule sa vie , dans des circonslances heureuses pour ce but. 

Dans la partie generate 1'auteur parle des Ophidiens en general , de 1'osteologie , des glandes du 
venin , dc la langue , des intestins, des organes de la generation, de la digestion, de la circu- 
lation, des organes des sens, des tegumens , des formes de ces animaux en general; des 
teintes, de leurs ennemis, du developpement, de leurs habitudes, des fables et des prejuges, 



( 13 ) 

passe alors a 1'histoire de 1'Ophiologie , apres laquelle suit une Revue synoptique et un 
Essai sur la distribution geographique des Serpents. La partie speciale renferme la descrip- 
tion de toutes les especes connues d'une mariiere exacte. 

Les tetes d'une grande partie d'especes sont representees sur les XXI planches, gravees 
en taille douce. 

Les 3 Cartes et un des Tableaux donnent des apercus sur la distribution geographique , 
pendant que, dans le dernier, tableau 1'auteur a represente les affinit6s naturelles des especes. 

L'espace de notre feuille ne nous permettant pas de donner un aperfu detai!16 de 1'ou- 
vragc precieux, que nous venons d'annoncer , il serait hors de propos d'en faire 1'eloge ; atissi 
n'en a-t-il pas besoin ; car nous ne doutons pas , qu'il ne soil tres-favorablement accueilli de 
cette partie du public , qui s'interesse a ces etudes et qui prefere 1'observation fidele de la 
nature aux innovations, qui, jusqu'a nos jours, ont tant contribu6 a rendre difficile 1'inte- 
r essante etude des Serpents *). M L. 

NECROLOGIE. 

Notre pays vient d'eprouver une perte tres-sensible dans la personne de M. G. Moll , Pro- 
fesseur de Physique et d'Astronomie a 1'Universite d'Utrecht, mort a Amsterdam le 16 
Janv. passe. Les sciences se ressentiront de la privation d'un homme aussi plein de genie , de 
sagacite et d'esprit scientifique ; ses disciples regretteront un professeur rempli de zele , pro- 
fondement instruit; ses amis un homme de bonne foi, un caractere ouvert et sincere; le 
Gouvernement un de ces conseillers qui ne sauraient se remplacer. 



SUR LA COMPOSITION DE L'ACIDE PECTIQTJE ET DE LA PECTINE, 



G, J. M U L D E R, 

Payen, Braconnot et Vauquelin ont reconnu dans un grand nombre de substances vege* 
tales une matiere particuliere , nommee pectine , ayant la propriete de former des gelecs en 
bouillant ces substances dans de 1'eau. Selon Braconnot la pectine se rencontre dans la plu- 
part des fruits et dans les ecorces des arbres , tandis qu'une modification de la pectine , 
nominee acide pcclique , se trouve dans plusieurs racines , tiges et feuilles de plantes herba- 
cees. Par la coction de la pectine avec les alcalis , la pectine se transformerait en acide 
pectique, ayant les memes proprietes que la pectine de former des gelees, mais rougissant le 
papier de tournesol. 



*) C'est a cetle occasron que nous voudrions de nouveau fi.ver 1'attention du public sur I'ouvfagE manuscrit de feu Boie sur 
le meine snjet. Si nous nous nc trompons pas, M. S. lui-meme a voulu mettre la derniere main a 1'ouvrage de son ami 
t predeccsscur , ce qui serait un service rendu a 1'amitie et a la science, pour jjarantir ainsi la priorite des decouvertes d'u 
savant , qui aurait , peut-otrc , occupe la premiere place cntre les erp 'tologistes de noire sieclc> 






(14) 

La connaissance de la composition de ces corps est d'une grande importance dans la 
chimie v6g6tale. Generalement repandus par les vegetaux , la pectine et 1'acide pectique 
jouent , sans doute, un role interessant dans la transformation d'une substance a une autre. 

J'ai entrepris 1'examen de ces deux corps et ne les ai pas trouves differents. L'acide pec- 
tique ct la pectine sont des combinaisons d'une mSme substance pas encore isolee , avec 
des bases alcalines , et la seule difference entre eux consiste dans la quantite de bases , 
combinees avec le meme corps electronegatif , que nous nommerons avec son inventeur 
acide pe clique. 

J'ai examine de 1'acide pectique extrait de pommes douces et de pommes aigres , de carottes et 
de navels , pour obvier a I'inconv6nient d'impuretes , qui accompagnenl si souvent des substan- 
ces organiques fixes et incristallisables. La preparation de 1'acide consistail dans la divi- 
sion des matieres, dans 1'ablulion avec de 1'eau jusqu'a ce que ce liquide sorlit clair et incolore 
de la presse ; dans la coetion des marcs avec de 1'eau et de la polasse causlique , suffisanle 
pour salurer juslement 1'acide; dans la filtration et la precipitation de 1'acide pectique avec 
1'acide hydrochlorique ou avec des sels neutres ; dans 1'ablution des pr6cipites avec de 1'eau , jus- 
qu'a ce qu'elle fut insensible aux reactifs sur les malieres employees a la precipitation. 
Si 1'acide etait colore , comme cela arrive dans 1'acide de carottes, par la Caroline, ou dans les 
pommes, principalement dans les pommes douces, par le tannin *), je 1'ai traite par 1'alcool. 
L'acide de navels est d'une transparence parfaite et sans couleur. 

La pectine est extraite des sues, obtenus par 1'expression et la fillralion , en precipitant 
celles-ci par 1'alcool. Le coagulum forme est traite par 1'alcool bouillant , pour dissoudre 
le sucre, 1'acide malique et le tannin des pommes, ou bien la Caroline des carolles etc. 

Commencons par donner un apercu de la nature identique de la pecline avec 1'acide pec- 
tique. En bouillant la pectine de pommes, purifiee par 1'alcool et divisee dans 1'eau, avec 
1'hydrate d'oxide plombique toute la pecline est precipitee. La liqueur surnageanle devient 
clairc el incolore. Quand on ajoute 1'acetate plombique basique a la pecline, divisee dans 
1'eau, loule la maliere est de nouveau precipitee. S6chee a 120 .comme loules les malieres 
suivaritcs , la pecline de pommes douces et de pommes aigres et la dite combinaison de 
cette pectine avec 1' oxide plombique ont donne a 1'analyse : 

Pectine de pommes douces 0,220 onl laisse apres la combuslion 0,013 de cendres. 

0,481, dans lesquels 0,4526 de pecline pure, onl donue 0,740 d'acid. carb. el 0,218 d'eau. 

Pectine de pommes aigres 0,268, onl donne 0,025 de cendres. 

0,530 , dans lesquels 0,4806 de pectine pure , orit donne 0,797 d'acid. carb. et 0,237 d'eau. 

Pecline, combinec d K oxide plombique, par le sous-acetate plombique, 0,723, ont Iaiss6 
apres la combustion 0,393, dans lesquels se trouvaicnt 0,213 de plomb metallique. Ge qui 
donne pectine 0,3136 + oxide plombique 0,4094= 0,723. Et pour le poids de 1'atome de la 
pecline 1068x2 = 2136. 

*) On trouvc dans les pommes une grande quantite d'acidc tanniquc. noircissant les scls fcriiqucs. La presence de 1'acide 
tanmqne est la cause premiere dn cliangemcnl de conleur des pommes coupees. 



( 15 ) 

0,601 de cette combinaison, dans lesquels 0,2607 de pectinc , orit donne 0,430 d'acid. 
carb. et 0,126 d'cau. D'oii Ton tire pour la composition de ces corps en centiemes: 
Pectine de poiumes Pectine de pommes Pectine de la combinaison 

douces. aigres. plombiquc. 

Carbone . . . 45,198 45,853 45,608. 

Hydrogene. .. . 5,352 5,479 5,370. 

Oxygene. ... 49,450 48,668 49,022. 

La pectine de pommes douces a donne, apres la combustion, des cendres, etant de la 
chaux presque pure, melee avec un peu d'oxide ferrique et de 1'acide silicique. Ces cendres 
de pommes douces etaient 5,91 pour cent., de pommes aigres 9,33. Calculantle poids del'ato- 
me de la pectine selon de la chaux pure , ce nombre serait de la pectine de pommes dou- 
ces = 6024 x i = 2008 , de pommes aigres = 3816 X J = 1908. 

L'acide pectique , nomme plus haul , a donne a 1'analyse : 

Acide de carotles 0,144 ont donne 0,006 de cendres, ou4,17 pour cent, ne contcnant que 
de la chaux et des traces d'acide silicique. 

I. 0,602, dans lesquels 0,577 d'acide pur, ont donne 0.949 d'acide carb. et 0,280 d'eau. 

II. 0,354, dans lesquels 0,3393 d'acide pur, ont donne 0,558 d'acide carb. et 0,161 d'eau. 
D'ou en centiemes: w'.o 

I. II. atonies. CalcuU. 

Carbone 45,477 45,473 12 917,244 45,47. 

Hydrogene. . . . 5,392 5,270 16 99,837 4,95. 

Oxygene. . . . .49,131 49,257 10 1000,000 49,58. 

2017,081 lOOOOT 

Si Ton compte le poids de 1'atome de 1'acide pectique selon la quantite de cendres 4,17 pour 
cent, et que 1'on considere celles-ci comme de la chaux pure, ce poids devient = 8537 X 1 = 2136. 

II n'est done plus douteux que 1'acide pectique et la pectine ne soient des substances difle- 
rentes , que la pectine ne soil un pectate , principalement un peclate de chaux, et 1'acide 
pectique un autre pectate acide. II m'a etc impossible d'exlraire toute la chaux par un 
acide. Tant6t nous verrons d'autres combinaisons , mais toujours en proportions d6finies. 

Le peclate plombique de carottes, precipit6 par 1'acet. plombique neutre , d'une solution 
rieutre de pectate potassique , 0,457 ont donne 0,190 d'oxide plombique. D'ou le poids de 
I'atome de 1'acide pectique = I960. 7,11 se combinent done avec 100 part, d'acide pectique. 
Dans 7,11 d'ox. plombique se trouvent 5,0986 d'oxyg. , ce qui correspond avec la formule, 
c'est a dire -^ de 1'oxygene de 1'acide pectique. 

0,797 , dans lesquels 0,466 d'acid. pect. , ont donne 0,772 d'acide carb. et 0,216 d'eau. 

Pectate cuivrique de carottes, precipite du meme pectate potassique avec le sulph. cuivri- 
que, I. 0,399 oni donn6 0,074 d'ox. cuiv. D'ou le poids de I'atome de 1'acide = 2177. 
II. 0,310 ont donne 0,057 d'ox. cuivrique. D'ou le poids de 1'at. = 2200. 

I. 0,717, dansJesquels 0,586 d'acid. p. pur, ont donne 0,961 d'acid. carb. et 0,275 d'eau. 



(16) 

II. 0,537, dans lesqnels 0,438 d'acid. p. pur, ont donne 0,720 d'acid carb. et 0,206 d'eau. 
D'ou Ton tire la composition en centiemes : 

Acide pectique Acide pectique 

du pectate plombique du pectate cuivriqae 

I. II. 

Carbone 45,808 45,345 45,454. 

Hydrogene. . . . 5,150 5,214 5,226. 

Oxygene 49,142 49,441 49,320. 

Pectate calcique de carottes, precipit6 du meme pectate potassique avec le chlorure dc 
calcium, I. 0,686 ont donn6 par la combustion et la conversion du restant en sulphate , 0,167 
de sulphate calcique. II. 0,915 ont donne 0,210 de sulphate. En considerant ces pectates comme 
des sesquipectates, le poids de 1'atome de 1'acide de I est =3183 X f == 2122; de 11 = 3304 
X f = 2202. II suit de ccs sels calciques , que la quantite de la chaux dans 1'acide dit pur , 
ne peut etre considdree qu'en combinaison chimique avec 1'acide. Cette chaux-la sera sans 
doute la cause de la variabilite des sels , formes par des sels neutres d'un meme sel potas- 
sique. Ce sel potassique est done un veritable sel double, un pectate calcique et potas- 
sique. 

Acid, pectique de pommes douces. 0,114 ont donn6 0,007 de cendres ou6,l pour cent, ne 
Nontenant que de la chaux avec des traces d'acide silicique. Ces cendres etant considerees 
comme de la chaux pure , le poids de 1'atome de 1'acide devient = 5836 x j = 1945. 
L'acide pectique de oes pommes est done un tripectate calcique. 

0.248, dans lesquels 0,233 d'acide pur, ont donne 0,381 d'acid. carb. et 0,110 
d'eau. 

Pectate cuivrique de pommes douces, precipit6 d'une solution neutre de pectate potassique 
de pommes avec du sulphate cuivrique , 1.0,180 ont donn6 0,047 d'ox. cuiv. , II 0,345 ont 
donne 0,091 d'ox. cuiv. D'ou le poids de 1'at. de 1'acide, I 1399 x li = 2098,5, 
II 1384 X li = 2076. "Voil done de nouveau une variation dans les sels, precipites d'un 
pectate neutre potassique , par un sel metallique neutre. 

0,386 du pectate cuivrique, dans lesquels 0,2842 d'acide, ont donnr 0,468 d'acide carb. 
et 0,132 d'eau. 

Pectate baritique dc pommes douces d'une autre preparation et d'autres pommes, precipite 
par le chlorure de barium d'un pectate neulre potassique , 0,288 ont donne , par la combus- 
tion et la conversion du restant , par de 1'acide sulphurique , en sulphate, 0,088 de sulphate 
baritique. D'ou 0,05775 barite + 0,23025 acid, pectique = 0,288. Ce qui donne pour le poids 
de 1'at. de 1'acide = 3815,1 x 4 = 1907,6. 

0,6095 du pect. bar., dans lesquels 0,4873 d'acid. pect. , ont donne 0,775 d'acid. 
carb. et 0,219 d'eau. Dans les 0,1222 de barite restent 0,0354 d'acid. carb. La quan- 
tite de 1'acide carb. est done = 0,8104. L'acide pectique des pommes douces est compose 
d'apres ces donnees : 



Acide pectique Acide pectique Acide pectiqtie 

de pommes douces du pectate cuivrique du pectate baritique 

r Car bone. .... 45,214 45,471 45,984 

Hydrogene .- . . 5,245 5,161 4,994 

Oxvgene. , . . . 49,541 49,368 49,022 

fj 

Dans le pectate baritique de pommes les quantites de 1'acide carbonique 0,775 et 
0,0354 sont en rapport = 22:1. D'ou on conclura 1 + ~ at. de carbone dans 1'acide pec- 
tique , ou bien 12 atonies. 

Comme nous 1'avons dit au commencement de cet extrait, les navets donnent de 1'acide 
pectique plus pur que les autres substances. 

Acide pectique de navets 0,301 ont donne 0,010 de cendres , composes de chaux. Ce qui 
donne pour le poids de 1'atom. 10723 x ? = 2145. 

0,270, dans Icsquels 0,261 d'acid. pect. pur, ont donne 0,431 d'acide carb. et 0,126 d'eau. 

Pectate cuivrique de navets, precipite d'un pectate potassique neutre par le sulphate cuivri- 
que , I. 0,277 ont donne 0,048 d'ox. cuivr. D'ou le poids de 1'at. = 2356. II. 0,2355 ont donne 
0,0395 d'ox. cuivr. , ce qui donne pour le poids de 1'atome = 2460. 

0,442, dans lesquels 0,3654d'ac. pcct. selon I, ont donne 0,600 d'acid. carb. et 0,171 d'eau. 

Pectate baritique de navets, pr6cipite du meme pectate potassique par le chlorure de ba- 
rium , 0,227 ont donn6 apres la combustion et la conversion en sulphate 0,083 de sulphate 
baritique, d'ou 0,0545 barite 4- 0,1725 acid pect = 0,2270 pectate baritique, et pour le 
poids de 1'at. de Vacide = 3028,7 X f = 2019,2. 

0,5515, dans lesquels 0,4191 d'acide pectique, ont donne 0,648 d'acide carb. et 0,188 
d'eau. Restent 0,0395 d'acide carb. combines avec les 0,1324 barite. La quantite totale de 
1'acide carb. est done = 0,6875. 1 at. d'acide carb. reste dans le tube a combustion. 0,0395 
est a 0,648 = I : 16,4. f de 16,4 est = 10,93 ou bien 11. La quantit6 de 1'acide carb. 
restee dans la barite, si le sel etait neutre, serait done a la quantite de 1'acide pes6 dans le 
condensateur = 1 : 11 ce qui donnne 12 at. de carbone dans 1'acide pectique. 

Acide pectique Acide pectique Acide pectique 

de navets du pectate cuivrique du pectate baritique 

Carbone 45,661 45,405 45,359 

Hydrogene 5,364 5,200 4,984 

Oxygene. ..... 48,975 49,395 49,657 

Les atomes de 1'hydrogene ont 6t6 controles par 1'ammoniaque. 0,437 de 1'acide pectique de 
carottes , s6che a 130^ , tenu pendant une heure dans un courant de gaz ammoniaque sec, ont 
gagne 0,015, apres avoir et6 tenu dans un courant d'air almospherique sec pendant 4 heure 
a la temp, ordinaire. Ce qui donne pour le poids de 1'atom. de 1'acide pectique = 6248 X ^ 
= 2082,7, derive de P 3 NH 3 . 

La quantit6 de 1'hydrogene de 1'ammoniaque, (3,43), combinee avec 100 parties d'acide 
pectique, est = 0,598878; ce nombre divise en 4,95, quantite de 1'hydrogene de 1'acide 



Bulletin N.o 3. 15 Fcvricr 1838. 



(18) 

pectique , selon la formule , donne 8,3. L'hydrogene de I'ammoniaque dans la combinaison 
bi-basique est done en rapport a 1'hydrogene de 1'acide pectique = 1 : 8,3 , ce qui ne 
correspond qu'avec 16 atomes d'hydrogene dans la formule. A la temperature de 1'eau 
bouillante les 0,015 d'ammoniaque 6cbappaient totalement , tandis qu'un nouveau courant 
d'ammoniaque sec combinait par repetition precis6ment 0,015 d'ammoniaque avec 1'acide 
pectique. Tenu dans un courant d'acide bjdrochlorique 1'acide pectique n'a rien ab- 
sorbe. 

L'acide pectique s6che a 100 C, mele avec 1'oxide plombique et de 1'eau, et s6ch6 de 
nouveau a 100, n'a rien perdu. La meme experience repetee a 130 C a donne les memes 
resultats. 

Je crois pouvoir conclure de ces experiences, 1. Que la pectine et 1'acide pectique ne 
different entre eux que par des corps inorganiques. 

2. Que 1'acide pectique a 100 ne contient pas d'eau combinee. 

3. Que 1'acide pectique de pommes , de navels et de carottes a la meme composition ; 
mais qu'il doit etre consider e comme un tri- quadri- ou quinti pectate de chaux et non 
pas comme de 1'acide pectique pur. 

4. Que 1'acide pectique est compose de C 12 H l6 O 10 , et qu'il differe done de 4 at. d'hydr. 
de moins du sucre et de 2 at. d'oxygene de plus du ligneux, corps composes de C 12 H 2u O 10 
et O H'6 O 8 . 

5. Que 1'acide pectique est done une substance vraisemblablement employee par la Na- 
ture, pour transformer le ligneux en sucre, ce qui explique la presence generale de la 
pectine dans les plantes sacchariferes. 

Je dois ajouter, que 1'acide pectique est difficile a comburer, et qu'il est n6cessaire de faire 
le melange avec 1'oxide cuivrique tres-intime , ou plutot d'employerle chromate plombique ou 
le chlorate potassique, pour ne pas perdre du carbone dans 1'analyse. Les analyses cit6es sont 
faites de ces trois manieres. (Extrait du Natuur- en Scheikundig Archief, uitgegeven door 
G. J. Mulder en W. Wenckebach, 1837, 4de stuk.) 



SUE UNE NOUVELLE ESPECE DE DRAPANALDIA, 



F. A. W. MIQUEL. 

En Mai 1836 je trouvai dans notre jardin botanique les petioles d'une Nymphcea alba 
submerges , entierement converts d'une substance gelatineuse verdatre , qui , par un mouve- 
meut leger, se detacbait de son support, et dissoute dans 1'eau, la troublait. 



( 19) 

En examinant une petite frustule sous le microscope , j'y reconnus une espece de Drd- 
panaldia, qui me parait n'etre pas encore decrite. A chaque visite mensuaire je la retrouvais 
dans les memes circonstances , ayant conserv6 tout a fait la mme figure et la meme taille, 
de sorte qu'on ne pourra la considerer comme l'6tat de jeunesse d'une espece deja connue. 
Etant la plus petite de toutes les Drapanaldias decrites jusqu' ici., je la nomme : 
D. minutissima. Filis ramosissimis , tenuissimis , atro-viridibus , caespitosis , ramis dicho- 
tomo-virgatis , acuminatissimis, articulis diametro duplo triplove longioribus. 

Habitat caespitose ad petioles submerses et paginam inf. foliorum Nympha3a3 , per totam 
aestatem et autumnum. 

Differt , praeter minuliem, a reliquis Drapanaldiis : 

A D. glomerata ramulis non penicilliformibus , articulis diametro plerumque 3-plo lon- 
gioribus. 

A D. plumosa Ag. (D hypnosa Bory) ramulis non fasciculatis nee penicilliformibus caet. 
Ad D. tenuem Ag. (Confervam lubricam LYNGB. Hydrophyt. Dan. p. 150, Tab. 52) proxime 
accedit,sed exilitate , articulorum majori longitudine, ramificatione furcata caet. facile dis- 
tinguitur. 

Descriptio. Caespitosa, late incrustans, lubrica, atroviridis, fugax, i lin. alta, oculo nudo 
nulla fila exhibens ; sub microscopio composite 250 aucta, fila decolora, diaphana in con- 
spectum veniunt, gelatina tenui perdiaphanal circumfusa, in qua innumera granula sphse- 
rica , viridia (Sporae ? Protococci ?) et animacula infusoria nidulant. Si totus acervus quies- 
cat , vix discernuntur , et omnia sibi arete adposita latent ; levissimo autem motu agitata , 
citissime, quasi evigilata , animalcula ilia cum granulis viridibus gelatinam relinquunt et in 
aqua circumvagantur , adeo ut tune demum vera Drapanaldiae fila in conspectum veniant. 
Articuli, quorum superiores plerumque longiores (diametro 3 plo et ultra long.) sunt, ad 
unum utplurimum latus granulis sparsis atroviridibus repleti sint. Hae granula (Sporae) illis 
in gelatina nidulantibus, multo minores sunt. Autumno dein investigata, articuli alter- 
natim toti granuliferi et obscuri inveniuntnr. Chartae adhaeret. 



NOTICE SUR LE SARGASSO DE V OCEAN, 



F. A. W. MIQUEL. 

Depuis la premiere expddition de CHRISTOPHE COLOMB on sail tres-gen6ralement , qu'une 
grande partie de 1'Ocean Atlantique est remplie d'urie enorme quantite de ce vegetal tha- 
lassique, un des plus remarquables parmi les planles sociales. Les limites de cette partie de 



( 20) 

1'Ocean, appe!6e par nos navigateurs de Krooszecv, par les Espagnols Mar do Sargasso el 
par les Anglais la mer du Gulfweed, sont a present assez justement trac6es par les observa- 
tions de MM. A. DE HUMBOLDT et REKNEL (Voyez Inveslig. of the Currents, p. 184). L'axe 
moyen passe par : 

20 de lat. en 40 de long. occ. 

30 43 

40 39 J 

46 31i 

Un autre groupe, plus petit, du Sargasso se trouve au S. S. Quest et S. Quest des Ber- 
mudes, dont la limite moyenne parait etre: 25 31 de Lat. et 68 76. Les deux groupes 
sont reunis par une bande moyenne, que Ton trouve entre 25 et 31oj de lat. bor. , d'une 
largueur de 1000 milles marines, et remplie durant toute 1'annee de masses flottantes de 
Sargasso. 

En appliquant ainsi le nom de mer de Sargasse a toutes les parties de 1'Ocean, que nous 
venons de determiner, nous avons un espacede 65,000 milles carres d'AHem. ,partie de la mer 
presque toujours couverte de cette plante flottante. (Voyez H. Berghaus Geogr. Alma- 
nack de 1837, el Ally. Laendcr-u. Volkerkunde, I, 420 etc.) 

L'utilit6 de ce veg6tal thalassique dans l'6conomie dc la nature est presque entierement 
inconnue. Linne a dit, sur 1'autorite d'Osbeck et Kalm : prati iristar natat et animalibus 
infra concursantibus alimento inservit. Hoc ipso sedatur mare etfluctibus suffocalis pacalum 
evadit. ( Natura Pelagi , in Am. acad. V, 70.) 

M. Lichtenstein, dans son retour du Cap observa, que plusieurs especes de LophiuselAe 
Scillaea vivaient entre des masses de Sargassos. 

Linne , croyant que le Sargasse n'avait point de racine et flottait naturellement dans la 
mer, lui donna le nom de Fuc,us nalans. Turner, Lamouroux et autres celebres Algologues 
bnt d6fendu 1'opinion, que la plante fut d'abord attachee au fond de la mer et quelle ne 
venait Hotter sur la surface, qu' apres avoir etc arrachee par la force des ondes. La consi- 
deration anatomique et physiologique me parait confirmer cette opinion, contraire a la con- 
jecture emise par M. Meyeu (Reise um die Erde, et Berghaus Geogr Aim. 1837) , que le 
Sargasse ne possedait naturellement pas de racines ou une partie applatie de la tige , par 
laquelle il etait attache au fond de la mer, opinion du celebre voyageur fondee uriiqueinent 
sur 1' observation , que les sargasses, flottant a la surface de la mer, n'en offrent aucune, et 
sur une comparaison de ces plantes avee IcsVauchcria's, Algues d'eau douce, dont la struc- 
ture et la maniere de vivre different trop des Sargasses, pour admettre une telle compa- 
raison. Nous avons examine une grande quantite i\e cette plante , tant sechee que con- 
servee dans 1'eau de mer, et apportee par des navigateurs hollandais. Toutes les bases des 
tiges etaient rompues et fort fragiles. II nous parait tros-vraisemblable , que le Sargasse 
croit naturellement sur les cotes orientales de I'Ainerique meridionale, et que les specimens, 
arraches par les flots de la mer, sont amenes par le faineux courant oceauique, dit Golf- 



( 21 ) 

stroom , a cette parlie de 1'ocean, ou , depuis Colomb, les navigateurs trouvent cette plante 
remarquable. Peut-etre qu'une quantit6 de Sargasse croit sur les banes de I'ocean-meme , 
opinion qui ne s'est point affaiblie par la consideration de la profondeur de la mer ; car on 
sail que les Algues v6getent assez souvent a de telles profondeurs , avec une petite quan- 
tile de lumiere, comme prouve 1'exemple remarquable du Fucus vitifolius , veg6tant a une 
profondeur de 190 pieds sous la surface , selon 1'observation de M. de Humboldt. (Voyage I. p. 

173-176.) 

M. Meyen declare n'avoir jamais trouve un specimen fructifiant dans 1'ocean : il conclut 
de la, que le Sargasse se rcproduit peut-6tre seulement par une sorte de bou lure, la forma- 
tion du fruit etant empech6e par le defaut de racine. Mais il nous parait que la racine 
des Fucoidees, n'etant qu'un plateau servant a 1'attache, ne peut avoir aucune autre in- 
fluence directe sur la fructification , mais influer seulement indirectiment en tenant la 
plante dans sa condition naturellc. II nous semble peu vraisemblable , qu'une Algue arra- 
chee de son lieu natal et transportee a des conditions elrangeres, puisse continuer de vivre 
et de vegeter naturellement. Chaque Algue marine a en outre sa propre station (staiio). 
Linne , qui ne connaissait d'autre Sargasse, que celui de 1'Ocean, a deja decrit sa fructi- 
fication. 

M. Agardh , en suivant Turner , a forme deux especes du Fucus na tans L , Sargassum 
vulgare et S. hacciferum {Syst. Aly. p. 293-4), avec les caracteres suivants: 

S. vulgare , caule compresso , foliis lineari-lanceolatis , serratis , vesiculis sphaericis muticis , 
receptaculis cylindraceis racemosis. 

S. baccifcrum, caule tereti ramosissimo , foliis linearibus serratis, vesiculis sphaericis 
mucronatis , petiolis teretibus, L'un et 1'autre vivent dans 1'Ocean Allant. , Pacifique et 
Indien etc. 

L'examen d'une grande quantite de Sargasses nous a persuades, que les distinctions, don- 
nees pas M. Agardh, ne suffisent pas, pour etablir ces deux especes, parce que les caracteres, 
deduits des feuilles et des tiges ne sont point constants, pas meme ceux des vesicules axillai- 
rcs. Nous reunissons done ces deux especes et quittons le nom specifique /inneen nalans, comme 
exprimant une idee fausse. Nous nous flattens que les Botanistes approuveront le choii du 
nom de Colomb, pour eterniser ainsi, dans la science , la memoire du service important 
que le Sargasso, flottant dans 1'ocean, a rendu le 16 Septembre 1492 a cet intrepide navi- 
gateur. 

Sargassum Columbi, caule dichotome ramosissimo, inferius tereti, superius ramisque 
compressis, foliis lanceolatis aut sublinearibus, profunde serratis subcostatis ncrvo evanido, 
vesiculis sphaericis, muticis aut mucronatis, receptaculis cylindraceis racemosis. 

Synom. Fucus nalans L. Turner Tab. 46. Esper Tab. 23. 

Sargassum vulgare Ag. System. Alg. p. 293 , excepto forte j integrifolio Turn. 

S. lacciferum Ag. 1. c. p. 294. 

Fucus bacciferus Turn.; Tab. 47. yil 



( 22) 

Descriptio. Caulus infirmus teres , durior , snbarticulato-ilexuosus , nitens , rubrobrunneus ; 
supcrius ramique compressi, molliores , laxi, flavicantes , inferiore caule latiores ; ramificatio 
bif'urcata, ramis densissime congestis, numerosissimis ; folia alterna , 2 4 centim. longa , 
lineari-lanceolata, superiora juniora linearia, profunde remotius serrata, subcostata, nervo 
superius evanido, pellucida , in medio crassiora obscuriora ; siccitate Talde contracta , cris- 
pata, chartae non adhaerentia. Vesiculae cum foliis alternae aut ramis brevissimis, subinde 
abortientibus , insidentes, pseudo-axillares , pedicellatae, sphaericae aut ovato-rotundatae , 
muticae, aut brevi-aut longe mucronatae , mucrone subinde longiore (octies vesicula longior) 
foliaceo, serrulate. Fructus deest ; planta 1 2 pedes alta. 

La forme des fcuilles et la direction des vesicules sont beaucoup changees , par le desse- 
chement, de sorte qu'il est tres-necessaire d'examiner des plantes fraiches, pour se former 
une juste idee de leur structure. 

Par 1'examen anatomique des plantes fraiches nous nous sommes convaincus que les vesi^ 
cules , bien qu'etant nominees axillaires par Agardh , ne le sont pas en effet ; elles sont , 
au contraire , placees a la maniere des feuilles. Souvent un rameau court porte une seule 
vesicule, et alors elle parait tre axillaire. Nous avons re connu que les vesicules ne sont que 
des feuilles tumifiees, comme le prouve la maniere d'attache a la tige , leur evolution, 
leur structure, mais surtout la consideration morphologique , la comparaison des vesicules 
mutiques avec les mucronees et avec celles qui portent une lame foliacee, et que Ton ren- 
contre p. e. dans Macrocystis. Le tissu cellulaire des tiges est compose de deux couches 
tres-distinctes ; 1'une exterieure formee de petites cellules sexangulaires ou spheriques, con- 
tenant une matiere (resineuse?) brunatre; 1'autre interieure formee par des cellules hexa- 
wono-prismatiques, alongees (6 fois plus longues que le diam.) avec des pointes pyramidales; 
d'une couleur blanchatre. Les feuilles et les vesicules ont tout a fait la murne structure 
que les tiges, et ne sont composees que de ces deux sortes de tissus cellulaires. Les 
nervures des feuilles sont composees d'une texture plus serree, et la cavite des vesicules, 
qui manque dans les jeunes , n'est point vetue d'une membrane propre. On ne trouve 
point de vrai epidemic , qui parait en quelque maniere remplace par le tissu cellulaire 
exterieur plus serre. (Extrait d'un memoire sur le Sargasse, dans le Tijdsckrift voor Na- 
tuurl. Gcsckiedenis en Physiologie. T. V. I.) 



VARIATIONS DE L'AIGUILLE DE DECLINAISON PENDANT L'APPARITION DE L'AURORE 
BOREALE DU 18 FEVRIER 1837, OBSERVEES A BREDA 

W. WENCKEBACII. 

Ayant ete avert! le soir a 7* heures, qu'une aurore bor6ale , plus brillante qu'a 1'ordi- 



(23 ) 

naire , deployait son eclat au firmament, et m'etant assure de la realite du phenomena, qui, 
par un ciel presque decouvert , se montrait , nonobstant la clart6 d'une lune a peu pres 
pleine , je courus a mon Magn6tometre , le mSme , avec lequel je fais les observations con- 
cordantes aux epoques fixees par le celebre Gauss, pour ceux qui se sont pourvus de son 
appareil aussi simple que delicat. Aussitot que je mis 1'oeil a la lunette d'observation je 
m'appercus a 7 h 42 , temps moyen de Breda, que la declinaison occidentale etait pour le 
moment de 40' plus grande qu'a 1' ordinaire : je me mis par consequent a determiner la 
position de 1'aiguille de la maniere prescrite par Gauss , ce que je renouvelai a des 
intervalles aussi petite, que cette methode d'observer me le permet , c. a d. de 2 en 2 
minutes. Je continual ces observations pendant 6 heures consecutives , jusqu'a I h 33 apres 
ininuit, lorsque le ciel s'etant couvert , de maniere que les Incurs rougeatres, qui avaient 
et6 tres-mobiles, et qui s'etaient de temps en temps monlrees alternativement a 1'horizon 
oriental et occidental , s'avanfant meme jusqu'a la constellation de 1'Orion et de celle du 
Belier , s'etaient derobees a mes regards, et que 1' aiguille , quoique plus mobile qu'a 1'ordi- 
naire, n'oscillait plus qu'autour de sa position moyenne, ses plus grands ecarts de 1'un cote 
et de 1'autre n'6tant plus que d'une couple de minutes. 

Le detail de mes observations se trouve consigne dans le Natwur- ct Scheik. Archie/ ', torn. 
V, pag. 1728. II en resulte, 

1. Que la plus grande deviation occideutale pendant 1'intervalle de 6 heures a eu lieu a 
10>51', et etait de 52'; 

2. Que la plus grande deviation orientale a eu lieu a 11|,17', et etait de 27' ; 

3.o Que par consequent le maximum de variation etait de lo 18'. La plus grande variation , 
observee par moi auparavant, depuis le mois de Novembre 1835 que je suis en possession 
du Magnetometre , a eu lieu dans la nuit du 30 31 Janvier 1836 et etait de 51' 27". (Vojez 
la courbe des observations de cette 6poque dans les Resultatc aus den Beobachtungen des 
Magnelischcn Vcrcins , par Gauss et Weber. Gott. 1837.) 

4. Que cette variation est remarquable par son etendue parmi celles qui ont etc obser- 
vees dans la Neerlande. Car il resulte des observations de declinaison, faites pendant les 
II annees de 1771 a 1781 a Franeker par le celebre et infatigable van Swinden, que, des 
519 epoques de mouvements irreguliers de ses aiguilles de declinaisons , il ne s'est presente 
que 9 fois, que 1'arc, parcouru par 1'aiguille, ait surpasse 120'. II faut aj outer cependant, 
qu'il a observ6 des variations de 120', 125 , 127' et 130 , et qu'une fois meme la variation 
montait jusqu'a 240' ou 4. 

line comparaison des mouyements de mon aiguille aux descriptions des apparitions de 1'au- 
rore, publiees par M. Fockens a Utrecht et par M. Heineken a Sidmouth, m'a fait voir, que 
les epoques de la plus grande variation correspondent assez exactement a celles du plus grand 
eclat du phenomene celeste. 



( 24 ) 

STJR LA VARIATION DIURNE DANS LA PRESSION DE L'ATMOSPIIERE, DEDUITE 
D'OBSERVATIONS BAROMETRIQUES FAITES A LA HAYE , 



W. WENCKEBACH. 

'" 

Ces observations ont 6te faites avec deux bons Barometres a siphon , munis d'echelles 
mobiles en laiton , divisees en millimetres ; le zero de 1'echelle etait ramen6 , a chaque obser- 
vation , au niveau de la surface du mercure dans la branche la plus courte du siphon , au 
moyen d'une vis de rappel : 1'echelle etant fixee ensuite par line autre vis centre la caisse 
de 1'instrument , une autre vis de rappel amenait le zero du vernier au niveau du mercure 
.dans la branche la plus lorigue : pour eviter toute parallaxe , les deux branches etaient en- 
tourees d'anneaux cylindriques en laiton , dont le bord inferieur formait , a 1'obsi-rvation , 
le plan horizontal tangent aux convexites des deux surfaces mercurielles. Les observations 
se faisaient 11 fois par jour, a 8 h , 9>> , 10' 1 et 11'' le matin, a midi , puis-a I 1 ', 2'', 4 h , 6 h , 
8 h et enfin a 10 h du soir; toutes les observations sont reduites C, au moyen des indi- 
cations de thermometres , plac6s a cot6 des Barometres , et dont les boules cylindriques 
avaient a peu pres le meme diametre que les tubes des Barometres. On n'a apporte de cor- 
rection ni pour la capillarite , ni pour la reduction au niveau de la mer, au-dessus du- 
quel, au reste, les Barometres n'etaient Sieves que de 4 a 5 met. Les observations ont 6te 
faites pendant les douze mois de Mars 1836 jusqu'a Fevrier 1837. Les trois derniers mois 
on n'a pas observe le matin a 8 h . Les resultats mensuels de ces observations ont donn6 
un maximum dans la matinee, c'est-a-dire ordinairement a 10 h ou ll h , mais qui 
variait quelquefois de 8 h av. m. jusqu'a l h apr. m. Le^ minimum du soir avait lieu dans la 
plupart des mois a ,6''; mais une fois a l h , quelquefois a 2 h et une fois a 10 h le soir. Le 
Barometre montait ensuite pendant le reste de la soiree. 

La difference du maximum au minimum moyen de chaque mois variait de "'",68 a " m , 1 4 : 
la valeur moyenne de cette variation pour toute 1'annee etait 0" m ,222; 1'heurc moyerme du 
maximum a It' 1 av, m. , du minimum 4 h apr. m. , et depuis cette heure jusqu'a 10 h du soir 
le Barometre remontait de 0" m ,198. 

En comparant la grandeur de la variation trouvee avec celle de plusieurs villes d'Europe , 
dont la latitude ne differe que de quelques degres , (celle de la Have elant 525'), on voit 
qu'elle est plus petite que la plupart d'entre elles ; seulement pour Konigsbcrg et Edim- 
bourg on obtient des valeurs (0 Bm ,270) , qui ne different pas beaucoup. Depuis qu'ou a 
trouve que la variation diurne des Baromelres est la resultante de deux variations , celle 
de 1'air atmospherique sec, et de la vapeur atmospherique , il est vraisemblable , que la 
petitesse de la variation diurne , trouvee dans les trois lieux situ6s si pres de la mer du 
Nord et de la mer Baltique , soil due a 1'etat hygrometrique de ces lieux. Cependant il faudra 
une serie plus longue d'observations pour la Haye, avant de pouvoir decider, si la petitesse 



( 25) 

de la valeur trouvee est un fait constant, ou seulement u e exception, provenant d'unc 
anomalie dans la pression de 1'atmosphere pendant cette annec d'observation. (Extrait du 
Naluur- en Schcik. Archie/, Tom. V, p. 143 160.) 

j v ' ' " I "- : - 

OBSERVATIONS SUR LES YEUX. SIMPLES DES ANIMAUX ARTICULES CUV., 

PAH 

M. le Dr. A. BRANTS. 

., . . i 1 -' . '' 3.'M1IHIRI9J'|I fr I tip 

La grande importance de la vue dans I'economie animale exige, que I'ocil soit parfaite- 
ment construit dans tous les animaux. C'est par des moyens divers que la nature atteint ce 
but; il parait, qu'en general on pent distinguer deux formes principales d'yeux , savoir celle 
que Ton trouve dans 1'oeil humain , et 1'autre dans les yeux composes des insectes. La pre- 
miere forme est la me"me dans tous les animaux vertebres, modifiee seulement selon les 
bcsoins de chaque animal. Elle parait caracterisee par une mobilite extreme et par le croi- 
scment des nerfs optiques. Les yeux composes sont formes par une quantite de tubes trans- 
parents, recevant la lumiere dans la direction de leurs axes, et fixes en rayons sur un 
centre, qui est le nerf optique , de maniere qu'ils recoiveut, reunis en un corps, tous les 
rayons de 1'objet , tandis .que chaque tube isole ri'en reroit que quelques uns. Cependant 
ccs yeux ont ete trop peu examines , pour pouvoir tracer precisement les caracteres , par 
lesquels ils different des yeux simples, quoiqu'il nous paraisse vraisemblable que leurs nerfs 
optiques ne se croisent pas, et que par consequent ils nc peuvent jamais se fixer sur le meme 
objet : mais de 1'autre cote il est certain , qu'aucunc des parties principales dc 1'oeil ne 
manque ici, car on rencontre constammerit le cristallin, la corn6e, le pigmcntum el le 
vitre. 

L'oeil des Cephalopodes et de quelques Gasteropodes lient le milieu entre ces deux for- 
mes; mais il faut les passer a present sous silence, ainsi que les yeux des Arinelides , que 
Ton peut a peirie nommer organes de la vue. 

Une autre forme de 1'oeil se trouve dans les Aracbnides et dans 1'etat imparfait de quel- 
ques insecles, savoir les oodles ou stcmmates , dont on pretend generalement, que les yeux 
sont formes d'apres le type des yeux simples des animaux vertebres. II y a peu de vraisem- 
blance que ces yeux seraient formes d'apres un type , different de celui que Ton trouve 
commun6ment dans cetle classe d'ariimaux. C'est parce que 1'oeil des animaux vertebres voit 
a chaque distance assez clairement, qu'il faut que 1'oeil lui-meme soit modifie selon les 
diverses distances; tous ont en eux les moyens de raccourcir le globe et de fairechanger le 
cristallin de place et de forme. Or , dans 1'oeil simple des animaux articules on ne trouve point 
ccs moyens ; il nous parait done de toute impossibilite, qu'il soit construit sur le meme plan 
de celui des a. vertebres , car alors il serait tres-imparfait et de peu d'utilit6 pour 1'animal. 

Bullclin K. 4, 28F<!vricr 1838. 4 



(26) 

M. J. Muller (Zur verglcich. Physiol. des Gcsichisinnes, p. 314, 318, 331) a dcrit cct ocil commc 
immobile, immuable , correspondant en outre avec celui des vertebres et exerrant sa foriction 
de la memo maniere ; mais la mobilite est si necessaire a la fonction de la vue que 1'oeil 
prive de cetle propriete serait incapable d'exercer sa fonction. Les yeux simples se trou- 
vant toujours en assez grand nombre dans les Articules , M. Miiller pense, que chacun 
d'eux voit une partie, et que tous ensemble voient le cercle de vue entier; cela etantainsi, 
la possibilile n'aura lieu toutefois que pour une seule distance, et les champs de vue se 
couvriront 1'un 1'autre, ou plus pros il restera des espaces qui 6chapperont a la vue. C'est 
pour ccla que Muller regarde 1'oeil simple comme un organe, qui ne peut voir les objets 
qu'a des distances determin6es, et , parce que la grandeur et la forme de ces yeux different 
beaucoup, il croit que les distances de vue different aussi , de maniere que tous ces yeux 
reunis feraient le meme effet qu'un oeil simple parfait. Cependant 1'animal ne verrait que 
quelques objets a des distances determinees, et par le moindre mouvement du corps, tous 
les objets echapperaient tout de suite a la vue, pour etrc remplaces par d'autres, et 1'ani- 
mal, ne pouvant varier a volonte ces distances de vue, ne saurait retrouver les premiers 
objets. Comment done expliquer les mouvements precis des araignees? Or, les recher- 
ches anatomiques nous ont prouve que la structure des yeux simples differe beaucoup de 
celle que Muller a decrite. Nous croyons que 1'illustre Physiologiste s'est laisse induire en 
erreur par 1'aspect d'objets trop deperis. 

Je me suis convaincu que ces yeux simples sont formes d'apres le meme plan que les 
yeux compos6s, et lion pas comme ceux des animaux vertebres. Je me bornerai a communi- 
quer mes observations anatomiques, et ne tenterai point d'expliquer, comment la vue s'exerce 
par ces yeux simples, ce qui ne sera pas bien difficile quand une fois nous aurons bien 
explique la fonction des yeux composes. 

J'ai examin6 les yeux du Scorpio (Butkus} afer, du S. europueus Fabr. (de Suriname) et 
d'une Mygale avicularia. Dans les scorpions les deux yeux plus grands sont situes sur la 
partie moyenne du thorax. Us sont tous formes de la meme maniere; je n'ose decider si 
les tres-petits, que Ton trouve en outre dans Buthus , le sont aussi; ceux de la Mygale sont 
formes de la memo maniere que ceux des Scorpions, seulement, ils ont une forme sph6rique 
ou alongee. 

La peau a dans les S. comme dans la M. une ouverture a la place ou sont situes les yeux, 
laquelle est fermee par une membrane transparente , qui est la cornee dont la cavite contient 
un cristallin presque spherique ; spherique et brun , quand la cornee est circulaire; spheroi- 
dal et jaune, quand elle est elliptique, comme dans les yeux laleraux de la Mygale. Sous le 
cristallin et la cornee se trouve le globe, comme un corps spherique bleuatre ; les deux 
Brands yeux se touchent. Le globe a une ouverture sur la face anterieure , qui correspond 
avec la grandeur du cristallin; c'est la pupille, bordee d'une bande noire, situee entre le 
cristallin et la corn6e ; cette ouverture, comme je 1'ai vu souvent dans la Myyale, est fer- 
mee par une membrane; je n'ai pula distinguer assez clairement dans le Scorpion. 



(27) 

Derriere clle se trouvc la partie, que Miiller nomine Glaskorpcr (vitre) , Sommering 
retina, qui , et dans le Scorpion et dans la Mygale, a une face anterieure concave et unepos- 
terieure convexe. Miiller I'a observee convexe sur les deux faces. Dans les petits yeux je 
n'ai jamais vu manquer cet organe. Ce vitre est cnvironne d'unc matiere noire qui reinplit 
le globe entier; et elle-meme est contenue dans une expansion en forme de calice du nerf 
optique qui s'epanouij; pres de la pupille ; cette expansion est plus epaisse dans la Mygale 
que dans les Scorpions. Toutes ces parties enfin sont environriees d'un tissu vasculaire, qui 
unit les yeux et forme le tubcrculum sur lequel sont situes les yeux , et dans lequel on dis- 
tingue tres bien des fibres musculaires; la quantite de matiere graisscuse qui y est entre- 
melee est plus ou moins abondante dans les differents yeux. Elle est couverte d'une mem- 
brane noire ponctuee, situee sous la peau de 1'animal , et qui forme la bandc ouverte de 
la pupille. Les nerfs optiques sont aplatis; ceux du Scorpion sont exactement decrits par 
Miiller et Treviranus. Chaque grand oeil lateral a un nerf optique propre, pendant que les 
petits en recoivent un , commun a tous ceux du in erne cote. Dans la Mygale les nerfs for- 
ment une bande aplatic, composee de trois divisions, dont la superieure est destinee pour 
le gauche des grands yeux, la seconde pour le droit, la troisieme forme trois paires de 
filets, dont ceux qui sont places a la droite , se courbent pros du tuberculum, au cote droit; 
ceux de la gauche s'etendent a gauche vers les petits yeux de ce cote; de sorte que dans 
la Mygale chaque oeil recoit son nerf particulier. Aussi peut-on poursuivre dans le tronc 
uerveux principal du Scorpion les nerfs propres destines pour les petits yeux. Chaque 
oeil ayant sa propre divergence, chacun recevra une autre impression, de maniere que, 
si toutes ces impressions devaicnt etre conduites par le meme nerf, il en resulterait sans 
doute de la confusion. Au contraire, quand chaque oeil a son nerf propre, les impressions 
differentcs peuvent etre conduites separement , parvenant toutefois en meme temps au cer- 
veau. De chacune de ces impressions ['animal compose une image differente et recoit autarit 
d'imagcs que d'impressions, egales au nombre d'yeux. 

Ainsi il peut faire usage de tous ces yeux en meme temps, et voir avec chacun d'eux 
une partie differente de 1'espace. II n'est pas difficile de voir toutes ces choses par une 
loupe de i pouce dc foyer. On a besoin d'un grossissement plus fort pour bien connai- 
tie la matiere noire: ce n'est ni une pulpe ni un amas de pigmentum, mais une masse mus- 
culaire, qui remplit presque en entier 1'oeil compose. Quand on detachele vitre du globe 
de 1'oeil du Scorpion, on voit que la surface du pigmenlum noir est divisee regulierement ; 
je n'ose decider si ces divisions sont hexagones ou tetragones; mais les deux surfaces de 
cette matiere noire ont un aspect granuleux, comme Lyonnet le decrit de 1'oeil de la pha- 
laena de Cossus ligniperda (Mem. du Mus. T. XX. 125, 126, pi. 13, fig. 22, 23.). Sur une 
coupe longitudinale on voit assez bien une structure fibreuse, composee de tubes (pyrami- 
daux) , qui sont reunis par des vaisseaux entrelaces. II semble , que ces tubes contienrient 
ou secernent le pigmentum noir. Etant tous diriges vers le centre du cristallin et reunis 
par un pigmcrdum obscur , il parait certain qu'ils exercent la mcme fonction que les fibres 



(28) 

pyramidales de 1'oeil compos6, savoir de laisser penetrer la lumiere dans le sens de Jcurs 
axes. Dans 1'oeil de la Mygale , entre la matiere noire et le vitre, on trouve unc matiere 
blanche d'un aspect tres-granuleux. Cette membrane parait tre la meme quo Sommering 
obscrva derriere la retine, et que Miiller pi it pour la retine elle-meme. Je ne trouve cepen- 
dant aucunc connection avec le nerf, comme Miiller le decril (p. 316), et 1'observalion 
microscopique m'a prouve, que cette matiere n'est point nerveuse, inais consiste en tubes 
transparents. La matiere noire dans la Mygale differe de celle du Scorpion, et penetre plus 
profondement dans le cone du nerf optique; elle n'est point composee de tubes courts et 
epais, mais consiste en tubes plus minces, blancs (filets nerveux), qui sont reunis par des 
vaisseaux noirs ou pigmentum; chacun de ces filets s'unit a la base avec un des tubes courts, 
et se joint a un des filets du nerf optique. Si ces tubes courts sont des cones vitres et Ics 
filets de nature nerveuse, on aurait ici une structure tres-voisine de celle, que M. Straus- 
Durckheim a decrite de Melolontha vulgaris. Or, si les filets sont en effet des tubes vitriques, 
on pourrait comparer les tubes courts de la matiere blanche , avec une matiere semblable 
tubuleuse que Ton trouve p. ex. dans quelques Larigoustes, (Palinuri), entre la cornee et 
les vrais tubes vitriques. 

Les fails que nous venons de communiquer , suffiront pour demontrer , que 1'oeil simple 
des animaux articules a la meme structure generate que 1'oeil compose, qui differe senle- 
ment en cela, que, pour chaque tube vitrique , il se trouve une facette propre , tin proprc 
cristallin dans la cornee commune , pendant que 1'oeil simple a sculement un scul grand 
cristallin pour tous les tubes. Dans 1'un le nerf optique se trouve au centre, d'ou les fibres 
pyramidales s'etendent en rayons, de maniere que chacune cxige uri propre cristallin; dans 
1'autre 1'ordre est inverse, et un grand cristallin a la meme utilite; il est place au milieu 
et toutes les fibres pyramidales sont attachees sur son centre et continuees dans le nerf 
campanule. La lumiere, de quelque cote qu'elle vienrie , penetre par les tubes pyramidaux , 
dans le sens de leurs axes, jusqu'au nerf optique. II parait done indubitable, que la 
viie s'exercc par les yeux simples de la meme maniere que par les composes. 

J'examinais une Mygale qui etait sur le point de changer de peau. La peau nouvelle qui 
s'etait deja formee sous 1'ancienne , n'avait pas de cristallin, mais bien une cornee qui etait 
recourbee autour du crislallin de 1'ancienne peau. Le globe etait dans son etat normal, mais 
la membrane vasculaire , qui couvre le tuberculum et forme le bord des pupilles , etait Ires- 
mince. Ainsi on pourrait demarider: Ou se forme le nouveau cristallin? Serait-il possible 
que la membrane vasculaire se changcat en peau, la membrane pupillaire en cornee, le vitre 
en cristallin, et qu'un nouveau vitre se format de la matiere blanche, situee sous le vitre, 
et dont nous avons parle plus haul? Alors il serait explique, pourquoi nous n'avons pas 
trouve cette matiere dans les Scorpions, ou Miiller 1'a bien vue , et que dans la Mygale 
elle n'a pas toujours la meme epaisseur. 

Quant aux muscles, on en trouve deux dans la Mygale qui viennent de 1'os hyoi'de et s'at- 
tachent au tissu vasculaire des grands yeux moyens. Ainsi a chaque petit oeil marginal par- 



(29) 

viennent des fibres musculaires qui prennerit leur originc des muscles mandibulaires. 
(Extrait du Tijdschrift voor Nat. Gesch. en Physiol. , T. V. I , 2 avec une planche.) 

^ M-L. 

m l. "" 1 "[>" li'up 

OBSERVATION SUR LE CANAL MEDULLAIRE ET LES DIAPHRAGMES DU TRONC DE 

CECROPIA PALM AT A L. , SUIVIE DE CONSIDERATIONS GENERALES 

SUR LES DIAPHRAGMES MEDULLA IRES, 



F. A. W. MIQUEL. 



PRTM1ERE PARTIE. 



Depuis que 1'opiriion de Linrie sur la grande importance de la moe'lle dans la formation 
des branches et des feuilles a trouve de nouveau defenseurs , on a commence d'etudier, de 
nouveau , un organe , qu'on avail cru a peu pros inutile dans 1'economie vegetale. D'une 
autre part , la question , si le canal medullaire a change de diametre avec 1'accroisement du 
tronc, a fixe 1'attention sur sa structure et son developpement. Mais, nonobstant les savants 
travaux de Medicus, Duhamel, Mustel , Moldenhawcr , Treviranus, Link et De Candolle , il faut 
avouer , que le nombre des fails positifs , resultes de 1'observation fidele , est encore tres- 
pelit, et que presque toutes les observations regardent les plantes europeennes, pendant que 
la structure des plantes exotiques est, pour ainsi dire, inconnue, quoique la vitesse de leur 
accroisement et la grandeur de leurs parties les rendent tres-utiles, pour mieux comprendre 
plusieurs points de 1'anatomie vegetale. C'est pourquoi nous avons cru utile, de fixer 
1'attenlion des Botanistcs sur la structure singuliere de la moe'lle dans un arbre de 1'Inde 
Orientale. 

Depuis quelque temps j'avais observe les jeunes troncs de quelques Artocarpees et le fait 
singulier , quo ces troncs, souvent simples ou peu ramifies, ont dans toutc leur longueur le 
meme diametre , en poi tant au sommet un bourgeon tres-gros , coinme dans les genres Ar- 
tocarpus et Cecropin. En examinant le tronc d'une Cccropia palmala de cinq aris et d'environ 
six pieds de longueur, morte dans riotre jardin botanique , je le trouvais , dans toute la lon- 
gueur, a peu pres de la meme epaisseur, sculement ca ct la retreci , par les bandes avec 
lesquelles il avail etc altache a son support. L'ecorce grise est lissc ct offre les cicatrices 
triangulaires des feuilles alternes, garnies d'une serie de petites poncluations , qui indiquent 
les fibres vasculaires des petioles. Ces cicatrices , prolongees par ses angles latcraux en forme 
de lignes, enlourent toute la peripherie du tronc. Pres de la racine le tronc est un peu 
tumefie. En le coupant longitudinalement , je Irnuve le canal medullaire creux, pourvu de 
diaphragmes transversaux assez durs , composes d'un tissu tres-serre, blanc , dur et fragile, 
et vetu, comme toute la cavite , d'un lissu floconneux brunatre, divise en petites areoles irre- 
gulieres. Ce qui in 1 a paru le fait le plus remarquable, c'est que le diametre de ce canal etait 



( 30 ) 

tres-different sur les divers points de sa longueur, quoique le tronc cut lui-rnemc presquc 
partout la meme epaisseur. A la base du tronc, le canal qui est fort etroit, s'obliterait entie- 
rement pres de la racine ; vers le sommct de la tige, il s'amplifie fort regnlierement , ainsi 
qu'il y acquiert un pouce de diametre. En meme raison le hois du tronc est tres-different 
d' epaisseur, devenant plus mince vers le sommet , ou il a, a peine, line ligne d'epaisseur. 

M. Treviranus de Bonn, a qui je montrais ce tronc de Cecropia, pendant son sejour a 
Rotterdam, 1'anrice passee , m'assura dc n'avoir jamais observe une telle structure de la 
moelle , et 1'illustre phytotomiste in'erigagea a examiner specialement la structure de ces 
diaphragmes. 

Je les trouvai composes de deux lames blanches , seches , dures , fragiles , a peine unies 
entre elles; les lames ne finissent pas anx parois du canal, mais se recourbant, elles velissent 
les parois memes et s'unissent tout a fait avec les productions parietales des diaphragmes voisins, 
de maniere que Ton peut se representer le canal medullaire rempli de cylindres creux avec 
dcs bases aplaties, qui en se touchant et soudant, forment ces diaphragmes composes de 
lames doubles , dont chacunc appartient a un cylinrlre particulier. En effet dans la partie 
superieure du tronc, il est facile de detacher ces cylindres entiers du canal medullaire. 
Les cavites de ces cylindres sorit revetues d'une substance seche, cellulaire, brune, flocon- 
neuse , tres-mirice , (a peine 1 ou i ou I de ligne d'epaisseur) qui parait etre la vraie moelle. 

Les diaphragmes sont places a des distances un peu inegales. Dans la partie inferieure 
du tronc, ou le canal est fort etroit, ils manquent; les premiers, commenoant a 3 pied dc 
la racine, sont places a des distances moyennes d'un pouce ; les suivants a 2 pieds de la racine 
de 11 pouce; les diaph. superieurs sont a peu pres a la meme distance, mais dans une 
partie du sommet de la lige, comprimee pendant la vie , par dcs bandes , les diaphragmes 
sont les plus voisins, laissant a peine des espaces librcs cntre eux. 

La distance des diaphragmes, etant a peu pres moyenrie d'un pouce, scmble indiquer la 
vitesse d'accroisscment du tronc pendant les differentes epoques dc la vie. 

En cherchant une relation dc ces diaphragmes avec les organes externes , on trouve qu'il.s 
correspondent exactement avec les feuillcs, ct qu'ils sont places precisement sur le meme 
plan avec les cicatrices peliolaires. 

Quant au bois , il n'est pas tres-difficile d'en distinguer les couches annuelles ; dans la partie 
inferieure du tronc, on en trouve cinq, dont 1'exterieure a la plus grande 6paisseur ; mais 
il est presque impossible de bien distinguer les couches dans les parties superieures du trono. 
Le bois est d'une texture un peu spongieuse , composee d'amples tubes unis par un 
tissu cellulaire. Mais pourtant par ces tubes memes, il est possible de distinguer les couches 
ligneuses, chaque couche etarit indiquee par un ccrcle de tubes, dont on trouve cinq a la 
base du tronc, un seul au sommet; les vaisseaux ou tubes exterieurs s'elendent sans 
interruption du sommet jusqu'a la base de la tige. 

Pres des diaphragmes ces tubes ne sont point interrompus, seulement plus ou inoins eloignes 
pour laisser penelrer de petits vaisseaux qui appartenaient aux feuilles, mais qu'on ne retrouve 



(31 ) 

point ou a peiue dans la partie inferieure du tronc, ou les couches nouvelles sont plac6es 
sur 1'ancienne qui portait ces fibres vasculaires p6tiolaires; les cicatrices petiolaires offrent 
bien encore les rudiments de ces vaisseaux, mais ceux-ci ne correspondent point encore 
avec la partie centrale du bois. De la il est tres-evident , que des couches nouvelles se sont 
lormees entre les couches anciennes et le liber, qui est fort mince dans cette plante. 

Pour eclaircir la description que nous Tenons de donncr, nous voulons aj outer les chiffres 
des diverses dimensions du tronc et de ses parties. 

r Ij !-,' "'^liu iiti'/r v-'i 

, Diametre du ^ 

Hauteur mesuree ^ _ ___ . rLpaisseur de la couche 

de la racine. tronc. du canal medullaire. ligneuse entiere. 

I pouce de Paris. 11 lig. } lig. lig. 

i pied. 11 1 6 

1 1 pouce. 5 4 
li 1 p. 1 7 3i 

2 1 p. 2 8 . 2i 
35 1 p. 2 9 2 
4i 1 p. 2 10 ll 
5i 1 p. 3 1 p. 1 ^ 

D'ici jusqu'au sommet les memes diametres. Nous avons evite les retrecissements artifi- 
ciels du tronc causes par des bandes trop serrees. Remarquons que le bois dans ces 
places serrees a une plus grande epaisseur; en meme raison que le diametre du canal et du 
tronc entier est plus petit; d'ou il est evident, que le developpement des fibres ligneuses 
n'a pas ete cmpeche par la compression. 

H nous parait fort remarquable, que la partie superieure du tronc des sa premiere for- 
mation a, a peu pres, le meme diametre que la partie inferieure; de sorte qu'on pourra 
dire que dans cette plante la formation du sommet fut detcrmince entierement par la partie 
inferieure, maniere de croitre qu'on ne trouve pas dans les autres arbres dicotyledones, 
dont les jets nouveaux, au sommet d'une tige ou d'une anciennebranche, ontle meme diametre 
que la couche primaire , comme il est tres-facile de \oir par la parfaite egalite du canal me- 
dullaire d'une branche de plusieurs annees. Est-ce peut-etre que la grandeur des feuilles 
dans cette plante augmente avec les annees, et que les feuilles plus grandes apportent une 
plus grande quantite de matiere nutritive, ou, comme d'autres phytotomistes voudront s'ex- 
primer, produissent une plus grande quantite de vaisseaux descendants? Sans doute , il ne 
taut pas oublier, que le bourgeon unique terminal dans cette plante est tres-gros et aug- 
mente avec les annees; pendant que, dans le cas ordinaire, les bourgeons des branches de 
diverses annees sont de la meme grandeur. Sont-ce peut-etre les diaphragmes eux-memes, 
devenant vers le sommet toujours plus grands, qui ont quelque influence sur ceph6nomene? 
Nous reviendrons sur cette question, apres avoir donne quelques remarques sur 1'anatomie 

de CC tronc. ( 5 U ,-, C dan , ^ prochain.) 



(32 ) 
SUR LA T HEINE ET LA CAFEINE, 



C. J. MULDER. 

En analisnnt quelques sortes de the, j'ai tente de separer la matiere particuliere , 
q\iOudri/ avail observee dans cette plante. On separe la theine en bouillant la decoction 
aqueuse du the avec de la magnesie N ou de la chaux et en traitant 1'extrait aqueux par 1' ether 
sulphuriquc. La theine forme des cristeaux extremement beaux. Elle appartient sans doute 
aux substances les plus frappantes , tant par sa forme , quc par ses proprietes. Des prismes 
a six pans, termines par des extremites obliqucment tranchees, d'un aspect soyeux, refle- 
chissant la .lumiere avec eclat sont les formes de la theine. Je les ai d'une longueur de 8 ctm. 

Les proprietes de la theine: cellcs de se dissoudre facilement dans 1'cther, de produire un 
precipite abondant avec 1'acide lannique etc. m'avaient determine a corisiderer cette sub- 
stance comme un principe vegetal particulier, quoique la composition, donnee parl'analysc, 
se rapportut a celle de la cafeine. 

M. Berzelius m'observa avec bienveillance que la question pourrait se resoudre par 
une analyse d'un tannate theinique, et cette observation a conduit a la decouverte , que le 
memc principe si singulier se trouve dans deux plantes, d'une nature tout a fait diff6rente, 
employees par I'homme pour satisfaire, comme il semble, a un des premiers besoins de la 
vie. *) 

Je ne donnerai dans les lignes suivantes qu'un petit extrait des memoires publics sur ce 
.sujet. 

0,487 d'nne combinaison de theine avec 1'acide querci-tannifjue pur , dissoule dans 1'alcool 
et precipitee par une solution aqueuse d'acelate plombique neutre, ont donne 0,713 de tan- 
nate plombiquc. Ce tannate brule a donne 0,4302 d'oxide plombique. C'etait done un tan- 
nate triplombique , et le precipite theinique etait un tannate theinique bibasique. Lc poids 
de 1'atome de la theine dcvient done = 1932 X. j = 644. 

MM. Liebig et Pfaff, dans leur analyse de la cafeine , ont trouve, que 100 p. de cafeine 
perdent 7,85 d'eau, par rechauffemeiit. De ma part j'ai trouve qu'a 120 la theine perdnit 
7,40 de son poids en centiemes. J'ai observe depuis que 1'eau ne peut etre chassee entiere- 
ment qu'a une temperature plus elevee. A 150C 1,189 ont perdu 0,101, ou 8,495 pour 
cent. Ce qui donne pour le poids de 1'atome = 605,7. 

Voici les resultats de 1'analyse de la cafeine, faite par MM. Liebig et Pfaff et par M. 
Wohler , ct de la theine faite par moi : 



*) J'ai lii depuis quelques jours I'opiniou du celebre chimistc sur la vraiscmblance de 1'identite dc cos deux Kiibstani 1 
dans les Arshcratlclsc orn IVamslcgpu i Fvsik oeli Kemi. 1837 ; p. 281. 



(33) 
Theine. Cafeine. 



M. L. P. W. At. Calcule. 

Carbone 50,187 49&T ^49/77 49,93 4 49,79 

Hydrogene. . . . 5,486 5,32 5,33 5,43 5 5,08 

Nitrogene. . . . 28,520 29,28 28,78 28,97 2 28,83 

Oxygene. . . . 15,807 15,44 16,67 16,67 1 16,30. 

Poids de 1'atome = 613,983. 

La cafeine et la theine ne sont done qu'une et meme substance, etladecouverte de cette 
identit6 n'appartient qu'a M. Berzelius. 

J'ai tent6 d'extraire cctte matiere des feuilles de la Camellia Japonica ; mais cette plante n'en 
contient point. On pourrait soupoonner quele grillage des deux plantes estpeut-etre la cause de 
sa presence dans le caf6etdansle the. Mais d'une part le cafe non grill6, extrait par de 1'eau, 
precipite par 1'acetate plornbique , evapor6, et extrait par l'6ther , a donne une quantit6 de 
cafeine plus grande, quele cafe gril!6 ; d'une autre part les pois verts et les pois gris grilles 
et non grilles, n'en ont pas donne la moindre trace. 

La composition de la cafeino et de la theine est sans doute tres-remarquable. M. Liebig 
a suppose, que c'elait un ether cyaneux , compos6 de N 2 C 2 Oi + C 2 H 5 Oi. On sail 
qu'cn faisarit bouillir la caf6ine avec de 1'eau de barite , il se degage de 1'ammoniaque. 
(Pog. Ann. Bd. 28, p. 193. Bd. 31 , p. 224) Par la r6petition de cette experience de diffe- 
rentes manieres, je suis arrive a des resullats concordants a cette supposition. 

Dans le vide, aussi bien qne dans 1'air, 1'eau de barite produitpar la coction avec.la theine 
ou la cafeine du carbonate baritique et ensuite de I'ammoniaque. Apres quelque temps , la 
barite etant en exces , le carbonate ne s'augmente plus, et l'ammoniaque devient imperceptible. 
1,088 de theine anhydre ont donne 0,213 de carbonate baritique: ^ environ du carborie 
de la substance s'est done transform6 en acide carbonique. 1,420 de theine ont donne de 
la meme maniere 0,010 de chlorure ammoriique ; l'ammoniaque degagee 6tant absorb6e par 1'acidc 
hydrochlorique faible. Lorsque la barite excedente fut separee de la liqueur chaudc par de 

I acide carbonique, la solution donna par 1'evaporation du carbonate baritique et de I'ammo- 
niaque, et par le nitrate argentique un precipite blanc, soluble dans beaucoup d'eau , tres- 
facilement soluble dans I'ammoniaque , donnant avec 1'acide sulphurique de 1'acide carboni- 
que et de l'ammoniaque. Ce sel devient gris-noiratre en le dessecliant. 

0,043 de ce scl ont donne par la combustion 0,031 d'argent metallique. Ce qui donrie pour 

le poids de 1'at. de la substance brulee = 423. C'est done de 1'acide cyanique KCO 429. 

Le liquide passe par le filtre de ce sel cyanique, devenait noir apres quelques instants. 

II parait done qu'il s'est encore forme un autre corps pendant la decomposition de Tether cya- 
neux par la barite. Mais la decomposition n'etait qu'incomplete. La liqueur evaporee donna la 
plus grande quantite de la theine employee. 

Apres une coction de plusieurs jours dans une fiole, munie d'un tube thermometrique , 

Bulletin K," 5. 15 Mars 1833. 



( 34 ) 

pour empecher le renouvellement de 1'air, avec une quantite notable d'eau de barite, la 
theine et la cafeine se sont entierement decomposees. Quand on separe la barite excedente 
de la liqueur bouillantc par de 1'acide carbonique , on ne retient que des traces de cya- 
nate baritique. Le tout est presque entierement converti en un sel baritique , qui a la pro- 
priete de reduire 1'argent du nitrate , surtout par Techauffement et de reduire le chloride 
mercurique a Tetat de chlorure ; de produire enfin, par la distillation, un acide -volatil 
qui a les memes proprietes. La liqueur 6vaporee donna un sel deliquescent. Traite par 
1'alcool , il s'en est dissoute une partie volatile , noircissant le nitrate argentique , donnant des 
traces d'ammoniaque en le traitant avec dc la potasse caustique. Elle ressemble done au 
formiate ammonique. La partie insoluble dans 1'alcool etait parfaitement blanche, noil 
deliquescente , soluble dans 1'eau. Elle avait de nouveau la propriet6 de reduire Targerit et 
le sublime corrosif. Elle donna du sulphate baritique avec de 1'acide sulphurique. II ne reste 
.done plus de doute que ce sel ne soil du formiate baritique. 

0,565 de ce sel seche a 100C ont donne 0,108 d'acide carb. et 0,042 d'eau Si c'est vrai- 
ment du formiate baritique, 0,4908 de barite restent dans le tube a combustion, combines 
avec 0,110 d'acide carbonique; c'est-a-dire, la meme quantite pesee dans la potasse du con- 
densateur. 

D'ou Ton tire pour la composition de 1'acide : 

Acide formique. Acide du sel baritique. 

Carb 2 32,85 32,60 

Hydr 2 2,68 2,52 

Oxyg ; , .... 3 64,47 64,88. 

L'acide du sel baritique n'est done que de 1'acide formique. 

Supposons maintenant que la theine et la cafeine soient vraiment de Tether cyaneux et que 
cet ether soil detruit par la barite en ether (oxide ethylique) degage et en acide cyaneux : 

4 (N 2 C* H5 0) 4 (C 2 H 00 + 4 (N 2 C 2 04) 

tandis que les 4 at. d'acide cyaneux se combinent avec 5 at. d'eau, on a: 
4 (N 2 c 2 Oi) + II 10 05 = 3 (N 2 C 2 0) tfri N 2 C 2 HOO* 
ou 3 at. d'acide cyanique et 1 at. de formiate ammonique, compose de C 2 H 2 O 3 + N 2 H 6 + II 2 O 

= T N 2 H 0. 

L'acide cyanique se combine avec la barite ; mais par la coction continue il est detruit 
en carbonate baritique et en ammoniaque: N 2 C 2 O + 3 aq = C 2 O* 4- N 2 H*. Le formiate 
ammonique forme est decompos6 par de nouvelles quantites de barite ajoutees. II se degage 
de 1'ammoniaque et 1'acide formique se combine avec la barite. 

La production de 1'ammoniaque et du carbonate baritique n'est pas indispensable pour 
que Tether cyaneux soit detruit en acide cyanique et en formiate ammonique. Quand on 
tient la liqueur quelque temps a la temp6rature du commencement de Tebullition, il ne 
se produit ni carbonate baritique , ni ammoniaque libre ; mais la liqueur contient du cyauate 
baritique et du formiate ammonique. 



( 35 ) 

La decomposition de 1'elher cyaneux par la potasse caustique se produit plus rapideraent. 
Quoique les fails cites s'accordent tout a fait avec la theorie , je dois ajouter cependant qu'on a 
encore besoin de montrer la presence de 1'oxide ethylique lui-meme dans la theine ou la cafeine. 



COMPOSITION DU MUCILAGE VEGETAL, 

- ' 

TAR 

G. J. MULDER. 

^'tiius i>i 

Dans une notice sur 1'acide pectique et la pectine (p. 13 ci-dessus) j'ai constat6 1'iden- 
tite de ces deux corps, et deduit d'un grand nombre d'experiences pour leur composition 
(]ia Jji6 Q 10 . Le pouvoir des alcalis, de convertir la pectine en acide pectique et la pre- 
sence g6n6rale de la pectine dans les plantes , m'ont excite a faire quelques recherches 
sur d'autres corps, soil analogues a 1'acide pectique, soit a la pectine. J'ai commu- 
niqu6 les exp6ricnces, pour atteindre a ce but, dans le Natuur- en Scheikundig Archief , 

1837, St. 4. 

: eof.iiiJnoo a'i 

MATIERE GELATINEUSE DU SPHAEROCOCCUS CRISPUS. 

I 

Presque la totalite de cette plante est composee d'une matiere mucilagineuse , lorsqu'elle 
est bouillie avec de 1'eau et qu'elle est chaude ; mais formant une gelee apres le refroidis- 
sement, comme le fait un pcctate calcique. M. Herbcrger y a trouv6 79,1 pour cent de cette 
matiere et 9,5 d'une autre, nominee mucilage, ne differant vraisemblablement pas de la pre- 
miere. (Berzelius Lehrbuch VII, S. 468). Pour obtenir cette matiere mucilagineuse aussi 
pure que possible , j'ai fait digerer le Lichen Caragcnicus pendant 48 heures avec de 1'eau 
froide , ensuite je 1'ai bouilli dans de 1'eau distillee et rejet6 la premiere d6coction. Dans la 
seconde decoction j'inslillai une solution d'ac6tate plombujue basique, tandis qu'une portion 
s'evapora jusqu'a siccite et fut sechee a 120C. Le lichen n'etait qu'en petite partie dissous 
dans 1'eau. 0,312 de la derniere ont donn6 0,068 de cendres, ou 21,8 pour cent. 

2,133 de la combinaison plombique , sechee a 120, out donne 1,478 d'oxide plombique , 
mele avec du chlorure et du sulphate plombique. On ne peut done compter sur le poids de 
1'atome de la substance organique , derive de ce sel plombique. Or, ce sel plombique pourra 
fournir les 61ements de la substance par la combustion avec 1'oxide cuivrique. 

2,294, dans lesquels 0,704 de matiere organique, ont donne 1,150 d'acide carb. et 0,309 
d'eau. 

Carbone . . . . 45,17 
Hydrogene. . . . 4,88 
Oxygene 49,95. 

La matiere gelatiueuse de 1'Ulva crispa est done de 1'acide pectique, ou plutot un pec- 



(36) 

late; et les petites differences dans les propri6t6s des pectates, prepares avec soin , consis- 
tent dans les sels, que Ton trouve en grande quantite dans la matiere fournie par la decoc- 
tion de cette plante. 

MUCILAGE DES SEMENCES DE COING ET DE LIN. 

Pour obtenir le mucilage aussi pur que possible j'ai lave les sentences et les ai fait digerer 
dans de 1'eau froide pendant 48 heures. Le mucilage separe par du linge , sans expression , 
est precipite par le sous acetate plombique. Le precipite floconneux est lave sous une cloche 
et seche a 120. 

1,219 du sel de coing out donne 0,685 d'oxide plombique et de plomb, dans lesquels 
0,263 de plomb. 

D'ou Oxide plombique 0,705 57,83 

Mucilage 0.514 42,17 

1,219 100,00. 

et pour le poids de 1'atome 1017 X 2 = 2034. 

I. 0.897, dans lesquels 0,378 de mucilage, ont donne 0,621 d'acide carb. et 0,174 d'eau. 

II. 1,275, dans lesquels 0,538 de mucilage, ont donn6 0,890 d'acide carb. et 0,253 d'eau. 
En centiemes : 

I. II. 

Carbone 45,43 45,93 

Hydrogene. . . . 5,12 5,23 

Oxygene 49,45 48,84. 

Le mucilage a done la meme composition que la pectine et 1'acide pectique. 
Le mucilage des semences de lin est moins pur que celui de coings, quoiqu'il ne con- 
tienne non plus les moindres traces de nitrogene, si on le prepare a froid, sans expression. 
M. Guerin a communique que le mucilage de lin 6tait compose de : 

Carbone 44,75 

Hydrogene. . . . 5,56 
Nitrogene. . . . 1,01 

Oxygene 48,68 

Ce qui ne differe pas beaucoup de la composition de la pectine et du mucilage de coings , 
excepte, en tout cas , le nitrogene, qui est un principe accidentel. 

1,203 de sel plombique de lin ont donne 0,706 d'oxide plombique et de plomb, dans 
lesquels 0,168 de plomb. 

Oxide plombique 0,719 59,77 

Mucilage 0,414 40,23 

1.203 100,00. 

et pour le poids de 1'atome 939 x 2 = 1878. 



( 37 ) 

MUCILAGE DE RACINES DE I/ALTHAEA , DE STMPHTTUM ET DE SALEB. 

J'ai prepare une decoction des deux premieres avec de 1'eau distillee ; je les ai filtrees et 
bouillies avec du charbon animal purifie. La liqueur mucilagineuse de 1'althaea etaitclaire 
et incolore. Precipitee avec le sous acetate plombique , le precipite filtre et sechc a 120, 
j'ai obtenu les resultats suivants : 

1,592 du sel althaeique ont donne 1,169 d'ox pi. et de plomb, dans lesquels 0,405 de 
plomb. 

Oxide plombique 1,200 75,4 

Mucilage 0,392 24.6 

1,592 100,0. 

Pour le poids de 1'atome 455,54 x 4 = 1822. 
1,475, dans lesquels 0,363 de mucilage, ont donne 0,604 d'acide carb. et 0,162 d'eau. 

Carbone 46,00 

Hydrogene. . . . 4,96 

Oxjgene 49,04. 

Le mucilage de 1'althaea est done le meme corps organique , que le mucilage de coing et 
de lin ; mais il contient une quantite double de base alcaline dans la plante. 

Le mucilage du symphytum ne peut etre obtenu aussi pur que le precedent. 1,075 d'un sel 
plombique, prepare de la meme maniere, ont donne 0,649 d'ox. plombique et de plomb, dans 
lesquels 0,378 de plomb. Ce qui donne: oxyde pi. 63,02, mucilage 36,98 en 100 parties. Je 
n'ai pas cru necessaire d'en faire une analyse. 

La racine de saleb, mise en contact avec de 1'eau froide, a donne un mucilage , que j'ai 
d61aye avec de 1'eau et que j'ai decante. La liqueur claire est precipitee par le sous-acetate plom- 
bique. 0,944 ont donne 0,517 d'ox. plombique et de plomb, dans lesquels 0,095 de plomb. 

Oxide plombique 0,524 55,51 

Mucilage 0,420 _ 4 _ 4 1 4 ^ 

0,944 100,00. 

Pour le poids de 1'atome du mucilage 1118 x 2 2236. 

II n'est done plus douteux que le mucilage vegetal ne differe de la pectine. Quant a la 
propri6te de la pectine de former des gelees avec les oxides metalliques , apres 1'avoir bouillie 
avec de la potasse : le mucilage la partage avec la pectine elle-meme. En bouillant une solution 
de saleb avec une lessive de potasse caustique faible, on obtient apres le refroidissement 
une belle gelee ; mais plus belle encore en y ajoutant un peu de chlorure de calcium avant 
l'6bullition avec la potasse. On combine alors le chlore avec le potassium et la chaux avec le 
mucilage , ce qui donne un beau pectate calcique apres le refroidissement. 

La pectine n'est done que du mucilage. La presence gen6rale de la pectine dans le regne v6getal 
est done aussi grande, que celle du mucilage , et la gelee de 1'Ulva crispa nous apprend, qu'on ii'a 
pas toujours besoin de bouillir le mucilage avec un alcali pour avoir uii beau pectate. Cette gelee- 



(38) 

la tient sensiblement le milieu entre le mucilage et 1'acide pectique (pcctate calcique acide). 
Du reste , 1'economie domestique et les confituriers ont appris depuis longtemps aux chimisles , 
qu'une seule ebullition de mucilage (pectine) avec du sucre suffit pour dormer de superbes 
gelees. Un alcali fort n'est done pas une chose indispensable. Mais par un alcali , p. e. la 
potasse caustique , on convertit les sels calciques des plantcs en sels potassiques , tandis que 
le mucilage se combine avec la chaux pour former de 1'acide pectique, qui est d'apres 
nos exp6riences antcrieures un pectate calcique acide. 

On peut done oter de la science le mot pectine et le remplacer par mucilage. En conser- 
vant le nom d' acide pectique , on devrait rejeter celui de mucilage, car ce sont tous trois les 
memes corps, ayant la meme composition, le meme poids atomique et les memes proprietes. 
Les pectates pourront se nommer mucilaginates , pour les distinguer des mucates. 

GOMME ADRAGAKTE. 

Le lecteur instruit nous objectera, sans doute , que la gomme bassorine et la gomme adra- 
gante contiennent, peut-etre , le mucilage dans un etat de purete bien plus parfaite que les 
dites substances, et que la conclusion que nous avons faite, ne peut etre juste, qu'avant 
que nous sachons avec justesse la composition de ces substances nominees gommes , mais 
constitutes presque entierement de mucilage vegetal. Vraiment elles ne font pas exception. 
On sail que M. Guerin a dorine des resultats fort discordants des notres. 

M. Guerin distingue dans la gomme adragante dc la gomme arabique (arabine) et de la 
bassorine. Notre analyse ne 1'a pas constat6. Mais M. Guerin n'a pu separer 1'arabine de la 
bassorine par un filet d'eau, dirige pendant 20 heures sur la gomme, placee sur un tamis ; 
car s'il y a de 1'arabine ct de la bassorine , la plus grande partie de la derniere passe par 
le tamis. Le mucilage meme passe entierement par le papier brouillard. 

Pour examiner la gomme adragante sous le point de vue indique par M. Guerin, j'ai fait digerer 
pendant 24 heures la gomme adragante, non divisee, dans de 1'eau pure, a unc temperature de 
10 a 15C. La liqueur claire etant separee par decantation, j'ai repete deux fois la digestion de la 
meme quantite de la gomme. Les trois liqueurs ont ete precipitees par le sous acetate plombique. 
D'unautre cote, j'ai fait digerer cette gomme en poudre dans de 1'eau a la meme temperature. 
Apres avoir transmis le tout par du linge, il ne restait que fort peu de matiere non divisee, 
que j'ai rejetee puisqu'elle contient de 1'amidon et d'autres matieres melangees. Laquatrieme 
liqueur fut melee avec de rammoniaque et precipitee avec 1'acetale plombique neutre. Les 
precipites bien laves ont ete s6ch.es a 120C. Les trois liqueurs nominees plus haul doivent 
contenir de 1'arabine melangee avec plus ou moiris de bassorine, tandis que la quatrieme doit 
contenir de 1'arabine et de la bassorine presque en relation = 53 : 33 selon M. Guerin. 

Voici les resultats : 

I. 0,936 out donne 0,468 d'oxide plombique et dc plomb, dans lesquels 0,400 de plomb. 
Ce qtii donnc pour le poids de l'atomc de la substance 1221 x D = 1831. L'acetate plom- 
bique fut employe en execs. 



(39) 

0,155 d'un autre sel plombique , prepar6 par 1'instillation de 1'acetate plombique basique, 
la gomme etant en exces, ont donne 0,063 d'oxide plombique et de plomb, dans lesquels 
0,053 de plomb. Pour le poids de 1'atome 1833. 

1,050 de I, dans lesquels 0,490 de matiere organique , ont donne 0,800 d'acide carboni- 
que et 0,236 d'eau. 

Carbone 45,14 

Hydrogene. . . . 5,35 

Oxygene 49,51. 

On voit done que ce sel plombique ne contient que du mucilage , le meme que nous 
avons signale plusieurs fois , ayant la meme composition et le meme poids de 1'atome. C'est 
pourtant dans cette premiere infusion froide que nous devrions rencontrer 1'arabine , si elle 
s'y trouvait reellement. 

II. 0,539 ont donne 0,197 d'ox. pi. et de pi. , contenant 0,161 de plomb. Poids del'at. 2202. 
1,072, dans lesquels 0,656 de matiere organique, ont donne 1,070 d'acide carb. et 0,301 

d'eau. 

Carbone 45,10 

Hydrogene. . . . 5,10 
Oxygene 49,80. 

III. 0,423 ont donne 0,194 d'ox. pi. et de pi., dans lesquels 0,102 de plomb. Poids de 
1'atome 1526. Le sel plombique etait employ6 a la precipitation en petit exces et le muci- 
laginate etait uri melange d'un sel neutre avec un sel uni-basique dans le rapport de 1 : 1. 

0,668 , dans lesquels 0,350 de matiere , ont donne 0,567 d'acide carbonique et 0, 167 d'eau. 

Carbone. . . . . 44,80 

Hydrogene. . . . 5,30 

Oxygene 49,90. 

Nous n'avons done dans les trois infusions que du mucilage. 

IV. 2,057 d'un sel plombique, precipite par I'ac6tate plombique neutre d'un m61ange de 
presque toutes les parties constituantes de la gomme adragante, mele avec de 1'ammoniaque , ont 
donne 1,198 d'ox. pi. et de pi., dans lesquels 0,570 de plomb. Poids del'at. 915 X 2 = 1830. 

1,406 , dans lesquels 0,557 de matiere, ont donne 0,902 d'acide carbonique et 0,261 d'eau. 

Carbone 44,78 

Hydrogene. ... 5,21 

Oxygene 50,01 

Je crois pouvoir conclure de ces experiences, que la partie essentielle de la gomme adra- 
gante est du mucilage , et qu'on ne trouve pas d'arabine dans cette substance. (Extrait du 
Natuur- en Scheik. Ar chief , 1837, n. 4.) 



(40) 

i ' r 

SUR L'INULINE ET L'AMIDON DU LICHEN D'ISLANDE, 



G. J. MULDER. 

Plusieurs chimistes ont regarde 1'inuline et 1'amidon du lichen comrae des modifications 
de 1'amidon ordinaire. II y avail des points de rapport essentiels entre ces substances , qui 
different au reste par quelques proprietcs. Je les ai analysees et trouve la meme composition 
en centiemes que de 1'amidon ordinaire et le me'me poids del'atome. 

Peut-etre ne sera-t-il pas superflu de rappeler ici quelques laits ayant rapport a 1'ami- 
don ordinaire : substance rion moins remarquable par les disputes agilees sur sa forme et sa 
composition que par 1'usage qu'en fait l'homme pour ses besoins. M. Payen a tout recemment 
public , que la maniere de le dessechcr avail une influence bien marquante sur la composi- 
tion en centiemes, ainsi qu'on oblienl par 1'analyse 4 pour cent de carbone de plus que 
n'en donne la formule. Ce qui est encore plus digne de remarque, c'est que, combin6 avcc 
1'oxide plombique, 1'amidon perd 1 at. d'eau scion M. Payen. *) 

J'ai s6che a 140 1'amidon de poinmes de lerre, que j'avais prepare moi-meme , purifie 
seulemenl avec de 1'eau dislillee froide , 0,623 m'oril donne 1,002 d'acide carb. el 0,352 d'eau. 

Carbone 44,47 12 44,92 

Hydrogene. . . . 6,28 20 6,11 

Oxygene 49,25 10 48,97. 

Ce soril done les memcs resullats que ceux de M. Berzelius, qui a seche 1'amidon a 100C. 

3,101 d'amidon, seche dans 1'air a 100 pendant quelqucs heures, ont etc s6ch.es a 180 
sans perdre les moindres Iraces d'eau. A 186 j'aperrus au col de la petite cornue quelques 
goultes d'un liquide clair. Ces gouttes disparaissaient en approchant la fiamme d'une lampe a 
esprit de vin el laissaienl du charbon en donnanl au meme momenl du gaz. Ce sera done 
1'huile de 1'amidon des poinmes de lerre , reconnue entre aulres par M. Payen. J'ai lermine 
I'echauffemenl a 195. Pese apres le refroidissemenl 1'amidon avail perdu 5 milligrammes. 

Je conclus de ces deux experiences que 1'amidon a 100 esl parfailemcnl sec. On sail 
toutefois qu'on rie le seche pas rapidcment. 

1,870 d'amidon a la lemp. ordinaire, sech6 a 130 3 pesaientl, 467. La perle esl done beau- 
coup moindre que celle que M. Guerin a Irouvce dans ses dernieres analyses, ou il etablit 
une lout autre maniere de considerer la composition de 1'amidon que ne 1'ont fait jusqu'a 
ce jour les plus habilcs chimistes. 

J'ai m616 les 1,467 avec de 1'eau froide et les ai chauffes convcnablement afin de les 
convertir en empois. J'y ai ajoute 3,114 d'oxide plombique seche a 130, mele letoutinti- 



*) Annalcs dc Cliimic ct de I'liys. Juillct 1837. 



(41) 

mement , bouilli et sech6 au bain-marie, ensuite a 140 dans le vide et apres cela & 180 
dans le vide sec. Voici les resultats : 

Avant 1'exp. Apres 1'exp. 

* Amd n ' ' 



4,581 4,579 , 

Oxide plombique. . 3,114 \ 

Je deduis de cette experience que 1'amidon ne contient pas d'eau combinde et que la for- 
mule en est encore C'2 H 2 " O 10 . 

L Inulines a ete preparee par la decoction des racines de 1'Inula Helenium et du Leontodoti 
Taraxacum. L'lnuline , depos6e par le refroidissement , a ete trait6e si longtemps de la merae 
maniere qu'elle tut d'un blanc parfait. Elle a et6 sechee , comme les matieres suivantes, a 120. 

I. 0,608 de 1'lnuline de Taraxacum ont donne 0,984 d'acide carb. et 0,339 d'eau. 

II. 0,353 de 1'Inuline d' Helenium ont donne 0,575 d'ac. carb. et 0,200 d'eau. 

I. II. 

Carbone. -jJi'tfbm .*' 44,75 45,04 

Hydrogene. . . . 6,20 6,28 

Oxygene, .... 49,05 48,68 

1,155, tenus dans un courant- de gaz ammoniaque sec, ont absorbe 0,038. Le poids de 
1'at. derive de cette combinaison est 6519 X j =. 2173. 

De 1'Inuline bouillie pendant quelques minutes avec 1'oxide plombique, on obtient une 
solution claire , deposant par 1'evaporation des flocons blancs. Le tout 6vapore et brule a 
donne 0,200 d'ox. plombique, sur 0,748 de la combinaison. Le poids de 1'at. de 1'Inuline 
qui en derive est: 3815,9 X * = 1908. Quand on continue 1' ebullition avec 1'ox. plombique 
pendant i heure , 1'inuline est decomposee. Je n'ai pas examine les changements qu'elle 
subit. 

L'amidon du Lichen d'Islande a ete prepare la maniere de M. Guerin. 
I. 0,872 ont donne 1,410 d'ac. carb. et 0,491 d'eau. 
11. 0,703 1,148 0,400 

I. II. M. Gu6rin. 

Carbone. ;'';'"'"".' 44,71 45,15 39,33 

Hydrogene. . i '. 6,26 6,30 7,24 

Oxygene. . . ". y J 49,03 48,53 53,43 

On voit done que cet amidon a de nouveau la composition de J'amidon ordinaire. *) 
Dans une solution chaude de 1'amidon du lichen fut iristillee une solution de sous-ace- 
tate plombique. Le precipite a 6te lave et seche. 0,304 ont donne 0,168 d'ox. pi. Le poids 
de 1'at. de 1'amidon du lichen est 1129. De la meme maniere j'ai obtenu une combi- 
naison plombique de 1'amidon ordinaire qui donna 1053. L'amidon du lichen a done aussi 
le double du poids trouv6 , c'est-a-dire 2042,040. 

*) .Vai lu tout reccmmenl dans le Lehrbuch de M. Bcrzclius , T. 7 . que JJ. Payen a troave les intones resuHats que 
moi. 

Bulleiio K.o G. 31 .11-, . 1838. C 



( 42 ) 

0,715 de 1'amidon du lichen, tenu dans un courant de gaz ammoniaque sec, ont gagne 
0,019. Le poids de 1'atome derive de cette combinaisori est 8071 X * =2018. A 100toute 
1'ammoniaque s'est degag6e, ainsi que de la combinaison de 1'Inuline. 

II est aise de conclure de ces donnees, que les Medecins ne sauraient substituer la gelatine 
du Sphaerococcus crispus a la gelatine du Cetraria Tslandica, prive de 1'amertume. La pre- 
miere est un pectate , la seconde une solution d'amidon , un empois. 

On sail qu'une decoction du lichen d'Islande se colore en vert par 1'iode , tandis que 
1'amidon du lichen pur ne se colore qu'en jaune. Le lichen contient une petite quantite 
d'amidon ordinaire colore en bleu par 1'iode. En lavant 1'amidon du lichen, precipile par 
1'alcool , avec de 1'eau, 1'amidon ordinaire passe par le filtre. La couleur jaune , produite 
dans 1'amidon du lichen par 1'iode, melee avec le bleu de 1'amidon ordinaire, est la cause, 
que la couleur de la d6coction de la plante parait verte. Quand on laisse deposer une 
semblable liqueur verte dans un vase ouvert, 1'amidon du lichen jaune occupe, apres 24 
heures , le fond du vase et une liqueur claire ct parfaitement bleue surnage. L'Inuline 
et 1'amidon des pommes de terre meles ensemble avec de 1'eau froide , deviennent verts par 
1'iode , pendant qu'on remue le tout. On doit done bien distinguer dans le lichen d'Isl. 
1'amidon du lichen de 1'amidon ordinaire, qu'on y trouve en tres-petite quantite. (Estrait 
du Natuur- en Scheikundig Archief, 1837. N. 4.) 



SUR LA CAUSE DE LA SENSATION BRULATSTE PRODUITE PAR LES PHTSALIES, 



M. P. VV. KOKTHALS. 

Je vois, en lisant le voyage de Meyen et les observations de Bennet , qu'on impute encore 
toujours ce phenomene a la secr6tion d'un sue muqueux. Dans mon voyage a Java en 1830 
j'eus occasion de faire des observations sur ces animaux. Les appendices filiformes atteignent 
souvent 30, quelquefois plus de pieds de longueur, et se composent d'une grande quantite 
de petites globules. En examinant celles-ci de plus pres, on trouve que 2 a 8 fascicules 
de petits poils lermines en crochets, s'y attachent. Ce sont ces poils qui causent la sensa- 
tion douloureuse. Un morceau de linge avail servi a me mondifier les mains apres avoir 
traite ces animaux. Apres quelques semaines me les frottant de nouveau avec le meme linge , 
il me causa de nouveau des douleurs, que je ne pus apaiser qu'en otant soigneusement ces 
petits poils de mes mains. Ce linge conserva meme apres quelques mois les memes propric- 

tes. Le phenomene pent done etre compare a celui que causent les poils de quelques 

chenilles et de quelques plantes, p. ex. ceux du Mucuna. (Extrait du Tijdschrift voor 
Nat. Geschied. en Physiol. , T. IV , 1 , 2. p. 209- 10.) j M L - 



(43) 
ANALYSE DE L'URINE D'UN COCHON, 






M. H. C. VAN SETTEN, 

Apothicaire & I'ecole vtterinaire. 

M. le Professeur Numan a invite M. van Setten de s'occuper d'une analyse chimique de 
1'urinc, conterme a quantit6 enorme (21 kl.) dans la vessie d'un cochon, qu'on lui avail 
apportee. L'animal, (quoique la vessie paraisse avoir ete afleetee de spasmes, de sorte que 
1'urine ne pouvait s'excerner) n'a point ete malade , mais nourri comme a 1'ordinaire. 

La densite de 1'urine etait de 1,003; elle 6tait d'un jaune citrin, transparent , sans odeur. 
L'analyse , faite avec soin , a donne les resultats suivants : 

Matiere de la forme d'extrait soluble dans I'eau 0,017,085 

1'alcool riofj.uu.rn . 0,011,050 

Ur6e a .WV"'to* <.. = . .,.-.->:<:... -v -. . 0,007,500 

Resine d'urine avee une matiere noire 0,004,250 

Albumine et mucus. . . . '?. .urirjlui^u: ateJ'->u'. 0,007,210 

Acide lactique (impur). . . . 'i tf nttf )((/<< f hAuiMi mi It; . .> .:-.;<:4ii . . 0,004,900 

Acide urique. . .-*> -<jr . . . y:'i .^-.ijtrii.. ;,,;. .!(. . 0,001,950 

St6arine. . >J> tmp ". f 'l^ ''C't'.'ji.^.vH.J aq |;:r ?. .*u->r.. . .- 0,000,925 

Sucre. .."iq oj fe-jnvr.t.feyt J5i .viotirm-vi , . . . rotfeMtn ->ri.;uk.>!i . . 0,003,750 

Phosphate sodique rvx.nl/. . 'vJcl 0,013,760 

Sulphate potassique. \ 

Chlorure sodique. \ ji S3 v^b. e^i*I|t>:>. ?-\ 0,020,075 

potassique. ) 
Sulphate calcique et magnesique. . . . .'!?jwt<vi. . 0,004,250 

* O JL 

Nitrate ammonique. . . . 1115-^ ^ik'irviil v..o*>\. <>... 0,001,965 

Chlorure ammonique . ;nvK>l. iv.-.j-.wi. . . 0,001,050 

0,099,720 

Eau , substances volatiles et perte 9,900,280 

lOk',000,000. 

M. Numan ajoute a ces donnees , que la t6nuite de 1'urine et la petite quantite de ma- 
tieres dissoutes , ainsi que le Sucre , contenu dans ce liquide , semblent indiquer un etat mor- 
bide , ayant de la ressemblance au diabete. (Extrait du Natuur- en Scheikundig Archief, 
Deel 2.) M-r. 

"f"-,' 1 ' ,-"f^ 



( 44) 
REMARQUES SUR QUELQUES ESPECES DE LORA.NTIIUS, 

PA 

M. P. W. KORTIIALS. ) 

En rangeant les plantes parasites, on pourrait fort bieri placer la Cussylka a cote de la 
Cuscuta <; en effet, elle germe dans le sol et s'attache ensuite a d'autrcs vcgetaux par ses 
racines , surtout a la Melastoma malabathrica. La RnJJtesia et la Brugmansia El. sont de vrais 
parasites caulicoles. De toutes les- Orchidees , trouvees jusqu'a cc jour par MM. Kcinwardt , 
Kuhl, van Hasselt, Blume et moi raeme , aucune ne pcut etre ditc vrai parasite, attcndu que 
toutes sont pourvues de racines plus ou moins evidentes. 

Les Loranthac&es feuillees forment une section particulierc , dans laquelle la racine manque 
enapparence. En examinant des plantes bien developpees je trouvai dans toutes les especes, 
une tumefaction au point de communication du parasite avec la plante mere. Cette tumeur , 
que je voulais envisager pour le collum , cst causee par les vaisseaux descendants, courbes 
en arc a 1'exterieur ou a 1'interieur, et continues jusque dans la racine , apres s'ctie plus 
serres dans le collum au bout d'un tissu m6dullaire. Ils ont souvent la forme d'un cone 
renverse, situ6 dans une excavation infundibuliforme de la plante-mere. Vers Je sommet de 
ce cone se forment en general les racines laterales, formees d'une masse comprimec. II sem- 
ble qu'elles se forment successivement , en rapport avec le developpement de la plante, les 
racines les plus anciennes naissant le plus inferieurement, et les jeunes Le plus superieure- 
ment de la masse radicate , phenomene semblable a la formation des couches ligneuses. 

La masse rudicale , ou les vaisseaux, sont enveloppes par un tissu cellulaire , (epidemic) , qui 
parait etre destine a absorber des fluides. Les cellules de ce tissu semblent tres-utiles a 
1'absorption, car j'y ai vu penetrer des liquides teints en rouges. 

La tigc, qui dans les jeunes Loranthes est plus ou moins comprimee, devient ensuite 
cylindrique. La moe'lle, qui dans les jeunes branches occupe j ou } du diametre , occupe a 
peine dans les anciennes i. Les rayons medullaires sont termines dans le tissu serre du liber 
et il me semblait quelquefois, qu'ils y etaient unis entre eux en forme d'arc. Dans un Loran- 
thus albidus j'observai six couches annuelles du tronc , (chacune de trois stries), pendant que 
la racine avail p6netre entre autant de couches du Quercus Reinwardli. La tige a dans quel- 
ques especes une direction perpendiculaire; dans d'autres elle est dependante. Elle est pres- 
que toujours attachee a la face superieure de la plante-mere; quand I'insertioii se fait a 
1'envers, la plante croit a 1' infer ieur et les feuilles se renversent. 

Les feuilles , placees d'une maniere irreguliere, sont souvent alternes ; je n'ai pas trouv6 
de vraies feuilles opposees , quoiqu'elles en aient souvent 1'apparence. Les nerfs sont super- 
poses. La face inferieure en est souvent pourvue de poils composds, formes de quelquesver- 



*) Memoire envoyc en Oct. 1835 de Padarij; . sur 1'ile de Sumatra. 



( 45 ) 

ticilles placees autour d'un poil primaire, avec peu de cloisons. Quand il y avail des poils 
ie n'ai pu d6couvrir de stomates, comme on eri Irouve dans les vieilles fcuilles lisses. 

1,'injl'resccnce est tres-variee , mais ceritripete. Chaque fleur pourvue de 13 bractees. 
Entre les flcurs a 3 bractees on peut distinguer deux types, 1'un signale par Macroselen 
L, 1 autre par Elijthrantes Bl. ; a celui-ci appartient aussi le Loranthus obtusus Khs. Leur 
fleurs sont environriees de deux petites bractees laterales, la troisieme , etant opposee a 
1'axe , est souvent plus grande qu'clles, et situee plus inferieurement , ainsi qu'on -pourrait 
considerer les deux petites comme une espece d'involucre. 

Le calice dans la plupart des especes ri'est qu'un anneau, seulement plus developpe dans 
L. lanosns. 

La cor oil ft , uriiformement coloriee, est rouge , jaune ou quelquefois blanche , a ponctuations 
bleues. Lesbleues, toucheespar du for, se changent en bruncs, peut-etre a cause du tannin ou de 
I'ulrniiie qu'elles contienrient [?] . La corolle est en general tubuleuse; le limbe 4 a 6 fois divise; 
le tube dans quclques unes est plus camparmleux ou ventriceux; d'autres offrent a la base 
une dilatation globuleuse. Rarement les petales sont entierement libres. 

Les fdamets sont souvent soudes de leur partie plus que moyenne avec la corolle; les 
antheres sont attachess de manieres differentes; le connectif manque quelquefois ; avant lafleu- 
raison les antheres sont plus ou moins unies entre elles, autour des styles, comme dans les 
Synantherees. La dehiscence, commencant de la partie superieure, se fait souvent avant la 
fleuraison. 

Le pollen est triangulaire , quelquefois trilobe, semblable a celui &' Hcliophyllum. Dans quel- 
ques especes on peut le distinguer tres-nettement, comme dans L. albidus , Schultesii, 
Jackii, lanosus. II s'attache par des points eminents [les tubes f^condants ?] an stigme. 

Apres la fleuraison les antheres sont souvent un peu dressees, et Ton trouve dans les 
fleurs un nectar, secerne, comme il parait, par le disque cliarneux, qui est souvent a 4 6 
angles, portant une excavation dans le centre pour recevoir le style; rarement il est alonge 
dans un prolongemcnt styliforrne , avec lequel le style est articule, p. ex. dans L. pentape- 
talus. Le sligme forme le plus souvent une capitule globuleuse. 

\jovairc, couronne par le disque, est toujours entierement soude avec le calice. Dans 
I'etat jeune il consiste pour la plus graridc partie du pericarpc. Ensuite aussi les autres 
parties se developpent. Dans une coupe verticale de celle de L. Jacquii, on voit exterieure- 
ment le calice, forme d'un tissu obscur d'une couche de cellules arrondies et enfin d'une 
couche interieure de cellules alongees. Alors suit I'epicnrpe, qui offre des stries transver- 
sales. Le sarcocarpe offre plus de variations dans les diverses especes, mais n'est pas fort 
change dans son developpement. II est compose d'une petite quanlite de tissus celluleux et 
de vaisseaux. Sa partie interieure, qui forme peut-etre V endocarpium , offre des cellules 
regulieres , auxquelles I ovule est vraisemblablement attachee. Les enveloppes du fruit 
sont peu changees pendant leur accroissement. En examinant de jeunes sentences 1'embryori 
offre deux cotyledons differents de grandeur etdeformeja la fin du developpement la partie 



(46) 

ImmTire de la radicule se colore et vert. Dans Viscum umbelJatum Bl. je trouvai le plus sou- 
vent deux ovules, quelquefois une seule, situee dans la partie sup6rieure de 1'ovaire et en 
connexion avec un vaisseau au fond. Elle est entouree d'un tissu cellulaire transparent. 
Par son accroisement elle le repousse et le comprime , et occupe enfin ^ de 1'albumen. 

Les graines sont en general sph6riques , quelquefois anguleuses comine dans L. Schultesii 
etc. L'enveloppe consiste en une seule testa vasculeuse. L' albumen est un peu charneux, et 
enveloppe seuleraent la partie sup6rieure de 1'embryon, la radicule tumefiee etant saillante 
et entouree de 1'endocarpe. Sur une coupe de 1'embryon on distingue tres-bien la plu- 
mule. L'embryon , vert dans ce genre, occupe presque toute la longueur de la graine , il 
est clavaeforme ; le plus gros au sommet radiculaire. L'endocarpium , tres-developpe dans 
Viscum, forme autour de la graine une enveloppe osseuse. Dans L. Jacqii 1'ossificat.ion n'est 
pas complete , la partie inf. est membraneuse. 

La forme des fruits bacciformes est bien differente, en general arrondie ou ovale. Au 
temps de la maturation le pedicelle se courbe vers le tronc, de maniere que la partie sup. de 
celui-ci est opposee au tronc, dans L. sphaenoideus , L Schultesii etc. L'enveloppe du 
fruit, alors beaucoup aminci, s'ouvre, a la place du disque, par une valvule, par laquelle 
la graine, encore enveloppee dans le sarcocarpe, s'attache souvent sur le champ a la plante 
mere. Les oiseaux mangent seulement la partie douce du fruit, rejettent la partie vis- 
queuse non digeree, et contribuent ainsi a la dispersion des graines. La chaleur , a laquelle 
dans leur corps la semence fut exposee , parait aussi favoriser la germination. La graine 
s'attache par la matiere visqueuse aux ecorces d'arbres; cette matiere se desseche. Dans L. 
fuscus je vis apres 5 6 jours, dans L. pcntandrus apres 10 & 12 jours, paraitre la partie 
radiculaire enflee et se diriger vers le tronc. L'attache s'effectuait apres quelques jours et 
apres cela la partie radiculaire se tumefiait encore d'avantage ; c'est dans le centre du gonfle- 
ment que se d6veloppe la ratine; celle-ci trouvant 1'ecorce deja un peu ramolliepar le sue vis- 
queux , penetre comine un petit cylindre jusqu'a la couche ligneuse et au cambium , ou , par 
le developpement ulterieur , elle s'epanouit comine une p;itte d'oiseau nageur sur le tissu plus 
dur du bois. Celui-ci n'en est autrement change que comme par tout autre corps heterogene , 
agissant comme stimulant Apres que la partie radiculaire a etc penetree, la plumule se 
d6veloppe, les cotyledons s'erigent, quoique toujours encore couverls par un calyptre, dont 
elles se degagent ensuile.L' albumen parait peu change. Dans L. Schultesii ce developpement 
est un peu different et en quelque maniere semblable & celui des Graminees. 

II n'y done pas de doute, que la graine de L. ne soit formee d'une maniere singuliere; 
I 'ovule est dresse, vrthotropc; sa nutrition parait se faire par le tissu celluleux, car on ne 
voit pas de vaisseaux. L'albumen semble plutot une enveloppe protectrice, qu'un corps ser- 
vant a la nutrition. Lc sarcocarpe nourrit 1'embryon germant et 1'attache a la plante-mere. 

Quant a la distribution geographique , les Loranthes s'elevent jusqu'a lOOOpieds sur la surface 
cle la mer ; leur distribution est lice a celle des nhenes , parceque la moitie en croit sur ces 
arbres. Les uns aimenl 1'ombrage des bois, les autres les lieux decouverts. Les premiers 



(47) 

croisserit sur presque tous les arbres fruitiers plantes: Citrus, Punica, Mclia, Sesbania , 
Tcclona, especes de Ficus a sue aqucux , Garcinia , moins souvent sur VArtocarpus inlegri- 
J'olia et incisa , Myrtus (Sect. Jambosa) , Melastoma malabathrica , el seulement une fois j'ai 
trouve le L. praelomjus sur I' Hibiscus similis. L. sphaenoideus se trouve le plus souvent dans 
les parties exterieures des bois , pres des rivieres, sur la Nauclea Roxburghii , Quercus 
lineata , Litsaca , Dysoxylon et Uvaria. Le Macrosolen , Phoenivantkemum , Lepcostcgeres 
et d'autres Loranthes des bois, vegeterit frequemment sur les Cupuliferes et I' Elythranthe 
sur des plantes de families differentes. Le meme cas a lieu avec les especes de Viscum. 
Les L. ont des proprietes astringentes. Quant aux especes indiennes, les sections faitespar 
le celebre De Candollc ne me paraissent pas naturelles; celles de Martius et Blume le sont 
sans doutc bien d'avantage. La division de Dendropthoii en deux sections est confirmee par 
1'inflorescence , qui est ou axillaire ou terminate dans les especes a bractees soudees. 
(Extrait du Tijdschrift voor Natuurl. Geschied. en Physiol. Ill, 3. p. 187 201.) 

M-L. 






PLANTARUM CACTEARUM, IN FLORA FLUMINENSI DELINEATARUM, REVISIO; 



F. A. GUIL. MIQUEL. 

Inter Americae , foecundae Cactearum matris , regiones , quarum Cacteae parum sunt 
exploratae , Imperium Brasilierise prae reliquis hac ratione neglectum est , etsi dubium non 
sit , plures ibi riasci harum plantarun cives , casque turn formd turn ingenti magnitudine 
memorabiles , frutices arboresque non raro efformantes, ramis foliisque naturae ad normam 
evolutis nee in monstra ilia globosa concretis. 

Vastum istud de Flora Brasiliensi opus PETRI Imperatoris jussu et auspiciis nuper editum 
nee ejusin re herbaria horiorem servabit , nee editoris Episcopi Fratris ANTONIO DA ARRABIDA 
Botanices peritiam probavit. Icones circiter 1500 , ineunte nostro saeculo a Vellozo , non indocto 
botanico, facias et in Bibliotheca fluminensi servatas , continet , rudiori manu delineatas 
absque accurata partium analysi et vivis coloribus , nullo textu illustratas , et insuper falsis 
nominibus non raro praeditas. Molestum Botanicis onus erit, in quo desudabunt Brasiliensis 
Florae cultores. Continet autem plantas Cacteas, quarum illustratio eo majoris momenti 
videtur , cum parcus modo earum ex ilia terra numerus innotuit. Operis ordinem sequor *). 

Tom. V. Tab. 18. CACTDS HEXAGONUS Fl. flum. Ad Cereum peruvianum Tabern. , Pfeiffer, p. 



*) iconcs hae imprimis juxta plantas in vicinitate urhis fltimincnsis cresccntes a Vellozo factae sunt, de quibus Cl. 
Martius legi merctur in Flora oder Botanische Zeilung, XX. Z Bd. Beiblaetter . p. 8 et seqq. Quae si ita sint, de Cacteis 
minimae imperii Brasiliensis partis res essct. Attamen et e regionilnis mafjis dissitis species depictas esse ; suadet harum 
specierum ratio et facilis harum plantarum translatio, culturae causa forte instituta. 



88, pertinere, nullus dubitarem, nisi flos justo brevior videretur , stylo lorigiore exserto , 
stigmate 8-fido instructus. Spinae externae 4 8 videntur, una centralis. 

Tab. 19. CACTUS HEPTAGONUS, a praecedenti modo costis 7 recedit. 

Tab. 20. CACTUS MELOCACTUS. Etiamsi procul dubio Melocactus uon sit, num Cereis aut 
Echiuocactis adtiumerem , dubius sum. Ad Cereorum autem 2 , Cereastros multangalares 
Pfeiffer, p. 65, pertinere videtur, sique icon non nimis a veritate recedit, species esset 
nova Cercus Jluminensis, sic describendus: validus, 13 16- angularis, (costis sup. bifidis) 
costis sinubusque acutissimis, rectangulatis , areolis confertis, albo-lanatis (?) , spinis6- -11, 
tenuibus, brcvibus, 610 exterioribus , 1 (aut pluribus ?) centrali , ejusdem longitudinis , 
floribus versus trunci apicem confertis, tubo breviore, limbo explanalo, sepalis acutiusculis , 
petalis numerosissimis , spathulatis, stamina pistillumque superantibus, stigmatibus (3 ?; crassis, 
baccis globosis , glabris. 

Tab. 21. CACTUS LYRATUS, si leviora discrimina mittas, Hariola salicornoictcs DC. est. 

Tab. 22. CACTUS PEIXTAGONUS videtur Ccreus pcntagonus Haw.; stigmata tria, 2- 3- fida. 

Tab. 23. CACTUS TETRAGONUS , costas 4 altas acutas, repandas, siriusquc acutos habet , cum 
spinis setosis 6 9 erectis. Floris maximi petala longe lanceolata acuta , stamina inclusa , 
stigmata biserialia, seriei interioris longiora.in ulraque plura (1214), clavata. Num Cereus 
tetragonus Haw. ? ejus vero sinus plani sunt. C. speciosissimo DC. habitu non omnino absimilis. 

Tab. 24. CACTUS TRIANGULARIS est Cereus triangularis Haw. ; articuli pede longiores ; areolae 
2 poll, distant. Spinae vix liriea longiores , recurvae , crassae. Stigmata permulta \ poll, circi- 
ler longa. 

Tab. 25. CACTUS TRIQUETER est aperte Lopismii Pfriff. species, quae vero majori statura caet. 
a reliquis differe videtur; L. jluminenso dubie diccnda. Arliculatum, ramosum, 3 angulare, 
costis acutis, repando-crenatis, crenis remotis (1_2 poll, distantibus) piliferis, sinubus acu- 
tis , sepalis obovatis rotundatis , petalis subspathulatis , staminibus et stigmatibus duplo bre- 
vioribus. Stigmata plui a. - Kami 2-3 poll, in diametro. 

Tab. 26 CACTUS PERESCHIA , ad Pcreskiam aculcatam Plum. var. Brasiliensem Hort. Hamb. 
referendus. Spiria 2 brcvissimae acl basin rarnorum. Fructus magnus pomiformis fasciculis 
spinarum rectarum, basi foliiferis, tectus. 

Tab 27. CACTUS ROSA. Satis accurata icon Pcreskiam, noriclum descriptam , exhibet, cujus 
characterem , donee autopla emendet, sic compono: 

P. ochnocarpa ; frutescens (arborescens ?) , ramosa , ramis obtusangulis , foliis magnis (2 poll, 
ad. palm, long.) ovato-ellipticis, acuminatis, spinis 3 infrafoliaceis , validis , divergentibus, 
folium dimidium aequantibus , floribus in ramulis terminalibus , 1 1 1 poll, in diametro, peta- 
lis lato-ovatis, stamina pistillumque aequantibus , stylo basi tumidulo, stigmate 6 radiato, 
radiis singulis (stigmatibus) horizontalibus crassiusculis, fructibus magnis, pendulis , pyrifor- 
vnibus , angulosis, foliolis spinulisque obsitis, pericarpio crasso. 

Tab. 28. CACTUS ARBOREUS est Ojounlia Brastliensis Haw., sed fructus potius globosi viden- 
tur, qui a Pfciffero (Enum. p. 169) ovati vocantur. 



(49) 

Tab. 29. CACTUS CRUCIFORMIS ; Lcpismium , communi Pfeiffier affinc , at singular! stigmatum 
forma differens; stigmata tria sunt, singula bifida, lobis divergentibus , ita ut uinnia in 
cnicis formam composita sint , unde Florae flumincnsis auctor nomen sumsisse videtur. 
Cum stigmata reliquannn specicrum hujus generis non adcurate mihi innotuerint , de diffe- 
rentia non lotus certus sum. L. cruciforme dicam: ' 

Ramosum, articulatum, articulis longis (pcde longioribus) trialatis, coslis acutis, profnnde 
crenatis , crenis plus pollice distantibus, floriferis, floribus squamula fultis, petalis spalhula- 
tis , stylo exserto, tria stigmata bifida crucialim gercnte , baccis globosis nudis. 

Tab. 30. CACTUS TERES. Rhipsalis fnsciculala Haw. videtur. Ramificatio verlicillato- 
cymosa, ramis setarum fasciculis obsitis ; baccis globosis, apice laminam (slylum persisten- 
tem?) gerentibus. Rami graciliores sunt (.12 lin. in diam.), quam in planta culta. 

Tab. 31. CACTUS CYLINDRICUS. Rhips. funalem Salm. habeo. Ramificatio dichotoma., 
Rami crassi glabri , stigmata 5 tenuia. 

Tab. 32. CACTUS URUMBEBA, est Opuntiae species, vix exlricanda, forte 0. triacanthae DC. 
affinis. Articuli ovati, margiriibus undulato-rcpandis ; spinae in vetustorum areolis 2 4 vali- 
dac , inaequales, 2 3 poll, longae ; setae nullan ; in juniorum solitariae, squamula foliacea 
suffultae. Articuli vetustiores palmarn longi , ad apicein utrinque novellum protrudentes; 
in nasccntibus modo squamulae foliaceae adsunt. Flores desunt. 

Tab. 33. CACTUS PHYLLANTHUS. Longc diffcrt a planta quam Linnaeus hoc nomine descrip- 
sit. Est vera Rhipsalis , et nova, si specierum cognitarum descriptionibus fides est habenda. 
R. macrocarpa, Ramosa, articulis elongatis (ad. pedem long.) foliaceis .lanceolatis , (2 3 poll, 
lalis), undulatim crenatis erosisque, iloribus lateralibus et terminalibus, in diametro polli- 
cem vix aequantibus, petalis ovatis acutis stamina aequantibus, stigmatibus 5. Baccis magnis 
cylindricis , apicem versus attenuatis, \ pcdem longis, 3 angulatis, angulis acutis , hicillic 
squamuliferis. 



ANALYSE DE L'UPAS ANTIAH, 



G. J. MULDER. 

La substance interessante, avec laquelle les habitants des iles de 1'Archipel Iridien em- 
poisonnent leurs fleches , vient, com me on sail, de deux plantes distirictes, savoir : le Sfrt/c/i- 
nos Tieute , et I'Antiaris Toxicaria. On sail d'apres les travaux de plusieurs chimistes , prin- 
cipalcment dc MM. Pelletier et Caventou, que les composes que Ton prepare des sues de 
ces deux plantes soiit d'une nature tout a fait differcnte, que I'Upas Tieute contient de la 
strychnine, taridis qu'un autre principe actif se trouve dans I'Upas Antiar. 

Par la bonte du Professeur Blume , Dirccteur de 1'herbier de Leyde, j'ai ete mis a ineme 
de faire une analyse d'une assez grande quantite du sue de I'Antiaris toxicaria , recueillie par les 

Bulletin K." 7. 15 Avril l<!38. 7 



( 60) 

soins de M. Blume sur 1'ile de Java. Cette quantite se montait a une bouteille a vin 
remplie de ce sue , mele d'esprit de vin , pour le garder centre la fermentation. 

L'analyse de ce produit remarquable etait d'autant plus interessante, qu'ordinairement on 
ne 1'obtient que melange d'une foule d'autres substances vegetales ; de maniere que Ton 
peut a peine obtenir des id6es nettes sur la substance veneneuse elle-meme. 

Je ne puis done que rendre grace a M. Blume de vouloir me confier cette substance 
precieuse , dans la seule intention d'etre ulile a la science. 

Dans la note suivante je ne donnerai qu'un extrait concis d'un memoire sur ce sujet , 
imprime dans le Natuur- en Scheik. Arcliief, 1837 ? p. 242. Je passerai ici sous silence les 
experiences ainsi que les faits historiques qu'on a publics sur cette matiere *) en rappelant 
seulement , que je rie les ai pas oubli6s dans le memoire Hollandais. 

La liqueur , contenue dans la bouteille , avail 1'odeur de 1'esprit de vin. Elle etait melee 
d'une masse solide , composde de petits morceaux friables , d'une couleur jaune pale, 
ayant quelque 6clat a la surface. La masse entiere fut evaporee au bain-marie jusqu'a 
siccite et traitee par 1'alcool bouillant aussi longtemps, que la liqueur filtree nedeposaplus 
de flocons blancs par le refroidissement. 

L'upas etait ainsi divise en trois parties; 1'une insoluble dans 1'alcool, 1'autre soluble 
dans 1'alcool bouillant, la troisieme soluble dans 1'alcool a la temp, ordinaire. 

I. La partie insoluble dans 1'alcool fut traH6e par 1'eau bouillante. On obtirit une decoc- 
tion brune, qui donna apres 1' evaporation 19,94 de gornme. Le residu fut traite par Tether 
sulphurique. L'ether 6vapore donna 6, 17 de myricine. Le restant, 24,59, etait de Valbuminc 
vegetale. 

II. Ce qui s'etait depose par le refroidissement de la solution alcoolique fut traite par 
1'eau bouillante, a la surface de laquelle venaient nager 5,00 de myricine. La plus grande 
partie du residu, 32,80, etait composee d'une resine blanche, tandis que 1,57 d'une poudre 
jaune s'etaieut divises dans 1'eau, etarit de Calbumine vegetale , passee par le filtre dans 1'alcool 
bouillant. 

III. La partie restee soluble dans 1'alcool froid donna par 1'evaporation encore 0,17 de 
myricine a la surface, et quelques globules, 1,03, de resine. Le restant avail une odeur 



*) 11 ne sera peul-etre pas inutile de ciu-r les ouvr;i[[es , dans lesquels on trouve des observations a cet egard. Rtm- 
,.,,, Herbarium Amboinense T. 2. FOERSCH Universal Magazine, Januarij 1784. DARWIB on the Botanic garden. HEKKB 
TEDT Museum des Neuesten uiul Wissenswnrdi(;stcn aus dem Gebiete der Naturwissenschaft , Bd. I, S. 154. KAEm;n 
Amosnitates exoticae 1712, p. 575. LHCBEBAULT Annales du Museum d'Hist. Nat., T. 10, p. 459. DESCBAMPS 
Annales des Voyajjes , T. I, p. 69. UOHSFIEI.D Transactions ol the Batavian Society, vol. 7. 1814. RAFFIES History 
of J.iva Sec. Edit. 1830, T. I, p. 50. BLITHE Rumphia , sive Commfiitationes hotanicae , p. 46. DEUILE et MA- 
GEHDie Memoires de 1'Institut 1809. ct HEUISTAEDT'S Bulletin, Bd. 3, S. 234, 1809. PEU.EIIER ct CAYEHTOV Annalt-s 
dc Chimie et de Phys., T. 26, p. 61. BKODIE Phil. Trans. 1811, p. 196 et Ueil's Archiv. . Bd 12, S. 179. 
FRIEDMCB Annalen dcr Pharmarie , Bd. 11, S. 235. BRETOH Brewster's Journ. of science, T. 9, p. 217 et BBAKDIS 
Archiv., BJ. 28, s. 43. METER ibid. Bd. 33, s. 144. EMBERT dissertatio sistens historian! veneni Upas Antiar. 
Tubingae 1815. WITTIJIC Bramlus Arehiv. , Bd. 24, s. 129. ERDBABB Schweijjger Seidel's Journ., Bd. 65, s. 131. 
et Annulen der Pharmarie, Bd. 1 1 . s. 238. 



( 51 ) 

sucree. Evapore jusqu'a siccite et traite par 1'eau il fut entitlement dissous. Par 1'evapora- 
tion r6petee il donna de petits crislaux 5,734, que je nomme antiarine. Mele ensuite avec 
de I'alcool, il se precipita 10,19 de sucre par des op6rations r6petees analogues. Une matiere 
de la forme (C extrait, 54,48, resta soluble dans 1'eau. 

La composition de I'Vpas Antiar est d'apres ces donnees : 

Albumine. nw.te. . 26,16 16,14 

Gomme 19,94 12,34 

Resine. o* j-t urn!.. 33,83 20,93 

Myricine 11,34 7,02 

Antiarine. .Jinbo... .. . 5,734 3,56 

Sucre 10,19 6,31 

Extrait 54,48 33,70 

161,674 10)03 

Une analyse d'une substance organique, sans description et sans analyse ulterieure des 
produits de 1'analyse generale , est tout a fait inutile dans l'6tat actuel de la science. On 
rencontre presque aussi generalement les mots gomme , resine , sucre, extrait , que Ton preridla 
peine de lire des analyses des parties veg6tales. Par les precedentes donnees nous ne savons 
done encore rien de 1'Upas Antiar. 

ijf.'i 

Albumine. Par 1'epuisement de 1'upas avec I'alcool, Tether et 1'eau bouillante, il resta 
une substance insoluble, pulverulente , brune, soluble dans la potasse caustique. Elle etait 
precipitee de la derniere solution par 1'acide hydrochlorique en exces. Le precipite est solu- 
ble dans 1'eau, tandis que le sublim6 corrosif et 1'infusion de noix de galle le precipitent 
de nouveau. C'est done de 1'albumine veg6tale. 0,268 ont donne apres la combustion 
0,0064 , ou 2,4 pour cent de cendres , coinposees de carbonate calcique , de carbonate potas- 
sique et de sulphate potassique. Pendant la combustion on observa une odeur de substan- 
ces animates. On blessa un lapin a la jambe et 10 mgr. de cette substance furent intro- 
duits dans la blessure. L'animal n'en eprouva aucun mal. 

La poudre jaune , 1,57, separee de la resine, avail les memes proprietes chimiques et donna 
2,4 pour cent de cendres. 4 mgr. furent sans effet sur un lapin. 



Gomme. La partie insoluble dans I'alcool bouillant avail cede a 1'eau une matiere qui 
devint , apres 1'evaporation , d'un jaune-brun, fragile. Elle avail une pesariteur specifique de 1,300 
a 20C, etait insoluble dans 1'ether et I'alcool, donnait un mucilage avec peu d'eau , mais 
etail soluble dans ce menstruum en toute proportion. L'iode ne la colore pas. L'acide nitri- 
que la convertil en acide oxalique. 

Le sous-acetate plombique produit un precipite abondant dans la solution aqueuse. 0,732 
de ce precipite donnerent 0,218 d'ox. plombique. Le poids del'atorne dela gomme, d6rivedela 
combinaison plombique, est done 3288; ce qui correspond avec li fois le poids de 1'atome 



(52) 

de la goinmc arabique. L'ac6tate plombiqne neulre donna aussi un precipite abondant. 
0,967 dc ce precipite ont dorme 0,311 d'ox. plombique ; d'ou pour le poids de 1'atome de 
la gomme 2941,5. 

0,3523 de la gomme donnerent par la combustion 0,0408, ou 11, 58 pour cent de cendres, 
composees de carbonate potassique , avec des traces de sulphate potassique et dc carbonate 
calcique. II est done vraisemblable que la gomme est un gommate potassique. Je n'y ai pas 
trouve d'acide vegetal. 

Le sulphate ferriquc produil un coagulum jaune dans la solution de la gomme, ainsi quo 
dans la gomme arabique. 

Un lapin etant blesse et 4 mgr. de la gomme introduits dans la blessure , 1' animal n'en 
parut rien eprouver. 



Resine, Par 1'alcool bouillant on peut extraire de 1'upas antiar de la resine et de la myri- 
cine , qui se dcposent pour la plus grande partie par le refroidissement. On les separe Tune 
de 1'autre par 1'eau bouillante, a la surface dc laquelle la myricine vient former nne couche 
huilcuse, qui se fige par 1'abaissement de la temperature. Redissoute dans 1'alcool la resine 
sc depose sous la forme de flocons parfaitement blancs. Elle est sans odeur , d'une pesanteur 
sp. de 1,032 a 20 D C. , friable, avec une cassure vitreuse , adherant aux doigts, brtilant avec 
flamme , se fondant a 60 et donnant apres le refroidissement un corps transparent, sans 
couleur. Lorsqu'elle est fondue on petit la tircr en fils tres-minces par une baguette de 
verre. A la temp, de 225 elle est encore sans couleur. L'eau ne la dissout pas. A 80 elle 
se fond dans 1'eau et forme une masse epaisse , diaphane , incolore. L'alcool en dissout 324 
p. a 20C, et 44 p. en bouillant. Dans 1,5 p. d'ether sulph. elle est soluble et forme, comme 
dans 1'alcool, un vernis tres-beau. L'acide sulphurique la colore en jaune et la dissout; a 
une temperature elevee elle devient noire. L'acide riitrique la colore en jaurie, 1'acide by- 
drochlorique en dissout quelques traces. 

0,332, tcnus pendant 4 heure dans un courant de gaz ammoniaque sec, n'ont rien gagne 
en poids 0,618, tenus dans un courant de gaz acide hydrochlorique , ont gagne 0,003. 
Elle ne se combine done pas avec ces gaz. 

Une solution alcoolique ne rougit pas le papier de tournesol. Exposee a une douce 
chaleur elle se divise dans une lessive de potasse faible en fils tres-fins , coupant transver- 
salement la liqueur d'une maniere frappante. Dans une lessive plus coricenlree elle se dis- 
sout. 

Une solution d'acetate plombique neutre ne saurait precipiter une solution alcoolique de la 
resine de 1'upas antiar. En y ajoutant de 1'eau on obtient un precipite floconneux. Je 1'ai 
recueilli, lave et s6clie sur 1'acide sulphurique. A une douce chaleur cette combinaison plom- 
bique ressemble a 1'emplAtre diapalme. 

0,788 du resinate plombique ont donn6 0,1847 d'ox. plombique. Ce qui donne pour le 
poids de 1'alome 4555. *-*. 



( 53) 

Apres avoir blcsse un lapin ct iritroduit 4 mgr. dans la blessure , nous n'avons rien fait 
eprouvcr a 1'animal. 

I. 0,397 de la resine, seches sur 1'acide sulphurique, ont donn6 1,192 d'acide carb. el 0,367 
d'eau a 1'analyse. 

IE. 0,543 oril donne 0,500 d'cau. 0,471 ont donne 1,416 d'acide carbonique. 
En ceritiemes : 

I. II. 

Carbone. . . ' . . 83,023 83,129 

Hydrogene. . . . 10,272 10,232 

Oxygene 6,705 6,639. 

En comptant que 1'acide acetique de 1'acetate plombique , devenulibre , a preeipite nn resi- 
nate acide de plomb, la composition de la resine de 1'upas peut etre represcntee par: 

Carbone 16 1222,992 83,04 

Hydrogene. . .-.-. >'i 24 149,755 10,17 

Oxygene 1 100.000 6,79. 

1472,747 TOOlJO 

i de 4555, poids de 1'atome selon le resinate plombique, est = 1518,3. La quantite 
de 1'oxygene de 1'oxyde plombique (30,615) combinee avec 100 p. de resine est 2, 19509; 
ce qui est ^ de 6,79. II se pourra , que 1'atome de la resine soil le double, de ce que nous 
avons calcule; mais cela n'est pas probable. La resine de 1'upas est done un oxyde d'uu hydro- 
gene carbone, dans lequel le carbonc est a 1'hydrogene = 1 : li. 



Myricine. La cire que nous avons obtenue a 1'analyse, est blanche, fragile, brule avec 
ilamme ; a 30 elle devient flexible, se fond a 35 et se decompose a 240. La densite est 
1,016 a 20. Elle se dissout dans 3636 p. d'alcool, et 63,6 d'ether a 20; dans 551 p. d'al- 
cool et 3,6 d'ether bouillant. L'acide sulphurique la colore en noir, 1'acide nitrique en jaune , 
1'acide hydrocliloriqne ne 1'attaque point. Elle est insoluble dans la potasse caustique. Ces 
propri6tes sont les inemes que celles que John a nominees de la myricine, quoique la com- 
position ne soil pas la meme que celle que M. Ettling a trouvee de la derniere. 

I. 0,362 ont donne 1,026 d'acide carb. 0,487 ont donne 0,512 d'eau. 

II. 0,5035 ont donne 0,532 d'eau. 0,487 ont donne 1,380 d'acide carbonique. 
En centiemes : I. II. 

Carbone 78,370 78,356 

Hydrogene. . . '. 11,682 11,740 

Oxygene. . . ^J -j' 9,948 9,904. 

On peut representer cette composition par : 

Carbone 10 78,26 

Hydrogene. ... 18 11,50 

Oxygene 1 10,24. 



( 54) 

Ou bien C 10 H 16 -4- H 2 O , soil dans cette relation simple, soil dans une relation composee. 
M. Ettliug a trouve pour la composition de la myricine C 18 H 38 , ce qui differe beau- 
coup de notre resultat. Quant a la purete de la substance que j'ai analysee ,je dois rappelerj 

les propri6t6s citees plus haul , le point de fusion etc. 



Antiarine. Les parties de 1'upas, dissoutes dans 1'alcool , contiennent la substance v6neneuse 
du terrible venin. On la separe en traitant 1'cxtrait alcoolique par 1'eau et en evaporant 
celle-ci , jusqu'a la consistance d'un sirop. Elle se depose comme de petits cristaux , que 
Ton obtient purs par une seule recristallisation. A 1'aspect elle ressemble au malate plom- 
bique. Ce sont des feuillettes nacrees , argentines. Par le refroidissement d'une solution con- 
centree aqueuse , on voit des stries cristallines , comme dans la cristallisation rapide de la 
creme de tartre. 

L'antiarine est sans odeur ; elle tombe dans 1'eau, se dissout dans 251 p. d'eau ,70d'alcool, 
2792 d'ether a 22,5. A la temperature de 1'ebullition elle est soluble dans 27,4 d'eau. Elle 
est inalterable a 1'air , se dissout dans des acides delayes: comme dans 1'acide sulphurique , 
nitrique , bydrochlorique ou acetique. L'acide sulphurique concentre la colore en brun a la 
temp, ordinaire ; 1'acide nitrique et 1'acide hydrochlorique concentres la dissolvent sans decompo- 
sition apparente. L'ammoniaque et la potasse caustique la dissolvent avec facilite. 

Pour examiner cette substance, qui pourrait etre encore une combinaison d'une base avec un 
acide, je 1'ai bouillie avec de la magriesie. La magnesie, extraite par 1'alcool , n'a rien donne, tandis 
que 1'eau filtree de la magnesie donna par refroidissement la meme substance qu'auparavant. 

La solution aqueuse de 1'antiarine ne r6agit ni acide ni alcalin. Chauffee a 2206 1'ari- 
tiarine se fond en une liqueur claire, pellucide : apres le refroidissement elle laisse une masse 
vitreuse. A 240|5 elle devient brune , ne se sublime pas , et donne des gaz qui colorent 
en rouge le papier bleu de tournesol. 

I. 0,3872 d'antiarine , scenes a 1'air, ont perdu dans un courant d'air atmospherique sec 
a 112, 0,0460. 

II. 0,4508 ont perdu 0,0534. 

Avec 100 p. d'antiarine seche sont done combines comme eau de cristallisation : 

I. II. 

13,48 13,44 

Selori I. la quantite de 1'oxygene est ... 11,984 
1'hydrogene . . . 1,498 

13,482. 

0,3412 d'antiarine seche , tenus dans un courant de gaz acide hydrochl. , avaient gagne 0,005. 
A 100 ces 5 mgr. furent expulses. 

0,3986 d'antiarine seche ont gagne dans un courant de gaz ammoniaque sec 0,0212. Apres 
i d'heure , qu'on avail tenu un courant d'air atmospherique sur cette combinaison , on n'avait 
que 0,0126 de surplus en poids. A 100 toute I'ammoniaque se degagea. 




(55) 

On peut done conclure, que 1'antiarine n'a qu'une faible tendance a s'unir aux alcalis. 
L'antiarine n'esl pas precipit6e par 1'infusion de noix de galles. Elle differe done essen- 
tiellement des alcalis vegetaux. Aussi elle ne contient point de nitrogene. 

I. 0,242 d'antiaririe sechee a 112 ont donne 0,555 d'acide carbonique et 0,163 d'eau. 

II. 0,245 d'antiarine , bouillie avec de la magnesie et sechee a 112, ont donne 0,559 
d'acide carb. et 0,163 d'eau. 

1. II. 

Carbone. . . Jyny.j 63,414 63,089 

Hydrogene. . < ^u*. 7,484 7,392 

Oxygene. . . tijitlvl 29,112 29,519. 

Ce qui peut etre represente par : 

Carbone. .<>>. *,; . 14 1070,118 

Hydrogene. ... 20 124,796 

Oxygene. . . .) :; 5 500,000 

1694,914 

Quand on suppose un atome d'antiarine combine avec 2 at. d'eau dans 1'antiarine hydratee , 
le poids de 1'atome derive de 1'eau selon I ci-dessus sera : 

834,42 x 2 = 1668,8. 

* de 1'oxygene de 1'eau , combinee avec 100 p. d'antiarine, est = 5,992. Multiplie parSori 
obtient 29,960; ce qui est 1'oxygene de 1'antiarine. II s'y trouve done 5 at. d'oxygene. 
4 de 1'hydrogene de 1'eau est 0,749; ce qui fait + de 1'hydrogene de 1'antiarine. 
Quoique le seul moyen de contr61er les resultats de 1'analyse soit la quantite d'eau de 
cristallisation, la composition de 1'antiarine peut etre consid6r6e comme fixee. 

Les cristaux de 1'antiarine, prives d'eau de cristallisation, ont le meme aspect et la meme 
splendeur que ceux qui n'en sont pas prives. 

La substance de 1'upas , que nous avons nominee antiarine , est le seul principe actif de 
1'upas antiar. Nous 1'avons examinee sous ce point de vue , non pas dans 1'intention d'exami- 
ner les effets de cette substance sur 1'economie animale , mais pour constater 1'idendite de 
ces effets avec ceux de 1'upas lui meme. Les effets terribles de 1'upas sont mis en plein jour 
par les experiences de MM. Delille et Magendie, de Lechenault , d'Andral, de Horsfield , de 
Brodie etc. 

On blessa un lapin a la jambe et 1'on introduisit 2 mgr. d'antiarine dans la blessure. 
Apres i lieure 1'animal avail des nausees, rendit un son particulier , resta immobile; on 
observa des convulsions aux muscles du cou et du visage ; il tomba de temps en temps , 
mais se releva. A 50' la respiration devint difficile; on remarqua des convulsions vehemen- 
tes aux muscles du cou et du dos , continuees jusqu'a I h 20'. A I h 21' les convulsions furent 
gerierales dans toutes les parties du corps. A I h 24' il etait mort. On trouva le cerveau rem- 
pli de sang; 1'estomac , les intestins , le coeur , les poumons etaient dans leur etat naturel. 
J'ai eu occasion de repeter plusieurs fois ces experiences pour mes amis scientifiques , 



( 56 ) 

mais je me garde d'en reproduire ici les effets produils , pour ne pas tomber dans des repetitions. 
Je dois observer cependant , que 1'antiarine pure n'esl pas plus aclive que 1'upas lui-meme , ou 
le sucre ou 1'extrait de 1'upas , qui ont conserve encore quelques restes ci'antiarine. J'ai vu 
souvent des effets de ccs substances 2 a 5 minutes aprcs la blessure , tandis que 1'antiarine 
n'en produit qu'apres 1 et meme apres 2 heures d'application. Or, la mort en tous cas 
en est une consequence inevitable. L'antiarine , quoiqu' introduite dans le corps en quan- 
tite minime , est absolument lethale. 

Pour accelerer les effets nuisibles de 1'antiarine, il suffit de la meler d'un peu de 
sucre de canne , ou meme d'instiller dans la blessure une goutte d'eau. Etant une substance 
peu soluble, tout ce qui peut en augmenter la solubilite, augmcnte la vitesse des cffels. Du 
reste on doit observer, que la nature de la blessure elle-meme cxerce une influence mar- 
quante sur la ce!6rit6 des effets d'empoisonnement. Si le sang coule profusement , la sub- 
stance veneneuse est portee en dehors; s'il n'y a pas de sang suffisant pour dissoudre 
1'antiarine, les effets ne se montrent que tres-lard. Mais en tous cas on les observe, et il ne 
manquera jamais, lorsqu'on aura introduit une parcelle de quelquc cristal, de A r oir succe- 
der des vomissements, des convulsions, des diarrhees et enfin la mort. 



Sucre. Par une precipitation repetee de la solution aqueuse de 1' upas par 1'alcool, j'ai 
s6pare du sucre. II etait cristallin et pourrait t-tre obtenu sans couleur par le noir 
animal. Bouilli avec 1'acelate cuivrique , on prccipite du protoxyde. Le sucre impur produi- 
sait des effets aussi nuisibles aux animaux que 1'upas lui memo. Mais le sucre purifi6 et 
obtenu en cristaux blarics n'exerca pas le moindre effet. 



Matiere extractive. Tellc que 1'analyse 1'avait donriee, elle etait brune, acide par dc 1'ari- 
de acetique , produit pendant les operations successivcs qu'clle avail subies. Elle contcnait 
encore un reste de sucre et d'anliarine, que je n'ai pu separcr entierement. Son action sur 
1'econoinie animale etait aussi violente que celle de 1'antiarine elle-meme, parce que cellc- 
ci y etait contenue dans un etat de division parfaite. Ni la coction avec de la magnesie, 
ni celle avec le noir animal ne furent en etat de faire cristalliser les particules ulterieiircs 
de 1'antiarine. La matiere extractive ne donna par la combustion que des traces de carbo- 
nate potassique et de sulphate potassique. 



Conclusion. Le principe actif de 1'upas antiar est un principe particulier , non azote, ncu- 
tre , peu soluble, dont on n'accroit pas, inais dont on accelere 1'aclivite par tous les corps, 
qui pcuvent le rendre soluble ou le diviser dans 1'eau. II n'est point du tout volatil; ni ma 
sante rii celle de mon assistant n'en ont ricn eprouve pendant le temps de 1'analyse de 1'upas 
ou de 1'examen de ses parlies constituantes. II esl absolumenl lethal, lorsqu'il a etc intro- 
duit dans le corps animal, meme par des particules a peine perceptibles a la vue. 

La solubilit6 de 1'antiarine determine les eflels nuisibles; mais le temps de conlact avec le 



( 57 ) 

corps animal, necessaire pour que les effets se montrent, est trop court pour qu'une absorp- 
tion ait pu avoir lieu. Les caracteres generaux de ces effets sont des vomissements, des 
diarrhees, des convulsions sans exemple. Souvent j'ai vu des animaux blesses avec 1'antia- 
rine souleves 2 a 3 pieds de la terre et jet6s d'un cote a 1'autre par de vehementes con- 
vulsions. La vehemence de ses effets est en rapport avec la tres-courte duree des affections. 

Les fleches, empoisonnees longtcmps avant leur application sur le corps animal, ne peu- 
vent subir aucun chaiigement : 1'antiarine n'etant point volatile , ni alterable a 1'air. La 
resine et la myricine font, que 1'enduit soit fixe et reste sec a 1'air; mais d'un autre cote 
ces deux substances empechent les effets de 1'antiarine. L'experience a appris que les fle- 
ches doivent rester quelque temps dans le corps animal, surtout dans les parties charnues, 
pour que la resine et la myricine s'amollissent et que 1'extrait , le Sucre, et avec ceux-ei 
1'antiarine, puissent se dissoudre dans le sang. 

La resine et la myricine , combinees avec 1'albumine , font a la surface d'urie decoction 
de 1'upas antiar dans 1'eau une croute , comme le fait le Lichen d'Islande. Cette particu- 
larite n'appartient done pas a une substance speciale du venin. 

Les ingredients, qu'on a coutume de meler avec le sue de 1'Antiaris toxicaria, ne sont pas 
en etat d'augmenter les effets de 1'upas lui-meme. Ces ingredients irritants , comme 1'a jus- 
tement observe M. Blume dans sa belle Rumphia, pourront cependant augmenter 1'activite 
des organes blesses et les rendre plus susceptibles des impressions de 1'antiarine sur les 
nerfs. L'extrait aqueux de 1'upas sera, a defaut de resine, de myricine et d'albumine, en 
etat de produire un peu plus rapidement des effets , que 1'upas lui meme. 



OBSERVATIONS FAITES DANS UNE EXCURSION A SUMATRA. 

Les membres de ]a commission d'Histoire naturelle dans nos colonies Indo-orientales out 
entrepris une excursion dans 1'ile de Sumatra. M. Miiller a communique relativement a cette 
excursion quelqucs notices , publiees dans un Journal Hollandais par M. Susanna , de la part 
dc la direction du Musee d'Histoire naturelle a Leyde. Nous en empruntons les faits les plus 
remarquables. M. Korthals par tit avec M. van Gelder vers la fin de Janv. 1834 pour la montagne 
derriere Padang et M. Muller entreprit une excursion sur mer vers la baie de Boengoes , siluee 
a quelques milles (geogr.) de Padang ; elle a a peu pres 4 mille de largeur, mais est pleine 
de rochers et tres-perilleuse pour les grands vaisseaux. Les montagnes voisines de la mer et 
couvertes de forots semblent etre volcaniques; le fond de la mer offre de belles formes 
de coraux. Les principaux villages, qui entourcnt cette baie, sont le Kampong Boengoes a 
1'orient, Tdokkabocan au sud. Le premier qui est le plus grand est a 80 ou 100 maisoris 
de bambou. Les habitants vivent de la peche. Us pechent avec de grandes tirasses , faites 
de fibres de Palmiers (Arcnga Labill. Gomuius Rumpli.) ; d'une longueur de 150, et d'une 
largeur de 25 a 30 brasses. Us nomment ces tirasses poekat , mot qu'ils prononcent poekej. 

IMlelin 9i.' 8. 30 .lyiil 1833. 8 



( 53) 

II faut sept personnes pour les manicr. Us attraperit avec ces filets une quantite etonnante 
de poissons , qu'ils vendent .sur-le-champ aux habitants de I'int6rieur de 1'ile. 

L'abondance de toutes sortes d'animaux dans cette baie a fourni une occasion tres- 
favorable pour computer les collections. Les poissons qu'on peche a la tirasse , sont les sui- 
vants , non compris quelques genres des Percoides , qu'on prend a 1'hamecon. Les Chondroptery- 
giens donnerent parfois quelques petits Squali, Rhinobatus laevis , divers especes de Raja; 
de la famille des Gymnodontes ils virent rarement quelques especes des genres Tetrodon , 
Balistes et Ostracvm. Des Malacopterygiens assez souvent le Saurus Coromandelicus et le carinu- 
tus v. H. , divers Clupcoides , surtout de vraies Clupeae, parfois quelques especes d'Engraulis, 
Thrissa, Pristigaster, Slops et Notopterus , quelques Esoces, sourtout des genres Belone et 
ffemiramphus ; dans les embouchures des grandes rivieres on attrape de temps a autre quel- 
ques Cyprenoides. On rencontre de la famille des Siluroides le plus souvent les genres Pime- 
lodus et Plotosus, des Pleuronectes principalement I' Hippoglossus et la Solea. Les Discoboli 
sont en general rares ; ce n'est que VEcheneis lineata qui se prend quelquefois. Les Tenoi- 
des occupent la premiere place dans la grande famille des Acanthopteryyiens ; c'est surtout 
le Trichiurus lepturus , qui se peche le plus fr6quemment de tous les poissons , non seule- 
ment ici , mais aussi sur les cotes de Java et dans presque tout 1'Archipel des Indes orien- 
tales. On le seche et on le vend en grande quantite aux habitants de 1'interieur du pays. 
Dans les lieux mar6cageux, inonds par la mer, les Gobioides sont tres-nombreux , et parmi 
ceux-ci les vrais Gobii et les Periophthalmii ; dans les lieux sees , pendant le reflux de lamer, 
on rencontre entre les coraux beaucoup de Blennii et quelquefois de jolies especes de 
lulus, qui se cachent avec beaucoup d'agilite eritre les rochers. La Sillago acuta se p6che 
souvent au filet ; quelquefois aussi on prend dans la mer quelques especes de la famille des 
Percoides, savoir, les genres: Dentex, Diacope , Serranus, Pristipomus, Scolopsis, Diagramma, 
Grammistes , Holocentrus , Scorpaena , Pterois , Sphyraena , Mullus , Muyil , Centropomus , 
Terapon , Apogon , Sciaena , Otolithes, Uranoscopus, Coitus, Platycephalus et plusieurs autres. 
Les Lophio'ides se trouvent rarement ; les Scomberoides au contraire sont plus communes et 
parmi celles-ci surtout les vrais Scomber , Thynni et le genre Caranx. Les Vomeraidcs y pr6- 
'sentent une ou plusieurs especes des genres: Selene, Gallus , Centronotus, Lichia, Zeus, Menc 
et surtout quantite de Squalae. Les Squamipennes au contraire sont plus rares. On vit a 
Boengoes des especes des genres : Chaetodon , Platax , Ilolacanlhus, Stromateus, Caesio, Premnas, 
Pomacentrus , Glyphisodon et Polynemus , entre lesquels le Platax vespertilio est le plus 
commun ; aussi la Drepane punctata et le Scatopliagus ornatus. 

Les banes de coraux , surtout ceuj , qui pendant le reflux de la mer sont mis a decou- 
vert, sont int6ressants pour les Zoologistes. La toutes sortes d'animaux vivent paisiblement 
et en grande quantite. Entre les nombreux Lithophytes on remarque plusieurs Crustacees, 
qui se cachent avec une agilite admirable entre les troncs des coraux. Partout on voit des 
Asteries, surtout des Ophiurae, qui etendent leurs longs bras entre les fentes des roches et 
les retirent avec vitesse , quand on les louche. On voit aussi nombre d Echini, Mollus- 



( 59 ) 

(JUGS, Holothuries et d'autres Zoophytes. Tous ces nombreux animaux attirent les htrons 
et les Sternae , leurs plus dangereux ennemis. Parmi les oiseaux rapaces , dont on rencontre 
quelques uns sur les rochers dess6ches, MM. M. et 0. remarquerent le Falcopondicerianus , rare- 
meut le Falco blagrus, le F. bacha Vaill ; ainsi que des Totani, des Tringac,Aes Charadrii, 
le Numcnius phaeopus. 

Outre les animaux mar ins ils rassemblerent aussi une quarantaine d 'Oiseaux et de Mam- 
miferes , et preparerent , entre autres , les sqelettes de I'Hylobates syndactylus , du H. agi- 
lis , du Cervus equinus , et du C. muntjac. M. Miiller, 6tant retourne en Avril , avec M. 
Overdijk a Padang, suivit alors MM, Korthals, van Oort et van Gelder a la montagne , dite 
Singalang, ou ces Messieurs etaient alles quelques semaines auparavant pour le retablissement de 
leur sante. Ces lieus sont tres-interessants, mais jamais visit6s par aucun naturaliste investiga- 
tcur. On prit beaucoup de Mammi/eres, d' Oiseaux , et d'Insectes. Le Singalang a 9000 pieds de 
hauteur et est d'une formation primitive , composee d'un granit syenitique et waks, auxquels 
sont imposees dans plusieurs endroits des calcaires de transition. La chaine entiere a une 
hauteur moyenne de 3000 p. Elle est tres-anguleuse , travers6e de plusieurs vallees , coupee 
de fentes , et couverte de fore'ts primitives. L'un des sommets a , selon les mesures baro- 
metriques 2975,0 pieds du Rhin au dessus de la mer. Le Batang Singalang , situe dans une 
des fentes , d'ou pendant six mois ils ont parcouru les environs , est selon leurs mesures 
barom. a 1688 p. r. et le nouvel etablissement a Padangpandjang a 2172 p. r. Nos infati- 
gables naturalistes eurent a deplorer dans cette excursion la mort du peintre P. van Oort, 
qui le 25 Aout fut attaque d'une fievre bilieuse, a laquelle il succomba deja le 2 Sept. 
MM. Miiller et Korthals entreprirent ensuite une excursion au mout Merapie , situe au 
centre des possessions de Padang, a 020 lat. merid. , et 100 28' long, orient, de Greenw. , 
a une distance de 6$ mil. geogr. du rivage occidental et 19 i 20 du rivage oriental. Son 
caractere volcanique et sa hauteur 1'ont rendu fameux parmi les habitants de ce pays. 

Nos naturalistes le monterent en Novembre du cote de Tanadatar, au S. S. E. , ou il 
est le moins escarpe. Arrives a Limboatan , le Kampong qui est le plus eleve , le barometre de 
Fortiumonlra 677,3 mm . , le thermometre 255 C, d'apres quoi on calcula la hauteur de3245 
p. r. (1018,5 met.) On y cultive le riz jusqu'a 3,400 pieds. (Extrait du Gids, NieuweVader- 
landsche Letteroefeningen. 1837. N. 4. Wetensch. Bijdr. , p. 1 8.) 

M L. 

(La suitq^dans un If." prochain.) 



;lj .: y ; "'.. ,<; <! ~~* si= ^ =a 

UNIVERSITE D'UTRECHT. 

, k ! ' ' . o&Q4H(V '< '>''' ' 

M. R. VAN REES , Professeur a la faculte des sciences de cette Universite , est nomme 
Professeur de Physique et d' Astronomic , pour remplir la chaire devenue vacante par la 
mort de son illustrc maitrc MOLL. 



( 60 ) 
NOTICE SUR LE GENRE LIMULUS Ef LES ESPECES QUI Y APPARTIENNENT : 



M. J. VAN DER HOE YEN, 

Profeaeitr ordinaire a la Faculle ties Sciences a Lcyde. 

M. van der Hoeven en s'occupant depuis quelque temps de recherches surle genre Limulus , 
dont 1'anatomie est presque entierement inconnue, s'apercut en meme temps , que les espe- 
ces aussi n'en sont qu'imparfaitement d6terminees. C'est pourquoi le Professeur a compare les 
exemplaires du Musee d'Histoire naturelle a Leyde, afin de fixer ses idees sur les especes , avec 
lesquelles il a compare ensuite les descriptions des Zoologistes ; et c'est ainsi qu'il s'est 
form6 des idees plus justes peut-etre, que s'il avail consulte d'avance les auteurs. M. de 
Haan, Conservateur au Musee, a bien voulu lui communiquer les specimens, qui n'etaient 
pas encore ranges dans les galeries de cette collection. 

M. van der Hoeven public preliminairement les resultats de ses recherches sur les especes 
du Limulus, parce que la publication de son memoire sur ce genre eprouvera peut-etre encore 
quelque retard. II invite en meme temps ses compatriotes , a lui communiquer les speci- 
mens, qu'ils conservent dans leurs collections. Nous reproduisons Htt6ralement les descrip- 
tions donnees par 1'auteur. 

Limulus MULL., FABR. 

Corpus testd coriacea , in dorso durissima , tectum. 

Scuta duo. Anterius e confluente capite et thorace factum (cephalothorax) , lunatum angu- 
lis lateralibus produclis , postice truncatum , supra gibbum , carinis tribus dorsalibus. 

Oculi duo compositi ovales aut reniformes, remoti, ad externum latus carinae lateralis; 
ocelli duo approximati in anteriori cephalothoracis parte. Scutum posterius seu scutum 
secundum (abdomen) sexangulare , ad latera planum, postice excisum, spinisque sex mobi- 
libus depressis , acuminatis , lateralibus , margine denticulate , dentibus cum spinis alternantibus. 

Cauda cornea , elongata , acuminata , basi in sinu postico scuti secundi recepta. 

Pedes 12 in cephalothorace et totidem in abdomine, 5 paribus posticis branchiferis. 

Species. 

A. Denle ultimo marginis lateralis scuti secundi elongate , reliquis majori : 

1. Limulus Polyphemus LATH. Scutum secundum angustum , subtriangulare. Aculei sex 
validissimi in mcdio dorso. Cauda trigona, corpore brevior, carina superne aculeata. (Icones 
Desmarest Crustacds , Gudrin Iconographie du Rdgne An. , Handboek der Dierkunde. Latreillc 
Hist. nat. des Crustaces et des Insectes (Buffon de Sonnini) IV. PL 16, 17, sous le nom 
de Limule des Moluques). Habitat ad litora Americae septentrionalis et in India occidental!. 

B. Dentc ultimo marginis lateralis scuti secundi reliquis non majori , spina mobili sexta 
ultra ipsum producta. 

a. Cauda rotunda aut vix carinata, lacvis. 



, ( 61 ) 

2. Limulus rotundicauda Latr. Pedes secundi et tcrtii paris utroque in sexu didactyli ; in 
inaribus chela inflata (Icon ?} Habit, in Oceano indico. 

(Aculei parvi, numerosi in cephalothorace et abdomine. Sequenti minor et rarior esse 
videtur.) ! 

b. Cauda trigona , carina dorsali aculeis reversis , acutis. 

3. Limulus mollucanus Latr. Pedes secundi et tertii paris in maribus monodactyli. Spinae 
tres posteriores in margine scuti secundi in feminis crassae, breves, latae. Scutum primum 
in utroque sexu margine anteriori integro. ([con. Rumph. Arab. Rariteitk.) Habitat cum 
praecedenti. 

4. Limulus longispina nob. Pedes secundi et tertii paris in maribus monodactyli. Spinae 
tres posteriores in margine scuti secundi in feminis crassae , breves , latae. Spinae tres 
anteriores in feminis, in maribus omnes longissimae. Scutum primum in maribus antice 
trilobum. 

Habit, in Japonia , et ad insignem pervenit magnitudinem. 

L'auteur n'a jusqu'ici observe que les especes , dont nous venons de communiquer les 
descriptions. 

Enfin il propose les questions suivantes : 

1 . Les pieds dans les males du Limulus polyphemus sont-ils formes de la meme maniere que 
dans Ltmulus rotundicauda ? L'auteur n'a vu qu'un seul specimen pourvu de pieds , du sexe 
feminin. 

2. Y-a-t-il des especes, dont les deux sexes out quatre pieds an teVieurs monodactyles ? L'au- 
teur ne le croit pas et c'est pour cela que le genre Tachypleus , ctabli par Leach , ne sau- 
rait etre conserv6. 

3. Y-a-t-il des especes, dont settlement les males sont pourvus d'une paire de pieds 
monodactyles? C'est ce qu'on pourrait croire par une phrase dans la 2 me Edition du Regne 
animal. L'auteur ne 1'a jamais observe. Tous les exemplaires ayant des pieds monodac- 
tyles, en avaient quatre et etaient des males. Leyde, 3 A.vril 1838. (Algemeene 
Konst- en Letterbode, N. 17, 1838. p. 265267.) M L. 



REVUE DES PALMIERS DE L'ARCHIPEL DES INDES ORIENTALES ; 



M. le Prof. C. L. BLUME, 
Directeur de I'Hertier royal A Leyde. 

ARTICLE PREMIER. 

Quoique dans la preface du Tom. II de la Rumphia nous ayons deja annonce en general 



( 62 ) 

tous les Palmiers, dont il sera question dans cet ouvrage, il ne sera peut-6tre pas iriconve- 
nant de communiquer pr6alablement quelques vues sur cette Famille. La haute importance 
de ces vegetaux nous a de plus engag6, a fixer les caracteres des genres des Palmiers 
Indo-orientaux , que nous avons examines, en observant toutefois , que la liste des Palmiers, 
publiee par nous au commencement de 1'annee passee , nous a servi de base dans la nomen- 
clature des genres et des especes. 

Peut etre on nous fera 1'objection, d'avoir trop multiplie le nombre des genres, surtoul 
aux depens du genre Areca Linn. , qui avec quelques autres genres voisins , nous occupera 
en premier lieu dans le present Memoire ; c'est parce que nous avons emprunt6 les caracteres 
de ces genres de leur -vegetation elle-meme, plus qu'on ne 1'a fait peut-6tre jusqu'ici , ce 
qui nous semble tout a fait indispensable dans une Famille , ou les organes de g6neration 
offrent peu de caracteres faciles a saisir. 

Sous ce point de vue, le genre Areca Linn., comme il a etc determine jusqu'a pre- 
sent, offre un amas de Palmiers d'une organisation tres-differente , auquel on devrait aussi 
joindre les genres Euterpe et Oenocarpus de M. Martius et 1'Oreodoxa de Willdenow , 
quand on ne vetit pas admettre la division de V Areca des auteurs en plusieurs genres. C'est 
non seulement pour exposer plus clairement les affinites naturelles , mais aussi parce que la Bo- 
tanique systematique exige que les caracteres generiques soient traces d'une maniere precise , 
qu'il nous a paru plus juste, de diviser plutot certains genres de Palmiers que de reunir 
une foule d'especes dans des genres vaguement limites. Et qu'on ne s'imagine pas , qu'en 
agissant ainsi , le nombre des genres soil trop augment^ en proportion de la masse des 
especes. L'immortel Linne lui-meme voyait deja la necessit6 d'iucorporer en presque autant 
de genres les dix especes de Palmiers qu'il connaissait , savoir : 

1 . Calamus. 

2. Chamaerops. 

3. Borassvs. 

4. Corypha , avec deux especes , dont 1'une a servi a Gaertner pour etablir le 
genre Hyphaene. 

5. Cocos. 

6. Phoenix. 

7. Areca. 

8. Elate. 

9. Caryota. 

Pour bieri fixer le caractere d' Areca , nous avons cru devoir considerer comme le vrai 
representant de ce genre 1'espece, que Linne a decrite premierement , I' Areca Catechu (Flor. 
Zeyl. p. 392. Sp. Plant, p. 1189.); ensuite nous en avons examine les points de rapport et 
de difference avec les autres especes, tant au port qu'a la structure des organes de la gene- 
ration. De cette maniere la situation des fleurs feminines dans les aisselles des rameaux du spa- 
dice , pourvus seulement de fleurs masculines, nous a presente un caractere tres distinctif. 



( 63 ) 

Sans doute ce caractere nc serait d'aucune valeur, si les especes a spadices simples ne diffe- 
raicnt, en outre, sous d'autres rapports. C'est ce que prouve p. ex. suffisamment I'Areca spicata 
Lam. , corame etant le type du Calyptrocalyx , genre fort remarquable , qui , tout autant que 
/' Iguanura et Cyrtostachys , se rapporterait peut-etre mieux a la section desorassineespin- 
natifrondes, qu'a celle des Arecinees et demoutre, en tout cas, 1'affinite intime de ces sec- 
tions. C'est par la meme raison , que d'autres especes, dont le spadice, quoique divise en 
rameaux , mais garni dans toute la longueur de ses rhachides de fleurs monoi'ques, doivent etre 
aussi separees des vraies Arecac. Elles se rapprochent sous plusieurs points de I'Oreodoxa 
Willd. , et des genres Oenocarpus et Euterpe de M. Martius , dont nous avons range les 
especes Indo-orientales en trois genres: Pinanga, Oncosperma et Kentia. Le premier con- 
tient des Palmiers humbles, a spadices simplement ramifies, munis de petits fruits alonges 
ou ovoi'des avec un perisperme rumine. Les deux autres sorit des Palmiers elev6s , dont le 
port se rapproche plutot de celui des vraies Arecae. Lcurs spadices sont plus ramifies que 
dans Pinanga; les fruits de I' Oncosperma sont globuleux avec un perisperme rumine, tandis 
que ceux de Kentia sont alonges avec un perisperme solide, sans aucune trace de fissures. 

1. ARECA LINN. 

! -Oii;. () . I < iJ;; ';)!." ' tf'">uio'ufc 

Flores monoici , in eodem spadice ramosissime aut simpliciter ramoso , spathu duplici , 
utraque completa cincto, sessiles , obsolete bracteati , feminei solitarii in alis dilatatis ra- 
mulorum antice tantum floribus masculis obsessorum. Masc. Calyx tripartitus , laciniis cari- 
natis (non inter se imbricatis). Corolla tripetala , petalis aestivatione valvatis. Stamina 3 
6 9 ; filamenta subulata, ima cohaerentia ; antherae lineares, basifixae. Pistilli rudimentum. 
Fern. Calyx triphyllus et Corolla tripetala aestivatione convoluta. Slaminum rudimenta. Ova- 
rium triloculare v. passim trilobum, loculamento unico fertili; ovulo in fundo affixo. Stitj- 
mata 3 , sessilia , discreta. Bacca fibrosa , monosperma. Albumen ruminatum. Embryon exacte 
basilare. 

Palmae elegantes et saepe procerae ; caudice ut plurimum elato , gracili , rarius arundi- 
naceo , stricto , annulato , laevigato , inermi ; frondibus terminalibus , pinnatisectis , petiolo- 
rum parte basilari cylindrica longe vaginante , segmentis pectinato-patentibus , lanceolatis, 
plicatis , acuminatis , saepe findendis , superioribus passim confluentibus et apice praemor- 
sis; spadicibus infra frondes iriferiores enatis, spathis coriaceis , deciduis, ut plurimum 
ramosissimis rarius simpliciter ramosis , ramulis masculis subflexuosis ima in alis excipiendis 
floribus femineis manifeste dilatatis ; floribus pallidis , masculis longe minoribus quam femi- 
neis , bracteis minutis ; fructibus ovoideis v. ellipsoideis , majusculis. 

Species, \. A. Catechu LINN. Tab. 102. A et Tab. 104. 2. A. Calapparia Tab. 100. 

Fig. 2. 3. A. pumila Tab. 99 et Tab. 102. C. 4. A. triandra ROXB. 5. A. punicea 

Tab. 122. 6. A. communis Tab. 128. 7- A. glandiformis .GlESEK. Tab. 100 Fig. 1 et 
Tab. 128. 8. A. macrocalyx Tab. 101. 

Obscrv. Hoc Palmarum genus, Indiae Orientali proprium, praecipue insigniunt florum 



( 64 ) 

i'emineorum praecocium in avillis spadicum rhachidos masculis creberrimis obsessoruin 
situs , nee non stigmata distincta subulata, et denique fructus majusculi formd ovoidea ant 
elongat. 

2- O N C S P E R M A BL. in Rumphid I. c. 

Flores monoici , in eodem spadice duplicato-ramoso, spatha triplici, interiore irtcompleta 
cincto, in scrobiculis sessiles , bracteis obsoletis cum rhachide coalescentibus , masculi bini 
femineos singulos stipantes. Muse. Calyx tripartitus , laciniis carinatis (non inter se imbrica- 
tis). Corolla tripetala, petalis aestivatione valvatis. Stamina 6 ; Jilamenta crassiuscula , libera ; 
antkerae sagittatae , basifixae. Pistilli rudimentum. Fern. Calyx triphyllus et Corolla tripetaJa 
conformis aestivatione convolula. Staminum rudimenta. Ovarium triloculare , loculamento 
unico fertili; ovulo in fundo lateraliter affixo. Stigmata 3, sessilia , arete conniventia. Bacca 
grumosa , monosperma. Albumen ruminatum. Embryon in basi positum. 

Palma elegans , in humidis maritimis gregaria ; caudice elato , gracili , annulato , aculeate ; 
frondibus terminalibus , petiolis basi longe vaginantibus , pectinato-pinnatisectis , segmentis 
reduplicatis , acuminatis; spadicibus infra frondes solitariis , spathis coriaceis post anthesiri 
deciduis, inferne duplicato-, superne simpliciter ramosis, ramulis fastigiatis, pendulis, in 
scrobiculis bracteatis flore uno femineo minori ac binis masculis lateralibus colore luteo 
obsessis ; fructibus globosis , parvis. 

Species 1. 0. filamentosa Tab. 82 et Tab. 103. 

Observ. Jam florum femineorum situs satis est , ut hoc et sequeritia genera ab Areca 
LINN, distinguantur. A duobus proximo sequentibus insuper differt staminibus baud connatis , 
fructibus globosis, sarcocarpio grumoso intus taritum obsolete fibroso , denique raphe umbi- 
licali maxime dilatata scutiformi. 

3. K E N T 1 A BL. in Rumphid I. c. 

Flores monoici, in eodem spadice fasciculato-ramoso , spatha triplici, interiore incompleta 
cincto, in scrobiculis sessiles, bracteis haud distinctis cum rhachide coalescentibus, mas- 
culi bini femineos singulos stipantes. Masc. Calyx tripartitus, laciniis subcaiinatis (non inter 
se imbricatis). Corolla tripetala, petalis aestivatione valvatis. Stamina 6; Jilamenta brevissima, 
basi connata; antkerae Jineares, basifixae. Pistilli rudimentum. Fern. Calyx triphyllus et Co- 
rolla tripetala dissimilis aestivatione convoluta. Staminum rudimenta nulla. Ovarium unilocu- 
lare ; ovulo in fundo affixo. Stylus brevissimus. Stigmata 3, distincta. Bacca parce fibrosa, 
monosperma. Albumen aequabile. Embryon exacte basilaris. 

Palma elata, saxatilis; caudice gracili, annulato, laevigato, infra petiolorum partem basi- 
larem cylindricam longe vaginaritem subincrassato ; frondibus omnibus terminalibus, pecti- 
nato-pinnatisectis, segmentis reduplicatis, apice subbifidis ; spadicibus infra frondes verticil- 
latis aut solitariis, spathis coriaceis deciduis, duplicato-ramosis , ramis arrecto-fastigiatis , 
ramulis undique in scrobiculis superficialibus flore uno femineo minori ac binis masculis 
majoribus lateralibus colore stramineo obsessis; fructibus ellipsoideis , parvis. 



(65 ) 

Species. 1. K. procera Tab. 106. 

Obscrv. Et in Pinangd et in Genere praeccdenti stigmata sunt inagis confluentia , quam 
in hoc, ab utraque insuper diverse, quod florum fcmineorum petala sunt longe majora foliolis 
calycis ac forma plane alia, atque albumen non ut in illis ruminatum, sed solidum esse solet. 

4. PINANGA RCTIPH. (ex pai te) BL. in Rumphid 1. c. 

Florcs monoici , in eodem spadice simpliciter ramoso rarissime simplici, spat ha duplici , 
interiorc saepius incompleta cincto , in scrobiculis sessiles , bracteis obsoletis cum rliachide 
coalescentibus , masculi birii femineos singulos stipantes. Masc. Calyx tripartitus , laciniis 
subcarinatis (non inter se imbricatis). Corolla tripetala, petalis aestivatione subvalvatis. Sta- 
mina 6-15; fdamenta brevia , superne distincta v. in torum carnosulum confluentia; antherae 
lineares, basifixae. Pistilli rudimentum , aut nullum. Fern. Calyx triphyllus et Corolla tripe- 
tala conformis aestivatione convoluta. Slaminum rudimenla , aut nulla. Ovarium uniloculare ; 
ovulo in fundo sublateraliter affixo. Stylus nullus aut brevis. Stigmata 3 , vix distincta 
et saepius confluentia. Bacca fibrosa , monosperma. Albumen ruminatum. Embryon prope 
basin locatum. 

Palmae plerumque humiles , sylvicolae ; caudice arundinaceo , gracili , stricto v. subfle- 
xuoso , annulato, laevigato, inermi ; frondibus terminaiibus , pinnatisectis rarius fissis, seg- 
inentis plicatis , acuminatis , summis apice truncato-dentatis ; spadicibus infra frondes solita- 
riis, spathis membranaceis v. coriaceis cito deciduis , parce ramosis , ramis subfastigiatis , 
excipiendis femineis ad latus floribus binis masculis consociatis , aut distiche , aut undique 
foveolatis ; floribus albidis v. stramineis, masculis longe majoribus quam femineis; fructibus 
ellipsoideis , parvis. 

Species. Praeter quasdam Palmas Borbonicas et Zeylanenses, quae hue referendae viden- 
tur , sequentes ex Archipelago Indico : 1. P. Nenga. Tab. 107. 2. P. latisccta. Tab. 108. 
3. P. coslala. Tab. 109. 4. P. noxa Tab. 110. Fig. 1. 5. P. globulifera (Areca globu- 
lifera LAM.) 6. P. Kuklii Tab. 111. 7. P. coronata Tab. 112 et Tab 113. Fig. 1. 
8. P. (sylvestris) javana Tab. 87 et Tab. 110. Fig. 2. 9. P. (sylvestris) cochinvhinensis (Arcca 
sylvestris LOUR.) 10. P. caesia. 11. P. minor Tab. 114. 12. P. patula. Tab. 115. 
13. P.furfuracea. Tab. 116. 14. P bifida. Tab. 113. Fig 2. 

Observ. Genus specierum sane ditissimum, quarum tamen major pars in caligine sylvarum 
Indicarum latent multaeque specierum laudatarum non accurate notae sunt. Ab Oncospermd 
praecipue distinguitur filamentis basi aut plane connatis, ovario uniloculato , fructibusque 
magis elongatis , sarcocarpio inagis fibroso ; a Kentid stigmatibus minus distinctis arctius 
conniventibus et plerumque discoideo-unitis , nee non structura albuminis. Hae species in 
duas sectiones dividi possunt : prima* continentur, quarum flores masculi circum rudimentum 
pistilli minoremnumerum stann'num, filamenlis superne distinctis complanatis, exhibent; altera 
quarum flores masculi majori gaudent staminum numero , quorum filamenta brevissima tan- 
turn non plane in discum carnosum sunt unita, sine ullo rudimenlo pistilli. 

Bulletin IV." 9. 15 9Ii l"33. 



(66) 

5. CYRTOSTACHYS EL. in Rumphid I. c. 

Flares monoioi, in eodem spadice corymboso-ramoso , spathis duabus (?) basilaribus com- 
pletis (?) cincto , e foveis rhachidos emersi , masculi bini femineos singulos stipantes. Masc. 
Calyx triphyllus. Corolla tripetala. Stamina 6; Jilamenta complanata, basi unita ; antherav 
oblongae , basifixae. PistilU rudimentum. Fern. Calyx triphyllus et Corolla tripetala aesti- 
vatione convoluta. Staminum rudimenta. Ovarium uniloculare ; ovulo ex apicc loculamenti 
pendulo. Stigmata 3, sessilia, divergentia. Fructus 

Palma gregaria, paludosa ; caudice elato, gracili, annnlato, inermi : frondibus terminalibus, 
pinnatisectis, segmentis reduplicatis , apice saepe bifidis ; spadicibus infra frondes nascenti- 
bus, magnis , solitariis spathis nonnullis completis (?) fugacibus vestitis, duplicato-ramosissirais , 
ramis divaricatis , ramulis fastigiato-pendulis , subtortuosis , tomento subtilissimo granuloso 
obductis , undique in alveolis inter binos flores masculos singulos femineos foventibus. 

Species. l.'L. Rend/a. Tab. 120. 

Observ. Hoc Genus ut a ceteris dignoscatur, jam ovulum ex apice loculamenti pendulum, 
cujus stoma prope urnbilicum situm est, sufficit. In Hyophorbe GAERTN. , ob situm embryi 
verticalem , ovulum identidem in apice ovarii affixum esse videlur , sed ab hoc tameu 
Genere nostrum integumentis floralibus floris feminei alia ratione dispositis abunde differt. 
TJtrum hoc et duo sequentia Genera melius Arecinis an Borassinis accenseantur , ut jam 
supra dixi , compertum non habeo. 

6. CALYPTROCAL YX BL. in Rumphid I. c. 

Flores polygamo-monoici , in eodem spadice simplicissimo spatha simplici incompleta cincto , 
sub bracteis squamaeformibus foveis rhachidos immersi, masculi bini femineos v. herma- 
phrodites singulos stipantes. Calyx triphyllus foliolis cucullatis , arete convolutis. Corolla 
tripetala, petalis aestivatione valvatis. Masc. Stamina crebra; filamentis subulatis, basi in 
discum carnosum confluentibus ; antlieris linearibus , dorso incumbentibus. Fern. Staminum 
rudimenta nulla. Ovarium incompleto-triloculare. Stigma simplex , sessile. Hermaphr. Stamina 
complura. Ovarium superne in stylum brevem attenuatum. Stigmata 3 , coalescentia. Bacca 
exsucca , grumosa , monosperma. Albumen 

Palma procera; caudice crasso , armulato , laevigato ; frondibus terminalibus, pinnatisectis , 
petiolorum basibus margine in fibras fissilibus , segmentis linearibus , acuminatis , reduplica- 
tis ; spadicibus elongatis , inter frondium bass riutantibus , spatha longitudinaliter aperta 
coriacea in pedunculo persistente ; floribu 1 ? in rhachidos excavationibus squama obtectis 
reconditis, bibracteatis , glumaceis : fructibus subglobosis. 

Species \. C. spicalus (Areca spicata. LAM.) Tab 102. D. et Tab. 118. 

7. IGUANURA BL. in Rumphid I. c. 
Flores polygamo-monoici, in eodem spadice simplicissimo, spathis duabus tubulosis in- 



( 67 ) 

completis cincto, e foveis rhachidos bilabiatis emersi, masculi bini femineos v. hermaphrodites 
sirigulos stipantes. Masc. Calyx triphyllus, aestivatione convoluta. Corolla tripetala, petalis 
aestivalioue valvatis. Stamina 6 9 ; Jilamenta subulata , basi cohaerentia; antherae lineares, 
dorso affixae. Fern. Calyx triphyllus et Corolla tripetala aestivatione convolut. Staminum 
rudimenta. Ovarium uniloculare , ad basin binis rudimentariis suffultum. Stigma simplex , 
sessile. Hermaphr. Calyx et Corolla ut in Fern. Stamina 69 ; antheris ovato-oblongis. Ova- 
rium simplex , stigmatibus tribus conniventibus obsessum. Bacca raonosperma. Albumen 

Palma pusilla, caudice arundinaceo , tenui , annulate, inermi; froridibus sub terminal! bus, 
pinnatisectis , petiolorum basibus cylindraceis tandem uno latere longitudinaliter fissis atque 
defluentibus , segmentis subtrapezoideis , antice eroso-dentatis; spadice inter frondium bases 
emerso, spathis duabus membrariaceis spadice increscente apice perforatis, in ejus peduri- 
culo magis minusve persistentibus , indiviso , sursum incrassato, undique foveis margine 
bracteaeformi elevato transverse bivalvi cinctis exsculpto, quibus flores virescentes brac- 
teolati sunt immersi; fructibus baccatis , olivaeformibus , albidis. 

Species, 1. J. leucocarpa Tab. 117. 



SUR LES OBSERVATIONS DES MAREES AUX COTES NEERLANDA1SES , FAITES PAR ORDRE 

DE SA MAJESTE DU 9 AU 28 JU1N 1835, PAR DES OFF1CIERS DE LA 

MARINE NEERLANDAISE , SOUS LA DIRECTION DE 

M. G. MOLL. 

Lorsqu'a la demande de M. WHEWELL, plusieurs Gouvernements de 1'Europe ordonnerent 
de faire des observations simultanees sur 1'heure et la hauteur des marees sur les cotes de 
1'Ocean Atlantique , de la mer du Nord et de la Manche , ce fut M. MoLLqui se vit charge par 
le Gouvernement Neerlandais de prendre la direction des observations a faire sur les cotes 
de la Zelande , la Hollande et des ilcs situees au nord du Zuiderzee et des cotes 
de la Frise et de Groningue. Le memoire que nous analysons, contient le rapport 
de M. MOLL a 1'Institut , sur la maniere dont les observations ont et6 faites et sur les pre- 
cautions prises pour en assurer 1'exactitude , ainsi que les observations elles-memes rassem- 
blees dans trois tableaux. Les stations choisies pour ces observations 6taient au nombre de 
15, savoir : le Zwin, le port de Flessingue , I'extr6mite la plus occidentale de la digue de 
West-kapelle dans 1'ile de Walcheren, Brouw ershaven , Goedereede, Hellevoctsluis, La Brielle, pres 
de Ter Heide , Katwyk , Petten , Kykdmn , le IVieuwe Diep , et les iles appelees Terschelling , 
Ameland et Rottum. A ces stations on en a joint trois autres: Amsterdam, Zwanenburg (moitic 
chemin enlre Amsterdam et Haarlem), et Sparcndam, qui , quoique non situees sur les 
cotes, mais sur les rives de 1'Y, sont trop importantes pour 1'Hydrographie de la Neerlande, 
pour ne pas les lier par des observations simultanees aux cotes de nos provinces. Excepte 
a ces trois stations, ou se trouvaient des observateurs, depuis longtemps exerces a ce genre 



( 68 ) 

d'obscrvations, les autres postcs etaient occupes par des officiers de la marine royalc.qui, 
malgre les grandcs difficultes que la nature de nos cotes, basses et tout exposees a la fureur 
des vents et cles flots, leur opposaient , se sont acquittes avcc la plus grande perseverance 
de la tache qui leur etait imposee ; chacun d'eux etait muni d'un sextant, d'un chrorio- 
metre , et, ou il le fall ait , d'un horison artificiel pour determiner le temps, et chacun avait 
une mesure metrique. L'echelle , qui devait servir a mesurer la hauteur des marees, fut 
placee autant que possible dans des lieux, ou les mouvements de la mer permettaient de faire 
des observations exactes ; mais a plus d'une station il etait presque impossible de trouver un 
abri assez tranquille. Pres de Ter Hcide on avait etabli sur le bord de la mer un appareil , 
conforme a celui que M. WHEWELL recommande , mais la premiere haute mer le detrui- 
sit. A. Kykduin on avait ete oblige de faire une construction temporaire dans la mer meme 
pour y etablir une echelle : cette construction ne communiquait avec le rivage qu'au moyen 
d'un pont , fixe aussi fermement que possible sur pilotis ; la violence de la mer parvint 
cependant le 25 Juin a emporter toute la construction, etrendit impossible la continuation des 
observations. Les lies d' Ameland et de Rottum n'ofFraient egalement que des stations tres-exposees. 

Les observations faites dans les differents lieux sont rapportees , autant qu'il etait possible , 
au zero de 1'echelle adoptee dans le Waterstaat , et g6n6ralcment connue sous le nomdeAP 
(Amslcrdamsche Peil) . 

La premiere des tables generates donne, pour toutes les 18 stations et pour chaque maree 
depuis le 9 jusqu'au 28 Juin, le temps et la hauteur de la haute et de la basse mer: le temps 
employe est, a deux exceptions pres, le temps moyen du lieu d'observation ; les hauteurs du 
flux et du reflux sont notees en mesure metrique. Dans la seconde table generale sont indiquees 
l-i direction et la force du vent a chaque haute et basse maree aux 15 stations maritimes. 

Outre ces resultats principaux, on trouve dans le memoire de M. MOLL les extraits des rapports 
de MM. les Officiers , contenant les particularites observees par eux dans plusieurs stations, rela- 
tivemcnt a la duree du flux et du reflux, a des irregularit6s dans les mouvements de la mer , ii 
1'influcnce des vents, et a la differeticc de hauteur des marees tantdiurnes que nocturnes enhiver 
et en ete. II y a surtout un phenomene , observe principalement par M. le Lieut. Hume a GOF.DE- 
REEDE , et qui y porte le nom de fg'gcr, et un autre phenomene, observe a Kykduinpar M. le 
Lieut.TniERENS ,et connu sous le nom dena-spui, qui ont ete 1'objet d'une attention toute speciale. 
Sous le nom de Agger on entend a Goedcrcedc une crue extraordinaire et p6riodique, indepen- 
dante de la crue ordinaire: les observations de M. HUDIG ayant rapport a ce phenomene se 
trouvent dans une troisieme table a la fin du memoire. Cette crue a lieu ordinaircmcnt deux 
heures avarit la -bassc maree, et varie de 0,'"0l a 0, m 13: la durce en varie de 10 mi "-al h 10 , 
mais elle ne s'observe pas constamment. Le naspui , qui a lieu a Kykduin , est egalement une 
crue extraordinaire, arrivant peu de temps apres le moment de la haute maree, et fait monter 
les eaux a une hauteur qui surpasse meme la premiere dequelques centimetres. (NiemveVrrh. 
van dc \* klasse van hot Koninklijk Nederl, Instifunt. 1)1. VI L 1 . bl. 1 - 25.) W. 



( 69 ) 
SUR LES MAREES ATJX COTES DE LA NEERLANDE, 



M. R. VAX REES. 

Prafesucur a la faculle des sciences u [flrcchl. 

M. VAN REES entreprend dans ce memoire de deduire quclques consequences des obser- 
vations rapportees dans le memoire de M. MOLL, non pas des consequences generates, que 
plus tard M. WHEWELL rapportera de 1'ensemble des observations faites dans les different* 
ports de 1'Europe, mais des consequences relativement a ce que le phenomene des marees a 
de particulier sur les cotes de la Neerlande. En prenant des moyennes de toute la serie des 
20 jours, il trouve 1 les differences de I' etablissement du port pour toutes les 18 stations, 
et en prenant celui de Flessingue, qui est bien connu par une serie d'observations non in- 
terrompues, faites pendant 1'annee 1833, egal a l h , il fixe 1'heure pour tous les autres lieux 
et trouve , en appliquant la methode des moiridres carres , qu'en general 1'erreur probable 
de ces determinations ne surpasse pas 2 min - de temps ; Petten seul lui fournit une erreur 
probable, qui est beaucoup plus grande. En comparant Petablissement du port des differents 
lieux situes sur nos cotes a la distance qui les separe , il trouve que 1'onde , qui apporte la 
haute mer, en se propageant du sud vers le nord , marche avec une vitesse moyenne qui est 
de West-Kapelle a Ter Heide de 7,1 mill. Geogr. par heure. 

de Ter Heide jusqu'a Katwyk 8,9 

de Katwyk a Petten 13,2 

de Petten a Kykduin 0,83 

moyenne de West Kapelle a Kykduin 4,2 

de Kykduin a Rottuni la vitesse est 5,8 mill. Geogr. 

On voit qu'il y a une cause particuliere , qui retarde d'une maniere si considerable la 
progression de cette onde eritre Petten et Kykduin. 

2. La duree du flux et du reflux, d6termiriee en prenant la moyenne des differences eritre 
le temps d'une haute mer et celui d'une basse mer , qui precede et qui suit , se trouve etre en 
general de longueur egale ; mais Ter Heide , Katwyk et Petten font une exception a cette regie : 
ici le flux ri'a qu'une duree de 4 h 34', 4 h 15' et 2 h 51' et le reflux en a une de 7 h 51', 8 h 10', 
et 9 h 33'! 

3. La hauteur de 1'onde, c'esl-a-dire la difference de la hauteur a haute eta basse mer va 
en diminuant dcpuis West-Kapelle, ou elle est de 3, m 327 jusqu'a Kykduin (I, m 267) et de la 
en augmentant jusqu'a Rotlum (2 m 342). 

4. La hauteur moyenne de la mer du Nord varie de Hellevoetsluis jusqu'au Nieuwc Dicp, 
ou on a pu rapporter toutes les mesures a AP , de 4- O m ,100 AP jusqu'a 0, 1U 476 AP. 

5. La crue extraordinaire, designee sous le nom d'Agger ou Naspui, se fait sentir plus ou 
moins ,non seulement a Goedereede et a Kykduin, mais aussi dans les stations intermediaires 



( 70) 

de La Brielle , Ter Heide , Katwyk et de Petteri , soit comme crue reelle , soit comrae cessation 
dc baisse. 

6. La cause probable de toutes les irregularites trouvces, c'est 1'onde, qui en se propageant 
le long des cotes de la Grande Bretagne, vient descendre du Nord de 1'Ecosse jusqu'a 
1'embouchure de la Tamise, et va, par consequent, en sens oppose de 1'onde, qui apres 
avoir pass6 le detroit de Calais, amene les hautes eaux sur les cotes de la Neerlande: or, 
cette onde qui longe la Grande-Bretagne , s'6tendanl lateralement , vient troubler la regularite 
du phenomene des marees sur les cotes opposees : cette conjecture est confirmee parce que 
cette perturbation se montre en gen6ral d'autant plus tard , que le lieu d'observation est 
situe plus vers le sud. Les tableaux d'observation offrent cependant des exceptions, qui em- 
pechent de prendre 1'influence de 1'onde opposee pour bien demontree. 

7. Parmi les inegalites des mares, causees par 1'action du soleil et delalune.le calcul et 
I'exp6rience en ont fait trouver une , qui depend de la declinaison de celte derniere , et qui fait 
diff6rer la hauteur de deux marees consecutives : cette inegalite, indiquee par les observa- 
teurs de Kykduin et d'Ameland, se fait sentir le long de toute la cote, comme M. YANKEES 
trouve en comparant la hauteur de la seconde haute mer a la demi somme des hauteurs de la 
l fere et de la 3 feme ; celle de la quatrieme maree a la demi-somme de la 3 tme et de la 5 tme , et ainsi 
de suite: les diff6rences Irouvees par cette comparaison sont positives pour le 9 Juin, dimi- 
nuent , deviennent negatives et redeviennent enfin positives pendant les derniers jours. Le 
memoire de M. VAN REES est accompagne de deux tableaux , qui contiennent les nombres 
sur lesquels il s'appuie. (Nieuwe Vcrh. van dc l e KL v. h. Instituut. Dl. VII. I. bl. 27 45.) 

w, 

EXPERIENCES TH E R M (XEL ECT R I Q U ES, 



M. S. BLEEKRODE. 

M. BLEEKRODE a fait ces experiences au moyen d'une pile Thermo-Electrique de 20 couples 
d'Antimoine et de Bismuth; chaque barreau avail O m ,l de long et une section d'un centi- 
centimetre carre ; aux extremites de la pile il avail soude des bandes de cuivre d'un cm. de 
largeur et de 3 cm de longueur. Les soudures alternalives furent maintenues a une basse 
temperature, au moyen d'un melange frigorifique d'acide sulphurique par ex. et de sulfate 
de soude ; les aulres soudures furent plongees dans de I'eau , chauffee an moyen d'une 
lampe a alcool. Au commencement de ses experiences il employait , comme conducteurs , des 
fils melalliques qui lui donnaienl 1'etincelle electrique quand ils etoient joints a un multi- 
plicateur , et faisaicnt porter a un aimant temporaire un poids de 4 a 6 kil, quand I'eau 
etoit chauffde a 60 jusqu'a 70C. Mais il echarigea bientot les fils metalliques contre des 
bandes de cuivre , qui dounaient des effets de beaucoup sup6rieurs a ceux qu'il avoit obtenus 



( 71 ) 

auparavarit. Une bande de l m de longueur sur 0, ra 04 de largeur donnait dcs etincelles, 
surtout quand la bande etoit roulee en spirale, et 1'etincelle devint plus brillante encore, 
quand il employa le multiplieateur, quoiqu'il ne prit pas meme la precaution de faire usage 
du melange refrigerant. 

En faisaiit usage de celui-ci et en elevant la temperature de 1'eau a 80C, 1'aimant tempo- 
raire portait 15 kil ; l'6tincelle etoit extremement brillante, surtout quand un multiplieateur , 
entoure de bandes de O m ,04 de large et de 15 m a 30 m de long, faisait partie du circuit; et 
cette etincelle ne se montrait non seulement, quand le courant etait interrompu, mais aussi 
quand il etait etabli. Avec ce meme appareil la combustion de 1'or en feuilles et la decom- 
position de 1'eau lui reussissaient parfaitement bien , mais le choc, eprouve, meme en em- 
ployanl le multiplieateur de 30 m etoit faible. (Algcm. Konst en Lctterbode 1837. II. 402408. ) 

W. 

APPAREIL ET EXPERIENCES T H ER M 0-E L E CT 11 1 Q U E S, 

Fi 

M. S. BllOUWER. 

M. BROUWER a fait conslruire une pile Thermo-Electrique , composee de 10 elemens d'anti- 
moine et 10 de bismuth; chaque barreau a 9 Ium carres , et 130 ram de longueur: les barreaux 
sont recourb6s en forme d'un U , et lies au moyen de soudures laterales ; ils sont arran- 
ges en forme de cercle, de maniere que les soudures alternatives sont disposees en 
cercles concentriques ; le cercle des soudures interieures a un diametre de 55 mm , celui des 
soudures exterieures de 190 mm : les soudures interieures plongent dans un vase cylindrique 
rempli d'eau , que Ton chauffe au moyen d'une lampe a alcool ; les soudures exterieures 
plongent dans un vase annulaire , que Ton remplit de glace ou d'un melange refrigerant- 
En faisant communiquer les poles de cet appareil avec une spirale en fil de cuivre, roulee 
autour d'un aimant temporaire, de 45 raia de baut, dont les poles ont 30 mra de distance, et 
qui pesait 0, kil -5 , ayant porte 30, kil par la combinaison avec un appareil galvanique , 
ce meme aimant temporaire portait 17 kil , quand les soudures exterieures etaient entourees 
de glace pi!6e , et les soudures int6rieures d'eau bouillante. 

Avec des bandes de cuivre de l m de long sur 0, m 01 de large, on avail une serie d'etiri- 
celles tres-brillantes , quand on faisait mouvoir 1'extremite taillee en forme de scie d'une 
des bandes contre le tranchant de 1'autre bande. Une spirale Electro-dynamique , mise en 
communication avec 1'appareil, exe^ait decidemment une attraction et une repulsion sur les 
p61es de 1'aiguille aimantee. II n'y avail ni decomposition d'iodure de potassium ni choc 
sensible. (Alg. Konst- en Letterb. 1838. I. bl. 259-264.) W. 

ifii:i;(i; - -v ''! ' " frii,") :/.r-.j f-f-i^Riit.'on io?ro .! j ;) . .' M 
.v^.^'v)-*. nh> r,^-- , fi'iTn-*:*iw- .10 iii : 'i .'f'-;. 1 ':;> 



( 72) 
SUR UNE HUILE C^ H 1 SEPAREE DE L'HUILE DE CANNELLE, 

Ml 

G. J. MUL l)Eli. 

Dans les Annalen de Poggendorff 1837, j'ai public quelques analyses de 1'huile de 
cannelle et de cassia , qui m'ont conduit a les considferer comme des composes d'un atome 
de benzoyle + C 6 H 12 = C 20 H 22 2 . Par la potasse caustique ces substances se sont converties 
en acide benzoique , ce qui est en harmonic avec la maniere citee plus haut d'en corisi- 
derer la composition. 

Quand on laisse traverser les vapeurs de 1'huile de cannelle ou de cassia par un tube de 
verre , chauffe au rouge-blanc, et que Ton recneille les produits liquides dans une eprou- 
vettc, entouree d'un melange refrigerant, et les gaz sur la cuvc a mercure , on aperooit 
une decomposition de 1'huile en trois parties distinctes: il se d6pose du charbori dans le 
tube incandescent, land is que des gaz combustibles echappent et unliquide, colore en brun, 
se condense dans 1'eprouvette. 

Les gaz ne contiennent pas les moindres traces d'acide carbonique , mais sont composes 
dc carbure dihydrique et d'oxyde carbonique. Analyses par le potassium et par le chlore ils 
ont donn6 5 vol. du premier gaz (sur 4 du second. 

Le liquide condense, purifie par une distillation sur du chlorure de calcium, etait limpide. 

0,220 ont donne a 1'analyse 0,732 d'ac. carb et 0,156 d'eau. 

Trouve. At. Calcule. 

Carb. .... 92,00 1 92,45 

Hydr ..... 7,88 1 7,55. 

C'est done la composition de la benzine de M. Mitscherlich. 

Les donnees citees sont en rapport avec les analyses prec6dentes de 1'huile de cannelle et 
de cassia. 

Retranchons successivement d'un atome d'huile de cannelle 2 at. d'oxyde carbonique , 
5 at. de carbure dihydrique et 1 at. de carbone , on retient 1 at. de benzine : 

1 at. d'huile de cannelle = Carb. 20 Hydr. 22 Oxyg. 2 

2 at. d'oxyde carbonique = - 2 - 2 

~~ 



2 at. de carbure dihydrique =r - 5 - 10 



13 12 



1 at. de carbone =r 1 



1 at. de benzine = 12 12. 

Mais les proprietes du liquide obtenu ne sont pas les m^mes que celles de la benzine. A 10 
1'huile est encore liquide ; elle bout a 153. Les produits de la decomposition de 1'huile de 
cannelle et de cassia ne different pas eritre eux. HI. F. D'Arcet a obtenu une huile de la 
meme composition en centiemes , separee du camphre (Ann. de Chim. etdePhys. Sept. 1837). 



( 73 ) 

OBSERVATIONS SUR LA QUESTION : LE LEMNA ARRHIZA AUCT. EST-IL UNE 

ESPECE PROPRE OU UNE FORME DES ATTIRES' ESPECES DE CE GENRE? 

*' \ oh 

FAX 



>'r . uiul 

M. J. F. HOFFMANN, 

Dr. en MM. 



. 

Sous le litre de : Bijdrage tot oplossing der vraag : is Lcmna arrhiza auct. ecne standvas- 
lige onderscheidene soort, dan wel ecn ontwikkelingsvorm van ccniye andere van hetzclfdc geslachtJ 
door J. F. HOFFMANN. Te Leiden bij S. en J. LUCHTMANS, 1838. Octavo 52 pag. avec deux 
planches lithographiees, a ete tire a part tin memoire imprime dans le Tijdschrift van Nat. 
Geschied. en Physiologic. , Tom. IV. En voici les fails principaux : 

L'auteur passe en revue les botanisles qui onl prononce une opinion decisive sur cello 
planle. Les uns pensent , qu'on confond le vrai L. arrhiza L. avec d'autres qui ne le sont 
poinl. (Sturm Deutschlands Flora I. 44. Hft. Nees v. Esenbcck in Protokolle der bot. Section 
der 13. Versamml. Dcutscher Nalurforscher und Aerzte ; in Bot. Zeit. 1836. p. 56.) D'autres 
n'onl pas decide, si L. arrhiza L. esl une espece propre , ou une forme d'autres especes. (La 
Flore francaise , II. 590. Mcrtens et Koch D outsold. Flora I. p. 296. Poire t Hisloire des 
plantcs de I' Europe II. 37). D'autres encore pensent , que cetle planle est 1'elal de jeunesse du L. 
polyrrhiza (Wiggers Primitiae Jl. holsat.~], du L. minor (Hooker in Reichenb.Fl.germ.exe.}.. 
10) , <lu L. gibbn (v. B oeninghausen in Protocolle der bot. Zeit. I. c.) , ou des trois especes 
reunies (Reichenbach in Mossier Handb. dcs Gewaechskundc , 3 edit., I. 50). Enfin il y a des 
auteurs qui croient que L. arrhiza auct. est une bonne espece, comme Micheli, quiadecrit 
celle Lenlille le premier, Willdenow (spec.pl.), Sleudel (Nomenclator bot.}, Hoemcr el Schul- 
tes (Syst. Veg: 1. 283), Koch (Synopsis FL germ, et helv. p. 681). L'auteur parlage celte 
derniere opinion, 1. parce qu'aucun des specimens du Z arrhiza, recueillis par lui, ne s'est 
chang6 en une autre espece ; 2. parce que de semblables specimens s'en sont developpes ; 
3. parce que la reproduclion par division se fait dans celle espece d'une maniere differenle 
de celle des aulres especes *) ; 4. parce que les autres especes , cullivees avec perseverance 
par 1'auteur, n'ont produit aucune L. arrhiza. Celle opinion esl d'un aulre cole ap- 
puyee , par la rarel du L. arrhiza, par son existence simullanee dans les clangs ou abon- 
denl ou L. polyrrhiza ou Z. gibba, el enfin par la possibilile de fleuraison, observee par 
1'auleur, dans Z. arrhiza. 

M. Hoffmann rassembla eri Aout 1836, une quanlile de Lenlilles, donl Z. giMa formait 40 
pour cent, Z. arrhiza 30, Z. minor 20, Z. polyrrhiza 10, avec quelques feuilles de L.tri- 
sulca. 



*} L'iuilctir, en parliint de la reproduction, refute I'opiuion liasardoc do Ruiclicnbacli (ffandbuch (les Pi'at. Syst. p. 144.) 
(|iio Ics lentillcs se devcloppaicnt des globules dc Cliloropbylle , tombees au fond dc 1'cau pendant la putrefaction des 
Irntilles antcricurcs , maniere dc propogalion scmblable a celle des Aljjucs. 

Bulltlin N. 10 31 Mai 1338. 



( 74 ) 

Les specimens du L. arrhiza etaient diff6rcnts de grandeur ; il en observa : 

1. Des echantillons a folioles samples, d'un demi-raillim. de longueur, 3 mill, d'epaisseur 

, , 
et de largeur. 

2. D'autres a folioles de \l'" de longueur, I'" de larg., 1'" d'epaiss. 

3. Des petits a deux folioles, 1 >ngs de f, I, larges de i, T et epais de f,*. 

4. De grands specimens a deux folioles; 1|, 1 de long. , 1 , de large, et epais de 1 , \. 
Les deux folioles sont differentes de grandeur, comme Micheli 1'a deja tres-distinctement 
demontre. La difference en longueur est de i'" jusques a peu pres de } ; en largeur I et jjus- 
qu'a presque nulle difference ; en epaisseur de ^ jusqu'a i. La face superieure des folioles 
est d'un vert moins clair et d'une texture plus serree, souvent plane, quelquefois un peu 
elev6e au centre. La face inf6rieure est convexe, gibbeuse, d'une couleur pale et d'une tex- 
ture moins serree et transparente. A la base des folioles simples, observ6es par une loupe, 
on apercoit une gemmule, qui developpela seconde foliole. C'est pour cela que 1'on peut facile- 
ment expliquer la difference de grandeur eutre les deux folioles. Cette seconde feuille n'atteint 
que tres-rarement , ou plutot jamais , la grandeur de la premiere, car avant ce terme les 
deux folioles se separent, chacune contcnant une seinblable gemmule. Quelquefois la seconde 
feuille se d6veloppe a la grandeur moyenne ; en d'autres la gemmule parait se developper trop 
vile, et est deja parvenue a son developpement entier, quand la foliole-mere n'j est pas 
encore arrivee. C'est vraisemblablement a ces circonstances , que Ton doit attribuer 1'origine 
des petits echantillons a deux folioles. L'auteur conclut de la , que la plante parfaite consiste 
en deux folioles unies par leurs bases, et que celles, a une foliole, que Ton trouve en etc 
entre les autres sont des folioles separees, qui prendront ensuite leur developpement entier. 

L'auteur , en conservant toutes ces plantes, vit , qu'au commencement de Novembre , celles a 
feuilles binees devenaient plus rares. Dans 1'un des vases, ou il conserva les plant ules.elles 
moururent toutes, pendant que dans 1'autre elles resterent tres-saines: plusieurs tombaient 
au fond, mais celles-ci etaieut toutes a folioles simples; d'autres restaient a la surface de 
1'eau. Elles furent conservees pendant 1'hiver dans une chambre oii 1'eau dans les vases ne 
fut que tres-legerement gelee. On remarqua que la couleur des feuilles etait plus pale , meme 
presque jaune , pendant 1'hiver. 

Nous passons sous silence les autres observations, dont 1'auteur racconte minutieusement 
1'histoire et dont il deduit les consequences suivantes : 

1. Que les lenticules tombent au fond de 1'eau au commencement du froid. 

2. Que quelques unes settlement restent a la surface parmi les autres especes de Lemna. 

3. Quelles passent non seulement 1'hiver dans la boue, mais qu'elles y peuvent vivre meme 
plusieurs mois pendant I'ete. 

4. Enfin, qu'elles reviennent au commencement de I'ete a la surface, quand les circon- 
stances sont favorables , p. e. par le mouvement de 1'eau. 

L'auteur a observe le fait interessant , sur la maniere dont le L. polyrrhiza passe 1'hiver, savoir : 
que vers ce temps, a la base des feuilles, se developpent des folioles, d'une couleur jaune 



( 75 ) 

vcrdatre a la face superieure et violette a 1'inferieurc, qui le plus souvent se detachent 
de la feuille-mere et tombent au fond, pour y passer 1'hivcr; quelquefois elles resterit ad- 
herentcs a la feuille-mere morte. Aussi leur forme differe-t-elle de cellc des feuilles normales, 
en ce que, en general, elles sont renifonnes. 

L'auteur n'a point trouve dans L. arrhiza d'organes de fructification; niais la possibilite de 
leur existence lui parait incontestable. Us peuvent selon lui , fort bien se d6veloppcr a la 
place des gemmules , qui donnent naissance aux folioles. II trouva une fois un echantillon, 
dans lequel, la cavite de Ja gemmule avail acquis un developpement diff6rent de 1'etat nor- 
mal. II lui parait vraisemblable , que les fleurs se d6velopperont seulement dans les echan- 
tillons a feuilles simples. 

En consequence de toutes ces observations , 1'auteur n'a pas cru pouvoir se dispenser de 
considerer le L. arrhiza comme une espece differente de toutes les autres ; il en donne la 
description et les citations suivantes, dont celles que 1'auteur a pu comparer lui-meme, sont 
marquees d'un signe d'exclamation. 

Foliis elliptids sen ovatis , supra planis , infra convexis , nunc sitnplicibus , nunc geminis 
magnitudine dissimiWius , radiculis carentibus. 

! Linnaeus, Mantissa 294. -- ! Micheli Nova Genera, p. 16, n. 4. Gaetano Savi , Flora 
Pisana. Pisa 1798, II, p. 317. ! Bluff et Fingerhuth Comp. Florae germanicae. Norimb. 
1825, I. p. 8. IMerteris et Koch DeutsM. Flora I. p. 298. -- ! J. F. Wolff, Commentatio 
de Lemna, Altorfii et Norimb. 1801. (Hanc Lemnam in natura videre mihi non contigit. 
Qua de causa coactus sum icones Michelii hue pertinentes mutuare p. 30 , f. 22 23 .) 
Bulletin Philomatique , n.'87 ou 78, fig. Z. ! De Lamarck Encyclopedic methodique. 
3, p. 464. (Cette lenticule est extrfimement petite et n'a ni tige , ni racine apparente; elle 
consiste ordinairement en deux feuilles reuriies ensemble, mais dont 1'une est plus petite 
que 1'autre; on la trouve en Italic et en France dans leseauxstagnantes). ! J. J. Roo- 
mer et J. A. Schultes S. V. I, p. 283. ! Willdenow , Sp. IV. 1. p. 198. Houttuyn, 
Linne's Pjlanzensyst. 13. p. 373. ! Nees von Esenb. /. c. I. p. 23. Wiggers /. c. 
! Steudel /. c. ! Reichenb. /, c. p. 10. Hooker /. c. ! Poiret /. c. II. 37. ! Sturm 
1. c. ! F. F. Chevalier Flore yenerale des environs de Paris , II. p 255. ! De Candolle et 
de Lamarck L c. Lejeune , Flore de Spa, II. p. 20S. J. W. Meigen und H. L. Weni- 
ger , System. Vcrzeichniss dcr PJlanzen am Rhcin , Rocr etc. N. 59. ! G. D. J. Koch /. c. 
p. 168. ! Van Hall I.e. p. 852 ! C. Sprengel S. V. I. 94. - ! Link , Handbuch zur 
Erkcnnung der nutzbarslcn und am haufigstcn vorkommenden Gewaechse. Berl. 1829. I. 289. 
! J. C. Mossier 1. c. I. p. 51. ! Thuillier, Flore des environs de Paris. An. VII. I. p. 475. 
! F. V. Merat, Nouvelle Flore des environs de Paris. Paris 1812. I p. 353. Micheli trouva 
apparemment cette espece dans les envirotos dc Florence, Thuillier pres de Fontainebleau , 
M6rat pres de Fontainebleau , Bondi , Montreuil ; Hoffmann pres de Gouda , Leide et La 
Have. 

L'auteur observe encore, que Ton trouve quelquefois une forme de L. minor sans racines, 



( 76 ) 

ce qui a cause beaucoup d'erreurs. Elle djffere du vrai L. arrhiza, par les deux faces planes 
de feuilles , et leur forme plus arrorulie. Les specimens, recucillis par 1'fiuteur, develop- 
paient bienlot des racines. II croit que le L. arrhiza, que M. Dumortier apporta a Bonn 
dans 1'assemblee des naturalistes et des medecins allemands , etait une telle forme arrhize 
du L. minor. 

L'auteur ne partage pas 1'opinion de M. Koch , que le L. arrhiza de 1'ltalie serait diffe- 
rent de celui de France. 

Toutes les differentes formes du L. arrhiza, la forme hivernale de L.poltjrrldza etc. sorit 
represcntees sur deux planches , dessinees par 1'auteur. 

En general, les observations de M. Hoffmann nous paraissent bien interessarites , parce qu'el- 
les sont faites avec la plus scrupuleuse exactitude et repandent, de cette maniere, une 
iiouvelle lumiere sur la question du L. arrhiza. Mais, d'un autre cote, ellesne peu vent point 
encore prouver 1'existence de cette Lentille comme une espece incontestable. L'observation 
des organes de fructification pcut seule resoudre cette question. C'est ce que nous 
esperons voir reussir un jour a 1'esprit observateur , si bien caracteris6 dans ce present 

memoirc. 

M-L. 






SUR UN MOYEN DE PROTEGER DES CHAUDIERES A YAPEUR CONTRE 
L'INCRUSTATION DES PRECIPITES, 



. 

M. \V. A. BAKE, 

. 

Colonel dc fEtal- Major de VArlilltrie. 

On sail assez generalement que les parties suspendues et dissoutes dans 1'eau , se deposent 
dans les chaudieres a vapeur et y forment une croute dure et epaisse qui en deteriore le 
fond. On est oblige d'amorcer de temps en temps cette croute, de nettoyer le vase, d'au- 
tant plus souvent , quand 1'eau est moins pure , ou plus impregnee de sels calcaires , qui restent 
apres que 1'eau s'est evaporee. D'apres des observations faites on sail, que ce dep6t se forme 
moins dans les machines a haute pression quo dans les autres. Dans les premieres, les ma- 
tieres solides sont soulevees et emportees dans les tubes. Elles sorit done divisees sur une 
plus grande surface, et le fond des chaudieres n'a pas besoin d'etre si frequemment nettoye. 

II y a 15 ans que M. Bake appliqua avec tout le succes possible un moyen ties-simple 
centre la formation de ce depot au fond des chaudieres. II fit construire un faux-fond, 
compose de deux parties , unies ensemble par une charniere, pour pouvoir 1'oter avec plus 
de facilite de la chaudiere. Ce faux-fond reposait sur de petits pieds qui 1'eloignaient du 
veritable fond. Le depot se forme dans la chaudiere presque en enticr sur celui-ld ; de maniere 
que le faux-fond rend d'une parl le nettoiement plus facile , de 1'aulre iln'empeche pas d'allumer 



( 77 ) 

lc feu comme a 1'ordinairc ; tandis que le depot , attache au fond de la chaudiere me'me , 
exige , 1'orsqu'il a atteint q-ielque epaisscur, un echauffemerit plus fort, par lequel le cuivre 
s'oxydc avec rapidite. M. Bake recommande ce moyen simple et sans doute tres-utile, 
aussi bieii pour les chamlieres oblongues , que pour les rondes , auxquelles il 1'a applique 
avec succes. (Extrait du Tijdsckrift voor Nijverheid, Deal 4, p. 276.) 

M r. 

-- SM - 

SUR LA CHONDRINE, 

. 

PAR 

t '>' n r ,. . .t . .> 'iJ'H! ;; 

U. .1. ..II I Ij I) I'. It. 



Dans les Annalen der Physik und Chemie de M. Poggendorff, Tom. 28, p. 295, M. J. Muller 
a public des observations tres-dignes d'attention , sur une espece de gelatine nommee 
Chondrine. Les propriet6s de ce corps etant differentes de cellcs de la gelatine ordinaire, 
ou de la colle de poissons, j'ai cru qu'il etait assez interessant d'en faire conuailre la 
composition. 

Je preparai la Chondrine par 1'ebullition des cartilages des cotes humaines dans de 1'eau 
distillee , pendant 18 heures consecutives. La decoction 6tant evaporee au bain-marie jusqu'a 
siccite , le residu fut trait6 par 1'eau et la decoction 6vaporee de nouveau. La gelatine res- 
tante fut traitee par 1'alcool bouillant. Elle a etc sechee a 120 C. 

Par la combustion avec 1'oxyde cuivrique j'ai obterm dans deux experiences : 
Garb. v>i 307* amdrti 50,631 50,607 

Hydr. .oeuaupis .noiJi 6,536 6,675. 

Mais la substance en question contient une petite quantite de soufre , et 1'acide sulphu- 
reux, produit pendant la combustion, aura pu se dissoudre dans la potasse ; de sorte que 
la quantite de carbone nommee est un peu plus grande qu'elle ne devrait 1'etrc. 

Pour remedier a cet inconvenient, j'ai employe une methode que je dois a la bont6 de 
M. Berzelius. Elle est aussi simple qu'utile. On mele la substance a comburer, avec de 1'oxyde 
plombique, r6cemment calcine, et ensuite avec 1'oxyde cuivrique. Le soufre ne saurait main- 
tenant se degager , mais reste dans le tube a combustion. 

0,314 de chondrine donnaient 0,020 de cendres. 

0,626, dans lesquels 0,580 de chondrine pure, ont donne 1 ,048 d'acide carb. et 0,3^6 d'eau. 

I. 1,488 furent dissous dans 1'acide nitrique, pour oxyder le soufre, ensuite precipites par 
le chlorure de barium ; on recueillit 0,199 dc sulphate barytique representant 1,85 de soufre 
pour cent. Mais cette quantite appartient en partie aux sulphates de la chondrine. 

II. 1,260 de chondrine furent dissous dans 1'acide hydrochlorique faible et precipites 
par le chlorure de barium. On recueillit 0,134 de sulphate barytique, representant 1,47 de 
soufre pour cent. Done 1,85 1,47 = 0,38 de soufre dans 100 p. de la chondrine. 



( 78 ) 

La liqueur dc I fut melee avec une solution de 0,439 de fer (dormant 143,5 pour cent 
d'ox. ferrique) dans 1'acide nitrique et precipite par l'ammoniaque. On a recueilli 0,673, 
au lieu de 0,630 d'ox. ferrique, representant 0,13 de phosphore pour cent. 

La liqueur de IT, trait6e de la meme maniere avec 0,435 de fer, a donne 0,661, au lieu 
de 0,624 d'ox. ferrique, representant 0,13 de phosphore pour cent p. de la chondrine. . 
Elle ne contient done pas de phosphore libre. 

0,300 de la chondrine , d'une autre preparation, ont donn6 0,016 dc cendres. 
0,523 ont donne : Nitrogene dans 1'appareil avant 1'experience 194,5 ctm. cub a 14,75 et 
769 ram . 

Nitrogene apres I'exp6rience 256 ctm. cub. , a 16 et 770, mm 3 *). 

Calculant le soufre au plus petit nombre d'atomes , la composition de la chondrine sera : 

Trouve. At. Calcule. 

Carbone. . . . 49,90 320 24459,84 49,93 

Hydrogene. . . 6,63 520 3244,70 6,61 

Nitrogene. . . 14,44 80 7081,44 14,47 

Oxygene. . . . 28,59 140 14000,00 28,58 

Soufre 0,38 1 201,17 0,41 

100,00 48987,15 100,00. 

La quantit6 de 1'acide carbonique 925, est a la quantite du nitrogene 115 = 8: 1 en 
volume et eri atome 4: 1. 

Ces nombres enormes ont et6 trouves encore d'une aulre maniere. II m'a etc impossible 
de combiner la chondrine avec 1'acide tannique. Le precipite passe par le filtre , sans y 
laisser les moindres traces. Mais la chondrine se combine avec le sulphate bi-ferrique. Quand 
on ajoute le sulphate ferrique neutre a une solution aqueuse de chondrine , purifi6e par 
1'alcool, il rie se forme pas de coagulum, comme dans la colle, mais un precipit6 abondant. 
J'ai recueilli ce precipitd, je 1'ai lave jusqu'a ce que 1'eau du lavage fut insensible au 
nitrate barytique ; ensuite je 1'ai sech6 a 120. 

0,514 ont donn6 par la combustion 0,035 d'oxyde ferrique, ou 6,81 p. c. 
0,577, dissous dans 1'acide hydrochl. et precipites par un sel barytique, ont donne 0,091 
de sulphate barytique , ou 5,60 p. c. d'acide sulphurique. 
La composition du sel est done: 

Oxyde ferrique 6,81 

Acide sulphurique. . . . 5,60 

Chondrine . ''. . . . . . 87,59 

100,00. 

Quand on suppose que 1 at. de chondrine se combine avec 2 at F J ys , le poids dc 1'atome 
de la chondrine est 48840. 



*) Une seconde experience avail donne sur 0.610 de Chondrine 200,5 ctm. cub. a 14 et 773,"" n 8 avant 1'exn. 
872 ctm. cub. a 16 ; 35 et <75. mm o apres 1'cxp. D'ou Nitrogene dans 100 p. = 14,571. 



. (79) 

Lcs experiences quc jc publicrai sur d'autres substances aniinales erileveront les doutes 
qu'on aura peut-etrc, et que j'ai eus moi-meme , sur la grandeur du poids de I'atome de la 
chondrinc. Elle n'est pas le seul exemple de ce genre. (Extrait du Natuur- en Scheikundig 
Arc f tiff , Dcel 5 ct Deel 6.) 
6 ^ . ;> o, 01- Jo T.'w'fcvT K 

r,BiooO]3 '""'DOT / r..L' .nils , 01 i-> f, m '"\\ 

SUR LA MANIERE DE DETERMINER LE NITROGENE DANS LES ANALYSES ORGANIQUES, 

PAR 

.,-)-.- i; ; '| fur. ,-u !. >.i,-.(i .oniJuuiM! &l JouiJooo fls'up yJrJfir.itp 

G. J. MULDER. 

La maniere de determiner le nitrogene , dans un appareil rempli d'air atmospherique , dans 
lequel on note le gaz avant et apres la combustion d'une matiere organique , melee d'oxyde 
euivrique, peut donner un exces de gaz, par une quantite d'acide carbonique restee dans 
le tube a combustion. M. Liebig y a heureusement remedi6 en logeant dans la partie poste- 
rieure du tube un pcu de chaux hydratee. L'eau, chassee p.ir le feu, porte tous les gaz sur 
la potasse et 1'acide carbonique se trouve completement absorbe. 

Entre les causes d'erreur par lesquelles on obtient trop peu de gaz . on compte surtout la 
formation de 1'oxyde nitriquc, qui se convertit en acide nitreux par 1'oxygene de l'air de 1'ap- 
pareil , ou bien la production immediate de 1'acide nitreux, absorb6 par la potasse. On a 
dans ce cas une perte double , et de 1'oxygene de Pair et du nitrogene du corps brule. Des 
tubes tres-longs , remplis dans leurs parties antdrieures de cuivre metallique , suffisent pour 
prevenir cet inconvenient, surtout en procedant tres-lentement dans la combustion de la 
matiere. 

Mais en augmentant le cuivre metallique on produit une autre source d'erreur, qui n'est , 
du reste , jamais sans influence, quoique la quantite du cuivre soil fort petite. En chauffant 
le cuivre dans I'air il absorbe dc 1'oxygene et s'oxyde. Fait- on 1'experience dans un appareil 
ferme , on voit que la quantite d'air en diminue , d'autant plus que la quantite de cuivre est 
plus grandc et que I'air a un acces plus libre au cuivre incandescent. 

Quant a la maniere de determiner le nitrogene dans des appareils clos , on commence a 
rougir le cuivre, a contact de I'air de 1'appareil, avant de bruler la matiere organique. 
L'oxygene de I'air se trouve done absorbe. Apres que la combustion de la matiere est ter- 
minee , Tair rentre dans le tube a combustion des que le feu s'eteint; le cuivre, encore 
rouge obscur, absorbe de nouvcau de 1'oxygene. 

Quoiqu'on ne puisse former aucun doute que cette cause ait une grande influence sur la 
quantite du nitrogene, mesuree apres la combustion d'une matiere organique, j'en donncrai 
cependant un exemple direct. 

Un tube a combustion ordinaire fut reinpli de cuivre divise et muni d'un tube , pour con- 
duire le gaz sous une cloche divisee ; tout etait rempli d'air atmospherique. A 757, mm 2 et 
16,5 dans tout 1'appareil se trouvaient 204 ctm. cubes d'air. Le tube fut entoure pendant 



( 80 ) , 

une heure de charbons incandescents. Apres le rcfroidissement on trouva a 756 mm ,8ct 17,5, 
une perte de 2 ctm. cubes. 

0,5 grainm. de narcoline pure melees avec de 1'oxyde cuivrique et du cuivre metallique , 
commc a 1'ordinaire, furent. iritroduites dans un tube a combustion. Avant I'experience on avail 
a 773 mm ,7 et 16,5 dans 1'rippareil 212,3 ctm. cub. d'air atmospherique. Apres 1'experience a 
773 mm ,7 et 16 une quantile de nitrogene + air aim. = 224,5. A 760 mm et Oo on a done 
23,90 ctm. cub. de nitrogene dans I gr. de narcotine; ce qui donne en poids 3,033 pour cent. 
Selon le calcul de M. Liebig la quantit6 de nitrogene trouvee par nous n'est que -J de la 
quantite qu'en contient la .narcotine. Dans deux autres experiences j'ai trouve 2,439 et 2,736 
pour cent. M. Liebig a trouve 2,51. 

La cause de cette difference est surtout I'oxygene de 1'air , conteriu dans 1'appareil. P. E. 
Apres avoir note le gaz dans ma premiere experience, nominee ci-dcssus, j'ai chauffe de 
nouveau le tube jusqu'a incandescence. Apres le refroidissement jc trouvais , au lieu de 
224,5 ctm. cub., 219,0 a 773 mm ,7 et 17,5. Enfin une troisieme fois 1'oxydation du cuivre 
avail diminue a tel point I'air de 1'appareil, qu'a 772 mm ,6 et 18 C, il n'y avail que 215, 
ctm. cub. de gaz , ou 2,7 ctm. cub. de plus qu'avant 1'experience. 

Je passerai sous silence le grand nombre d'autres exemples, que je pourrais citer sur 
1'effet constant de 1'oxydation du cuivre dans 1'appareil. II sera plus que suffisant d'avoir fixe 
1'attention sur une source d'erreur , qu'on ri'a pu oublier que par hasard. 

La maniere de remedier a cet inconvenient devicnt fort simple. On n'a qu'a remplir 1'ap- 
pareil d'uri gaz, qui ne peut se combiner ni avec le cuivre , ni avec un des produits de la 
combustion de la matiere , ni avec la potasse. Ce gaz est sans doute le nitrogene lui-meme. 

Depuis quelquc temps je remplis 1'appareil entier de nitrogene pur, 'en chassant I'air 
atmospherique. Pour atleiridre a ce but, on peut operer de la maniere la plus simple. On 
tire a la partie fermee du tube a combustion une pointe , quo Ton ferme dans la lampe , 
on remplit le tube et on dispose le tout comme a 1'ordinaire ; seulement on place un second 
tube recourbe , montant sur le mercure dans la cloche, de la forme du premier qui est fixe 
au tube de potasse , mais tout a fait libre. On fixe a ce tube un robinet muni d'une vessie 
remplie de nitrogene. Apres s'etre convaincu que loules les parties de 1'appareil sont unies 
hermetiquement , on ouvre la pointe du tube a combustion et on pose la cloche aussi bas 
que possible ; en comprimant tout doucement la vessie entre la poitrine et le bras , on 
ouvre le robinet: le mercure s'abaisse dans la cloche. De 1'autre main on fait monter la 
cloche presque jusqu'a sa fin , pendant qu'on comprime tout regulierement la vessie , pour 
que I'air de 1'appareil ne se mele pas au nitrogene, contenu dans la vessie. En fermant alors le 
robinet et en abaissant tout doucement la cloche, I'air de 1'appareil sort par la pointe ouverte. 
Lorsque la cloche est arrivee au bas, on ouvre de nouveau le robinet de la vessie etc. En 
repetant ce renouvellement de gaz avec un peu de patience 10 a 12 fois, on ne conserve 
dans 1'appareil que des traces d'oxygenc. Enfin on fcrmc la pointe avec une flamme dirigee 
par un chalumeau, 



( 81 ) 

Pour detacher la vessie du tube, on ne doit pas se fier au robinet. On sail par experience 
qu'un robinet ferine tout a fait aujourd'hui , ne 1'cst souvent plus demain, sans qu'on 
sache en d6couvrir la cause. On abaisse le tube au point qu'il puisse se remplir de mer- 
cure ; des ee moment Tair exterieur etant s6pare par une colonne de mercure, on peut 
detacher la vessie avec le robinet et fermer 1'ouverture exterieure du tube avec un morceau de 
caoutchouc. 

Apres s'elre de nouveau convaincu que 1'appareil est bien ferine , on laisse le tout encore 
pendant 4 a 6 heui es en repos , pour que 1'oxyde cuivrique puisse se salurer avec les 
vapcurs d'eau, s'il est permis de parler ainsi d'une absorption minime, mais du moins visi- 
ble. *) On precede a la combustion comme a 1'ordinaire. 

L'appareil qu'on employe pour cette sorte d'analyse peut etre varie d'une maniere multiforme. 
Ordinairement je fais usage d'un tube tres-large pour contenir des morceaux de potasse cau- 
stique, ct pour que 1'absorptiou de 1'acide carbonique soil rapide la partie intermediaire est de 

2 ctm. plus bas que les deux bouts et le tout , jusqu'a la ligne 
point6e, rempli d'une lessive de potasse parfaitement satu- 
ree , par laquelle la potasse solide , qui remplit le tube entier , ne peut etre dissoute. Le bout de 
ce tube vers le tube a combustion est fort large, pour facilitcr 1'echappement du gaz hors du 
tube a combustion et son melange apres avoir termine la combustion. Les jointures ne sont 
que des tubes de caoutchouc , qui orit une bande mince de caoutchouc sur la soudure faite 
a 1'ordinaire. Cette bande dorine beaucoup de force aux tubes de caoutchouc, destines a etre 
employes aux lieux chauds. Du reste, 1'influence de la chaleur rayonnante sur le premier tube 
de caoutchouc , se trouve sensiblement diminuee par un ecran , plac6 a quelque distance du 
petit fourneau ; de sorte qu'on peut fairc usage 20 fois du meme tube de caoutchouc. 

Les regies pour obtenir de bons resultats dans la determination du nilrogene des corps 
organiques, sont donnees par les plus habiles chimistes et n'ont done pas besoin d'etre repe- 
tees. Je veux seulement y ajouter deux exemples , qui pourront mettre au jour 1'utilite du 
nitrogene dans la determination du nitrogene. 

I. 0,800 de narcotine seche ont donne : 
Nitrogene dans 1'appareil avant 1'experience 102 ctm. cub. 

a 20o et 758,5. 
Nitrogene apres 1'experience 122 ctm. cub. 

a 20,75 et 762,2-. 

Ce qui donne Nitrogene dans 100 p. de narcotine 2,98. 
II. 0,277 d'Amygdaline privee d'eau ont donne : 
Nitrogene avant 1'experience 27,5 ctm. cub. 
a 20,5 et 763,5". 

*) Quoique le nitrogene soil introdnit sec , 1'oxyde cuivrique absorbe quelqnes vapeurs d'eau de la lessive potassiquc. On 
doit par consequent laisser le tout en repos pendant quelque temps , afin qu'avant et apres 1'ejperience la tension des va- 
eurs dans 1'appareil soil sensiblement la memc. 

Bulletin If," 11. IS Juii. 1838. 



( 82) 

Nitrogene apres 1 experience 34 ctm. cub. 

d 17,5 et 763,2="". 

D'ou Nitrogene dans 100 p. d'amygdaline 2,80. 

J'ai choisi naturellement deux exemples de substances, qui contiennent tres-peu de nitro- 
gene et qui montrent evidemment toute 1'utilite du nitrogene , dans la determination du 
nitrogene. 

3"- '- 

SUR LE SULPHATE DE CU I V R E A MM N I A C A L, 

' 

PAR 

. 

G. J. MULDER. 

Si dans un verre cylindrique on laisse reposer, pendant quelques jours , une solution de 
sulphate cuivrique dans rammoniar)ue, il se formera de beaux cristaux, tres-propres a etre 
employes en pharmacie au lieu du sel pr6par6 an moyen de 1'alcool. J'ai trouv6 la compo- 
sition de ces deux sels comme suit : 

Sel pr6par6 Sel prepare 

sans alcool. avec de 1'alcool. At. Calcule. 

Oxyde cuivrique. . . . 31,53 32,03 Cu 32,22 

Ammoniaque. .... 26,90 26,76 2NJP 2 7,89 

Acide sulphurique. . . 33,08 34,11 S 32,58 

Eau. 7,16 7,14 H 7,31 

(: $ + 2 NH 4- H. 

Les sels sont done de la memo composition. (Extrait du Natuur- en Scheikundig Archief, 
1837. Sink 3). 

OBSERVATIONS SUR LES CYCADEES DE L'lTERBlER ROYAL A LEYDE, 



F. A. W. MIQUEL. 

Quoique la riche collection de plantes , deposees dans le Musee Botanique a Leyde , 
ne contienne qu'une petite quantite de Cycadees , nous avons et6 assez heureux , de 
trouver parmi les collections do van Royen et de Persoon quelques specimens qui nous inte- 
ressaient beaucoup dans nos recherches sur cette Famille. Nous cilons les plantes selon 
les noms , que nous avons ecrits sur les 6tiquettcs. 

1. ENCEPHALARTOS LEHMANNI ECKL. L'herbier de van Royen possede une feuille tres- 
bien conserv6e, dont 1'etiquette contient la remarquc suivante: Cycas glauca (gummifera) 
ei Africa a. 1777 viva advenit , haec forma tola glabra est , caudice turn et foliorum marginibus 



( 83 ) 

levissirnc modo pilosis : folia crassa carnosa glauca , supra inaequaliter punclata: infra 
aequaliter lirieata, apice mucronato semper simplici : vel inermi in recente; folia in eodein 
piano locata cum facie interiore caudicis. E resecti hujus caudicis vulnere prope radicem 
crassam tuberosam manavit copiosum gummi insipidum arabico simillimum: unde gummifera 
dici posset. II n'y a point de doute sur 1'identite de cet echautillon avec VE. Lehmanni. 
La feuille a etc sechee dans 1'etat de jeunesse, comme le prouvent les poils qui couvrent 
les bords des folioles. C'est peut-etre Kolbe qui a cueilli cette plante; car, selon Thunberg, 
ce Botaniste a cherche des plantes dans 1'interieur du Cap et les a envoyees en partie a van 
Royen. 

Dans 1'Herbier de Persoori nous trouvons un echantillon de cette espece , avec une eti- 
quette autographe : Zarnia pungenst ? C'est le sommet d'une feuille jeune. 

2. ENCEPHAIARTOS cYCADiFonirs LEHM(?). Un specimen, nomine Zamia Cycadifolia L. Suppl., 
ecrit par une main qui m'est inconriue. Rhachis presque tetragone , lisse, folioles inferieures sub- 
opposees, superieurcs alternes , tournees, de manierc que la page superieure est dirigee 
vers la face anterieure du rhachis; lineaires-lanceolees pointues, resserrees a la base;luisan- 
tes sur la page sup6rieure , slrices obscurement sur 1'inferieure. En general cette plante se 
rapproche fort de la suivarite. 

3. E.BRACHJPHTCLLUS LsiiM. (voyez Bulletin n. 2. p. 10.) ENCEPHALARTOS ROYENJ nobis, 
II n'y point de doute , que la feuille , conservee dans 1'Herbier de van Royen et nominee 

par lui Cycas villosa, n'appartienne a 1'espece , dont nous avons communiqu6 la description 
publiee par M. de Vriese *). ETI voici la belle description ecrite par la main de van Royen: 
Caudice [rhachi] lanato , foliis ciliatis cum mucrone saepe duplici pungenti: basibus folio- 
rum oblique inflexis, ut pagina folii superior a costae piano interior! deflexa coelum respi- 
ciat , foliola imbricata extus striata , intus avenia in recenti et non punctata. C'etait pour 
faire hommage a van Royen, que nous avions signale cette espece de ce nom, afin d'eterniser 
son nom dans un genre qu'il a si bien etudie et dont il aurait sans doute public plusieurs 
especes nouvelles, si 1'occasion favorable s'en etait presentee. Mais , voyant a present que 
cette espece est synonyme avec 1'espece Lehmannienne , nous adoptons le nom plus ancien, 
quoique nous soyons convaincus que M. Lehmann aurait lui-meme etabli le nom de van 
Royen dans son genre Encephalartos, si les merites de cet auteur lui avaient et6 connus. 
II nous semble, que I'E. Royeni doit etre range entre V E . Friederici Guilielmi et I'E. Cyca- 
difolius , dont il differe par le caractere suivanl: 

Caudice glabro , rhachi subsemiterete lanuginosa, foliolis approximatis, alternis aut sub- 
oppositis, lineari-lanceolatis, integerrimis aut apice bidenticulatis, pungentibus , inversis, 
basi et margine inferiore albo-lanatis. 

4. ENCEPHALARTOS SPINULOSUS LEHM. Non nomme dans 1'Herbier de Persoon. Exemplairc 
'. ___ L 



*) La figure tl cette plante, qui vient d'etre publiee dans le moment de 1'impression de celte feuille, ne laissc point de 
doute sur 1'identite de ces plantes. Voyez Tijdtchrift foor Nat. Geschird. en Phytiol. T. IV. 



< 84) 

jeune, mais dont la determinaison ne laisse point c!e doute en comparant la figure d'un 
exemplairc authentique , communique par M. Lehmann a M. de Vriese , dans le Tijds. v. Nat. 
Geschied. IV. Feuille longue d'un demi-pied , rhachis semicylindrique , a folioles approximees, 
de chaque cot6 a peu pros 30, subopposees , superieurement lisses , inferieurement striees , 
lanceolees, les infericures entieres, les superieures au sommet 2 6-dentees, a dents epi- 
neuses. Cette feuillc prouve done aussi , comment est r.hang6e la forme des folioles 
dans les divers etats de la vie et comment il est dangereux d'etablir des especes nouvelles 
sur des frondes uniques et sur des differences entre le nornbre des dentelures etc. 

5. ENCEPHALARTOS SPIRAHS LEHM. Dans 1'IIerbier de Persoon, sous le titre de Zamia 
spiralis Salisb., de la Nouvelle Hollande. Rhachis a peine spirale ; folioles lineaires, subfal- 
ciformes, souvent entieres, quclques Tines des superieures au sommet a 2 3 dents epineuscs. 

6. ZAMIA MEDIA JACQ. Une feuille dans 1'Herb. de Persoon ; dans 1'etiquette on trouve 
de la main de Persoon : Z. pumila L. Insul, Baharn. L'echantillon a un pied de longueur, rha- 
chis semicylindrique, presque eanaliculee , folioles lineaires lanceolees, au sommet arrondies , 
serrulees , toutes alternes. 

7. ZAMIA INTEGRIFOLIA A.IT. Une feuille sans nom ct sans aucune notice dans I'llerbier de 
Persoon. 

8. CrcAS CIRCINALIS L. Une seule foliole lineairc lanceolee , plane , bordee , nerf moyen 
prominent u la face inferieure. Le nom n'est pas ecrit de la main de Persoon , mais peut- 
etre bien par celle de Richard pere. 

9. CYCAS REVOLUTA THUMB. En examinant les plantes cultivees sous ce nom dans les Jar- 
dins , nous avons et6 souvent tentds de croire , que plusieurs especes ont etc confondues aussi sous 
ce nom. Mais 1'observation , que dans les feuilles jeunes le rhachis et la page inferieure 
des folioles portent des poils, nous a prescrit beaucoup de circonspection dans 1'etude 
de cctte espece. Or, c'est 1'inspection des echantillons conserves dans cet Herbier, qui 
nous a dc nouveau corifirmes dans notre opinion. Dans 1'Herbier de van Royen se trouve 
une feuille, dont 1'etiquette porte la phrase suivante ecrite de la main de Burmann : 
aCycas frondibus pennatis, foliolis linear i-lanceolalis, peliolis spinosis, Linn. Cliff. 482. 
Palma japonica , spinosis pcdiculis polijpodii folio. Boerh. Lugdb. 2, p. 170. C'est la partie 
inferieure d'une feuille; rhachis semicylindrique, plane a la face anterieure, tres-promi- 
nent sur la posterieure; au cote a poils courts; folioles alternes, subdecurrentes, les infe- 
rieures plus petites, les plus inferieurcs chang6es en epines; les autres lineaires, a buses 
retr6cies, au sommet pointues en epine; page superieure lisse , luisante , 1'inferieure cou- 
verte d'une chevelure courte, brune , pourvue d'un nerf grossier, luisant; les bords non 
pas fort roulees en dehors. Un autre echantillon porte par la main de van Royen : Cy- 
cas circinalis ; Filix est non Palma. Linn, mant- 2, 305 in fine. II differe du prec6dent 
par la rhachis plus convexe a la face anterieure; de la il pourrait etre vraisemblable , que 
dans 1'echantillon precedent il cut etc comprime. Un troisieme echantillon offre les memes 
caracteres que le second; mais un quatrieme a des folioles plus courtes, un peu plus larges , 










-,"/_ 

'I; 



*'**, 



-: 




(85) 

presque entierement planes, et pourvues sur la page inferieure de poils rares et Ires-courts. 
L'Herbier de Persoon contient une feuille courte sous le nom de C, circinalis L. Sago, a 
folioles de la meme forme que dans 1'echantillon de Burman, mais un pen plus etroiles. 
Un autre echantillon, offrant la partie superieure d'une feuille , est nomme par Persoon : 
Cycas revoluta L. Thunberg ? different par des folioles plus alongees , plus etroites , avec 
des bords plus roules en dehors, meme jusqu'au nerf. 

De toutes ses observations on pourra conclure , que les deux especcs, C. circinalis et C. 
revoluta , n'ont pas 6te toujours bien distinguees par les anciens botanistes. Quant aux for- 
mes differentes de C. revoluta, nous nous sommes convaincus, qu'on doit distinguer, selon 
I'agc , une forme a feuilles pileuses et a feuilles glabres. Une autre forme, peut-etre constante, 
se cultive souvent dans les jardins; les folioles sont plus larges a peine roulees en dehors, 
inferieurement glabres ou pileuses. Elle parait differente du vrai C. revoluta Thunb. , sous 
quel nom 1'auteur semble avoir voulu comprendre 1'espece , dont les folioles sont roulees 
en dehors jusqu'au nerf mme. Les Botanistes, qui sont dans la possibility de comparer 
des echantillons authentiques, sauront peut-etre rosoudre celte question. 

Ccst a cette occasion, que nous voudrons aussi inviter a decrire d'une maniere detaillee 
le C. inermis de Loureiro , et les especes que M. R. Brown a trouvees dans la Nouvelle 
Hollande, et dont il a dohne les caracteres dans son celebre Prodromus, mais d'une maniere, 
qui n'etablit pas encore entierement la Constance de ces especes. 



SUR UNE ESPECE NOUVELLE V'ISARIA, DU BRESIL, 

ru 

F. A. W. Ml QUEL. 

' rr> t It. 

(Voyei Planche I.) 

Quelques voyageurs ont rapporte, que dans les forets du Bresil la larve d'une Cygale- 
s'etait transformee en un arbre ou plutot en un arbrisseau ; on dit , que la larvc s'enfouit dans le 
sol et y commence a germer. M. le Colonel Q. M. R. Ver Huell a Rotterdam, naturaliste zele 
abordant en 1808 a St. Salvador en Bahia, apprit d'un Professeur eu Rhetorique, nomme Fer- 
reira , la realite de la chose ; il parut cependant vraisemblable au Professeur, que les larves inan- 
geaierit les semences de cet arbre et que celles-ci , resistant a la digestion , germaient dans les 
intestins de 1'animal. II cut la bont6, de procurer de 1'interieur du pays une telle larve 
germante a M. Ver Huell, qui 1'apporta en Hollande, etla deposa dans le musee de son frere. 
En examinant la plante dessechee, je la reconnus pour un champignon epizootique, qui 
appartient tres-vraisemblablement au genre Isaria. Elle differe des autres especes par un 
stroma plus charnu , assez dur, compos6 d'un lissu dur blanc central, et d'une ecorce plus 
floconneuse, brune , sporifere. Peut-etre elle pourra former le type d'un sous-genre oume'me 
d'un genre propre. Elle est attachec a la partie anterieure du front de la larve, avec une 



( 86) 

baso birameuse , dont les branches descendant sur la f;ice devant les deux grands yeux. 
Aussi entre les anneaux abdominaux poussent quclques jeunes plantes , encore tres-courtes. 
En general, notre champignon a le port d'une Clavaire. La larve est encore remplie d'in- 
testins dessfeches, et est tres-voisine de celle, que Roesel a representee sur la Tab. XXVI. 
fig. 1. du Tom II de ses Insectes. En outre il nous parail un fait incontestable, que ce 
champignon s'est developpe sur la larve deja morte, et qu'on ne pourra comparer ce ph6no- 
inene avec 1'evolution des champignons sur des insectes vivants. 

Is ARIA CICADAE , elongatci , cylindrico-angulosa , tenax , apice ramulosa , intus alba r/arnosa , 
rxtus brunnca , subjloccosa , sporis cylindraceis obtusis. Habitat in larvis cicadae mortuis 
sub terra sepultis , in sylvis Bahiae. 

M. Ver-Huell a eu la bont6, de peindre la plante , apres 1'avoir exposee pendant quel- 
ques jours & de 1'eau chaude. 

Explication de la Planche I. A. Fig. a. La larve avec Ylsaria, vue de cote. b. La meme vue de la partic 
superieure, jiour voir 1'attache. c. La tete de 1'animnl avec la partie inf. du champignon, fortetnent grossies. 
d. Jeune Isaria germant entre les anneaux abdominaux. e. Une lanielle de la cuiicule exterieure, fortement 
grossie, dont les cellules paraissent contenir des spores. /. Corps cylindriques , trouves sur la surface du cham- 
pignon, qui semblent etre les vrais spores. 






REMARQUES SUR LE PARASITISME DU TILLANDSIA ALOAEFOLIA HOOK. 

MX 

' 

F. A. W. MIQUEL. 

(Voyez la Planche I.) 

. 

M. Focke a Paramaribo , a eu la bonte de nous envoyer un Tillandsia en fleur et atta- 
che naturellement sur une branche de YAchras Sapota. II n'y a pas de doute , que ce ne 
soit la mme espece, que M. Hooker a d6crite sous le nom de T. aloaefolia (du Trinidad) 
dans son Exotical Botany, Tom. III. Tab. 205; notre plante s'accorde parfaitement avec le 
dessin de cet ouvracje , seulement les feuilles de notre exemplaire sont encore plus forte- 
ment acuminees, et non pourvues de squammules farineuses (squamuloso-farinaccis Hook.) ; 
mais plutot , vues par une loupe , tachetees d'une quantite de stomates tres-visibles. 

Je fus curieux , d'examiner la maniere d'attache de cette plante a son support. Les raci- 
nes simples fort dures sont rou!6es autour de la branche de \'Achras, formant souvent plu- 
sieurs contours, et appliquees si fortement sur 1'ecorce , qu'on les ddchire souvent, quand 
on veut les detacher. D'autres ne sont pas attachees, mais pendent toutes libres dans 1'air; 
d'autres rampent longitTidinalement sur la branche. La base de la plante n'est pas fixee im- 
mediatcment sur l'6corce , mais elevee par les racines, phenomene qu'on pourra comparer 
avec 1'elevation du tronc par 1'accroissement des racines , dans les Pandanes. 

II paraissuil que la branche de YAchras etait morte , lorsque la Tillandsia y fut attachee ; 



( 87 ) 

car elle n'est point comprimee, et les racines, quoique routes fortement a 1'entour, n'out 
point p6netr6 dans 1'ecorce. Elles se trouvent seulement accrochees et collees par cles inega- 
lites qui correspondent aux in6galites de 1'ecorce, de maniere , qu'il est vraiseinblable, quc 
les racines , au moment de 1'enroulement , ont ete tres-molles. Aucune racine ne penetre 
dans le bois ni meme dans 1'ecorce de la branche. 

Quoique le vrai parasitisme des vfcgetaux soit un phenomene tres-curieux , il nous parait 
cependant que le faux parasitisme Test bien d'avantage. La racine qui, dans le regne vegetal 
entier, a la double fonction de fixer a un point determine et de nourrir la plante, semble 
reduite dans les fausses parasites a un simple organe d'attache , comme dans plusieurs Or- 
chidees tropiques et Bromeli6es , et parmi les pi. cellulaires plusieurs mousses et lichens. II 
nous parait tres-necessaire d'exclure du nombre des fausses parasites plusieurs plantes que 
M. De Candolle cite comme telles (Physiolog. vdget. III. 1463), savoir le lierre, la vigne vierge , 
une foule de plantes diverses qui germent accidentellement sur les ecorces ou dans les cavi- 
tes des vieux troncs, et les liancs. Toutes ces plantes prennent naturellement leur nourri- 
ture du sol ; les crampons du lierre etc. , quant a leur fonction , peuvent etre compares plus 
justement avec les urilles , et les t rones pourris des vieux arbres oula couche exterieure morte 
des arbres encore vivants sont un sol fertile , d'ou les racines pompent leur nourriture comme du 
sol commun. On devrait nommer fausses parasites celles , qui sont attachees par leurs 
racines primitives a des corps vivants ou morts, mais qui n'en preunent aucune nourriture. 

C'est une question physiologique, de beaucoup d'inter^t , que celle d'expliquer d'ou et par 
quels organes ces plantes prennent leur nourriture. Quant aux cellulaires, qui pompent 1'hu- 
midite et 1'air atmosph6rique avec 1'acide carbonique par toute la surface , cette question 
n'offre pas beaucoup de difficult6, d'autant moins que Ton sail bien certainement que leur 
activite vitale peut etre suspendue pendant 1'etat sec de 1'air, sans danger pour la vie-meme. 
Mais expliquer comment une plante Orchidee ou Bromeliee, attachee sur une branche d'ar- 
bre, vivant tout a fait dans 1'air, puisse se developper tres-rapidement , quoiqu'elle doive 
recevoir presque toute sa nourriture de 1'air , c'est une question difficile a resoudre. L'orga- 
nisation de ces plantes est a peine differente de celle des autres vegctaux terrestres ou aqua- 
tiques. Qu'on ne nous oppose pas, que plusieurs plantes terrestres vivent dans un sol extre- 
inent sec, d'ou elles ne peuvent prendre que fort peu d'humidite, pendant qu'elles sont 
elles-memes tres-succulentes ; car on sail par les observations de M. De Candolle que les Cactees 
et les Ficoidees ont, a cause du petit nombre de stomates, une exhalaison aqueuse tres- 
lente , et souvent des racines tres longues, qui peuvent pomper toujours quelque humidite 
de la profondeur du sol. 

Plusieurs Orchidees parasites sont attachees a des troncs fort vieux souvent presque poui- 
ris, et leurs racines rampcnt dans les fissures de 1'ecorce et sous les duvets epais des mous 
ses qui les couvrent, ce qui fait naitre la supposition qu'ils y trouveront toujours asscz d'hu- 
midit6. Leurs racines sont pourvues d'une quantite de fibrilles radicales tres-fines et rarni- 
fiees , qui forment des touffes epaisses tres-propres a retenir 1'humidite. Un dessechement 



(88) 

temporaire serait aussi moins dangereux, parce que ce sont souvent dcs plantes vivaces, qui 
repoussent quand les circonstances sont devcnues plus favorables , et qui souvent ont dcs 
tiges bulbifonnes remplies d'une quantite de fecule. En outre, il me parait vraisemblable , 
que les racines de plusieurs Orchidees, pompent en effet des matures extractives nutritives 
de la surface pourrie des vieilles ecorces , par leurs fibi illes rameuses ti es-fines Celles-ci 
manquent entierernent dans le Till, aloaefolia. Son attache sur une branchc seche rend tres- 
vraisemblable, qu'elle tire 1'humidite et le nutriment de 1'air ; mais , est-cela racine , qui , en 
absorbant ces matieres de 1'air par sa surface, les amene dans I'interieur du vegetal? ou 
sont-ce les grandes feuilles qui exercent cette fonction , ou bien toute la surface du v6ge- 
tal? Pour rdsoudrc ces questions, il m'a paru n6cessaire , d'examiner d'abord la structure 
de ces organes memes. 

Les i acines sont cnveloppees exterieurement par une ecorce molle , composee d'un tissu 
celluleux tres-regulier a cellules dodecaedres ; on n'observe pas sur 1'ecorce une pellicule 
propre , seulement une couche de cellules plus petites. Le centre des racines est occupe 
par une couche ligneuse extremement dure, de sorte qu'il est tres-difficile , de les couper 
transversalemenl , memo avec le couteau le plus tranchant. Ce bois dur , presque noir, est 
forme par des vaisseaux slries, tres-fins. La surface des feuilles offre une grandc quan- 
tite de stomates, grands, presque visibles a 1'ocil simple et donnant le port d'une feuille 
squammeuse. L'epiderme est forme d'une couche fort mince de cellules petites , spherico- 
hexagones ; autour des stomates on trouve aussi des cellules prismatiques. Les stomates 
sont d'une couleur pale jaune, de forme arrondie ; les uns plies circulairement (par le des- 
sechement) , d'autrcs composes de trois cellules , qui paraissent laisser au centre de 1'orgarie 
une petite ouverture. - Les deux surfaces des feuilJes offrent peu de differences ; seulement 
les cellules de 1'epiderme et les stomates sont plus grands sur la surface inferieure des feuil- 
les que sur la superieure. 

Quand on detache les racines de 1'ecorce de 1'arbre, il reste toujours une partie de 1'ecorce si 
fortement collec a la couche exterieure cellulaire de la racine , qu'on pourrait dire qu'elle y esl 
soudee. Meme par le grossissement le plus fort de lames fort minces , on ne saurait voir la limitc 
entre les deux parlies. Les cellules exterieures de la racine se perdent dans celles de 1' Achran. 
Mais les vaisseaux des racines n'orit aucune communication avec la branche de 1'arbre. 

Cette jonction n'est pourtant pas une vraie soudure. car la branche etait dejamorte.lors- 
que le Tillandsia y fut attache. II est difficile a cxpliquer comment ces racines peuvent 
agir de la sorte sur 1'ecorce; c'est ce que 1'on pourrait nommer une action dissolvante , 
semblable a celle que quelques lichens crustaces exercent sur les pierres. 

En ce cas on serait tente de croirc, que cette jonction intime a non seulement pour but 
la simple attache du veg6tal sur la branchc , mais qu'elle sert encore a ouvrir aux racines 
un fonds de matierc organique, qu'elle peut convertir en matiere nutritive. Cela utant ainsj 
il serait tres-necessaire, que les racines cxerrassent une acliori dissolvante sur 1'ecorce cluro- 
et seche de 1' Achras, 



( 89 ) 

En effel, si la plante vivait sculement dc 1'air atmospherique, de 1'acide carbonique et 
de 1'humidite aerieuric, elle serait dansl'impossibilite d'attircr ces matieres inorgariiques, qu'on 
trouve dans tous les tissus vegetaux. Mon ami Mulder a eu la borile d'analyser une feuille de 
la plante, du poicls de 139 milligrammes; elle conteriait apres la coinb-.istion 0,5 de cendres : 
ou 0,36 p. C. La ceudrc etait composee de beaucoup de silice, de chaux , d'un pcu de fcr 
oxyde. d'acide sulphurique et murialique et d'urie tres-petite quantite de potasse. La plante 
ue differe done pas , quant a sa composition chimique , des autres Monocotvledonees Les 
inatilres iuorganiqucs, ne pouvarit en aucune maniere avoir 6te amenees dans Je vegetal de 
1'air par les feuilles, il nous parait qu'elles-memes prouvent comine un fait incontestable, 
que les racines , collees intimement par leur longueur a 1'ecorce de 1'arbre , en tirezit quel- 
ques substances. Mais 1'ecorce morte contenant sans doute fort pt-u d'humidite, suffisante 
A peine pour dissoudre ces sels , les racines secretent peut-etre un fluide propre , pour 
amollir 1'ecorce et faciliter la dissolution de ces sels. II parait neanmoins impossible, qu'el- 
les tirent aussi de cette maniere les malieres organiques carbonacees , parcc que sous les 
racines, dans 1'ecorce et le bois de I'Ac/tras, il n'y a aucun indice de pourriturc ou de 
perte de substance. C'est seulement sur la surface de 1'ecorce ou.sont accollees les racines, 
qu'une petite lame semble s'absorber. Le defaut de fibrilles pourrait confinnei cette opinion. 
Sans doute que le Tillandsia, qui parait d'un acoroisetnent tres-prompt, a besoin d'une graride 
quantite d'eau , qu'il ne saurait tirer par les racines de son support. L'air dans lequel il 
vegete , etant sans doute des plus 1mm ides, il peut attirer les vapeurs et les gaz aqueux 
par ses amples stomates; je ne sais s'il croit pendant les grandes pluies, ce qui explique- 
rait mieux son developpement. Aussi nous parait-il important de considerer la forme con- 
cave des feuilles qui, placees presque en forme d'ecailles de bulbes, rctiennent vraisembla- 
blcmeiit 1'eau de pluie et de rosee , qui ensuite peut etre absorbee par les feuilles me'ines. 
Ces surfaces iriterieures (ou superieures) sont salies dans la plante seche , commej si elles 
avaient contenu de 1'eau impure. II faut neanmoins avouer , que tous les Tillandsia 's 
n'ont point cette forme et cet arrangement des feuilles, comme p. e. les feuilles du T. 
pulclira (Hooker Ex. Bot. Tab. 15<i) , qui sont setacees. 

Tout ce que nous venons de rapporter , tend a confirmer, qu'en verite, ce Tillandsia 
et peut-etre plusieurs autres especes de ce genre, quoique fausses parasites, tirent par leurs 
racines quelques matieres inorgariiques de 1'ecorce de la branche qui leur sert de support , 
pendant qu'ils se nourrissent principalement de 1'air atmospherique , 1'eau ct 1'acide car- 
bonique qui s'y trouvent en abondarice entre les tropiques. Aussi est-il vraisemblable, qu'ils 
absorbent ces matieres par toulc leur surface , dont les grands et nombicnx stomates iridi- 
quent deja une fonction differente de eclle des autres vugctaux. II serait tres-iinporlant 
d'etudier ces plantes dans leur patrie meine , afin de mieux comprendre des phenoinenes 
aussi intcressants , comme p. e renroulement des racincs autour d'une branche, et 
qui, par consequent, out quitle tout a fait la direction centripetale , uu des premiers 
caracteres des racines. Quand on cultive les Tillandsia' s dans le sol commun, ils enfoncent 

Hu'l.iin N." 12 30 Juiii 3M. 



(90 ) 

leurs racines sans aucun signe d'enroulement. Combien la direction est ici changee par les 
agents ext6rieurs! 

Explication de la 1'lanche: I. B. fig a. Partie inferieure de la plnntc avcc la br.nnohe de V Achras vue dc 
rtite. b. La nienie vue de dessous. c. Partie d'nne feuille vue par une loupe pour npercevoir les sloinates, qui 
imitent dcs squnmrnules. d. et e stomales , grossis 250 fois en diametre. 






SUR UNE NOUVELLE ESPECE DE CRYPTOBRANCHUS DU JAPON , 



M. J. VAN DER HO EVEN, 

, " Profcssctir ordinaire it la Facultt tics Sciences a Lrydc. 

C'est depuis sept ans que Ton conserve au Musee de Leyde , dans uri grand vase dont 
le fond est convert d'eau, un reptile vivant du Japon ; on le nourrit de poissons d'eau 
douce. II a maintenant trois pieds de longueur. Pendant le froid excessif de Janvier 
dernier 1'eau dans le vase a etc gelee une fois legerement , sans que 1'animal paraisse eti 
avoir eprouve le moindre mal. Dans son introduction au Fauna japonica M. Temminck 
a signale ce reptile sous le nom de Triton japonicus, et Ton en voit maintenant une belle 
figure lithographiee , exposee au Musee , portant le nom de Salamandra maxima. M. v. d. 
II., frappe par les formes bizarres de 1'animal , 1'a etudi6 plus specialement et s'est convaincu 
qu'il ne saurait etre range parmi les Salamandres. En effet.les yeux de 1'animal sont depour- 
vus de paupieres, et converts d'une continuation tout a fait transparente de la peau. Les 
yeux se distinguent par leur petitessc. L'etude des divers squelettes de cet animal a 
fourni de nouvelles lumieres. Le crane differe beaucoup de celui des Salamandres: il est 
beaucoup plus aplati, plus large et s'avoisine ainsi dc celui des grenoui'les. Les os fron- 
taux sont alonges et se terminent a la pattie posterieure par une pointe etroitc. Les os ple- 
rygoi'diens sont tres-larges. A la base du crane on voit 1'os sphenoi'dc s'etendrc jusqu'a 
1'occipital, et la marge anterieurc de 1'os vomer porter nne s6rie de dents paralleles ^ 
celles de 1'os intermaxillaire et de la machoire snperieure. Devant le bassin il y a vingt 
vertebres. Les corps des vertebres ressemblcnt par les cavites concaves a la face anterieure 
et la posterieure a celles des poissons, de Siren, Proteus etc. Les apophyses epineuses sont 
obtuses , avec une petite cavite au sommet , couverte par une membrane. Le carpe et le 
tarse sont form6s par un cartilage. II n'existe done plus de doute ; 1'animal du Japon ne 
saurait se ranger parrni les Salamandres. Son crane a la plus grande ressemblance avec 
celui du Menoporna de I'Amerique septentrionale , figure dans les Recherches sur les Osse- 
mens fossiles (V. I. PL 26. fig. 3 5) et 1'animal du Japon appartient vraisemblablement a ce 
genre ; 1'etude d'un squelette de Mencpima a entierement confirmc cette opinion. Ce sque- 
lette ne differe gucre que par la grandeur, qui est moindre, de celui de 1'espece du Japon. 
Dans le Menoporna aussi le bassin est joint a la 2t ime vertebre. Seulemcnt dans le Menopoma 



( 91 ) 

de Harlan on trouve a chaque face de la partie posterieure de la tele un trou qui s'ouvre 
dans la Louche ; dans Salamandra maxima au contraire on n'en voit point. L'auteur observe 
que cettc difference ne saurait empecher de reunir ces deux ariimaux dans un genre , 
quoique les caracteres du Mcnopoma doivent alors etre modifies , car le caractere ne fait 
pas le genre , comme le grand Linne 1'a deja si justement observe. En outre , il est vraisem- 
blable que la Salamandre du Japon porte dans sa jeunesse des branchies , et que le trou 
s'oblitere ensuite. 

Au cas que 1'opinion emise par M. v. d. H. , se confirme, le nom de Mcnopoma, derive 
de la permanence du trou branchial, devrait etre change. La S. giyantca de Barton ou le 
Menopoma a 6te nomme aussi Cryptobranchus par M. Leuckart. On aurait done selon M. 
v. d. II. deux especes de ce genre, 1'une du Japon, 1'autre de VAmeriquc septentrionalc. Celle-ci 
differe de la premiere par la permanence du trou branchial. Le faineux reptile fossile 
(COeninyen , connu sous le nom de Homo diluvii tcstis, formera vraiseinblablemerit une troisi^me 
cspece de Cryptobranchus. La tete de cet animal est plus large que celle des Salamandres, 
et Cuvier a deja observe que la grande des monts Allegannis en approche le plus (Rech. 
sur les Ossem. foss. V. 2. 1825. p. 438). Cette grande Salamandre est le Menopoma de Harlan. 
Les dents de cet animal fossile semblent etre placees de la meme maniere sur lepalais, selon 
la figure de Cuvier (PI. 26, fig. 3). Les autres os offrent aussi une ressemblaiice frappante. 
Ainsi on aura done trois especes: C. Alleghaniensis , C. Japonicus, et C. primigenius. 
Les dessins du crane de Salamandra marmorata Latr. (selon Duge Rechcrches sur I'osteolo- 
gie et la Myoloyie des Batraciens] , des cranes de C. Alleg. et Japonicus et de 1' animal entier 
du (7. Alley haniensis (d'apres des objets du Musee de Leyde) accompagnent ce memoire. 
(Extrait du Tijdschrift voor Natuurlijke Geschiedenis en Physiologic IV. N. 3 et 4. p. 375 
386 avec deux planches.) M L. 



.i't'i 

SUR L'KVACUATION PERIOD1QUE DE SANG DES ORGANES DE LA GENERATION 

DANS QUELQUES ANIMAUX DOMEST1QUES, NOTAMMENT DANS LA 

V.4CHE, SU1VIE D'UNE COMPARA1SON DE CE PHENOMENE 

AVEC LA MENSTRUATION DE LA FEMME, 



u eeq JBO'JX uoiltu 
M. le Professeur A. NUM AX, 

Dirccleur de I'Ecole niMnaire A Dlrcckt. 
(Memoire lu a la Premiere Claase de I'lnntitiit Royal de la Neerlancle , le 3 Aout 1837). 

L'auteur commence par passer en revue les opinions des naturalistes sur la menstruation 
des animaux, depuis Aristote jusqu'a nos jours *) et communique ensuite ses propres obser- 

*) Ei> passant sons silence les diverses opinions et les observations des auleurs. citc'es dans ce memoire, nous joijnons 



(92) 

\ations faites sur diverges vaches, qui confirment en general celles que publia M. Kahleis.' 

1. Observation. Une vache de quatre ans, qui avail vele 1'annce precedente , montra 
eelte evacuation de sang le 2 et le 19 Decembre 1829; ct le 6 Janvier 1830. Ce fut done 
jtpres un iritervalle de 17 jours que se repeta le phenomene. Ensuite elle fut couverle. 

2. Ofjs. Dans une genisse d'un an et 9 mois, on observa 1'evacuation la premiere fois le 
1 Decembre, ensuite le 30 du meme mois 1829 et enfin la 3 e fois le 16 Janv. 1830; done 
apres des intervalles de 29 et 17 jours. Apres quoi elle fut couverte. 

3. Obs. Dans une autre genisse , du meme age , la premiere evacuation se fit le 24 No- 
vembre, ensuite le 19 Den. 1829, le 10 Janv. , le 1 et le 22 Fevrier 1830 , ainsi a des inter- 
valles de 25, 21 et 22 jours. Apres cela elle fut couverte. 

4. Obs. Une vaehe , agee a peu pres de deux ans, montra ce flux de sang pour la pre- 
miere fois le 29 Novembre; ensuite le 8 et le 27 Dec. 1830; le 17 Janv,; le 7 et le 28 
Fevrier ct le 23 Mars 1831. Ceperidant il fut impossible de determiner, si dans cette 
vache et les deux precedentes 1'evacuation n'avait pas eu lieu deja avant les termes indi- 
ques. Cetle derniere vache avail dcja pass6 la chaleur sept fois avant ce temps, savoir le 28 
Juin, le 19 Juillet, le 19 Aout, le 1 et le 20 Septembre , le 9 et le 30 Octobre. Les 
intervalles' entre les evacuations etaient done de 19, 20, 23 et trois fois de 21 jours. 
Les intervalles des periodes anterieures de chaleur sont aussi de 19, 20, 21 el 22 jours. M. 
Kahleis (1. c. p. 435 et 436) s'est done trompe , en disant, que les periodes de la chaleur et 
de 1'evacuation de sang reviennent apres quatre semaines. 

M. Numan a encore observe d'autres vaches, qui lui ont donne les in dines resultats. Le 
phenomene etant si gen6ralement observe, ne pent done etre considdre que comrne une fonc- 
tion naturelle. 

Dans les vaches grosses et laitieres 1'evacuation cesse comine chez la femme. Ce ne 
i'ut que peu de fois seulement que 1'auteur observa, dans les vaches bien nourries cette 
evacuation pendant 1'epoquc qu'clles etaient laitieres. Mais la vache est en general de nou- 
veau couverle dans la chaleur suivanle, dc maniere qne, par 1'usage 4conomique ces deux 
epoques sc suivent incessamment dans eel animal; et c'cst pour cela, que I'cvacuation ne 
peu I que raremeril etre observec 

L'evacualion de sang ne cesse pas aux premiers symptomes de la chaleur, mais dans 1'epo- 
que oii la chaleur est la plus ardentc ; ce qui arrive ordinairemenl apres deux ou ti ois 
jours. L'evacualion n'esl pas conlinuelle ; ce n'est qu'a des intervalles qu'il s'evacue cer- 
taines quantites de sang; pent-elre le sang resle-t-il quelque temps dans 1'ample vagin ouil 
s'accumule avant d'en exciter la contraction. Ces quantiles surpassenl rarement deux onces 



ici les ouvragcs et les citations dontiees par M. Numnn. AXISTOTEI^S Hist. anim. VI. 18 VII. 2. Gsner- anim. I. 20. 1'i.mr. 
//. N. VII. 15. HAI.LEI Elem. Plajs. T. VIII. part. II- p. 137. CossumicH Plnjsiolog. Taschenb. 381. BICJIMBACB Plti/ain!. 
iraduile p, Votmavr p. 406. DC Cot. Hum. Vuriel natha trad. p. van Maanen p. 40. Dans BBFFOH. __ F. CVTIER dans 
Its Ann: Ju Museum d'Hiit. not. Vo 1 . IX. p. US 30. et MECKEI'S Arch. II. 581. Ibid. VIII. p. 436. Genii Lhrliuk <it-r 
rergleithenden Physioloyie dvr ffanstauyt'thiere . Berl. 1837. p. 283. Kiotris dans MeckeFt Arch VUl. 432. 



(93) 

med. Le sang est ou mele avec le mucus secrete par les organes generateurs, ou il est 
pur et fluide. L'evacuation continue 1 , 2 ou 3 jours, et va en diminuant. 

L'auteur n'a pas observe cetle fonction dans les autres animaux domestiques. Dans la 
jumcnt, la brebis et la truie il s'evacue seulement tine matiere muqueuse; dans la truie 
cependant elle est quelquefois teinte de stries sanguinolentes , que M. Numan explique 
en grande partie par 1'effet mecanique de 1'accouplement. 

Ensuite 1'auteur fait la comparaison de 1'evacualion periodique de sang de la vache avec 
la menstruation de la femme , en 6numerant les points de rcssemblance et de difference. 
En general, il partagc 1'opinion de Rudolphi (Grundr. d. Phys. I. 26) , que Ton peut conside- 
rer cette sorte d'evacuation dans les animaux comme des modifications de la menstruation 
chez la femme. Aussi la secretion plus abondarite de matiere muqueuse dans les organes 
generateurs que Ton a obfervee dans plusieurs animaux, est consideree par 1'auteur sous ce 
m^me point de vne , comme etant causce par 1'activite exaltee de ces organes et par 1'afflux 
plus copieux de sang vers ces memes organes. Pour decider, par quelle partie des organes 
generatenrs ce sang etait s6crete , M. Numan fit tuer une vache dans la p6riode de la cha- 
leur et de 1' evacuation du sang. Les parties internes etaient tumefiees , et la membrane 
muqueuse du vagin teinte en rouge ; mais on rie trouva pas de vestiges de sang qui en fut 
secrete ; au contraire il se presenta bien des masses de sang coagule dans sa cavite. En ouvrant 
la matrice , on en vit toute la surface interne couverte de sang ainsi que des masses de sang 
coagule dans sa cavite. II semblu , que le sang avail et6 transsude exclusivement par ces 
petites papilles (carunculae) formees par 1'accumulation des vaisseaux de sang et que Ton 
trouve deja avant la fecondation au nombre de soixante et davantage. Elles s'agrandis- 
sent beaucoup pendant la grossesse et servent a 1'attache des cotyledons. (Voyez Burck- 
hardt Observationes anatomicac de Ulcri vaccini fabrica. fiasileae 1834.) Sur quelques-unes 
de ces papilles on vil, en ouvrant la cavite de la malrice , se coaguler le sang par 1'influ- 
ence de 1'air , et en 1'otant, la transsudation continuer encore. La vache 6tant ouverte im- 
m6diatement apres la mort, il parut, que la circulation n'avait pas encore entierement 
cesse dans la matrice. M. Numan observe a la fin , que la grossesse de la femme et celle 
de la vache ont la meme duree , savoir de 39 a 40 semaines ou 280 jours, et que la chaleur 
de la vache est aussi moins liee a un temps determine , mais continue par intervalles 
pendant presque toute 1'annee. (Extrait du Tijdsclirift voor Natuurlijke Geschiedenis en 
Physiologic. IV. N. 3 et 4. p. 334-358.) M L. 



MIQUELIA, GENUS NOVUM PLANTARUM JAVAN1CARUM, 

8CRIPSIT 

C. L. I5LUME. 

Duo abhinc anni sunt, quum altero Rumphiae Volumine Palmas describens, inter alia 



(94) 

/ 

monerem Coryphain LINN, ad paucas tantuminodo species, Iridiae orientali proprias, pertinere: 
hiric autein Saribus RUMPH., tanquam peculiare Genus, omnesque relatas eo ab auctoribus 
species Americanas esse secernendas. Quod ad illas riovi orbis Coryphinits , Corypka dulcis 
HUMS, et BONPL. novi Generis mihi quasi typus videbatur, quod nomine Miquclia insignieri- 
dum pulabam: alias autem species ad Caranaibam referebam , quod eo primum nomine 
Corypham ccriferam ARRUD. , quae hujus Generis est typus , descripserat MARGGRAVIUS. 

Eandem Coryphac ATJCT. disjunctionem MARTIO V. Cl. eodem fere tempore aut jam antea 
1'ortasse placuisse, cui Generum ejus Braheae et Copcrniciae debetur origo , utilissimi prae- 
stantissimique libri V. 111. ENDLICHER fasciculus ille, qui mense Octobri 1837 prodiit, (Genera 
Plantarum , p. 252 et 253) me docuit. Itaque tune nondum editis, quae de ea re scripsissem, 
aliud novum plantarum Genus nomine F. A. W. MIQUEL appellaridum putavi. Ilac enim 
palma, quae nonnisi praeclaris meritis debetur, profecto ille mihi dignus videbatur, qui, a 
teneris vehemenlissimo scientiae amabilis amore captus , quamquam, stadio academico cum 
summa laude decurso , paruin prospera ad earn colendam uleretur conditione, multa tamen , 
et Belgarum quidem non minima ad excolendam botaniceri contulerit. Genus hoc familiae 
Cyrtandrearutn JACK., quae oophoris parietinis , non involutis, et duplicatis a Scrophulari- 
ncis Juss. propriis diffcrt , sive potius tribus hujus familiae est habendu, egregium est addi- 
tamentum , quum simul irigentem cum quibusdam Gencribus Gentianearum Juss. affinitatein 
indicet. Ceterum Flora Javae vicinarumque irisularum Cyrtandreis abundat, quibus etiam 
Epithema , in meis Bijdragen tot de Flor. Ned. Ind- p. 737 ad Prinmlaceas relatum , ac 
postea a V. 111. ROB. BROWN in WALL. Plant, asiat. rar. III. p. 65 nomine Aikinia descriptum , 
annumerandum est. 

Character hie est : 

MIQUELIA. 

Calyx quinqueangularis, quiriquefidus , aequalis. 

Corolla hypogyna , subrotata ; limbo patente , quinquelobo, subaequali. 

Filamenta quatuor , quintum abortivura , subditlynama; unthcris reniformibus , uniloculari- 
bus , transverse dchiscentibus. 

Ovarium globosum , pseudo-biloculatum. Stylus brevis. Stigma capitatum. 

Capsula calyci inclusa , sjicrmophoris involutis carnosis undique seminifcris pseudo quadri- 
locularis , irregulariter dehiscens. 

Scmina angulata , subgyrata. 

Micjuelia coerulea. Ilerba annua , caule carnoso , subsimplici , iriferne repente. Folia 
subsessilia , opposita, altcrnamajora, forma et magnitudine quam maxime disparia: inajora 
oblonga, acuta, basi oblique rotundata, inaequilatera ,penninervia: his opposita minima, 
semilunata , stipulacca. Inflorescentia subcorymbosa , ex axillis foliorum stipulaccorum 
rainorum. Flores coerulei , obsolete bracteati. 



( 95 ) 

Habit. In humo pinguissimo sylvae nativae uridae provinciarum Javae occidentaliura , 
veluti circa montem Salak, ubi plantain hanc elegant issimam jam anno 1821 reperi. 






OBSERVATIONS FAITES DANS UNE EXCURSION A SUMATRA. 

r\ ( 'ilijff 'li I ( ^ i 

(Suite dc p. 59.) 

I 

Si Ton n'y trouve plus le Cocotier , le Bambou et YAreng y sont d'autant plus frequent.'* 
et le Cfeier se cultive dans tous les jardins des nombreux villages de ces contrees. A quel- 
ques cents pieds au-dessus de Limboatan on arriva a une foret qui se trouve sur une crete 
et que traverse un chemin ; a 7000 p. on ne trouva plus sur les cretes de montagnes et 
dans les profondes vallees , que des arbustes, p. e. des Rhododendron, Leucocarpa, Gaulteria, 
Gnaphalium, des fouyercs, des mousses; le terrain etnit couvert de roches de Trachit et 
d'autres matieres comburees. C'etait surtout le Gnaphalium qui par sa blancheur imprimait 
un aspect singulier a ce paysage. On ne rencontra point de mammiferes dans cette foret 
tres-rarement visitee par rhomme. Les oiseaux n'y etaient non plus riombreux; a 4000 p. 
au-dessus de la mer on vit le Psilopogon pyrolophus , Edolius rotifer etc ; a 1000 p. le Timalin 
concrela , Pomatorhimis montanus et plusieurs petits Muscicapae ; a 7000 a 8000 p. une 
Columba rujiceps K. et une Columba Cttpcllei. A 8000 p. on trouva assez frequemment Vlxys 
bimaculatus et un petit Dicaeum d'un vert jaune , avec des paupieres blanches , tres-voisin 
du D.Jlavum Horsf. et peut-etre bien la meme espece. Trois oiseaui seulement habiterit 
la pointe du Merapie, savoir le Dicaeum, V Ixos bimaculatus etla Columba Capellei. Us mangent 
les baies d'une espece de Thibautia , arbusle qui couvre les parois du cratere. La pointe 
du Merapie est formee par le champ du cratere, qui, suivant la meme direction que la mon- 
tagne , a, selon les mesures geometriques, une longueur d'a peu pros 9000 p. r. du N. E. au 
S. 0. , et une largeur de 5800 p. du N. O. au S. E. On y trouve trois bassins de cratere . 
situes sur une ligne , dans la direction du N. E. au S. O. , et noinmes par les habitants Pa- 
koentan foea , P. lenga et P. bonysoe , selon Icnr age ct leur situation. La force vulcanique 
s'eu est d6placee de temps en temps de 1'E. a I'O,, de sorle que le plus ancien cratere, P. 
tocha occupe a peu pres le centre de la pointe et va dans la direction du S. O. au N. E. 
long de 512 metres, et du S. E. au N. 0. large de 320 m. A la partie la plus deprimee de 
la marge il a une profondeur de 114m. Le fond coutient un peu d'eau froide , mais 
n'offre aucun signe d'action vulcanique active. Le P. tenya ou le cratere moyen est profond 
de 40 m. et a une largueur de 140 m. ; le fond en est sec et on voit continuellement 
s' clever dc la fume. Le P. bongsoe ou le plus jeune cratere est bien proche du moyen et 
c'est ici que la force vulcanique parait a present se concentrer. II forme un entonnoir circu- 
laire dont 1'ouverture est de 390 m. de large ; les parois sont escarpes et s'inclinent de 38 a 
40 degres. La profondeur en est de 148 m. Partout, tant par les fentes des roches que par 
les parois, s'olancent continuellement des nuages 6pais de vapeurs de soufre et d'eau. Cepeu- 



( 96 ) 

dant on n'entend aucun bruit dans le cratere. Les roches des parois et celles qui couvrent 
le fond du cratere sont encrout6es de soufre. Le fond est sec. C'est par ce cratere que se 
sont effectuees les druptions de notre temps. Le P. bongsoe est situe dans un grand bassiri 
environn6 d'un bord de petites 61evations , formees d'argile , de cendres vulcaniques, de 
gres et d'autres pierres comburees. Sur line de ces elevations le baromelre montra a midi 
556,0 mm., le thermometre 15.7C. , d'apres cela on calcula scion la formnlc de Biot la 
hauteur de 2722,2 in. ou 8673,2 p. r. En joignant a ce nombre 167 m. , qui est la hauteur 
du grand paroi qui environnc les crateres au N. E. , la hauteur du Merapio est 2898,2 m. 
ou 9234.2 p. r. La forme tronquee du Merapie et 1'analogie des autres monts vulcaniques , 
dont la poiute est plus etroite , semblcnt indiquer, que ce morit a perdu 2000 p. de sa hau- 
teur primitive. Les habitants racontererit que 15 aris passes, onze habitants qui s'elaient porttM a 
la pointe du Merapie, y furent surpris par un vent ties-violent accompagne d'un brouil- 
lard epais et d'un froid si vif, que neuf d'entre eux perirent sur le champ, et qu'a peine il 
resta assez de force aux deux autres pour se sauver du peril. 

Nos riaturalistes retoumes a Batoe Sangkar se rendirent de la au Duno , ou lac des dix 
Kottas. II est entourc d'une chaine de inontagnes assez elevees et entierem'ent converles de 
forets. Selon les mesures de M. Oslhoff ce lac s'etend du N. O. ou S. E. a tine longueur de 
37,600 p. et de I'O. a 1'E. il a une largeur de 20,800 p. La forme en est ovale alorigee et 
la profondeur asscz considerable. A 1000 pas du village Menindjoe , pres du lac, se 
trouve une fontaine d'eau chaude. II parait en general tres-.vraisemblable que ce lac a etc 
forme par une revolution vulcanique ; il est silue a 466,0 in. ou 1484,8 p. r. au-dessus de la 
mer ; la montagne qui 1'eritoure , a 2,200 p. de hauteur au-dessus du riiveau du lac. Mille 
ruisseaux, mille petites rivieres decoulent de la montagne et marient leurs eaux a celles 
du lac, qui porte les siennes vers la cote occidcntale par un profond detroit dc la moritagrie : 
la riviere Antokan roule avcc impeluosite ses eaux au travers de cette montagne et a son 
embouchure dans la mer au riord dc Tibo. 

Le long des cotes du Da-io sont si lues les Six d les Quntre Kotlas qui forment ensemble 
les dites dix Koftas , sous les noms de If. mat inlang , Snnngpjdjuwi ', Paningdjawan , K. 
baroc , Kampang barnc , Tonc/jimg batocang , Bayor, Menindjoe, Sonyrj batanij ct Tondjony 
Same. Les premiers six villages sont gouverncs par 77 Pangliocloes ct les 4 derniers par 110 

Pans'hocloe's. ..." 

\ 

M. Muller entreprit ensuite seul une excursion aux contrees orientales de I'ile , M. Kort- 
hals etant empeche par maladie. M. le Lieutenant Helbach cut non seulement la bonte de 
lui communiquer plnsieurs relations sur ce pays, mais se prt-ta meme a 1'accompagner. Ces 
deux vaillants voyagcurs dresserent aussi une carte du pays de Puchmy , mais remarquerent 
g"ie la carte, nominee Map of the Island of Sumatra , constructed chiefly from surveys taken 
by order of the late Sir Th. St. RftfJIrs . est peu corrccte sur pluaieurs points. Le pays 
dc Rarta lima poete siluc- a la paitie N. E. de nos possessions padangiermes , entre 04' 
jusqu'a 012' lat. S. et 10CP28' jusqu'a 100 45' de long. or. Grecriw, forme un bassin alorige 



(97) 

d'une longueur de 4 milles geogr. , -a une hauteur de 1550 p. r. au-dessus de la mer. II 
offre partout une formation de gres , et est entoure de chaines de montagnes et de collines 
dont les pointes principales sont le Goenocng Sago au Sud et le boehit Bongsoc au Nord , qui 
est peut-etre le Princess Augusta Sophia Hill de Raffles. Ces montagnes sont couverles de 
forets. Le batang Sinamawg el plusieurs autres rivieres coulent dans cette plaine. Sur leurs 
riv'ages on voit des moulins a eau , construits de bambou , pour arroser les champs de riz. 

Les cinquante Cottas sont , sans contredit , la partie Ja plus fertile et la plus belle du pays 
de Padang. Des tapis de verdure , de nombreux champs de riz remplaces oa et la par d'im- 
menses forets de Cocotiers , dont 1'ombre agreable ombrage en general les villages , offrent 
sans doute 1'aspect le plus riant. Nous y possedons en outre trois forteresses. 

La forteresse Veltman , sitnee a peine a 1500 pas de la montagrie frontiere escarpee, se 
trouve selon les mesures barometriques a une hauteur de 1528,8 pieds du Rhin. , et la for- 
teresse van den Bosch, situee s>ur une petite colline, a 1544,7 pieds au-dessus de la mer. 
II s'ensuit de la, que la difference de hauteur entre ces trois places dans les cinquante 
Kotlas (Viji'tig Kotlas) , n'est que tres-petite et que ce bassin a une superficie assez egale. La 
temperature est chaude , mais seche et saine. Au Sud cette plaine finit en une vallee longue 
et 6lroite , qui s'etend jusqu'au pays de Kotta Tocdjoe. C'est dans cette plaine que se trouvent 
situes les districts Qualre Kotlas (Vier Kotlas) ou Alaban, Banzar ou Lintouw , Boea ou 
Taloe et Koemanie. 

Le terrain de cette longue vallee, qui s'etend principalement au S. S. E. , est ca et la 
inegal et petreux , et va en penchant du Nord au Sud. Les chaines de montagnes qui la 
bordent tant au cote oriental qu'au cote occidental, s'elevent de 2000 a 3000 pieds. La 
chaine occidentale s'incline dans la direction S. S. E. du Goenoeng Sago et se compose en 
quelque partie de trachit et de roches conglomerees. La chaine orienlale se distingue par 
un nombre considerable de poinles et une forme inegale anguleuse , et offre presque par^ 
tout une formation de calcaire dc transition. 

Le pays A' Alaban a la situation la plus boreale de ces districts ; il avoisine au Nord le 
Rana lima poetoe , au Sud Lintouw , et est horde a 1'Ouest par le Goenoeng Sago, a 1'Est 
par la chaine de montagnes, dont nous venons de parler. Les plus grands de ses villages 
sont Alaban, Ampalo , Gadoey et Tabicantingie. Dans ce dernier village se trouve encore de 
nos jours un des plus grands temples, que les partisans du culte wahabitique , nommes 
Padrics , oril fondes. Ce temple , comme presque loules les mosquees de ce pays , est con- 
slruit dans une sorte de bassin et environne de petits lacs pour laver les pieds des peni- 
tents , avant d'entrer dans le temple ; il est r6gulierement quadrangulaire el a un diametre 
de 148 pieds. Le toil artificiellement eleve et tres-pointu, compose de cinq etages super- 
poses, repose rion seulemerit sur des parois , mais encore sur 64 colonnes, donl celle du 
centre a une hauteur de 150 pieds. C'est par les cinq divisions du toil qu'on a fail alle- 
goric la fondation de ce temple par les cinquante Kotlas, qui s'etaient divises tk ce but 
en cinq pai tie's, chacune de dix villages. Les parois du temple sont conslruils de bois el le 

Biillcli.i .V 13. 13 Juillci 1838. ,3 



(98) 

toil consiste en fibres du paline d'Areng. Mais ce superbe toil penche fortement d'un cote 
et tombera bientot en ruines comme le Wahabitisme qui , regnant jadis despotiquement 
dans ce pays , se voit mainleriant presque reduit a 1'agonie. Les temples plus modernes 
de Tabieantingie sont plus petits. 

C'est dans le voisinage de Gadoey que 1'oa trouve une quantite de cavernes, dans les- 
quelles les habitants recueillent beaucoup de nitre , qui leur suffit pour preparer la poudre 
a canon. 

La population entiere de presque tous les Quatre Kotlas sont sectatcurs du culte wahabi- 
tique ; cependant de nos jours ils ont inodifie ce culte et inclinent au vrai Mahometisme. 
Ce n'est qu'a 1'egard de rhabillement que la plupart des homines conservent encore les lois 
des Padries, mais les femmes sonl deja retournees a leur ancien culte. 

Selon une revue statistique du Lieutenant Hellbach toute la population des Quatre Kottas 
comprend 8,050 ames, dont 3,800 homines et 4,250 femmes. La fortercsse Raaffesl situee 
a une hauteur de 2020,0 pieds. Le Thermometre indiquait a 6 heures du matin 70. F. , 
a midi 80,0, et a 6 heures du soir 73 et 75. 

Au sud des Quatre Kotlas sont situes les districts Banzar et Boca , qui en 1832 ont 6te 
entierement devastes pendant la guerre centre les Padries. La Forteresse ScJienk , est situee 
au centre du district Banza, a une hauteur de 1692,2 pieds, et la nouvelle forteresse 
Boea pennieang dans le district Boca, a 811,2 pieds. 

M.M. Miiller et Hellbach ont dresse avec le plus grand soin une carte de cette partie de 
Sumatra, qui demontre que la largeur entiere de cette ile, mesuree du N. Quest au S. Est est 
de 247', dont a la partie orientale 1"41' forment un pays bas et plein , et 1 C 6', le long des 
cotes occidentales sont eleves et montueux. C'est dans cette derniere partie que se trouvent nos 
possessions de Padang , qui s'eterident de 015' jusqu'a 1 C 0' lat. merid. , du bord de la mer 
dans la direction du S. Est, a 045' dans I'interieur de 1'ilc. Elles occupent le centre de 
1'empire Menang Karbow , jadis fameux et puissant; et forment sans doute une des par- 
ties les plus belles et les plus fertiles de toule File. Nos frontieres oricntales consistent dans 
une chaine de petites rnontagnes , dont les hauteurs varient de 2000 a .'iOOO pieds. 

II est bien naturel, qu'une si nombreuse quantite de montagnes et de vallees font riaitre 
plusieurs rivieres. C'est de cette monta^ne que le fleuve Ktnnpar prend sa source; lagrande 
riviere Tabang ou Siak a sa source un peu plus au Nord-Ouest. C'est 1' Indragirie seule 
qui vient du centre de nos possessions. Le lac Samaivang , la face orient;ile et boreale du 
raont Merapie , Agam et la parlie Nord-Occidentale fournissent les premieres eaux a ce fleuve. 
Mais c'est settlement a quelque distance de nos frontieres que ces fleuves sont navigables, 
la navigation etant gen6e jusque-la pas 1'inclinaison du sol, les roches etc. 

Le Batang May ou Mcy prend sa source du Boekit Gedany, qui est situe plus vers 1'Oc- 
cident, et coule a une distance d'une journee et demi le long de nos frontieres boreales des 
Cinquantc Koltas, forme ensuite un confluent avec le Batang Kampar et d'autres fleuves, 
se dirige vers 1'Oricnt et vers le Nord-Est, et trouve enfin son embouchure dansl'ocean 



(99) 

indien. Ce fleuve entier, forme ainsi par 1'union de tous ces aulres fleuves, prend alors 
le nom de Kampar besar ou le grand Kampar et coule avec de frequentes courbures , mais 
avec majeste, a travcrs ces has et plains paysages. 

A 1'Orient des Six Kotlas, sont situees aux bords du Batang Kampar etdu Batang May , les 
huit Kotlas, dans lesquels on trouve les villages Tadjomj balie, Batoe Basocrej , Pankej, 
Kotta Toeha, Meidinsabam, Moewaratakkoe , Tandjong et Goenoenymalelo. En suivarit la 
partie inferieure du fleuve on parvient aux Cinq Kottas , composes des villages de Koewo , 
Salo , Pankienang, Ayer tierie et Roembieo, et , apres ceux-ci, on arrive enfin aux Trois Kol- 
tas avec leurs villages Kampar, Tarantan et Tarata boeloe. 

La ville de Siak est situee aur deux bords du fleuve Tabang ou Siak , a peu pres a 16 
milles de son embouchure dans la mer. La maree se fait ressentir dans ce fleuve jusqu'a 
Pakenbaroe et plus haut encore. Les bords en sont marecageux et couverts de forets. Les 
principaux articles de commerce a Siak sont: de la cire , du riz , du dammen , du Sagmi, 
des dents ( elephant, du camphre , du cafe et du sel. 

A quelques milles au Sud du Batang May coule le Batang rico, fleuve un peu plus petit 
qui prend sa source du Boekit Kamoemoeng , et qui , apres avoir marie ses eaux pres de 
Kotta Lama, avec celles du Batang Siebayang, porte les siennes par le Kampar besar a la mer. 

Ce sont principalement les rivieres Sinamang , Oembielien , Ampat plankies et Siejoejoeng , 
qui font naitre le fleuve Indragierie. Ces quatre grandes rivieres s'unissent avec une grande im- 
petuosite dans une val!6e etroite , a 031' jusqu'a 33' lat. bor. et 10053' jusqu'a 54' lat. 
orient, de Greenw. Le fleuve, ne par le confluent de ces rivieres, regoitparmi les habitants 
le nom de Batang Kwantan , et apres avoir could 14 d6gres vers 1'Orient, il prend celui 
d Indragierie. Le Kwantan a une profondeur moyenne de 1 4 a 3 brasses. (Extrait du Gids of 
Nieuwe Vaderlandsche Letteroefeningen , 1837, n. 5, 7 et 8, avec la carte d'uue partie de 
Sumatra.) M L. 



QUELQUES EXPERIENCES POUR DETERMINER L'INFLUENCE DE LA LUMIERE 
SUR L'EXHALAISON AQUEUSE DES FEUILLES ET SUR LA 
SUCTION PAR LES T1GES DES PLANTES , 



F. A. W. MIQUEL. 

Hales (Vegetable Slatiks, p. 123j et Duhamel (Physique des arbrcs, II, p. 258) ont ob- 
serve que la seve de la vigne et celle de 1'erable s'elevaient plus vite , les branches 6tant 
exposces au soleil, et van Marum (de motu jluidor. , 543) a vu un mouvement plus prompt 
encore de la seve pendant le jour que pendant la nuit. II restait cependant douteux , si la 
chaleur augmenlee ou 1'influence directe de la lumiere etait la cause de ce phenomene. 



( 100) 

Guettard cherchait deja a eclaircir ce sujet; il observait , que les branches exposees au 
soleil , exhalaient beaucoup plus que les branches plac6es dans 1'ombre , merne si les der- 
nieres se trouvaient dans une temperature plus 61evee (Duham, p. 145). Meese fit de sem- 
blables experiences que je regrette de ne pouvoir pas consulter (Journal de Physique, T. 
vi. vii.). Senebier prit quelques experiences pour bien determiner 1'influence de la lumiere 
(Physiol. IV. p. 60 ct suiv.) ; elles prouvent d'une maniere tranchante la grande influence 
de la lumiere ; mais en mettant les plantes condamnecs a I'obscurit6 sous d amples vases 
de terre vernisses , il oublia de faire attention a la plus grande humidite de 1'air sous ces 
vases, ce qui exerce un grande influence sur 1'exhalaison. De Candolle exposa de deux plantes 
1'une a la lumiere du grand jour ou du soleil, 1'autre a 1'obscurite , sous des circonstanccs 
egales, et il se convainquit que la premiere sunait une quantite d'eau bien plus abondante que 
la derniere. Aussi d;ins ses recherches snr l'influence de la lumiere artificielle ils'apercut, 
qu'aussi celle-ci eiercait de l'influence sur le mouvement de la seve: (Physiol. I. p. 93.) 
Dans cet dtat de nos connaissances il ne me paraissait pas sans interet, d'examiner de plus 
pres , par quelques experiences, l'influence de la lumiere tout a fait isolee du calorique. J'ai 
cru pouvoir y reussir, en employant la lumiere ordinaire dispers6e dans 1'ombre d'un local 
bien eclairci. La plupart des observateurs anterieurs en exposant les plantes au soleil ont 
manque leur but , en ne separant pas les rayons de lumiere de ceux du calorique. Je pris 
deux branches ou deux feuilles les plus egales que possible dc surface, de poids et de dia- 
metre de tiges, dont je plafai 1'une dans 1'ombre mentionnee et 1'autre dans une grande 
armoire tout a fait obscure; elles se trouvaient a une temperature egale et on leur donna 
une egale quantite d'eau. Cette methode me paraissait la plus simple pour mesurer 1'exhalai- 
son des feuilles, etant par les experiences de Hales un fait constate" , que la suction par les 
tiges est exactement en raison directe avec 1'exhalaison des feuilles, d'autant plus qu'on ne 
peut pas 1'effectuer en renfermant les branches p. e. dans un ballon de verre , la plus grande 
humidite de 1'air empSchant 1'exhalaison. C'est sous ce point de vue , qu'on ne saurait se fier 
aux expdriences faites de cette maniere par Senebier. 

Le tableau suivant contient le resume dc ces experiences. *) 



*) Oil Ton trouve note deux quantites d'eau differentes dans lesquclles les plantes ont ete tnUes; la prtmiei-e cSt de la 
plante dans Pombre, la seconde dc celle dans 1'obscurite. La premiere temperature est obscrvce au commencemeDt et 
la scconde a la fin dec experiences. 



( 101 ) 



A t> M S 

DIS 

PARTIES DES PLAi\TJ)S. 


Huree 
de 1'expe- 
rience. 


Temperature. 


Quantite 
d'eau 
donnde 
aux 
plantes. 

Mcure 
mudic. 


Quanti 
absoi 

1'ombre. 


r d'eau 
bee & 

1'ob- 

siuiriU:. 


Rapport 
entrel'ab 
sorption 
a 1'ombre 
et a I'oli- 
scurite. 


Etnt de 
apres I'e 

~ in 

Ombre. 


i feuilles 
xperience. 

Ill V 

Obscu- 

rilt';. 


ETAT DE L'AIR. 


Brandies de Vitis vinifera a 2 


Pheure 
19 Juillet 


66 


1 one. 


V, dr. 


1 scrp. 


1:0,66 


Fraiche. 


Un peu 


Nuages et pluie. 


feuilles. 


iustiu'it raid! 
20 J. 


64 












flelrie. 




Feuille de Menyant/ies trifoliate. 











2 scrp. 


2 scrp. 


1:1,00 











Branche de Hhododeii'tron pout/- 




















cum a 12 feuilles. 











V dr. 


2 scrp. 


1:1,33 





Fraiche. 





De Quercus robar a 9 10 feuilles. 











2 >crp. 


V 3 scrp- 


1:0,17 


Unpeu 






















flelrie. 






D 1 Helicinthus unnuus a 10 peliles 




















feuilles. 








2 one. 


2 Jr. 


2 dr. 


1:1,00 





Un peu 





Branche annuelle de Herberts, 1 
















fletrie. 




pied de longueur. 











IVa'lr- 


IVt dr. 


1:0,60 


Fraiche. 


Fraiclie. 





-Feuilles de Sambucus nigra. 











2 dr. 


IV. dr. 


1:0,75 











Branche d' Ainns glutinosa a 5 














Un peu 






feuilles. 











2V, dr. 


IV, dr. 


1:0,71 


fletrie. 








De Calendula officin. en fleur a 20 




















feuilles. 











4'/ dr. 


3 dr. 


1 :0,63 


Fraiche. 








Grande feuille A'Helianthus an- 
















Un peu 




nuus. 











!>/ dr. 


Idr. 


l.'0,75 





fletrie. 





Feuille de f^iiis vinifera. 








6 dr. et 


Idr. 





1 :0,00 


Un peu 














I one. 








fletrie. 






2 feuilles de Fragaria virginiana. 


1) 





3 dr. et 


V 4 dr. 


V*dr. 


1:1,00 








\ 









4 dr. 














Grande feuille d'Aesculus Paula. 


Mi.li 24 Juill. 
lUKin'i midi 


68 


1 one. 


l'/l*. 


V, dr. 


1:0,37 


Fraiche. 


FraJche. 


Un peu couvert. 




25 J. 


(i 
















Petite du meme. 











2 scrp. 


1 scpr. 


1 :0,50 











Ordinaire du mime. 











l s /8 dr. 


2/j scrp. 


1:0,51 











Branche d' Amaraiitus fuscus a 7 














Dnpeu 






feuilles. 











3/. dr. 


2>/ z dr. 


1 :0,69 


fletrie. 








La meme. 











3 dr. 


*V, d.'. 


1:0,83 











De Betula alba a 30 feuilles. 











I'/adr. 


Idr. 


1:0,89 


a 








De Berber-is a 10 I2faisceaux <le 




















feuilles. 











2 '/j scrp. 


I 1 /! scrp. 


1:0, CO 











De Malope triftila a 2 fleurs et 





















6 feuilles. 











I'/, dr. 


I dr. 


1:0,66 


Fraiche. 








DeNicotiana macrophytla a 5 feuil. 








2 one. 


5 dr. 


4/ 2 dr. 


1:0,85 


Fletrie. 








Feuille A'Helianthus a/inuus, 34 




















centim. de long 30 en diametre. 


V 








4V. dr. 


3V dr. 


1:0,69 


7 raiche. 








Branche de Scrophularia agunteca 




















a 10 feuilles. 








1 one. 


2'/8 dr. 


Idr. 


1:0,47 











d'Ulmus campestris a 10 f uillcs. 


1 heure 
21 Juillet 


66V Z 





IV, dr. 


!'/ dr. 


1:0,83 


F. sup. 


Un peu 


Air clair; mais sans 




jusqu'A 111 U. 


68 










seches. 


fletrie. 


doute li? 23 Juill. 


d' Artemisia vulgarise lOfaisceaux 
de feuilles. 


24 Juill. 









3 dr. 


2 dr. 


1:0,66 


Un peu 
flelrie. 





la temperature, 
quo je n'a! pas 
observee, a etc 


De Rosa centifjlia a 9 feuilles. 











4 dr. 


3'/, dr. 


1:0,83 





Plus 
fletrie. 


tres-haule, le lo- 
cal llant ferine. 



( 102) 



X M S 


Uurec 


tj 


Qunnlile 
d'enu 
dnnnee 


Quantite d'enu 
absorbee a 


Rnpport 
entre Tab 


Etat des feuille* 
apre 1'eipeiicnce. 




DIl 

PARTIES DES PL ANTES. 


de I 'expe- 
rience. 


1 

S, 

1 


atix 

plantes. 

Menure 
medic. 


1'ombre. 


1'ob- 

siuiriie. 


sorption 
a I'ombre 
et a 1'ob- 

.smnir. 


Onibrc. 


,r- ^ 

Obscu- 
rite 


ETAT DE L'AIR. 


De Populus tremula a 10 feuilles. 











2'/ 8 dr. 


3 dr. 


1:1,41 


F. sup. 
.-eches. 


Tin pcu 

flelr.e. 




De Hippophae rhamnoides & 20 
feuilles. 











1 dr. 


Vi Hr. 


1:0,50 


Uu peu 
fie trie. 







DeFagus sylv. f* fuscis a 5 feuilles 











iy,*. 


1 dr. 


1 :0,7 


Fraiche. 


Fraiclie. 




De Quercussuber a 16 feuilles. 
Branche de Coluteci arborescsns. 




11 Eleurea 
17 JiMlU-t 

jl!M[u ,1 11 h. 

18 Juill. 




(ifi 
65 



2 01, c. 


l'/j dr. 
5 dr. 


'/ 8 dr. 
3 dr. 


1:0,09 
1:0,60 










i >. (> all 
Pluie. 


De Dipsacus fullonum. 











6'/ 3 dr. 


3 dr. 


1:0,47 










De Platanus occidentnlis. 











6V, dr. 


2 dr. 


1 ;C,30 










De Symphytum asperum 











4'/, Jr. 


3V, dr. 


1:0,75 










De Slum latifolium. 











7/ 4 dr. 


4 dr. 


1:0,55 










De Philadelpkus co/o/iarius. 








1 one. 


IVjdr. 


2 dr. 


1:1,20 










De Gingto biloba. 











Vi ^. 


%*. 


1:1.33 


Un peu 
(ietrie. 


Un peu 
(letrie. 




De Robinia viscosa. 











IV. dr. 


1 dr. 


1:0,89 


Fraiche. 


Fraiche. 




De Polygonum acidulum. 
Feuille de Robinia Pseudo-Acaci:i. 




ll'/* heurej 
15 Juillct 
iusqu'a 10 h. 
16 Juill. 



67 



Vi one. 


7 dr. 
1 dr. 


4V, dr. 
1 scrp. 


1:0,6!) 
1:0,33 









Un peu 
fletrie. 


Soleil. Pluie. 



II suit de ces 40 experiences : 

1. Que 4 plantes ont pris plus d'eau a 1'obscurite qu'a 1' ombre , savoir : Rhododendron 
ponticum , Populus tremula , P liiladelphus coronarius et Gingko biloba. La difference est ce- 
pendant petite et on peut bien dire, que 1'absorption etait egale dans les deux situations. 
Aussi les feuilles du peuplier s'etaient-elles sechees dans I'ombre , par quoi la suction de la 
tige fut empechee. 

2. Trois plantes ont pris une egale quantite d'eau, savoir: Mcnyanthcs trifoliata , Helian- 
thus annuus , Fragaria virginiana. J'avais pris de V flclianthus des branches a 10 feuilles, ce 
qui fit qu'il etait difficile d'obtenir pour toutes deux une surface egale. Des experiences 
faites avec les seules feuilles des memes plantes ont montre une plus grande absorption a 
I'ombre. Mcnyanthes et Fragaria n'avaient pris que de petites quantites ou il est plus diffi- 
cile de mesurer la difference. 

3. Dans toutes les autres 31 experiences, les plantes a I'ombre avaient absorbe une quan- 
tite d'eau bien plus considerable que les autres , de sorte qu'on peut les regarder coinme 
une regie g6nerale. Or , les differences sont tres-diverses , de maniere que la lumiere a plus 
d'influence sur 1'une plante que sur 1'autre. Vitis vim/era ne sucait rien dans 1'obscurite: 



( 103 ) 

dans Quercus Suber la proportion est I : 0,09. Elle variait en general entre 0,5 et 0,8. La 
proportion moyenne de ces 33 experiences est 1 : 0,59. 

C'est un fait digne de remarque que les feuilles se conservaient pour la plupart plus 
fraiches dans 1'obscurite; de 40, 27 resterent tout a fait fraiches, tandis que les autres 
n'etaient pas fort fl6trics. A I'ombro 25 etaient fraiches et les autres fort fletries. II semble 
done, que 1'exhalaison cesse plus tot dans 1'obscurite, pendant que la suction continue 
encore quelque temps; si les feuilles sort privees quelqiie temps de suite, de la lumiere , 
leur activit6 semble cesser entitlement. C'est p. e. dans 1'experience avec les feuilles de 
Robinia-, mentionne dans le tableau, que la feuille absorbait a 1'obscurite pendant les pre- 
mieres 24 heures 1 scrp. , et rien dans les 24 h. suivantes. 

Ce n'est en aucurie maniere mon but de vouloir diminucr par ces experiences 1'influence 
de la chaleur sur la V6getation et particulierernent sur 1'exhalaison des plantes. Elle ranime 
au printemps la vegetation ; sans elle , la lumiere aurait bien inoins d'influence et peut- 
etre aucune au-dcssous du terme de congelation. Ces deux facultes n'ont un effet puissant, 
qu'etant unies commc dans les rayons du soleil, qui exercent un pouvoir 6tonnant sur la 
matiere et operent dans elle , quoiqu'ils soient eux-memes immateriels , des changements 
qu'aucun mortel n'a su encore expliquer. Pour la Physiologic il est cependant tres-inte- 
ressant d'examiner 1'influence des deux agents s6parcs. Nos experiences ont entitlement 
confirme 1'opinion de M- DC Candolle (Phys. I, p. Ill), que la chaleur, qui semble avoir 
une action sensible sur la deperdition , (dessdchement que les plantes ont de commun avec 
tous les corps humides) , en a an contraire tres-peu sur 1'exhalaison. Nos plantes placees 
a la lumiere egale, mais a une temperature differenle en moyenne de 2 Fahr. absorbaient 
presque la meme quantite d'eau. 

Plusieurs savants avaient trouve que le poids des plantes s'augmente pendant la nuit ; 
il semble que Ton peut conclure de la , que le soir 1'exhalaison cesse plus tot que 1'absorption , 
c'est a-dire , qu'on ne peut regarder la dernierc comme entitlement dependante de la pre- 
miere , quoique m6diatement elle soil presque entierement reglee par elle. Quand le sue 
s'cleve au printemps avec beaucoup de force, avant quo les feuilles soient developpees, 
n'est-cc pas 1'influcnce de la chaleur sur le tronc et la racine , qui effectue ce phenomeme 
merveilleux p (Voj/cz Lettres dc Bonnet a Duhamel. Oeuvres completes. Neufchat. XII p. 284). 
En ete au contraire 1'absorption s'arrete , si tot qu'on a ote les feuilles. L'absorption est 
dont liec alors par des rapports plus etroils avec 1'exhalaison. 

En general la quantite d'eau absorbee depend de la grandeur de la surface absorbante 
ou du diametre du tronc ou de la tige, et de la grandeur de la surface exhalante ou du 
nombre des feuilles. Or , cette loi ne s'est pas toujours confirmee. De deux feuilles egales de 
Juglans alba je laissais a n. 1 ses 14 folioles , en otant les 7 folioles de n." 2 qui n'en 
avait alors que 7. Dans 1'ombre elles absorbercnt pendant 24 heures n. , 1, 5 scrp., n. 2, 
4 scrp , ce qui n'est pas en raison du nombre des folioles. 

Quoique je me sois servi de la lumiere ordinaire du jour, j'ai voulu pourtant me con- 






( 104 ) 

Vaincre de plus pres de 1'influence des rayons ordinaires du soleil. Je mis le 10 Juill. a 10 
heures du matin 2 feuilles egales de Juglans alba (chacune a 17 folioles , diametre du pe- 
tiole 14 mm .) dans des tuyaux etroits pour rendre 1'evaporation de 1'eau , qui y etait, aussi 
petite que possible. La fcuille n. 1 fut placee dans 1'ombre d'un local bien eclairci; tem- 
perature 77 Fahr. N. 2 au grand air, aux rayons clairs du soleil devant un mur blanc; 
temp. 108 Fahr. Le soir a 7 heures n. 1 avail absorbe, 1, n. 2, II dr. Les Ssuperieures 
folioles du dernier 6taient enlieremenl sechees. 

L'humidit6 de 1'air a beaucoup d'influence sur 1'exhalaison. Plus 1'air est sec, plus les 
plantes absorbent et cxhalent. Dans ce rapport la temperature de 1'almosphere peu't exer- 
cer une grande influence sur 1'exhalaison. Qu'on place des branches ou des feuilles sous 
des ballons de verre fermes hermeliquement et on ne verra,comme 1'a exp6rimerite Sene- 
bier, presque aucune absorption. Je placai p. e. de 2 feuilles de Robinia viscosa a 15 
folioles, Tune sous un ballon assez large; clle absorba pendant 24 heures i dr; le ballon 
etait couvert dc vapeurs aqueuses et je trouvai les folioles dans leur situation dormante, 
1'autrc, au grand air avail absorbe 1 dr. et les folioles etaient ouvcrts. 

II n'est pas difficile d'expliquer sous ce poinl de vue la suspension de 1'exhalaison pen- 
danl la nuit. Outre le defaut de lumiere , 1'abaissement de la temperature a aussi alors 
plus d'influence , parce que 1'air peut dissoudre moins d'eau. 

Au reste , il esl bien a d6sirer que les belles experiences de 1'excellenl Schvibler sur la 
quantit6 d'eau, que les veg6taux donnent , surtout pendanl le prinlemps et 1'ete a 1'atmos- 
pherc, soient continuees par un homme aussi universellement instruit que 1'elait le savant, 
dont la Botanique el la Physique ressenlenl vivemenl la perte prematuree. (Extrait du : 
Athenaeum, Tijdschrift voor Wetenschap en Kunst T. II, n. 11.) 



SUR LA COMPOSITION DE QUELQUES SUBSTANCES AMMALES , 



G. J. MULDER. 

II y a quelque temps que j'ai commence a etudier les substances les plus essentielles du 
regne animal: la fibrine , 1'albumine et la gelatine. Depuis la publication de ce travail je 
n'ai cessd de poursuivre 1'examen de ces corps fondamentaux. M. Berzelius me fit quelques 
observations sur les resultats publics et me prodigua ses bons conseils, pour lesquels je 
m'empresse de lui temoigner mes sinceres rcmercimenls. 

En evitant deux obstacles, naissant de la presence des sels , el du phosphore el du soufre 
dans ces matieres, je suis mainlenant arrive a des resultats numeriques , non tout a fait 
eloignes des premiers , mais plus surs et mieux etablis. J'en donnerai un extrait dans ce 
journal, tandis que je renvoie le lecteur a I'Archiefl. 6. pour les details, que je passerai 
pour le present. 



(105) 

Dans mes experiences anterieures je n'ai pas tenu compte du soufre et du phosphore, 
qui s'y trouvent comme parties integrantes des corps en question. Par la presence de ces 
deux corps simples 1'analyse avec 1'oxyde cuivrique rie saurait donner unr6sultat exact , comme 
on verra plus tard. D'un autre c6te il restait encore uri pr obleme a resoudre : de s6parer 
les sels , soil melanges, soit combines avec la matiere animale pure, aussi bien quele soufre 
et le phosphore libres , et d'examiner les corps organiques purs qui en r6sultent. 

I. Quantite de soufre dans la fibrinc et Valbumine. 

On trouve du soufre libre dans 1'albumine des oeufs et du serum, dans la fibrine, ainsi 
que dans plusieurs autres substances animates. En brulant ces substances avec 1'oxyde cui- 
vrique on forme de 1'acide sulphureux, qui augmente en apparence le carbone. 

Pour determiner' ce soufre on peut operer de deux manieres : ou bien on peut bruler 
1'albumine (saturee auparavant avec de 1'acide acetique , bouillie apres le dessechement 
avec de 1'eau, et sech6e de nouveau a 120) avec du nitre, dissoudre le residu , le sursa- 
turer avec un acide et le precipiter par un sel barytique. Ou bien on peut bouillir ces 
substances avec de 1'eau regale ou de 1'acide nitrique. Par cette ebullition on decompose 
tout le corps organique et on acidifie le soufre, qui peut etre precipite par un sel barytique. 
Ces deux methodes m'ont donn6 les memes resultats. Mais en operarit de la derniere ma- 
niere, il faut continuer 1'ebullition avec de 1'acide nitrique fort aussi longtemps , qu'on 
n'apercoit plus de traces d'uu corps graisseux en apparence, qu'on voit nager a la sur- 
face. 

Or, en brulant ou en acidifiant le soufre , on precipite avec un sel barytique une autre 
quantit6 d'acide sulphurique : celle qui appartient aux sulphates , qu'on trouve touj ours com- 
bines avec les substances nominees et qu'on ne saurait oler entierement par 1'eau bouillante. 

On peut tres-facilement les debarrasser de ces derniers. En digerant les substances avec 
de 1'acide hydrochlorique faible aussi longtemps qu'un sel barytique ne produit plus de 
precipite dans 1'infusion , on a extrait tout le sulphate et on 1'arendu soluble. Ce sulphate est 
du sulphate calcique. On precipite avec un sel barytique 1'acide sulphurique du sulphate et on 
commit la quantit6 de soufre libre , en retranchant la derniere de la premiere , obtenue par 
1'acide nitrique ou le nitre. 

II est aise de voir, qu'en precipitant des solutions de la fibrine et de 1'albumine avec des 
sels metalliques, on precipite en tout cas un sulphate metallique avec I'albuminate ou le fibrate , 
quand le sulphate m6tallique forme est insoluble dans 1'eau. 

Par des experiences detaillees je suis arrive aux resultats suivants : 

I. Soufre contenu dans le sulphate calcique de 1'albumine des oeufs de poulcs 0,08 en cen- 

tiemes. 

i 

Soufre de 1'oxydation du meme corps . 

0,42 0,49 0,52 0,43 moy. 0,46. 

D'ou soufre libre 0,046 - 0,08 = 0,38. 

Bulletin K. 14. SO Jutllct 1038. ,4 



(106) 

II. Soufre contenu dans le sulphate calcique de I'albumine dusang de boeufet de mow ton 0,06. 
Soufre de 1'oxydation des memes corps : 

0,69 0,78 0,74 moy. 0,74. 

D'ou soufre libre 0,74 0,06 = 0,68. 

III. Soufre contenu dans le sulphate calcique de la fibrine du bocuf a peine perceptible *). 
Soufre de 1'oxydation du meme corps : 

0,35 0,37 moy 0,36. 

Je dois ajouter, que les suhstances citees etaient toutes purifiees par 1'alcool et 1'eau 
bouillante ; quand on n6glige 1' ebullition avec de 1'eau on retient encore d'autrcs sulphates 
dans les matieres animales. Quand on salure le blanc d'oeuf avec de 1'acide acetique , avant 
qu'on 1'evapore , on recueille 0,74 p. c. de soufre par 1'oxydation de I'albumine. Il.est pro- 
bable que la moitie de cette quantite appartient au sulphuro alcalin , qu'on peut oter par 
l'6bullition avec de 1'eau. Le serum donrie en tout cas 0,74 p. c. 

II. Quantile de phosphore dans I'albumine et la fibrine. 

II est assez connu, que ces substances contiennent des phosphates de chaux et de mag- 
nesie. En precipitant done des solutions de ces corps avec des sels metalliques , on precipite 
aussi souvent des phosphates metalliques avec les fibrates et les albuminates , que les phos- 
phates sont insolubles dans 1'eau. 

On peut debarrasser ces corps de phosphates par unc longue digestion avec de 1'acide 
hydrochlorique faible , par lequel on dissout les phosphates terreux. Mais en meme temps la sub- 
stance organique se voit detruite, ce qui cependant ne gene pas a la determination de la 
quantite d'acide phosphorique selon la methode de Berthier. J'ai pese une quantite de fer 
en fil , dont j'ai d6termin6 auparavant la quantite de fer pur; je 1'ai dissoute dans 1'acide 
nilrique , porte le lout dans la liqueur muriatique et precipite 1'oxyde ferrique et le phos- 
phate fcrrique par de rammouiaque en exces. Ensuite je 1'ai recueilli, lave et brule. 

De 1'autre cote les substances nominees contiennent du phosphore libre, et dans cette 
combinaison on trouve une des sources d'erreur dans 1'analyse dont j'ai parle plus haul. Le 
phosphore , en s'oxydant dans le tube a combustion , retient opiniatrement une quantite de 
carbone , ce qui donne une perte dans 1'analyse de ce corps. On peut s'en convaincre faci- 
lemeiit en brulant a 1'air un de ces corps , sur une feuille de platine , tenue rouge blanc 
pendant 1 a 2 heures. II arrive tres-frequemment qu'apres tout ce temps le carbone n'est 
pas encore entierement bru!6. 

Pour d6terminer le phosphore libre j'ai oxyd6 de nouveau les substances animales par 
de 1'acide nitrique. D'apres la methode de Berthier j'ai determine dans ce cas la totalite 
de 1'acide phosphorique, celle des phosphates et celle qui se forme du phosphore oxyde. 
La premiere retranchee de la seconde, on a la quantite du phosphore libre. Les matieres 



*) 1,924 de filiriiic out donne 0,0012 dc sulphate b.irytique. 



(107) 

organiques employees a cette experience dtaient les me'ines que dans la determination du soufrc. 

I. Phosphore des phosphates de I'albumine des oeufs de poule 0,35. p. c. 

Phosphore de 1'oxydation par 1'acide nitrique 0,78. D'ou phosphore libre 0,78 0,35 = 
0,43, en centiemes. 

II. Phospbore des phosphates de I'albumine du serum de sang dc boeuf et de monton 0,37. 
Phosphore de 1'oxydation par 1'acide nitrique. 

0,66 0,68 0,75 moy. 0,70. 

Phosphore libre 0,70-0,37 = 0,33. 

[II. Phosphore des phosphates de la Jlbrine de boeuf 0,33. 
Phosphore de 1'oxydation par 1'acide nitrique. 

0,62 0,71 0,65 moy. 0,66. 

D'ou phosphore libre 0,660,33 = 0,33. 

III. Analyse elementaire de I'albumine et de la Jlbrine. 

Dans mes analyses anterieures les quantites du nitrogene de la filrine etaient en centiemes 
15,462 15,468 15,719. 

De Vhydrogene 6,828 6,837 6,952. 

Du carbone 53,395 53,366 - - 53,255 - - 53,476 52,98. 

Le nitrogene de I'albumine des oeufs etait: 15,696. 

Le carbone 53,960, Vhydrogene 7,052 6,812. 

Le nitrogene dc I'albumine du serum etait: 1 5,83 4. 

Le carbone 54,398 53,83 54,31. 

L'hydrogene 7,042 - - 7,23. 

La composition de I'albumine de soie etait N 15,456 -- C 54,005 H 7,270 Ox. 23,269. 
Ces nombres ont sans doule beaucoup de ressemblance entre eux. Mais la quantite du car- 
bone et la capacite de saturation des substances etant differentes , j'en ai tire la conclusion 
suivante : que I'albumine des oeufs , de la soie et du serum etaient les memes substances ; 
mais que la fibrine etait une substance differerite. 

En usual du conseil de M. Berzelius , de briiler les substances avec 1'oxyde cuivrique 
apres les avoir me!6es intimement avec 1'oxyde plombique recemment calcine, j'ai obtenu les 
resultats suivants : 

I. 0,388 de la fibrine de boeuf, traitee par de 1'alcool et de 1'eau , ont donne 0,003 ou 
0,77 p. c. de cendres. 

0,263, meles avec 1'oxyde plombique et ens\iitc avec 1'oxyde cuivrique , et le melange seche 
dans le vide a 160, ont donne 0,515 d'ac. carb. et 0,162 d'eau. 

II. 0,340 de 1'albuinine de 1'oeuf donnerent 0,014, ou 4,12 p. c. de cendres. 
0,279 donnerent de la memo maniere 0,528 d'ac. carb. et 0,169 d'eau. 

III. 0,328 de I'albumine du serum du mouton , purifiee ainsi que la precedente par de 1'eau et de 
1'alcool, ont donne 0,008, ou 2,5 p. c. de cendres. 0,740 donnerent 1 ,432 d'ac. carb. et 0,461d'eau. 



( 108 ) 

Prenant les quantites les plus grandes du nitrogene de nos experiences anterieures , qui 
ne sauraient etre influcncees par Ic soufre ou le phosphore, et resumant les quantites de 
ces deux corps de nos experiences, citees plus haut, on a pour la composition des dites 
substances en centiemes : 

Fibrine. Alb. des oeufs. Alb. du serum. 

Carbon e 54,56 54,48 54,84 

Hydrogene ' 6,90 7,01 7,09 

Nitrogene 15,72 15,70 15,83 

Oxygene 22,13 22,00 21,23 

Phosphore 0,33 0,43 0,33 

Soufre 0,36 0,38 0,68 

On ne peut douter , d'apres ces donnees, que la fibrine et 1'albumine des oeufs n'aient 
la meme composition, tandis que 1'alb. du serum en differe par une plus grande quantit6 de 
soufre libre. La seule difference, d'apres mes expdriences ant6rieures, consistait dans la 
quantite de carbone differente, que je crois maintenant fixee avec rigueur. 

IV. Determination du poids de I'atome. 

L'inspection des nombres trouves nous conduit premierement a la question: le corps 
senaire est-il une seule substance , ou bien une combinaison de deux ou de plusieurs corps 
combines? Nous apprendrons bientot , que la fibrine et les deux albumines peuvent etre de- 
gagees du phosphore et du soufre , et etre obtenues pures. 

11 est ais6 de conclure des donnees citees, que dans la fibrine et I'albumine des oeufs le 
soufre et le phosphore se trouvent atome a atome ; tandis que sur 1 at. de phosphore se 
trouvent 2 at. de soufre dans I'albumine du serum. 

Calculons maintenant les atomes des composes au plus petit nombre d'at. du soufre et du 
phosphore, nous pouvons representer la composition de ces trois corps comme suit: 
Fibrine et albumine des oeufs. Albumine du serum. 



Carbone 


400 


30574,80 


54,90 


400 


30574,80 


54,70 


Hydrogene 


620 


3868,68 


6,95 


620 


3868,68 


6,92 


Nitrogene 


100 


8851,80 


15,89 


100 


8851,80 


15,84 


Oxygene 


120 


12000,00 


21,55 


120 


12000,00 


21,47 


Phosphore 


1 


196,16 


0,35 


1 


196,16 


0,35 


Soufre 


1 


201,17 


0,36 


2 


402,34 


0,72 






55692,61 


100.00 




55893,71 


100,00. 



Ces nombres enormes se voient justiGes , quand il sera prouve que SPh se combine avec un 
corps organique quaternaire, ayant la composition C 400 H* 520 N 100 O 120 , pour former la fibrine 
et I'albumine des oeufs, tandis que SPh se combine avec ce meme corps, pour former 
l'albumine du serum. 

Dans mes experiences anterieures j'ai tres-rarement pu obtenir des fibrates et des albu- 



( 109) 

minates metalliques sans melange d'autres sels: dc phosphates, de sulphates, de chlorures 
m6talliques. Nous y reviendrons plus tard , lorsque nous parlerons des albuminates et des fibrates 
en particulier. Je me coutente ici de rappeler, que deux fois j'ai obteriu un sel argentique 
de la fibrine , compose de : 

I. II. 

Oxyde argentique 5,43 5,45 

Fibrine 94,75 94,55. 

La fibrine etait precipitee d'une solution acetique par 1'ammoniaque, redissoute dans 

1'acide acetique et precipitee par le nitrate argentique (Archief IV , 279). Nous verrons 

plus tard qu'on ne precipite de cette maniere qu'un fibrate pur. Le poids de 1'atome de la 

fibrine deduit de I sera 25256. Ce qui s'approche de la moiti6 du nombre selon la formule. 

Dans une autre preparation j'ai obtenu , de la meme maniere , un sel argentique , compose de : 

Oxyde argentique 3,434 
Fibrine 96,566. 

Ce qui donne pour le poids de 1'at. 38235 , ou f du nombre selon la formule (Archief 

IV, 313). 

Enfin un tel fibrate argentique , prepare de la meme maniere de la couenne inflammatoire , 
(Archief IV , 309) etait compos6 de : 

Oxyde argentique 2,71 

Fibrine 97,29. 

At. de la fibrine 52114. 

TJn albuminate argentique ne peut etre obtenu pur , a moins que Ton n'ait separe le chlorure de 
sodium, contenu en quantite notable dans ce corps, et le phosphate calcique. 

Reduit pour ces sels, j'ai trouv6 la composition de I'albuminate argentique pur (Archief 

V, 227). 

Oxyde argentique 2,36 

Albumine des oeufs 97,64. 
At. de 1'albumine 59361. 

Ces donnees de nos experiences precedentes s'accordent aussi bien qu'il est possible dans 
des recherches d'une nature compliquee. On conooit qu'on n'a pas une substance cristallisee 
a saturer , a precipiter et a bruler , pour avoir obtenu un resultat. Le nombre de la for~ 
mule tient le milieu entre ceux qui ont etc trouves des sels analyst's. 

r M / ( ' i J 

V. Proprietes et Analyses du corps quaternaire sans sotifre et sans phosphore. 

Quand on traite la fibrine , 1'albumine de 1'oeuf ou du serum par la potasse caustique 
tres-faible , la matiere se dissout entierement. Par 1'acide ac6tique on pr6cipite une sub- 
stance floconneuse , que j'ai lavee aussi longtemps sur un filtre ,jusqu'a ce que 1'eau , evaporee 
sur un morceau de vcrre , ne laissat plus les moindres traces. Etant sech6cs, elles ont toutes 
trois les memes proprietes, et entre autres toutes celles que M. Berzelius a communiquees 



' " (HO) 

dans son Traite de Chimie des substances , combinees avec du soufre et du phosphore ; seule- 
ment elles ne noircissent pas 1'argent, lorsqu'on laisse en contact une solution alcalique 
avec ' de 1'argent metallique. Les propriety's meme d'etre colorees en violet ou en bleu par le 
contact prolong6 avec 1'acide hydrochlorique , et de dormer un precipite blanc, qui devient 
jaune par le dessechement, lorsqu'on inele une solution acetique avec le prussiate ferroso- 
potassique , en sont les memes. En un mot, j'ai repete tout ce qui se trouve dans le Traite 
de M. B. sur ces matieres et j'ai toujours trouve les memes propri6t6s. 

En brulant ces substances dans 1'air elles ne laissent rieri de rdsidu. Les phosphates , les 
sulphates , les chlorures sont done restes dans 1'alcali , duquel on les a precipitees. La 
combustion avance regulierement et les parties dernieres du charbon se briilent aussi vite 
que le restc. II n'y a done plus de phosphore, qui forme de 1'acide phosphorique. Oxjdees 
par 1'acide nitrique , on n'y retient ni 1'acide sulphurique , ni 1'acide phosphorique. Voila 
done la substance quaternaire isolee. .le 1'ai analysee avec 1'oxyde cuivrique. 

I. Fibrinede boeuf sans soufre et sans phosphore 0,400 donnerent 0,802 ci'ac carb.et 0,250 d'eau. 

II. Albumine de 1'oeuf sans soufre et sans phosphore 0,245 donnerent 0,490 d'acide 
car b. el 0,1 53 d'eau. 

0,345 donnerent a 735 mm , 8 et 11,75 nitrogene avant 1'exp. 113 ctmcub. 

a 732", 4 15 apres 161 

La quantit6 du carbone r6duite en acide carbonique est 247 ctmcub. Dans 100 parties 
100,8. La quantite du nitrogene 43,6 ctmcub. Dans 100 p. 12,6. Nous avons done 12,6: 
100,8 = 1 : 8. Calculant le nitrogene de la fibrine i du volume de 1'acide carbonique , ob 
tenue dans 1'analyse I , nous avons : 

Fibrine Alb. de 1'oeuf. at. Calcule. 

Carbone 55,44 55,30 <*00 30574,80 55,29 

Hydrogene 6,95 6,94 620 3868,68 7,00 

Nilrogene 16,05 16,02 100 8351,80 16,01 

Oxygene 21,56 21,74 120 12000,00 21,70 

55295,28 100,00 

La formule s'accorde encore avec les nombres trouves ; plus tard on verra que le poids 

de 1'at. cst Vio de 55295 et que 10 at. du corps organique se combinent avec 1 at de SPh ou de Srh. 

Reprenons maintcnant les donnees, trouvees plus haul pour les trois substances , combinees 

avec le soufre et le phosphore (pag. 108), et retranchons SPh et SPh, nous avons en cenliemos : 

Fibrine. Alb. de 1'oeuf. Alb. du serum. 

Carbone 54,94 54,93 55,40 

Hydrogene 6,95 7,07 7,16 

Nitrogene 15,83 15,83 16,00 

Oxygene 22,28 22,17 21,44 

Ces nombres s'accordent avec les nombres trouves immedialement par 1'analysc. II parait 



( in ) 

done, que par 1'acide ac6tique la memo mature organique s'est precipitee tout a fait 
pure. 

Pour d6tcrminer la capacit6 de saturation de ces matieres, je ne les ai pas dissoutes dans 
un alcali , parce quc, si le poids de 1'at. d'apres les combinaisons avec les oxydes metalliques 
est reellement si elev6 , il est absolument impossible de saturer justement 1'alcali avec la ma- 
tiere. J'ai done fait usage de 1'acide acetique , par lequel je les ai dissoutes ; ensuite j'y ai ajout6 
du sous-ac6tate plombique , ou du nitrate argentique. Les liqueurs restaient claires ; par 1'in- 
sl illation prudente de 1'ammonaique j'ai pr6cipite un sel , que j'ai recueilli et lave a 1'eau pure. 
I. 0,894 du sel plombique donnerent 0,021 d'ox. plombique. 
II. 0,530 0,013 

III. 1,252 du sel argentique 0,031 d'argent ou 0,033 d'oxyde argentique. 

D'ou en centiemes : 

I. II. III. 

Oxyde plombique 2,68 2,45 Oxyde argentique 2,63 

Matiere organique 97,32 97,55 Matiere organique 97,37 

Le poids de 1'at. de la matiere est selon I 57971; selon II 55458, selon III 53622. 

II ne reste done plus de doute que le poids de 1'atome ne soit bien d6termine. La ma- 
tiere organique , etant un principe general de toutes les parlies constituantes du corps 
animal, ct se trouvant , comme nous verrons tantot, dans le regne vegetal , pourrait se 
nommer Proteine de nQWTfco? primarius. La fibrine et 1'albumine des oeufs sont done 
IV + SPh , 1'albumine du serum Pr + SPJi. 

Je n'insisterai pas sur des conclusions qu'on peut tirer de cette identite de la fibrine et 
de 1'albumine des oeufs, de la faculte nutritive de la derniere; ni sur la conversion facile 
de 1'albumine de serum en fibrine et de la fibrine en alb. du serum de sang; de la maniere 
d'expliquer la formation de la couenne inflammatoire et des pseudo-membranes ; ni de 1'ac- 
tion des medicaments aritiphlogistiques. II faut que notre connaissance sur une partie de la 
science se soit plus consolid6e, avarit qu'on ait le droit de faire des conclusions un peu eloi- 
gnees. Mais il ne sera pas sans utilit6 de poursuivre encore plus loin les recherches de ce 
corps meme que j'ai appele Prolnnn. 

VI. Albumine vdgdtalc. 

Les proprietes de 1'albumine veg6tale sont a peu pres les memes que celles de 1'albumine 
des animaux ; mais la composition en differe un peu , selon les experiences de M. Boussin- 
gault, (An. de ck. ct de ph. Juillet 1837). II 6tait fort int6ressant d'examiner le corps pur, 
prive de tout melange et duphosphore et du soufre .qu'ils contient en combinaison chimique. 

J'ai trail6 la farine pure du froment avec de 1'eau distillee froide , jusqu'a ce que 1'eau 
ne contmt plus d'amidon mele, et trait6 le r6sidu par 1'alcool bouillant, pour dissoudre le 
gluten. Pour separer les traces d'amidon rest6es encore combinees, j'ai bouilli les substances 
insolubles avec de 1'eau, jusqu'a ce que cc liquide ne fut plus color6 par 1'iode. L'albu- 



(112 ) 

mine etait encore impure par le melange du tissu cellulaire des grains. Je 1'ai done digeree avec 
de la potasse caustique tres-faible a une temp, de 30 a 40; j'ai filtre la liqueur par du 
papier et precipite par 1'acide acetique. Le precipile avail tous les caracteres de I'albumine 
el de la fibrine aaimale , privees du soufre et du phosphore. Bien lavee et sechee a 120 elle 
a donne a 1'analyse avec 1'oxyde plombique et 1'oxyde cuivrique: 
0,440 donnerent 0,S75 d'ac. carb. et 0,272 d'eau. 
0,170 Nitrogene a 12 et 764mm avant 1'exp. 106 ctmcub. 

13,75 764 mm apres 128,5 
Ce qui donne : 

Carbone 54,99 
Hydrogene 6,87 
Nitrogene 15,66 
Oxygene 22,48 

Ce sont les memes resultats que de I'albumine de soie , de 1'oeuf, du serum et de la fibrine. 

II parait done que les animaux tirent leurs principes constituants les plus essentiels 

immediatement du regne v6g6tal. II sc peut que I'albumine vsgetale contienne le soufre et 

le phosphore dans une autre proportion que I'albumine animale , la fibrine etc. ; mais le 

corps organique quaternaire est la proteine meme. 

Les herbivores ne sont done , sous ce point de vue , pas differents des animaux carni- 
vores : tous deux sont nourris par la proteine , par le meme corps organique , qui est un 
principe principal dans leur 6conomie. Reste a savoir si 1'amidon et les autres substances , con- 
nues comme matieres alimentaires , peuvent etre transformes en proteine dans le corps animal. 
Le pouvoir nutritif du pain et des autres aliments, qui contiennent dela prot6ine , est done 
bien facile a concevoir. Us fournissent , sans que la digestion. y opere quelque changcmcnt, 
immediatement une des parties les plus essentielles du corps animal. 

VII. Albuminates et fibrales. 

La fibrine du sang des animaux, I'albumine des oeufs et du serum du sang sont toujours 
combinees avec des phosphates , des sulphates et des chlorures alcalins. II est Ires-probable 
que comme telles ce sont des sels doubles, des fibrates et des albumiriates alcalins, com- 
bines chimiquement avec des sulphates , des phosphates alcalins. 

Mais il me semble qu'il est hors du pouvoir de la science actuelle de determiner justement 
la valeur de ces combinaisons, quoiqu'on ne puisse nier , que la fibrine et les deux sortes 
d'albumine ne se corabinent pas en proportions chimiques avec une partie des alcalis, qu'on 
trouve dans les cendres de ces substances bru!6es. 

On doit pourtant distinguer entre les substances me^es et les substances combin6es avec ces 
corps. Par la coction avec de 1'eau et de 1'alcool on separe de la fibrine une grande quan- 
tite de sels, qui y etaient mfiles du serum, et qu'elle avail inclus en se separant et en 
se contractanl, pour former un corps isole, divise auparavant dans ce serum. 



( 113 ) 

La difference chimique entre la fibrine et 1'albumine du serum du sang consisle , comme 
nous avons vu plus haul, dans un at. de soufre. La fibrine peut encore differer du serum 
par des sels combines. On sail que 1'alb. de 1'oeuf differe en quelques proprietes du serum 
et de la fibrine. La derniere ayant la meme composition chimique que 1'alb. de 1'oeuf, ne 
peut done differer de 1'alb- de 1'oeuf que par des combinaisons avec des sels alcalins, tandis 
que 1'atome de soufre de plus , qu'on trouve dans le serum, se joint aux sels melanges et com- 
bines, pour completer les points de discordance , qu'on rencontre entre ces matieres. 

D'apres les experiences communiquees , on trouve la me'me quantite de phosphore dans les 
phosphates, que celle que Ton trouve libre dans la fibrine, 1'albumine de 1'ceuf et du serum. 
Cest-a-dire : 

Phosphore dans 1'alb. de I'o3uf et du serum et dans la fibrine 0,33 0,33 0,43 moy. 0,36. 

Phosphore dans les phosphates de ces trois substances 0,37 0,33 0,35 moy. 0,35. 

II n'est done plus douteux, que les phosphates ne forment une combinaison chimi- 
que avec les trois substances animales. Les 0,35 pour cent de phosphore, representent 0,6^ 
d'acide phosphorique , ce qui donnerait 1,32 de phosphate de chaux, en admettant que 
C f* se trouve dans la fibrine et 1'albumine. Mais la quantit6 de cendres de ces matieres 
ne correspond pas avec ce nombre. De la fibrine de boeuf je 1'ai reduite a 0,77 p. c. M. 
Rerzelius les a trouvees precisement J p. c. c'est-a-dire 0,66. Mais outre le phosphate cal- 
cique il y a trouve un pen de phosphate magnesique , des traces de silice et d'oxyde de fer. 
On peut done conclure qn'on ne trouve pas le meme phosphate calcique dans la fibrine 
quo dans les os , mais peut-etre Ca 3. L'albumine de 1'oeuf et du serum donnent une plus 
grande quanlite de cendres apres la combustion. Selon M. Berzelius on trouve dans 1'alb. 
du serum 1,8 p. c. de cendres, composees de phosphate calcique, de carbonate calcique et 
de traces de soude et d'oxyde ferrique. Ketranchons 1,32 C* 3 selon la quantite de 1'acide 
phosphorique trouve , il reste 0,48 pour le carbonate calcique etc. II se pourra done bien 
que 1'alb. du serum contienne le meme phosphate calcique que celui que Ton trouve dans 
les os. Quant au blanc d'oeuf, si ce que M. Prout a avance est vrai , qu'on y rencontre 
environ 0,30 p. c. de chaux , tandis qu'on y trouve selon nos propres experiences 0,64 
d'acide phosphorique, il se pourra que c* $ ou le meme phosphate calcique, que 1'on 
trouve vraisemblablcment dans la fibrine , se rencontre aussi dans le blanc d'oeuf. *) 

La quantit6 de chlore , que 1'on rencontre dans la fibriue est presque insignifiante. 2,690, 
m'ont donn6 0,005 de chlorure argentique. Nous avons vu plus haul que la quantite de 
1'acide sulphuriquc qu'on y rencontre est si petite qu'a peine on peut la peser. On n'y 
rencontre done que de 1'acide phosphorique et des bases. 

La quantite de 1'acide sulphurique dans le blanc d'oauf et le serum, coagules par la cha- 
leur et extraits par de 1'eau et de 1'alcool, d'apres nos exp6riences communiquees plus 
haul , est tres petite et peut etre deriv6e des sulphates insolubles, contenus dans le blanc et 

*) Jc dois cepenjant ajoutcr, que PROCT a trouve une tout autre quantite d'acide pliosphorique ct de clilorure dans le 
blanc d'ecuf, que je n'y ai renconlrcc. 

Bulletin N.- 15. 15 Aoill 1338. ,5 



( 114) 

le serum avant la coagulation. Ces sulphates seront vraisemblablcment des sulphates in elan - 
g6s , et non des sulphates combines. Ce sont, en tout cas, des sulphates insolublcs dans 1'eau 
chaude et il est aise de conclure que Ton n'a que du sulphate calcique. D'apres les don- 
nees , citees plus haul , on trouve done 0,3 p. c. de sulphate calcique , dans 1'albumine de 
1'oeuf, coagul6 et epuise par 1'eau et par 1'alcool , tandis que Ton trouve 0,4 p. c. dans 
1'alb. du serum. Mais ce n'est pas la totalite des sulphates qu'on trouve dans le blanc d'oeuf 
et le serum tels qu'ils sont. Elle reste encore a etre determinee. 

Le chlore est d'une tres-grande importance dans la consideration de 1'alb. soil de I'osuf 
soit du serum. Coagules et epuises par 1'eau et 1'alcool , ils ne contiennent que des tra- 
ces d'un chlorure alcalin. Car, en les dissolvant dans 1'acide nitrique , on voit a peine quel- 
ques flocons de chlorure argentique se former par 1'instillation du nitrate argentique dans 
la liqueur. Mais en precipitant du serum ou du blanc d'oeuf avec un sel argentique , on 
prdcipite beaucoup de chlorure. Pour en determiner la quantit6 , j'ai bieu lave le precipite, 
seche et dissous dans 1'acide nitrique. L'albuminate argentique est decompose et il se forme 
des gaz et du nitrate argentique , tandis que le phosphate argentique est dissous. Le chlo- 
rure argentique reste sans se dissoudre. 

Le resultat de trois analyses de sels difFerents etait, que 100 p. d'un precipite, forme dans 
le blanc d'oeuf par le nitrate argentique , s6che a 120, contenaient: chlorure argentique 5,59, 
5,61, 5,34, moy. 5,51. Des analyses ulterieures m'ont appris que dans 100 p. d'alb. de 1'oeuf 
on trouve 1,45 de chlore, qui representent 2,40 de chlorure sodique. 

Quand on ajoute de 1'acide hydrochlorique a la liqueur , passee par le filtre du chlorure 
argentique, on recueille une nouvelle quantit6 de chlorure argentique, formee de 1'oxyde 
argentique, qui 6tait combin6 avec 1'albumine et 1'acide phosphorique ; bien entendu , quand 
on a neutralise le blanc d'oeuf avec un acide avant d'y avoir ajoute le nitrate argentique. 
La quantit6 du chlorure argentique, obtenue ainsi, 6tait dans trois experiences: 7,01 7,21 
7,53, moy. 7,25. 

Reduisant ce chlorure en oxyde argentique et retranchant laquantite de phosphate argentique, 
precipite par 0,64 (p. c. d'alb.) d'acide phosphorique , on retient un albuminate argentique pur , 
duquel on peut 6tablir la composition. De la seconde quantite nommee nous avonsdeduit la 

composition et le poids de 1'at. de 1'alb. 59361 , qui se trouvent p. 109 ci-dessus Voila done 

quelques ides de la complication du probleme. Je transcrirai en detail une de ces experiences. 

2,622 du precipite , produit dans le blanc d'ceuf par le nitrate argentique , bien lave et 
seche h 120, donnerent, apres 1'oxydalion du sel dans 1'acide nitrique, 0,147 de chlorure 
argentique. Par 1'instillation de 1'acide hydrochlorique dans la liqueur filtr6e il se produisait 
de nouveau chlorure = 0,189, ce qui represente 0,1529 d'oxyde argentique. On a done: 

Oxyde argentique 0,1529 6,18 

Albumine 2,3221 93,82 

2,4750 100,00 

Chlorure argentique 0,1470 

2,6220. 



( 

En d6duisant de 1'alb. arg. le poids de 1'atome de 1'albumine tel qu'il est, il sera 22046, 
ou bien | de ce qui doit etre, d'apres les experiences communiquees plushaut. Or, laquan- 
tite de Tacide phosphorique que j'ai separee du liquide restant 6tait 0,0198. En admet- 
tant que 1'acide phosphorique se trouve dans le precipite du blanc d'oeuf comme un b 
phosphate serai-basique Ag , on doit retrancher de 1'albumine 0,0198, et de 1'oxyde argen- 
tique 0,0966. Ce qui donne : 

Oxyde argentique 0,0563 2,36 

Albumine 2.3023 97,64_ 

2,3586 100,00 

Phosphate argentique 0,1164 

2,4750 

Chlorure argentique 0,1470 

2,6220 

Le poids de 1'atorae de 1'albumine, derive de se sel, est done 59361. J'ai repete la 
meme experience avec le meme resultat (Archief V, 229). 

II est aise de conclure de cctte experience , que 1'albumine ne se combine pas comme elle est 
avec 1'oxyde argentique, mais que le phosphore libre s'est separ6; parce que la quantite de 
1'acide phosphorique obtenue est moindre que 1,28 p. c. de 1'alb. , ce qui doit en resulter d'apres 
la quantite de phosphore et de 1'acide phosphorique determinee plus haul. La quantit6 
0,0198 d'acide phosphorique sur 2,30 d'alb. donne 0,86 p. c. , ou a peu pres f de 1,28. II 
parait done que Ton a precipite un phosphate argentique d'un phosphate sodique ou quelque 
autre , qu'on ne trouve pas dans 1'albumine coagulee , contenant une quantite d'acide phos- 
phorique j de celle, qu'on trouve dans le phosphate calcique , tandis que le phosphore 
libre s'est separe et a ele passe par le filtre. 

Dans 1'intention de faire mieux connaitre les albuminates metalliques, j'ai communique 
les details de 1'analyse d'un seul albuminatc argentique. On peut en tirer les conclusions 
suivantes. Lorsqu'on precipite le blanc d'oeuf ou le serum du sang par un sel metallique , dont 
1'oxyde peut former des sels insolubles avec le chlore, 1'acide phosphorique, 1'acide sulphu- 
rique , on precipite avec 1'albuminate pur du chlorure , du phosphate , du sulphate. Voila 
la cause d'erreurs dans nos experiences anterieures , lorsque nous ne connaissions pas encore 
I'influence tres-grande des sels de 1'albumine sur les precipites formes ainsi. La combustion 
d'un tel precipite ne peut done donner des resultats exacts; voila la cause des changements 
de composition des sels obtenus , selon les differentes manieres de precipiter 1'albumine de 
I'ffiuf et du serum et de la fibrine, selon les sels employes a cette precipitation. 

Pour mettre au jour que 22189 n'est point le poids reel, mais 55692, j'ai encore a ajou- 
ter 1'experience suivante. J'ai divise un melange intime de blanc d'oeuf et d'eau (filtre par 
du papier) en deux parties. 139s r ,08 de ce m61ange laissaient apres 1'evaporation 2,498 
d'albumine et de sels. Traite par 1'eau bouillante, il resta apres le dessechement 2,184 
d'albumine et cle sels insolubles dans 1'eau. 128,R r -88 du meme melange d'eau avec 



(116) 

du blanc d'ceuf furent precipites par une solution aqueuse cle tanniu pur , fillr6,lave a 1'eau 
pure et" seche. On pesa 2,270. D'apres la premiere exp6rience on y trouve 2,024 d'alb. et 
0,246 d'acide tannique. Ce qui donne 22163 pour le poids de 1'atome de 1'albumine. Or, on 
ne peut douter que les sels calcaires de 1'albumine ne saturent ici 15 atomesd'albumine, tan- 
dis que 1 atome est combinee avec 1'acide tannique , precisement comme dans le sel argcri- 
tiquc cite p. 115 plus haut. L'acide tannique est suppos6 = C 18 H 16 O 12 (?) 

Mais la question importante sur la composition des albuminates metalliques n'est pas 
encore terminee d'apres ces donnees. Plusieurs chimistes sont dans la conviction qu'on pre- 
cipite par un sel metallique une combinaison, non pas de 1'oxyde avec 1'albumine, mais du 
sel entier avec le corps organique. M. C. G. Mitscherlich p. e. a tente de demontrer, que, 
par le sulphate cuivrique , on precipitait du blanc d'ceuf un albuminate de sulphate cuivri- 
que et non pas d'oxyde cuivrique, et M. Lassaigne a lente de demontrer , que le sublime 
corrosif et non pas 1'oxyde mercurique se combine avec 1'albumine , dans le fameux pre- 
cipite mercuriel , sur lequel on a deja publi6 tant de resultats discordants. 

J'ai examine sous ce point de vue 1'albumine avec beaucoup d'attention, et je suis arrive 
a des resultats en contradiction avec ceux de MM. Mitscherlich et Lassaigne. Mais je dois 
avancer, que j'ai lave les nitres a 1'ordinaire, c'est-a-dire, jusqu'a ce que 1'eau passat pure. 

Les sels metalliques doivent, par rapport a 1'albumine, etre distribues en deux sortes; ceux 
qui contiennent un acide qui peut precipiter 1'albumine et ceux qui contiennent un acide 
qui ne precipite pas 1'albumine. Les nitrates et les chlorures sont dans le premier cas, les 
sulphates et plusieurs autres dans le second. 

En precipitant du blanc d'ceuf avec un sulphate , p. e, le sulphate cuivrique , on precipite 
un phosphate cuivrique et un albuminate cuivrique. Par le dernier une partie de 1'acide 
sulphurique est rendue libre et dissout un peu de 1'albumine , qui passe par le filtre avec 
le surplus du sulphate cuivrique, le chlorure sodique ct les autres sels du blanc d'ceuf, 
comme il sera prouve tantot. Retient-on sur le filtre une combinaison de ralbumine avec 
1'acide nitrique , lorsqu'on precipite 1'albumine par le nitrate argentique p. e. ? Pour resoudre 
cette question, j'ai divis6 en deux quantitcs egales le blanc d'un ceuf de poule, que j'avais 
divis6 dans 1'eau et filtre par du papier. Les deux moities furent precipitees 1'une par 1'acide 
nitrique un peu d61aye, 1'autre par I'acide hydrochlorique. Les pr6cipites formes furent por- 
tes sur des filtres et laves avec de 1'eau , jusqu'a ce que ce liquide fut parfaitement pur. 
Le filtre du precipitc nitrique pesait 0,002 de plus, 1'autre 0,003.*) On peut done repondre 
negativement a la derniere question. 

Pour avoir un precipite pur, il faut laver aussi longtemps , que 1'eau passe pure. On peut 
s'epargner beaucoup de temps dans le lavage des albuminates metalliques, en les depurant 



*) J'ai la coutume. quand j'ai des liquides acidcs a (Hirer, d'ajiister deux filtres ct de loger Fun plie derniere 1'autre dan* 
1'enlonnoir. Les sels du filtre dissous par I'acide sont done diminucs de la me' me manierc dans les deux Gltres, et le seconij 
lillrc restc un vrai contre-poids pour le premier , qui rcticnt la maticre filtree. 



C 

par decantation et par renouvellement de 1'eau, avant de les mettre sur un filtre. J'aitoujours 
instille le precipitant dans 1'albumine , le premier en exces; j'ai Iaiss6 deposer le precipite 
et rejete la liqueur surnageante, que j'ai renouvelee par de 1'eau pure. Le precipite de- 
pose dans de nouvelles quantites d'eau, jusqu'a ce que 1'eau flit presque pure , fut portd sur un 
filtre et lave avec une bouteille a tube de lavage jusqu'a cequ'elle fut absolument pure. 11 est 
tres-rare que de cette maniere 1'on ait besoin de deux jours pour avoir un alburainate bien lave. 

Les precipites ont 6t6 sech6s a 120 a 130 3 . 

1,190 d'un albuminate cuivrique de I'o3uf, dans lesquels 93,57 p. c. d'alburnine pure, ont 
donne 0,033 de sulphate barylique. Ce qui donne 0,49 p. c. de soufre. D'apres nos expe- 
riences anterieures 1'albumine seule a donn6 0,42 p. c. de soufre. Retranchons de ces 0,49 
la quantite de soufre 0,08 qui appartient au sulphate calcique , on a 0,41 , ou presque pre- 
cisemerit la meme quantite de 1'albumine seule. 

1,824 d'un albuminale cuivrique du serum du sang d'un boeuf, dans lequel 96,94 p. c. d'albu- 
mine, donnerent 0,099 de sulphate barytique, ou 0,78 p. c. Or, dans 1'albumine du serum 
on trouve 0,74 de soufre. Retranchons 0,06 , qui appartiennent au sulphate calcique , nous 
avons 0,72, ou bien la quantite de soufre, que nous avons adoptee d'apres la formule dans 
1'albumine pure du serum. 

J'ai repete ces experiences plusieurs fois ; mais je ne transcrirai pas les resultats, puis- 
qu'ils sont les memes. Je conclus done, que dans 1'albuminate de cuivre on ne trouve pas 
du sulphate cuivrique , mais un phosphate et un albuminate , plus une petite quantite de 
sulphate calcique , qu'on rencontre en egale quantite dans 1'albumine coagulee pure. 

M. Lassaigne a trouve que le precipite, produit dans le blanc d'oeuf par le sublime cor- 
rosif , 6tait compos6 de 6,45 de sublime et de 93,55 d'albumine. II a determine la quantile 
du sublime d'apres la quantite de chlore , obtenue par la combustion du sel albumineux 
avec du carbonate sodique , par la dissolution clans 1'acide nitrique et la precipitation par le 
nitrate argentique. La quantile de chlore contcnue, selon 1'experience de M. Lassiiigne . dans 
100 p. du sel albumineux est = 1,6711. Selon M. Lassaigne il est impossible de laver le 
sel jusqu'a ce que 1'eau passe pure. Mais d'apres nos experiences le contraire a lieu. Tous les sels 
albumineux et fibreux se laissent epurer par de 1'eau , de sorte que 1'eau passe absolument 
pure a la fin du lavage. Le precipitd mercurique n'en fait pas exception. 

J'ai prepare un sel mercurique du blanc d'oeuf de la maniere suivante. J'ai mele le blanc 
avec de 1'eau, je 1'ai filtre par du papier, et precipit6 avec du sublime corrosif en petit.exces. 
J'ai lave le filtre jusqu'a ce que 1'eau fut insensible au nitrate argentique acide , et au 
nitrate arg. neutre. Le premier annonce le chlore du sublime, le dernier 1'albumine qui tra- 
verse le filtre, tenu en solution par 1'acide hydrochlorique. On retient sur le fillre, selon nos 
experiences anterieures, un phosphate d'oxyde mercurique et un albuminate d'oxyde mercurique. 

0,482 du precipite seche a 100, combures avec le carb. sodique, dissous dans 1'acide 
nitrique faible , precipites par le nitrate argentique, ont donne 0,006 de chlorure argentique. 
e qui donne 0,3 p. de chlore pour 100 p. du precipite, ou pas encore j de la quantite 



( US) 

trouvee par M. Lassaigne. La difference peut deriver uniquement du lavage du|fillre. 

D'ou vient raaintenant ce chlore ? II est en trop petite quantite pour que Ton puisse 
adopter que le sublime se trouve comme tel dans la combinaison. 

0,940 d'un precipite s6che a 100, prepare de la meme raaniere , mais d'une autre prepa- 
ration , furent dissous dans de 1'acide nitrique, jusqu'a ce que toute 1'albumine fut decom- 
posee. II resta quelques flocons blancs, 0,010, composes de calomel, reprseritant 0,00419 
de chlore, ou 0,4 pour 100 parties du sel albumineux. Ce qui est le meme resultat nomme 
plus haut. 

Dans la liqueur filtree fut instille du nitrate argjentiijue ; mais il ne se produisait point 
de precipite; tandis que le sublime corrosif, ajoute ensuite, le produisait en abondance. II 
n'y a done pas de chlore dans le precipite , qu'en combinaison avec le rhercure et en rela- 
tion pour former du chlorure mercureux. 

Or, ce calomel vient-il de la decomposition du sublime corrosif par 1'albumine ? Cela est 
tres-peu vraisemblable ; parce que les quantites du chlore et de 1'albumine ne sont point en 
rapport entre elles. Les 0,3 a 0,4 de chlore, pour 100 p. du precipite, ne peuvent etre separes 
du sublime corrosif pour en laisser du calomel, que par une substance , qui se trouve dans 
1'albumine en quantite minime. Sans doute c'est le phosphore. Laissez en contact un 
morceau de phosphore et une solution du sublime corrosif, et vous observerez bientot du 
calomel forme , et tres-promptcment meme , quand vous aurez employe du phosphore en 
poudre divise. 

Je conclus de ces exp6riences, que le sublim6 corrosif ne se combine pas avec 1'albumine ; 
que le calomel forme est un produit accessoire; mais que le sublime est d6compose de la 
meme maniere que le sulphate cuivrique etc. en oxyde mercurique, qui se combine avec 
1'albumine pour former le precipite , et en acide hydrochlorique qui passe par le filtre avec 
1'exces du precipitant et un peu d'albumine , dissoute par 1'acide hydrochlorique. On retient 
sur le filtre encore du phosphate mercurique, que j'ai determine. Le mercure metallique 
peut tre separe de la solution nitrique; mais j'ai trouve des difncultes pour en determiner la 
quantite avec quelque justesse. Je me contente done d'assurer , qu'on peut facilement 
decouvrir du mercure dans le precipite. 

II est aise de conclure de ces donriees, que le pouvoir neutralisant du blanc d'oeuf dans 
des empoisonnements corisiste dans la decomposition du sublime en albuminate de 1'oxyde 
mercurique, plus nne petite quantite de phosphate mercurique et de chlorure mercureux, 
qui sont insolubles, et en hydrochlorate d'albumine soluble. Ce dernier n'est pas nuisible, les 
premiers ne le sont pas plus par leur insolubilite. II faut cependant une quantite de 
blanc d'ceuf notable pour empecher les effets vencneux du sublime , ce qui est en harmonie 
avec 1'experience ch mique . qu'on a besoin de beaucoup de blanc d'oauf , pour precipiter 
une quantite donnee de sublime. 

On peut faire 1'application de ces donnees a d'autres composes albumineux et fibreux 
metalliques, que je passe sous silence dans cet extrait. 



( 119) 

VIII. Acide sulpho proleique. 

L'acide sulphurique concentre peut gonfler plusieurs matieres animates sans les ddcompo- 
ser. En prenant soin de jeter a la fois de petitcs quantites de matiere organique sechedans 
1'acide employ6 en exces, on n'apereoit aucune coloration. P. e. j'ai divise le blanc d'oeuf 
purifie, sec, en poudre fin, et 1'ai porte dans 1'acide sulphurique dit anglais. L'albu- 
mine se gonfle et devient transparent. Apres 24 heurcs on ajouta de 1'eau, on divisa la 
matiere qui se contractait beaucoup et on la lava sur le filtre et par I'ebullition dans 
I'eau aussi longtemps, qu'elle fut encore en etat de precipiter les sels barytiques. Ensuite elle 
fut trait6e par 1'alcool et sechee a 130. 

Elle se presentait sous la forme d'une masse jaune pale, difficile a reduire en poudre , in- 
soluble dans I'eau , dans 1'alcool et Tether, n'ayant aacune r6action acide. Elle n'attire pas 
plus 1'humidite de 1'air que la proteine pure et brule sans sc gonfler. 

I. 1,422 decompos6s par 1'acide nitrique ont donne par un sel barytique 0,345 de sul- 
phate, ce qui doime 8,34 p. c. d'acide sulphurique. II. 1,018 donnaient 0,240 de sul- 
phate barytique, ou 8,10 S p. c. 

0,330 ont donn6 0,608 d'ac. carb. et 0, 206 d'eau. 

0,581 75 ctm. cub. de nitrogerie a 25 et 766 ram , ou 69,10 a et 760 ram . 

La composition de ce corps est done la suivante : 

Trouv6. At. Calcule. 

Carb. 50,94 40 3057,40 50,70 

Hydr. 6,93 62 386,86 6,41 

Nitr. 15,08 10 885,20 14,68 

Oxyg. 18,74 12 1200,00 19,90 

Ac. sulph. 8,34 1 501,17 8,31 

6030~63 

Dans le cas , que 1 at. de la proteine se combine avec 1 at. S , le poids de 1'atome de la premiere , 
derive de la combinaison sulphurique I, est 5508 -h 501 = 6009. Selon la formule9,063de S 
se combinent avec 100 p. de la prot6ine. Dans 9,063 S se trouvent 5,425 d'oxyg. ce qui 
est -^ de 21,70, quantite de 1'oxyg. de la proteine. 

Mele avec de la chaux et de I'eau il ne se degage point d'ammoniaque. Les acides forts 
decomposent 1'acide sulpho-protdique presque comme la proteine pure. 

L'acide sulpho-proteique se dissout avec facilite dans les alcalis faibles, p. e. dans la potasse 
et l'ammoniaque. Les solutions neutres ne precipitent point les sels de baryte , ni de chaux, 
tandis que le nitrate argentique , le sulphate ferrique, le sulphate cuivrique , et 1'acetate plom- 
bique en sorit precipit6s. Les sulpho-proteates metalliques sont done insolubles , les sulpho- 
proteates alcalins solubles dans I'eau. Ce corps nous est d'autant plus interessant puisqu'il nous 
rend plus surs du poids de 1'atome d(? la proteine. II parait done, d'apres la combinaison sulphu- 
rique que 10 at, T'r. se combinent avec SPh et SPh. et avec PJ. et Arg. II est probable que la meme 
conclusion s'appliquc a la Chondrine p. 77 plus haut. (La suite dans un .. prochain .) 



( 120 ) 
REVUE DES LIVRES PUBLIES DEPUIS LE 1" JANVIER 1838. 

Nieuwe verhandelingen der Eerste Klasse van het Koninklijk Nederlandsch Instituut tc 
Amsterdam. (Nouveaux Memoires de la Premiere Classe de I' Institut Royal des Pays B as] , 
VI en VII deel, 1 stuk. C. G. Sulpke. 1837. 4. 

Le VI* volume contient trois memoires de M. R. LOBATTO, dont voici les litres: 
Sur la theorie dcs caraeteristiques. 

Sur 1'integration des equations lineaires aux differentielles et aux differences finies. 
Sur 1'integration des equations lineaires aux differentielles partielles a trois variables. 

La lerc partie du Vlleme volume contient un memoire du Prof. MOM sur les observations, faites flu 9 au 
28 Juin 1835, par des officiers de la marine royale le long des rotes Neerlandaises . sur le flux et le reflux, 
sons la direction de M. MOI.L lui-mcme, et un second memoire de son successeur M. le Prof. VAN REES , sur 
le meme sujet. (Voyez Bulletin, p. 67.) 

Eerste gronden der Naluurkunde, door Dr. G. M. MUNCKE, Hoogleeraar der Natuurkunde 
te Heidelberg, uit het Hoogduitsch vertaald. Utrecht, bij Robert Natan. 1838. (Siemens de 
Physique de M. MUNCKE traduits de I' Allemand.) 

Dissertatio Physica de Theoria Elementi apparatus voltaici, quam defendit JANUS HOC- 
WINK, 17 Junii 1835. L'ouvrage nous a etc envoye en 1838 , et Ton y trouve des citations de 
1836 et 1837. La date est done fautive. 

Het Haarlemmer-mecr-boek van J. Asz. LEEGHWATER, 13 de druk , met aanteekeningen van 
en voorafgegaan door eenige levensbijzonderheden van den schrijver, en een Historisch 
overzigt der plannen tot en der werken over het droogmaken van het Haarlemmer-meer , 
door Mr. W. J. VAN HASSELT, met portret, kaarten, fac-simile en?.. Amsterdam, bij G. J. A. 
Beijerinck. 1838. (Traite sur le lac de Harlem, 13 c edition, avec des annotations, une 
biographic de I'auleur ct une revue hislorifjue dcs projets de dessechement du lac}. On trouve 
entre autres dans cet ouvrage un tableau historique sur I'accroisernent du lac dans les derniers siecles. 

Natuur- en scheikundig Archief, uitgegeven door G. J. MULDER en W. WENCKEBACH. 
Jaargang 1837, 4 e stuk 1838. Leiden, bij P. H. VAM DEN HEUVELL. On y trouve 

1 Variations diurnes de la declinaison de l'ai(jiiille aimantee , observees a Breda pendant 1'annee 1837, par 
W. WENCKEBACH. 

2. Sur la composition de la pectine et de 1'acide pectique , de la gelatine du lichen d'Islande, etc., par 
G J. MULDER. (Voyez Bulletin, p. 18, 35 et 40.) 

3. Bibliographic. 

Leerbock der Scheikunde, van J. J. BERZELIUS, naar de derde omgewcrkte oorspronke- 
lijke uitgavc vertaald, onder medewerking van G. J. MULDER, door A. S. TISCHAUSER , B. 
EICKMA en A. F. VAN DER VLIET. 2 e deel, 6<= aflevering. Leiden, bij P. H. van den Heu- 
vell. (Traduction du Traite de Cliimie de M. BERZELIUS avec des additions communiquees par 
I'Auleur.) 

Handboek der Artsenijbereidkunde van Ph. L. GEIGER, vertaald door P. A. VAN DER 



( 121 ) 

I 

BIJL, met eene voorrede van G. J. MULDER, 4 C aflcvering. Leiden, bij C. C. van der Hoek. 
(Manuel de Pharmacie traduit.} 

Tijdschrift ter bevordering van Nijverheid, zamengesteld door A. H. VAN DER BOON MESCH , 
G. WTTEWAAL, F. VAN CATZ SMALLENBURG, G. J. VERDAM, S. STRATINGH Ez., P. J. I. DEFRE- 
MERIJ en H. C. VAN HALL , uitgegeven door de Nederlandsche Maatschappij ter bevordering 
der Nijverheid. Haarlem, bij V. Loosjes, 1838, l e stuk. (Journal d' Industrie.) II contient: 

J. Memoire technologique de M. VERDAM concernant le Iraitement de la soie. 

2. Sur la nianiere de decouvrir la presence de 1'arsenic selon la melhode de Marsh, par S. STRATINGH , Ez. 

3. Observations sur 1'economie rurale de les Provinces de Groningue et de Drenthe, par H. C. VAN HALL. 

4. Sur les ameliorations que Ton a pratiquees a la pile Voltatque et sur les moyens d'en augmenter 1'aclivite, 
par A. H. VAN DER Boon MESCH. 

Dr. S. BLEEKRODE, Algemeene en bijzondere Technologic, 5 aflevering. Leer der Krach- 
ten. Groningen , bij P. S. Barghoorn. 1838. (Technologic generate et spe"ciale.) 

Tijdschrift voor Natuurlijke Geschiedenis en Physiologic (Journal d'Histoire Naturelle et 

>' dc Physiologic, etc.) Uitgegeven door J. VAN DER HOEVEN, M. D. Prof, te Leiden, en W. H. 

DEVRiESE, M. D. Prof, te Amsterdam. Vierde deel. Leiden, bij S. en J. Luchtmaris, 1838. A 

paru en deux cahiers formant 4 Numeros, dont les deux derniers sont publics en 1838. 

Contient les memoires suivants : 

1. W. VHOLIK , Observations analomiques sur la Balaenoptera rostrata, p. 124. 

2. F. A. W. MIQUEL, Sur le Sargasso, p. 2541. (Voyes Bull. p. 19.) 

8. J. WTTEWAAL, Note sur 1'origine, le developpement et les metamorphoses de la tige, p. 42-105. 
[ 4. M. DASSEN, Recherches sur les mouvements des feuilles, qui ne sont pas causes par les articulations, p. 

106134. 

5. A. BRANTS, Sur les year simples des aniinaux articules, p. 183 153. (Voyez Bull. p. 25.) 

6. F. A. W. MIQDEL, Experiences sur 1'action des poisons sur les plantes, p. 154 208. 

7. P. W. KORTHALS, Sur la sensation douloureuse causee par les Physalies, p. 209 210. (f'oyes Bull. p. 42.) 

8. J. YAH DER HOEVEN, Note sur GOTTFRIED UKINIIOI.II TREVIRANUS, p. Ill 220. 

9. W. VROLIK, Idees sur I'origine des monstres et sur la valeur de la theorie des monstres innes, p. 221261. 

10. J. VAN DER HOEVEN, Recherches sur 1'histoire natnrelle de 1'homme, p. 262270. Continuation. 
VI. Sur les dimensions de la tete osseuse des Europeens. VII. Description du crane d'un caffre. 

11. F. A. W. MIQDEL, Comparaison generate de la vegetation Neerlandaise , avec celle de la province Rhenane 
de Prusse, p. 271281. 

12. J. H. HOFFMANN, Sur la Lenticule arrhize, p. 282333. (Poyes Bull. p. 78.) 

13. A. NKMAN, Sur 1'evacuation periodique dc sang des organes generateurs de quelques aniinaux domestiques 
etc. p. 334858. (Foyez. Bull. p. 91.) 

14. L. lloRMR, Observations geologiques et mineralogiques sur 1'ile de Borneo, p. 359 369. (Voyes Bull. p. 125). 

15. P. W. KORTBALS, Sur 1'enveloppe du stigmate des Scaevolacees et des Goodeniacees , p. 370374. 

16. J. VAN DER HOEVKN, Note sur le grand Salamandre du Japon , p. 375-386. (Payee Bull. p. 90.) 

17. W. H. DE VRIESE, Les biforines de Tnrpin , une nouvelle decouverte dans la cristallographie du regne 
vegetal, p. 887406. 

18. J. VAN DER HOETEN, Snr le Lepidosiren paradoia, p. 407-408. 

19. W. H. PE VRIESE, Novae Species Cycadearum Africae australis, figuris et descriptionibus illustratae, p. 409 - 425. 



iullrtm N. 1C. SI Aoit U38. 



( 122) 

Une nutre partie de cet ouvrage est voue a des annonces de livres et a la publication des programmes de 
societes savantes. Nous conlinuerons incessamment, de communiquer des extraits des meraoires con ten us dans cet 
interessant journal. 

Afbeeldingen der Artsenijgewassen , welke in de Nederlandsche Apotheek als zoodanig 
vermeld zijn. Naar de beste uitlandsche afbeeldingen geteekend eri op steen gebragt , door 
N. ANSLIJN Nz. 50 e aflevcring. Leiden, bij D. Dumortier en Zoon. 1838. (Planches de plan- 
tcs officinales , mentionnees dans la Pharmacopee des Pays-Bas , dessine'es d'apres les meil- 
leurs dessins de I'etranger et lithographiees par ) 

HENRICI VEHLOREN, Juris Candidati, RESPONSIO ad quaeslionem Zoologicam, a Facultate 
uobil. Matheseos et Philosoph. nat. in Acad. Rheno-Trajectina , anno 1836 propositam. 
Ouaeritur insectorum lepidopterorum , quae in opere CRAMERI : les papillms exotiques des 
I rois parties du monde etc., ejusque supplemento descripta et delineata sunt, catalogus, con- 
tinens enumerationem systematicam specierum , in sua genera redactarum , secundum metho- 
uum eel. LATREILLE, in posteriore editione CUVIERII operis : le regne animal etc. expositam. 
Prajmio ornata xvi Mart. 1837. Traject. ad Rh. Apud J. Altheer. 1837. 8. pag. 280. 
Ouvrage faisant partie des Annales de I'universile d'Utrecht et imprinie aussi separernent. L'auteur a divise 
son ouvrage en deux Catalogues, clont le premier suit 1'ordre de 1'ouvrage de CRAMER, en enumerant les noms de 
ret auteur, auxquels sont joints ceux d'autres ouvrages et des observations critiques sur les figures de CBAMEB. Le 
second Catalogue est systematique , avec les caracteres des genres selon LATREILLE Genera Crustac. et Insect ; les 
noms des especes de CRAMER sont ren.places par ceux de GODAHT, FABRICICS etc. L'onvrage, fruit d'un travail 
assidu et d'une bonne connaissance de la matiere, sera sans doute accueilli avec interet par les entomologistes, 
comnie facilitant 1'usage d'un des premiers ouvrages de lepidopierologie. 

SEPP, Nederlandsche Kapellen, Amsterdam. 1838. 4. (Lepidopteres indigenes.) Tome VI. 
N. 9. Pieris Cardaminis. K. 10. Tortrix Pomonanu. L'histoire de la metamorphose de ccs lepidopteres est 
exposee scion les observations faites en nature par M. VER HUELI. C'est aussi a son habile pinceau que Ton doit 
les planches detaillees qni y sont jointes. 

Monographies de Mammalogie , ou description de quelques genres de Mammiferes , dont 
les especes ont die qbservees dans les differents Musees de 1'Europe, par C. J. TEMMINCK, 
Directeur du Musee d'Histoire naturelle de S. M. le Roi des Pays-Bas, Membre de plusieurs 
\cademies et Societes savantes. Ouvrage accompagne de planches d'Osteologie, pouvant servir 
de suite et de complement aux Notices sur les animaux vivants , publie'es par M. le Baron G. 
CUVIER , dans scs rechcrches sur les ossemcnsfossiles. 2 tle Livraison, A Leyde , chez C. C. van der 
Hoek. 1838. 4.o, pag. 49-138. 

Le premier volume du present ouvrage a deja paru a Paris en 1827, et le celebre auteur s'est propose dele 
continuer a present par livraisons composees d'une ou de plusieurs monographics , avec planches lithographiees. 
Les profondes connaissances de M, TEMJIIHCK dans rette partie de THistoire naturelle sont trop connues, pour no 
pas s'attendre ici a des meraoires Hu plus haul interet, et qui repandent un nouveau jour sur plusieurs points 
obscurs de la science. 

La oniieme monographic par laquelle commence eetle livraison , traite des Cheiropteres frugivores , contenant 
des additions aux vuei (/enemies sur 1'ordre des Cheiropleres, revision de la Monographic du genre .Roussettett 



( 123 ) 

Monographies des genres P achy some , Macroglosse , Harpie et Cephalote. Le memoire est illustre par des dessins 
de ces animaux , de leurs cranes et de leurs tetes ; ces dernieres sont faites sur le vivant. La quantite 
d'animaiix rares et nouveaux, qui parviennent de loutes les parties du monde au Musee du Roi, eonfie aux 
soins de 1'auteur, 1'amis dans la possibilite, d'illustrer les especes peu connues et d'enrichir la connaissance 
de cette famille de plusieurs inedites de differentes parties du globe. C'est ainsi que 1'auteur decrit dans la revi- 
sion du genre Rmtssette, huit especes nouvelles que le Musee vient de recevoir par les soins de ses voyageurs, et 
quatre autres, signalees dans les ouvrages publics , depuis que le premier memoire de M. T. a paru. 

La douzieme monographic parle du genre Simla L. , contenant surtout la description, la synonymie et toste'o'- 
lugie des Singes-orang. Quant au Singe Chimpanse (S. Troglodytes) I'auteur repetecequiaete ditrelativement a 
cette espece. Le Singe Orang-Outang (S. Satyrus), au contrairc, est decrit d'une maniere detaillee, surtout a 
1'egard des differences d'age et d'osteologie. Ce qui orne surtout cet interessant memoire ce sont des por- 
traits fideles des deux sexes a 1'etat adulte, de teles vues en face et de profil, du male dans les differentes perio- 
des de 1'age; de figures au trait donnant la pose habituellc du jeune animal en captivite, de traits de cranes 
dans qnntrc epoques differentes de la vie etc. A la fin de ce memoire I'auteur ajoute quelques observations 
concernant une seconde espece de Singe-Orang asiatique nouvelle, dont 1'existence parait vraisemblable, savoir: 
le Oranj-roux, dont se trouve actuellement un sujet vivant dans la menagerie du Jardin des plantes a Paris. 

Fauna Japonica auctore PH. FR. DE SIEBOLD. Crustacea, elaborante W. DE HAAN. Decas 
III. Lugduni Batavorum; ex officin. lithogr. auctoris. Grand in 4." p. 65 72. Tab. xxiv.et 
Tab. E , F. 

On trouve dans cette Decade les descriptions latines , et les figures des animaux suivants. Cancroidea : Por- 
tunus gladiator Fabr. fern. (T. xvm. fig. 1); P. truncatus Fabr. var. (fig. 2); Cancer granulatus n. sp. (fig. 3.), 
C. truncatus n. sp. (fig. 4); C. integer n. sp. (6.); Grapsus affirm n. Sp. (fig. 5.) Calappidea: Les genres 
sont repartis de la maniere suivante : 

I. Max 5. art. 3. secundis longiores, 

A.) Apice latiores quarn basi Cycloes. (gen. nov.) 
B.) augustiores quam basi Calappa. 
II. Max. 5. art 2 et 3. longitudine aequales Mursia. 

Le genre Calappe est divise dans les sous-genres de Lophos, Calappa, (1 all us, Camara, dont les caracteres 
sont traces soigneusement, avec 1'indication des especes non japonaises , qui y appartiennent. L'auteur decrit 
celles-ci du Japon: Cycloes granwlosa n. sp. (T six, fig. 3. ) Calappa (Lophos} Philargius (fig. 1.), C. (Lophos) 
Lophos Herbst. (T. xx, hg. 1.) Une partie des planches appartient au texte precedent. 

Fauna Japonica etc. Ophidii, elaborantibus C. J. TEMMINCK et H. SCHLEGEL. Lugd. Bat. ex. 
. off. lithogr. auct. p. 8193. Tab. 110. 

Le premier, qui apres KAEMFFER a fait connaitre les Ophidiens du Japon, fut BOIE, qui d^crivit une collec- 
tion de reptiles, rapportes par M. COCK BLOUHOFF, ancien Chef de la Factorie Neerlandaise a Deziina. (Voyez 
Isis 1826, p. 206 suiv.) Cependant parmi cette collection, se trouvaient aussi des especes indiennes, que 1'ex-' 
cellent erpetologiste , tout en ignorant cette confusion, a decrites comme japonaises. Le Japon ne semblo pos- 
seder qu'un petit nomhre de ces animaux. Les collections de MM. DE SIEBOLD et BURGEE sont riches en indivi- 
dus, mais les especes s'y trouvent limitees a un tres-petit norabre, ce qui est confirme par le temoi^nao-e de 
M. SIEIIOLD et plusieurs livres du Japon. Six especes se trouvent dans le Japon , auxquelles on doit ajouter quatre 
especes de Serpents de mer. Coluber virgatus (PI. I), C. quadrivirgatus Boie , (PI. 2), C. conspicillatus oie, 
PI. 3), Tropidonotus tigrinus B. (PI. 4), T. Fibakari B. (PI. 5), Trigonoccphalus Blomhoffii (PI. 6;, Hydro- 
phis striata (PI. 7), (dont la synonymie est, selon ces auteurs, tres-embrouillee) , H. Pelamis (AnguisPlatura 



( 124 ) / 

L., Pelnmis bicolor Baud.) (PI. 8.), H. pelamidoides (PI. 9.) (Hydrus major Shaw Gen. Zool. m. P. u , p. 538, 
PI. 12-1, Lapemis Hardwickii Gray Indian Zoology) , H. Colubrina (PI. 10.) (Platurus fasciatus Latr. Kept. 4 , p. 183). 

Les planches, qui accompagnent cette Faune , sont dessinees d'apres nature et lithographiees par M. le Dr. 
SAABMANS MULDEB, dont le talent est assez gcneralement connu. 

Dans un discours prelim inaire , destine a servir d' introduction a la Faune du Japon , M. TEMMINCK donne un 
coup-d'oeil sur la faune des iles de la Sonde et de V empire du Japon, memoire tres-interessorit tant par les 
vucs generates et philosophiques sur la distribution des animnux sur ce grand archipel, quo par les consequen- 
ces que 1'auteur en lire a I'egard de la geographic elle-meme, de la forme et de la situation primitives de ces 
iles. Nous voyons dans ces recherches geographico-zoologiques M. TEMMIHCK suivre la marche, que 1'illustre Him- 
BOLDT a tracee le premier pour le regne vegetal, et qu'il voulait deja lui-meme appliquer a la distribution des 
animaux sur la surface du globe terrestre. On vcrra bient6t, que les consequences que Ton pourra deduire des 
observations de M. TEMJHPICK , ne s'accordent pas, sur differents points, avec les hypotheses sur la conformation 
primitive de 1'Asie et de son Archipel, emises par TON HOFP, HITTER, BERGIIAUS, etc. 

M. TKMMINCK termine son memoire par un apercu des travaux de nos naturalistes voyageurs, d<mt plusieurs 
hclas! perirent victimes de leur zele, et de 1'insalubrite du climat. C'est ainsi qu'en peu de temps on a eu u 
deplorer la mort de KDHL, VAN HASSEI.T, BOIE, MACKI.OT, VAH RAALTEN, ZIPPELIUS, TAN OORT, dans les Inclcs, et dc 
BAIKRLEIN sur la c6te de Guinee. Pour recompense de vos travaux, pour votre devouement, dit M. TEMMINCK, 
1'amitie ne peut vous offrir que le souvenir trace sur le marbre des cenotaphes, eriges en votre honneur dans 
le Musee national, oil votre memoire sera toujotirs chere a ceux , qui ont ete a meme d'apprecier vos connais- 
sances etendues, votre zele pour cooperer a 1'avancement des sciences, et votre devouement assidu a remplir le 
but de la mission scientifique qui vous .ivait ete confide! > 






SUR LECTION THERMO-ELECTRIQUE DU MERCURE, 



FAR 



1. O. C. VOKSSELMAN DE HEER, 

Profexseur il I'Alhenee de Decenter. 

Tandis que M. Matteucci croyait avoir trouv6 , que le mercure est depourvu de la pro- 
priete de developper des courants Thermo-Electriques , M. de Heer a fait des exp6riences , 
qui lui semblent prouver, que le mercure, chauffe en contact avec d'autres metaux. , deve- 
loppe des courants bien distiricts , el que dans plusieurs experiences de M. Matteucci le cou- 
rant , qui se montrait quand deux metaux etaient mis en contact a 1'intermede d'un bain 
de mercure ou de tout autre alliage m6tallique, ri'est pas du a 1'action de ces deux me- 
taux, mais a celle d'un de ces metaux et du mercure. Voici les experiences sur lesquelles 
M. Vorsselman de Heer s'appuie. 

II prend deux fils de meme metal , roule 1'un en spirale et le chaufie au moyen d'une 
lampe a alcool ; puis il etablit le contact , et trouve que 1'aiguille d'un galvanometre tres- 
sensible devie d'un certain nombre de degres : le sens de la d6viation lui indique un cou- 
rant , qui va du fil chauffe au fil froid pour le cuivre et le platine ; mais un courant en 
sens inverse pour le zinc, le fer et 1'argent , tant celui qui se trouve dans le commerce, 



( 125 ) 

que 1'argent pur. Le Bismuth et 1'antimoine donnaient des resultats variables. Mainte- 
nant il etabht le contact au moyen d'une goutte de mercure, dans laquellc les deux fils sont 
plonges : meme resultat qu'auparavant. Au lieu de la goutte de mercure il fait dans un 
morceau de bois une rigole d'un d6cim. de long sur 2 mru de large, qu'il remplit de mercure, 
et plonge les deux fils dans les deux extremites de ce fil de mercure , apres avoir chauffe 
un des fils : maintenant le courant va du mercure au metal chauffe , quancl celui-ci est du 
platine , du cuivre , du zinc , de 1'argent , du fer ou de 1'antimoine ; inais du metal au mer- 
cure , quand le m6tal est du bismuth. Le courant se distingue de celui qu'on obtenait en 
i'aisant toucher les deux fils sans mercure ou au inoyen. d'une seule goutte par une plus 
longue duree. 

Dans le cas du bismuth et de 1'antimoine M. de H. trouve des courants , qui vorit tantot 
du m6tal chauffe au metal non chauffe , tantot en sens inverse ; la direction du courant lui 
semble dependre de la difference de temperature, et une plus grande difference produit 
dans ces m6taux un courant inverse d'une difference plus petite. A 1'appui de ces experien- 
ces il en cite d'autres ou les deux fils, employes conjointement avec le mercure 
etaient de diflerents metaux et ou il s'etablissait des courants, qui, si Ton regardait le mer- 
cure comme inactif, seraient contraires, quant a la direction, a ceux que d'autres experien- 
ces Thermo-Electriques ont etablis depuis longtemps , mais qui s'expliquent aisement , quand 
on admet , que le courant s'etablit par le contact du metal chauffe et du mercure. En resume 
M. de Heer etablit cette serie Thermo-Electrique : bismuth, mercure, platine, cuivre, zinc, 
argent , fer , anlimoine. (Extrait du : Algemeene Konst- en Letterbode. 1838. I. 281 285.) 

w. 






OBSERVATIONS GEOLOGIQUES ET MINERALOGIQUES SUR L'JLE DE BORNEO, 

rn 

M. L. HoRNER, D. M. 

.} - !rtj ! 

Nenibrr tie In Commission pour let Rechcrches sur Vllistnire naturelle dans les Indes orientate*. 

L'espace, que M. H. a parcourue du mois d'Aout jusqu'au mois de Decembre 1836, 
eomprend les environs du fleuve qui a son embouchure dans la mer pres de Banjarmassin-, 
flcuve designe en g6n6ral par lui sous le nom de Baritto*} et sur lequel il a navigue, pen- 
dant 12 jours, depuis sa source jusqu'a 0,20' lat. bor. La moitie occidentale du Tana Laut , 
presqu'ile triangulaire a la partie Sud-orientale de Borneo, a etc aussi temoin de ses savan- 
tes investigations. 

Le centre de cette grande ile est occupe par une quantitede montagnes tres-serrees , dont 
les points les plus eleves , p. e. de la chaine du Gunung JSundan , s'elevent de 3000 a 4000 



*) 11 portc tnccessivement les noms cle Prkiimpai , Dusson et Murong. 



(126) 

pieds au-dessus de la mer. De ce centre des montagnes (Bergknoten en allemand ou la place 
plus 61evee, ou deux chaines se croisent) s'etendent en rayonnant dans des directions diff6- 
rentes, des chaines, compos6es de series paralleles; sur la moitie boreale de Borneo on ne 
connait & cet egard que le nom d'un rnont tres-elev6 dans un grand lac Ninebalu, duquel 
cependant les grandes rivieres ne prennent pas leur source. C'est d'ici qu'au N. Quest, 
s'etend la montagne Balu Lupar , qui termine au Sud le territoire du Borneo Proper , et 
qui est liee , selon M. le Lieutenant-Colonel Henrici , a la montagne centrale. A 1'Ouest , 
eritre les deux branches du grand Kapuas, s'etend une montagne large et courte. Au Sud- 
Ouest se trouvent, a I'est de Kotta ringin dans le voisinage des cotes, des montagnes, cele- 
bres par leurs grands cristaux [de Quartz ?]. A Test du Baritto , entre lui et les cotes 
orientales , s'etend une longue chaine au Sud, qui continue jusque dans la presqu' ile, 
dont nous avons parle, et y est nominee Gunung ratus , c'est-a-dire cent monts. 

Cette partie est compos6e de sept chaines paralleles, qui se dirigent du S. Quest au N. 
Est; la quatrieme (comptant de 1'Ouest) est la plus haute et s6pare aussi les eaux. Lapointe 
la plus elevee, nomm6e Gunung Sakumpang , en monte a 3168 pieds de Paris au-dessus 
de la mer, 

Le noeud central et les chaines centrales sont formees par des roches quartzeuses. C'est 
ce que prouve aussi le sable des banes du Baritto , lequel sable consiste en granit et dans 
lequel on trouve des cristaux de roche, qui se rencontrent aussi dans le Kottaringin. 
Dans la chaine orientale, dont notre voyageur a parcouru la partie m6ridionale, predomi- 
iiaicnt le Syenit , le Diorit , le Gabbro et la Serpentine , pendant que le Granit etait plus 
rare. Toutes ces roches montrent diverses formes de transition; on n'observe aucune suc- 
cession de periodes et elles se presentent comme une masse plutonique irreguliere et elevee. 

Dans les grands espaces entre les chaines du noaud central, il s'est forme plusieurs depots 
tant m6caniques que chimiques ; ces espaces en etant remplis , 1'opinion de M. von Henrici 
s'est bien confirmee , que la forme de Borneo avait ressemble primitivement a celle de CMe- 
bes , caract6risee par le grand nombre de ses bras. 

L'espace entre les chaines qui s'etendent au S. Quest et au Sud , est environne par la 
contree , qui renferme en soi le Baritto , le grand Dajak et le petit Kapuas. Le Baritto , 
des sa source coule dans la montagne cenlrale (dans le voisinage de laquelle se trouvent 
aussi les sources des grandes rivieres occidentales et orientales de Pontianak et Kotteh] par 
un espace de 70 mill. angl. dans une direction de 1'Ouest a 1'Est, se courbe alors au Sud , 
en conservant cette direction jusqu'a la mer , etendue d'a peu pres 230 milles angl. Dans 
le centre de 1'espace entre les dites chaiues , on trouve dans une etendue de 30 mill, en 
large une formation de calcaire grossier , de marne gris-noir et de roches quartzeuses fines , 
le plus souvent d'une couleur jaune, dont le gisement et la direction varientbeaucoup, cause 
principale du cours irregulier et des courbures de la riviere. 

Dans le Sunyi Bomban , riviere qui s'ecoule du nord dans le Baritto , il trouva a trois 
places ces formations perforees par des colonnes de Trachit et d'Augit porphyrique, dont 



( 127 ) 

- t 

le soulevement a peut-etre bris6 la jonction des couches calcaires et de "gres. Celte forma- 
tion de calcaire et de gres ne s'etend pas par toute la peripherie du dit espace ; car a la fin 
de la chaine m6ridionale pres de la montagrie Gunung Ratus, il la trouva couverte par des 
couches, qui offrent entierement le caractere des formations secondaires. Les habitants y 
trouvent de la houille. 

Ces collines s'inclinent vers le Sud et sont avoisin6es par line formation plus recente, 
dont les masses horizontales occuperit toute la peripherie de cet ancien golfe et fonnent de 
petites collines de 50 a 100 p. de hauteur. 

Vers 1'Occident , au petit Kapuar , M. v. Henrici trouva les pierres dites batubras , qui 
sont une vari6te granuleuse du Quartz conglomere. M. Homer trouva frequemment aux riva- 
ges du Baritlo , qui coule a une profondeur de 30 milles angl. par cette formation, du 
Quartz conglomere, dont 1'enduit argileux ferre s'etait separe en Thon-eisenstein, duquel 
les Dajaks gagnent un fer excellent pour la fabrication de leurs armes. 

Au-dessous de ces masses Ton trouve un sable brun plus argileux, et ensuite des couches 
d'argile bleu avec des depots de houille (Braunkohle). 

Les mines d'or , situees plus vers 1'Orient , dans le district de Negara, pres de Lcbung 
Amos , se trouvent , selon les renseignements qu'on a communiques a M. H. , dans la meme 
formation. 

Cette formation se fait cependant plus aisement d6couvrir dans les Lautlanden, ou elle 
s'eleve en tres-grandes couches imm6diatement au pied des masses amphiboliques (Syenit) 
et serpentineuses de la montagne Ratus. C'est ici que Ton voit s'alterner les masses de Quartz, 
unies par un ciment argileux ferrifere, d'une structure plus dure que dans le Baritto, avec 
1'argile rouge (Letlen des allemands). C'est aussi ici , qu'a une profondeur de 20 pieds se trouve 
un bane de pierres quartzeuses, accompagne de sable ferrifere magnetique, d'or , de platine , 
d'Iridosmium, d'ou les Malais et les Chinois gagnent 1'or par lavage. On decouvrit encore uri 
bane semblable a la meme profondeur pres de Gunung Lawak , dans lequel on trouve ce- 
pendant aussi du Syenit et d'autres roches de la montagne voisine. C'est ici que se rencon- 
trent les diamants, accompagnes d'or, de platine et de petites frustules de fer pur. II y 
a dans ce bane une espece tres-remarquable de petites pierres arrondies d'un quartz brun , 
parsemees d'une quantite de ponctuations de fer oxyde et de points microscopiques d'une 
matiere metallique tres-blanche , laquelle restant npres 1'incandescence et Faction de 
1'acide nitrique , parait e"tre du platine. Ces roches s'appellent Batu Timahan , sont regar- 
dees comme une preuve indubitable de la presence des diamants et semblent 6tre origi- 
naires des veines d'une montagne voisine. La surface en offre une quantite de petites exca- 
vations , entre lesquelles quelques-unes sont regulierement triangulaires comme si un diamant 
y avail et6 compris avec une de ses faces octaedriques. M. Horner est presque lente de 
croire, que ces veines quartziques sont, nonobstant la belle hypothese de Brewster , les 
roches generatrices des diamants. 

Cette formation de quartz conglomere, de gres e-t d'argile a, en general, le caractere d'une 



( 128 ) 

formation tertiairej pourlant quelques mollusques et vine crustacee fossile semblent appar- 
tenir aux especes vivantes. Le fleuve Kajoetangi coule pres de Manlaraman, dans le 
district du Sultan de Banjermassing , autour d'une grande roche de corail, form6e exterieu- 
rement par des Astr6es et des Maeandrees , qui ne different pas des especes vivantes , et interieu- 
reraent d'une chaux compacte et granuleuse. Les recherches ulterieures nous apprendront 
peut-etre , qu'entre les tropiques on peut poursuivre les especes vivantes d'animaux jusqu'a 
des formations plus anciennes, que dans les regions boreales, parce que les change- 
ments climateriques , produits par des changements dans la distribution de la mer et du con- 
tinent, n'etaient pas si grands, pour faire mourir les animaux vivants. 

Un fait incontestable , c'est que cette formation s'est formee le long des cotes du golfe 
ancien, dont nous avons deja parle. La dissolution du Feldspath et del' Amphibole des roches 
cristallisees a donne naissance a 1'argile rouge. Le fer magnetique , qui se trouve abondam- 
ment dans toutes ces roches, etant oxyde , a caus6 la couleur rouge et donna un ciment 
ferrifere pour les conglomerats; les roches quartziques de ceux-ci doivent etre deriv6es des veines 
quartziques , qui perforent toutes les masses cristallisees des montagnes. Ce mouvement con- 
tinuel du detritus, cause par le flux et le reflux de la mer et peut-etre par le vehement 
brisant, emmeria les parties terrestres , et les pierres quartzeuzes tombaient seules aufond, 
pendant qu'en d'autres lieux , une partie de ces quartz tomba avec 1'or, d'autres metaux 
et les (Hainan ts, qui formal ent ensemble une couche. La situation primitive de 1'or est dans 
les veines quartziques , aussi dans la masse des roches dioritiques, dans laquelle M. H. a trouve 
plusieurs points d'or. Le Platine et 1'Iridosmium sont peut-6tre originaires de semblables 
roches surtout de la serpentine , comme on le sail aussi de celles de I'Ural. 

II semble que le me'me gisement des couches a lieu dans les mines de diamants et d'or 
dans la partie occidentale de Borneo ; et a la meme formation appartiennent peut-e'tre les cou- 
ches stanniferes de 1'Orient de Sumatra, de Banka, Biliton et Malacca. 

En g6n6ral ces iles , avec Borneo etla partie occidentale de Celebes, formentune masse cori- 
tinentale , entouree d'un cercle de volcans , qui commencent dans la partie occidentale de 
Sumatra, ou plutot dans la petite ile, situee au nord (1'ile de Barren ou lies Adaman) et se 
continuent par I' ile de Java et les Moluques jusqu'aux Philippines et plus loin encore. 

Apres la formation et 1'elevation post6rieure de ces masses conglomerees , ce sont les 
fleuves , qui par le cours des temps ont rempli 1'espace de ce golfe ancien de matieres allu- 
viales. C'est par la lenteur de leur mouvement , que ce n'est qu'une matiere de boue fine , 
qui y est deposee. Le cours des rivieres s'est deja change souvent et se change encore, 
et quoique 1'imparfaite histoire de ce pays nous en ait conserve fort peu de renseignements, la 
bifurcation et le cours reticuleux des fleuves , la formation des banes a leur embouchure 
etc. nous en donnent assez de preuves. II semble aussi que des tremblements de terre ont 
contribue quelquefois a effectuer ces changements. (Traduction libre. Voyez Tijdschrift 
voor Nat. Geschied. en Physiol T. IV, p. 359 -309.) M-L. 



( 129) 

, 
NOTE SUR LA PREFOLIATION DES CYCADEES, 

FAX 

F. A. \V. MIQUEL. 

Dans tous les livres de Botanique on trouve marque comme un fait incontestable , que 
la prefoliation des Cycad6es est circinale et Ton n'a pas hesite d'y trouver aussi une 
preuve de leur affinite avec les Fougeres. L'observation nous a prouv6 que ce fait n'est 
point gen6ral. Sur un Encephalartos coffer Lehm. , faisant en Avril de cette annee de nou- 
velles feuilles, nous vhnes un bourgeon compose de jeunes feuilles raccourcies , dont les 
pointes convergeaient au sommet du bourgeon et dont les folioles , a chaque cot6 du rhachis , 
etaient imbriquees (a cause du raccourcissement de celui-ci) et les deux series appliquees 
Tune a 1'autre avec leurs faces anterieures. Une maladie nous empecha alors d'observer 
d'une maniere plus precise ce fait curieux ; mais dans ce moment le developpement des 
feuilles dans un E. Altensteini Lehm. et E. horridus Lehm. nous le confirme de nouveau. 
En effet , ces feuilles n'ont point une pr6foliation circinale ; mais dans le bourgeon on voit 
au moment du developpement les feuilles tres-courtes placees circulairement en forme de 
cone ; chaque feuille offre toutes ses folioles , mais tres-courtes , par le raccourcissement du 
rhachis entierement imbriquees, et appliquees avec leurs faces anterieures. Le rhachis est 
parfaitement droit , de sorte qu'on en voit deja distinctement le sommet dans le bourgeon , 
ou les rhachis occupent la peripherie, les folioles le centre. Le bourgeon terminal dans les 
Encephalartes developpe en general par des intervalles de deux ou de plusieurs annees de 
nouvelles feuilles; tandis que dans les plantes jeunes et les bourgeons lateraux des vieux 
troncs , il ne se developpe souvent qu'une ou peu dc feuilles. L'accroissement des jeunes 
feuilles se fait par 1'extension du rhachis et des folioles. Aussi dans V Encephalartos spi- 
ralis Lehm. nous avons observe cette meme prefoliation. 

Dans le genre Zamia Lehm. , les feuilles se developpent d'une maniere toute differente , 
ee qui confirme de nouveau la realite de ces genres Lehmanniens. Nous avons observe le 
Z, pumila et Z. media. Les jeunes ihachis des bourgeons sont rou!6s en forme de crosse 
(circinales) ; mais les folioles en sont a chaque cote imbriquees , de sorte que les sommets 
s'en dirigenl souvent vers I'inf6rieur a cause de la direction circinale du rhachis. Les deux 
series, a chaque cote du rhachis, sont appliquees 1'une contre 1'autre comme dans le genre 
precedent. 

Dans Cyca$ on remarque une prefoliation differente des deux precedentcs. En effet dans 
C. circinalis L. et C. revoluta Thunb. nous vimes les rhachis roules en crosse et aussi les 
folioles a prefoliation circinale , de sorte que le rhachis et les folioles ont tous leurs pro- 
pres axes d'enroulement. 

Quoique nous n'ayons pas encore constate ces faits dans un grand nombre d'especes, il nous 
parait bien indubitable qu'aussi les aulres especes s'accorderont avec ces observations, qui 

Bulletin N, 17. IS Septembre 1838. 



( 130 ) 

nous ont frappe, d'autant plus qu'clles sont facilcs a saisir, interessantes pour la classifica- 
tion naturelle de c'es genres et que pourtant elles sont restees inconnues jusqu'a ce jour. 



EXPERIENCES SUll ^INFLAMMATION DE LA. POUDRE ET L'INCENDIE DES MINES AU 

MO YEN DE L'ELECTRICITE VOLTAIQUE, TRANSMISE PAR 

DES CONDUCTEURS NON ISOLES, 






M. MERKES, 

Cajiit. du Genie. 

Comme la transmission instantanee de l'Electricit6, a de grandes distances, par I'iutermede 
de conducteurs metalliques , a suggere 1'emploi de 1'electricite comme moyen de communica- 
tion , cette propriete remarquable ne pouvait manquer d'attirer 1'attention dcs militaires 
sur la possibilite de faire un usage sur et non dispendieux de sa force calorifique a dis- 
tance , pour faire sauter des mines a tel moment, que 1'on jugerait a propos, afiri d'en retirer 
le plus grand effet. Des experiences, faites en Russie pour incendier les mines, situ6es a 
une distance de 800" lfet - de 1'appareil voltai'que , qui devait exciter la chaleur requise pour 
la combustion de la poudre, ayant prouve la possibilite de faire un emploi avantageux de 
1'Electricite, il etait naturel de voir les puissances militaires de 1'Europe rcpeter ces expe- 
riences,' surtout apres que I'mflammatiori d'une mine, situee sous 1'eau de la Neva, avait 
clairement demontre, que la faculte conductrice de 1'eau et d'un terrain humide n'offrait 
point d'obstacle a la transmission de 1'Electricite. On employait pour produire cet effet des 
conducteurs de cuivre rouge, isoles au moyen d'une enveloppe de fil de soie ; mais comme 
il est connu que 1'isolement des fils exige de grands frais, et que si cet isolement est une 
condition dont on ne saurait se passer, on ne serait pas assez sur qu'un appareil , expose 
a etre enseveli dans la terre , ou a rester plonge dans les fosses d'une place forte, produi- 
sit son action calorifique a 1'instant que Ton voudrait, il etait douteux si cette m6thode 
d'incendier les mines ne serait pas inferieure a celles qui sont deja en usage, et qui, quoi- 
que moins simples, auraient 1'avantage de ne pas manquer a 1'instant, ou leur action feraitle 
plus grand effet. Celte difficulte semble maintenant levee par des experiences faites pendant 
l'6te de 1837, par des officiers du genie militaire , et plus en grand pendant 1'hiver et le 
printemps de 1838 par M. le Capitaine Merkes, au moyen de conducteurs non isoles. M. 
Merkcs a employe pour ses experiences une pile de Wollaston a 12 couples : chaque ele- 
ment avait 0, m l45 de cote: le liquide employe consistait dc 12,5' il - d'eau , 0,70 a 0,15'^- 
d'acidc sulfurique et 0,35 a 0,40 kil - d'acide nitrique , un liquide moins acide ne donnant 
pas une action assez forte ; les conducteurs etaient des bandes de cuivre rouge , de 10 mra de 
large et epaisses d'a peu pres 0, mni 8, appliquees contrc les poles de 1'appareil voltaique au moyen 



(131 ) 

de deux vis de pression: les autres extremites des conducteurs sont mises en communi- 
cation par deux ou trois fils d'acier de 1'epaisseur connue dans le commerce sous le 
numero 12, d'une longueur de 30 mm , ou , pour de plus grandes distances, de 20 a 25 mm 
seulement : ces fils d'acier sont tendus parallelement d'un conducteur a 1'autre, ct les ex- 
tremites des conducteurs et les fils d'acier sont plonges dans la poudre, que 1'ori veul enflam- 
mer. Pour faire op6rer 1'appareil au juste moment que Ton jugera convenable, la cuve Galva- 
nique remplie d'eau acidulee est suspendue a deux cordes , roulees autour d'un axe, mobile 
au moyen d'une roue dentee et d'une manivelle ; et Ton opere 1'immersion instantanee des 
lames de cuivre et de zinc en tournant la manivelle qui fait monter la cuve. Si tout est 
bien proportionne et bien arrange, au moment de l'iminersion , les fils d'acier, par lesquels 
le courant Electrique circule , sont amenes a 1'incandescence , fusent et enflamment la pou- 
dre dans laquelle ils sont plonges. 

Dans les experiences prealables, faites par M. Merkes , les conducteurs avaient une longueur, 
qui variait de 75 a 105 m , et furent places sur le gazon , couverts de terre humide, 
enfonces dans le sol, et .reconverts de terre: lorsque la reussite de ces experiences avail 
prouve la bonte de 1'appareil, les conducteurs furent enfonces dans le terrain de la forte- 
resse Isabelle , pres de Bois le Due, le 1 3 Mars 1838; de maniere que partant du 
parapet du rempart , ils descendaient dans le fosse large de 35 . traversaient le che- 
min couvert , et ensuite le glacis, jusqu'a une distance de 25 m ; on les laissa exposes ainsi 
pour eprouver 1'influence de 1'humidite d'un sol extremement humide, jusqu'au 27 Mars, 
lorsqu'on cut la satisfaction de voir, a plusieurs reprises , sauter la mine au moment meme 
de 1'immersion de 1'appareil voltai'que dans le liquide. On essaya alors de faire communiquer 
les conducteurs non seulement par des fils d'acier fixes a leurs extremiles, mais on les fit 
encore communiquer par un autre fil , qui les liait ensemble a environ 20 m des extremites, 
plac6 dans le chemin couvert , et qu'on recouvrit egalement d'une quantit6 de poudre. En 
plongeant 1'appareil dans le liquide, les deux mines sautaient en meme terns et prouvaient, 
que le courant 61ectrique , quoiqu'ayant la faculte d'abreger son trajet de 40" a -, se partageait 
entre le trajet le plus court (de 110 :llfel - environ) etle plus long (de 150 m *'-) et fusait egalement 
les differents fils d'acier , par lesquels il passait. Dans une autre experience , ou Ton avail 
prepare encore une troisieme mine, mise en communication avec les conducteurs principaux 
par des branches laterales, egalement reunies par un fil d'acier, il n'y cut que les deux 
mines les plus rapproch6es de 1'appareil vollai'que qui sautassent ; mais un manque de com- 
munication entre le conducteur principal et le fil d'acier expliqua bientot 1'inactivite de la 
troisieme mine. Sur quarante differentes experiences aucune ne manqua son effet , exceplc 
dans les cas, ou quelque inadvertance avail etabli une communication imparfaite entre les 
poles de 1'appareil et les mines. (Extrait du Militaire Spectator, T. VI, p 261 273.) 

W. 



( 132 ) 

NOTES SUR LA GOMME ARABIQUE, L'ACIDE PECTIQUE ET LA COMPOSITION 

DE TOURBES, 



G. J. MULDER. 

Les experiences de M. Berzelius sur la gomme ont conduit M. Liebig a considerer ce corps 
a 100, soil libre, soit combine avec 1'oxyde plombique = C 12 H 22 O 11 . Depuis quelque 
temps on a commence a changer cettc formulc en C 12 H 18 O 9 , qui s'appliquerait aussi 
au sucre et a 1'amidon , combines avec 1'oxyde plombique et exposes a une temperature de 
170 a 180. 

Sechee pendant plusieurs heures a 130 dans 1'air, la gomme, soit libre , soit combinee de 
3 manieres differentes avec 1'oxyde plombique, m'a donne, il y a environ neuf mois , des 
r6sultats, qui n'aboutissent qu'a C 12 H 20 O 10 . Ce sont les suivants. Les details se trouvent 
dans le Natuur- en Scheikundig Archie/, 1838, N. 1. 

Gomme Gomme de Gomme de 

Arabique. Gommates plombiques. Senegal. Java. At. Calcule. 

Carb. 45,10 45,29 45,23 44,98 44,92 45,22 12 44,92 
; Hydr. 6,10 6,10 6,01 600 6,09 6,09 20 6,11 

Oxyg. 48,80 48,61 48,76 49.02 48,99 48,69 10 48.97 

La concordance bien nette entre ces resultats m'avait donne la conviction, qu'il est 
impossible dans ces sortes d'arialyses de se tromper six fois precisement de la meme maniere. 
Je conclus done, que la gomme arabique est composee a 130 de C 12 H 20 O 10 , soit libre, soit 
combinee avec 1'oxyde plombique. Le resultat de M. Berzelius, s'il est encore besoin, se 
trouve confirm 6 par les dernieres donnees : la gomme ne perd point d'eau par la com- 
binaison avec 1'oxyde plombique . mais par 1'elevation de la temperature. 

Mais a 130 3 le gommate plombique differe encore par 1 at. d'eau de plus, selon les expe- 
riences de M. Peligot. 

Pour bien etudier le gommate plombique, il faut commencer, il me semble, par 6tudier la 
gomme libre. Quand la gomme se decompose a une temperature elevee , il se peut que la 
gomme dans le gommate se decompose aussi. J'ai expos^ la gomme arabique, qui etait 
a 130 d'un blanc parl'ait, a une temp, de 135. Elle commence a se d6colorer. A 140^ 
elle est deja jaune , et celte couleur s'augmentc avec chaque degre du thermometre. 
A 160' elle commence a donner I'odeur de la gomme brulee et a 170 180, temperature a 
laquelle les amylates, les saccharates et les gommates plombiques doivent etre cchauffes, pour 
les obtenir bien prives d'eau , la gomme arabique repand une odeur de gomme brulee tres- 
prononcee et devient brurie. 

Appeler ce corps encore gomme arabique, serait, il me semble , en contradiction avec les 
premieres regies de la chimie. La couleur s'est chang6e entierement, le corps r6pand une 



(133) 

odeur tres-prononcee de decomposition el ne se dissout plus dans 1'eau , qu'en partie. 

Rien de plus naturel que la composition se soil changee. La gomme a 160 m'a donneC. 
46,11 H. 6,06 O. 47,83. Mais j'ai fait une folie en analysant ce melange. N'a-t-elle perdu 
que les elements de 1'eau? Point du tout, car la gomme repand 1'odeur de la gomme brulee 
et continue, en rfcpandant cette odeur, de perdre quelque autre chose que de 1'eau. Le 
gommate plombique , expos6 a la meme temperature , eprouve les memes changements. 

Je prends done la liberte de conclure, qu'il est Ires-douteus qu'il y ait un gommate plombi- 
que compose de C 12 II 18 O 9 + 2 PI, ou, s'il y a un corps, compose.' de cette maniere, qu'il 
ne contienne point de gomme. 

Quant au sucre , de meme il commence a jaunir a 165; a 170, temperature a laquelle 
le saccharate plombique a etc sech6 par M. Peligot , il est entitlement decompose. A 160 le 
sucre se fond, donne a 167 de 1'acide en rougissant le papier de tournesol et devient 
brun. Le sucre fondu a 167 donne , en le redissolvant dans de 1'eau , une liqueur brune. 
Reste done a demontrer, que le sucre, chauffe a 170 avec 1'oxyde plombique, est encore 
du sucre. Le sucre libre, chauffe a 167, n'est plus du sucre non altere. 

Si M. Dumas daigne r6peter ces experiences, je le prie d'avoir la patience d'attendrc , 
quele tube ait gagne la temperature du bain d'huile ; aussi, quand il prononce dorenavant sur les 
resultats , j'espere qu'il dira la verite. (Comptes Rendus du 21 Mai passe.) M. Dumas sait par expe - 
rience, que de tout ce qu'on a pretendu , la science ne retient a la fin, que la verite elle-meme. 

Des experiences ulterieures prouveront si 1'amidon , combine avec 1'oxyde plombique , est 
encore de 1'amidon a 180. Mele avec 1'oxyde plombique, 1'amidon ne perd point d'eau, p. 
40 ci-dessus. II se peut que 1'oxyde , precipite avec 1'amidon , le fasse decomposer a 180. Je 
n'en ai point d'experience. 



M. Regnault a analyse 1'acide pectique et a trouve pour sa composition C 11 H 14 O 10 , re- 
sultat qui differe du mien C 12 H 16 O 10 . M. Regnault a seche les substances a 150; moi a 
120 130. Cette difference , et surtout 1'estime que les ouvrages de M. Regnault m'ont in- 
spiree pour son talent, m'ont determine a repeter quelques analyses. Mais le r6sultat fut toujours 
le meme qu'auparavant. L'hydrogene n'est jamais trouve moins que 4,95, le carbone gene- 
ralement un peu plus au-dessus de 45,47 , que donne la formule. Je dois observer que le 
pectate cuivrique de navets, que j'ai employe a present, etait prepare de la maniere indi- 
quee p. 14 plus haut, et que de vert qu'il est a 130, il devient un peu rougeatre a 150. 



M. Regnault a soumis a 1' analyse les tourbes de Vulcaire, de Long et du Champ du feu, 
avec le but de determiner la quantite de matiere combustible qui s'y trouve. J ai institue 
un tel examen pour trois sortes de tourbes de la Neerlande. Je transcris les resultats du 
Konst- en Letterbode , 22 Juin 1838, danc lesqucls on trouve les details, que je passe ici : 



Carb. 


Hydr. 


*yg- 


Cendres. 



Carb. 


. 
Hydr. 


Oxyg. 


57,16 


5,65 


33,39 


3,80 


59,42 


5,87 


34,71 


59,86 


5,52 


33,71 


0,91 


60,41 


5,57 


34,02 


50,85 


4,64 


30,25 


14,25 


59,27 


5,41 


35,32 


57,03 


5,63 


31,76 


5,58 


60,40 


5,96 


33,64 


58,09 


5,93 


31,37 


4,61 


60,89 


6,21 


32,90 


57,79 


6,11 


30,77 


5,33 


61,05 


6,45 


32,50 



(134) 

Tourbe. 

compacte de la Frise. 

legere. >> 

de la Hollande. 

de Vulcaire. 

Long. 

Champ du feu. ... -,__ _., , ,_^ 

On ne peut done douter de 1'identite de la tourbe bien form6e, produite dans des cir- 
constances entierement differentes. 

... .. .. -y ! t i- ; ! _(., ... , J 

mind iu-:,inil ami ol awu* J ,<ruid 

SUR LA COMPOSITION DE LA CIRE D'ABEILLES, 

>;.< T: .; >.[) ' , i'U is ; 'liirijo ,9lJil 'j'loua oA .'jrj: 

HIM 

M. A. F. VAN DER VLIET. 

En m'occupant de recherches chimiques sur la composition de la cire d'Abeilles, j'aiaussi 
repete les analyses, que M. HESS vient de publier. Les exp6riences du savant Chimiste de 
Petersbourg se trouvent ins6r6es dans le Bulletin scieutifique de 1'Academie de Petersbourg 
et dans les Annalen de Poggendorff, B. XXXXIII , pag. 382. J'ai trouve presque les me'mes 
resultats. 

Myricine de Cire blanche. 1. Matiere 0,446, acide carbonique 1,300, eau 0,526. 

0,504. 



II. 


0,430, 


1,248, 




I. 


II. 


Carbone. 


80,597 


80,252 


Hydrogene, 


13,106 


13,023 


Oxygene. 


6,297 


6,735 



Myricine de Cire jaune. Matiere 0,229, acide carbonique 0,676, eau 0,280. 

Carbone. 81,624 

Hydrogene. 13,542 

Oxygene. 4,834 

De la Cire jaune preparee a la maniere de M. HESS. *) Matiere 0,166, acide carbonique 
0,490, eau 0,202. 



~~ .<![) fll 

*) M. Hess exposa la cire jaune a la digestion froide de Tether sulphurique , qni la decolorait ct la partageait en plu- 
mettes cristallines ; rasscmblcc sur un filtrc il la mit deux fois en fusion avec de 1'ean. Cette cire etait alors blanche el 
cassantc. 



( 135 ) 

Carbone. 81 ,620 

Hydrogene. 13.520 

Oxygene. 4,860 

De la cire jaune dissoute dans 1'ether. I. Mature 0,280, acide carbonique 0,826, eau 0,342. 

II. 0,240, 0,710, 0,290. 

I. II. 

Carbone. 81,570 81,800 

Hydrogene. 13,571 13,425 

Oxygene. 4,859 4,775 

Quoique ces resultats soient bien semblablcs a ceux de M. HESS, une difference peu im- 
portante vient se presenter dans la quantite de carbone , dans les analyses de la cirejaune , 
qui m'ont donn6 1 p. c. de carbone de plus, que n'a trouve M. HESS. Mais a present les 
nombres correspondent mieux avec la formule. 

On nomme cerine la partie de la cire qui se dissout dans 1'alcool, tandis que la partie 
insoluble est nomm6e myricine ; mais il est impossible de trailer la cire par 1'alcool jusqu'a 
ce que plus rien ne se dissolve. Les dernieres quantites de 1'alcool tiennent aussi bien de la cire 
en dissolution que les premieres , et c'est en raison de la pesanteur specifique de 1'alcool 
que la solution est plus ou moins parfaite. Car 1'alcool de 0,817 p. s. en dissout plus que 
celui de 0,857 ; el la cire est toul a fail soluble dans 1'alcool de 0,804 p. s. La solubilitc 
de la cire jaune dans 1'alcool de 0,804 esl la meme ; mais dans 1'alcool moins fort la cire 
jaune esl moins soluble que la cire blanche. La derniere esl done melee avec une sub- 
stance qui ne se trouve pas dans la cire jaune el qui est nommee par M. HESS acide 
ceraique. 

Les resultats des analyses de cerine et de cire blanche correspondent entierement avec 
ceux de M. HESS. 

I. C6rine 0,377, acide carbonique 1,062, eau 0,440. 
II. 0,340, 0,960, 0,396. 

I. II. At. Calcule. 

Carbone. 77,890 78,073 10 77,27 

Hydrogene. 12,970 12,941 20 12,62 

Oxygene. 9,140 8,986 1 10,11 

Trois analyses de cire blanche, trailee a plusieurs reprises par 1'eau, ont donne : 

Trouv6. At. Calcule. 

Carbone. 80,157 15 = 79.98 

Hydrogene. 13,091 30 = 13,05 

Oxygene. 6,752 1 = 6,97 

La formule pour la myricine esl done C 20 H 40 
cerine C H 20 

cire blanche C 15 H 30 



(136) 

Le carbone et 1'hydrogene sont en lout cas en rapport de 1 : 2. 100 parties d'hydr ogene 
carbon^ sont combinees: 

Dans la myricine avec 5,64 d'oxygene. 

cerine 11,24 ou 2 fois 5,64 d'oxygene. 

cire oxyd6e 16,9 ou 3 fois 5,64 

Dans la cire blanche 1'hydrogene carbone est combine avec li fois la quantite d'oxygene 
contenue dans la myricine. Nous pouvons done conclure que la cire est une substance sim- 
ple , combinee dans la cire jaune avec une matiere colorante , et dans la cire blanche avec 
une matiere oxydee , nommde acide c6raTque. 






NOTE ADDITIONELLE A L'ARTICLE SUR LE LIMVLUS, 



M. Ie Prof. J. VAN DER HOE VEX. 

looolr/l ab anpifb;'^ TI^M. -, <; w,-\i^n 1 >'a ;> , i-.i-bunatq aaJ Dp uoiiuloaf.th na 

(Voyei DM. p. 60.) 

M. Duvernoy a Strasbourg vient de communiquer a M. v. d. H. des renseignements surles 
especes de ce genre conservees dans le Mus6e de cette ville, et dont il suit, que le male 
de L. polyphemus n'a qu'une paire de pieds monodactyles. Par cette communication ce 
savant etranger a deja repondu a deux des questions proposeesdanslem6moire mentionn6. 
Les especes peuvent a present etre rang6es de cette maniere : 

A. Pedes secundi et tertii paris in maribus monodactyli. 

Sp. Z. mollmcanus Latr.; L. longispinanob. 

B. Pedes secundi paris in maribus monodactyli. 

Sp. Z. polyphemus Latr. 

C. Pedes omnes utroque in sexu didactyli. 

Sp. L. rotundicauda Latr. 

M. Duvernoy n'a trouv6 dans tous les exemplaires examines par lui , que deux yeux sim- 
ples , ainsi que M. v. d. H. avail indique, et non pas trois, comme plusieurs auteurs, p< e. 
M. Milne Edwards encore dans les suites a liuffon , 1'onl assure. Ce que ces auteurs ont pris 
pour un troisieme ceil simple n'est qu'un point corn6 moulu , situ6 derriere les deux vrais 
yeux dans la ligne mediane du thorax. Leyde, 29 Mai 1838. (Extrail du Algemeene Konst- en 
Letterbode , N. 25 , p. 388 -389. ) M L. 






( 137 ) 

EXPERIENCES SUR L' ACTION DES SUBSTANCES VENENEUSES SUR LES VEGETAUX, 

KT.JV.J: i /! '.:; (.Li-Wi;, ft- S-l> "> ' 

in 

F. A. W. MIQUEL. 

1 . ' . 

II est tout a fait impossible de determiner en general ce que c'est qu'un poison pour le 
corps vegetal; il est aussi douteux, s'il y a des matieres veneneuses pour tous les corps 
organiques. En se rappelant la simplicite de structure des plantes on ne doutera pas, que les 
phenomenes produits dans elles par les poisons , ne soient tout diff6rents de ceux que Ton 
observe dans les animaux. C'est par cette simplicite des phenomenes , par la rarete des signes 
marquants, qu'il est souvent difficile de determiner, si une matiere est en effet v6n6neuse 
pour les vegetaux. En appreciant 1'action d'une seule matiere sur des plantes differentes, 
on pourra obtenir quelque certitude dans ces choses ; seulement M. Raspail 1'a fait d'une 
autre maniere et croit qu'il suffit , d'observer 1'action du poison sur une seule cellule , p. e. 
sur 1'entre-noeud du Chara hispida (Phys. Veg. 1406). C'est a M. Goppert que 1'on doit 
beaucoup d'experiences , qui avaient en general pour but , de faire connaitre les change- 
ments , excites dans le corps vegetal par les malieres veneneuses. Aussi il est tres-diffi- 
cile de determiner precisement le terme , auquel la plante est morte. Est-ee la fletrissure 
qui nous signale la mort ? ou bien, est-cc un etat morbide qui la precede? Doit-on piendre 
comme seul signe incontestable de la inort la dissolution du tissu , indiquee par des ta- 
ehes brunes etc. Or, dans plusieurs plantes on ne voit jamais ce signe, et le dessechement 
seul annonce la mort. Les plantes , n'6tant pas dou6es d'un centre d'actions vitales , covnme 
les animaux, leur maniere de mourir differe egalement de celle que Ton observe dans les 
derniers. 

Nous n'avons pas determine la quantite des poisons absorbes, parce que cela nous parut 
impossible ; car les tiges coupees h'absorbent point les solutions des matieres veneneuses 
telles qu'on les leur ofi're , mais bien avec une sorte de choix. 

Nous nous sommes servi de tiges coup6es semblables , en plagant 1'une dans la solu- 
tion veneneuse , 1'autre dans 1'eau pure , afin de pouvoir apprecier plus justement les pheno- 
menes observes dans les premieres. J)e telles experiences sur des plantes placees naturellement 
dans le sol , ont beaucoup de difficultes et ne peuvent donner des r6sultats precis ; car il est pres- 
que impossible d'appliquer bien le poison aux radicules, et le sol m6me peut exercer une ac- 
tion chimique sur lui. En placant les plantes avec leurs racines , apres les avoir prises du 
sol , dans les solutions v6neneuses , il est impossible de le faire sans rompre 1'une ou 1'autre 
des fibrilles radicales. En general il n'est pas encore prouve , que les racines absorbent dans 
I'etat normal des matieres v6neneuses , ce qu'elles ne paraissent pas faire , malgre que quel- 
ques experiences voudraient 1'indiquer. (Voyez Link , Elem, Phil hot. ed. 2 p. 191. Treviranus 
Physiol. p. 292. Saussure recherch. chim. Chap. VIII. Bonnet , usage des feuilles. Goett. et 
Leid. p. 243 et 247. Meyen News System. I. p. 251.) 

Bulletin !. 18. 30 Seplemkrc 1838. ,3 



( 138) 



Nous ne donnerons que brievement les resultats de nos experiences , en oraettant souvent 1'his- 
toire detaillee des phenomenes observes pendant l'empoisonnement ; ce dont nous avons 
donne le recit dans le Tijdschrift voor Nat. Gesch. en Physioloyie. 

AMMONIA. I. Exper. 15 Jul. 10* h. 67 Fahr. La fleur du Lilium Mar (agon , trois brandies de Lo- 
belia bicolor en fleur, deux d' Ayrostetnma coronaria , une de Ly thrum Salicaria el une d'Oennnthe 
fistidosa, furent placees dans 1 once d'eau sous une cloche de verre , ou nous placames en meme 
temps un petit flacon ouvert avec del' Amman. liq.Apres dmin. les petales de Ly thrum furent tactic- 
Ices en bleu; apres 10 min. cellesdu Liliumse colorerentausommetenbrun;apresi h. celles d'Ayros- 
temma devinrent noires a leurs bords et au centre ; celles du Lobelia vertes , et celles d'Oenant/ie 
jaunes. 16 Juill. 10 h. , 68 F. Toutes les fleurs etaient fanees, amollies etmortes. Les tiges 
d'Oenanlhc 6taient brunes , les petales jaunes, celles d' Agrostemma d'un jaune pale, du 
Lilium brunes , mais en g6neral le moins changees de toutes. Les tiges du Ly thrum noires, 
les petales entierement decolores. Lobelia s'est encore assez bien conserve ; les tiges sout 
encore vertes; mais les fleurs presque vertes. Les plantes ri'ont presque pas absorb e 
la moindre quantite d'eau , et les parois de la cloche en offrent tres-peu. Sous 1'eau les 
tiges se sont bien conservees. L'eau a un teint legerement jaune. 17 Juill. 66. Les parties 
sont encore plus ramollies. Les plantes placees sous la cloche sans le poison , se sont 
tres-bien conservees, elles ont absorb6 1 dr. 1 scr. d'eau. Ji 3 , 

II Expdr. 17 Juill. 10 h. 65 F. pluie. Une branche en fleur du Ly thrum Salicaria, 
d'uri metre de longueur, fut placee par sa base dans un flacon contenant i once d'Ammon. 
liq. , qu'on boucha ensuite soigneusement et qu'on placa profondement sous le sable d'un 
pot , afin de prevenir toute evaporation de la matiere ammoniacale et d'en preserver les 
fleurs et les feuilles de la plante. Dans ce but , 1'epi lloral fut place dans un ballon de verre 
a deux bouches , dont Tune , qui recoil la plante , est fermee avec soin , 1'autre pla- 
cee dans 1'eau. 18 Juill. 11 h. La partie inferieure moyenne de la tige est entierement 
brune , avec les branches et les feuilles. La duret6 de la tige n'a pas change. La moitie 
superieure est rest6e la meme. La partie de la tige affectee par le poison offre a 1'exte- 
rieur une odeur ammoniacale. 20 Juill. (64 pluie). Meme etat. La partie mojenne de la 
tige et les sommets des branches sont frais et les feuilles ne sont point fletries. Les par- 
ties aifectees sont fletries et les fleurs commcncent a se faner, quoiqu'elles aient tres-bien 
conserve leur couleur rouge. La moitie du poison est absorbee. Sur la coupe de la partie 
inferieure de la tige , on voit une couleur brunatre , surtout dans les fibres ligneuses vers 
la p6ripherie. 

Ces experiments confirment done tout a fait ceux de M. Goppert, et Ton doit considerer 
1'action de cette matiere comme purement caustique. 

Les SELS D'AMMONIAQUE paraissent agir d'une maniere differente , et il me semble qu'ils 
sont absorbes par Ics vaisseaux et alors deposes par eux dans le tissu celluleux. 
2 Aout. midi. (63 pluie.) Je pla9ai dans 4 one. d'eau , melees avec 1 dr. d'une solution 
saluree d'Ainmoniaquc hydrosulphurique , des branches de VAtropa Belladonna , Impatient 



(139) 

noli tanyere , Spartium junceum , Parictaria officinalis , Anthcricum ramosum, Polygonum Fago- 
pyrum , Echium italicum , Alnus glutinosa , Hypericum Androscemum , Euphorbia Cyparissias, 
Leonurus Cardiaca , Veronica longifolia , Solanum rfu/rum , Lathyrus JVissofia, et une plante 
avec sa racine , du dernier. Les me'mes plantes dans de 1'eau pure. 3 A. (67! temps 

couvert) ; toutes sont encore fraiches et out absorbe i du liquide 5 A. Silanum niyr. , la 

partie de la tige plongee dans le liquide est dessechee, les feuilles jaunes, fletries, cadu- 
ques. Hypericum: tige saine. Les feuilles comraencent a jaunir. Impatians tige saine, feuilles 
dessechees. Leonurus: un peu fletri. Toutes les autres sont fraiches. Dans 1'eau toutes se 
sont bien conservees. Elles ont absorbe i one. du liquide. L'experiment ne pouvait tre 
continue. 

PLOMB ACETIQUE. I. Exp. 26 Juill. midi (68 beau temps). Dans 12 onces d'cau , melees de 
2 dr. d'une solution saturee de ce sel , on placa: un Gladiolus psittacinus (avec la bulbe), 
des branches en fleur de Spartium junceum , Malope trifida, Ly thrum Salicaria. , Solanum Ly- 
copersicum , Hyoscyamus niger , Cerinlhc major, Covolvulus tricolor, F'crbascum Thapsus , 
Antirrhinum majus , Mimulus luteus , des plantes eritieres avec leurs racines de Lupinus na- 
nus , une branche de I' Ulmus campestris. Les meines objels dans de 1'eau pure. 27. Juill. 
11 h. matin (72 beau temps.) Ulmus , ffyoscyamus , Solanum commencerit a se fletrir. Ly thrum 
et Cerinthe penchent un peu; les autres sont fraiches. Les stigmates du Mimulus , quoiqu'ils 
soient un peu fletris, sont encore irritahles. Dans 1'eau pure le Solanum penchc un peu. 
28 Juill. 11. (75; air couvert). Les feuilles de 1' Ulmus sont entierement dessechees; mais 
elles ont conserv6 la couleur verle. Lupinus , Hyosc, et Solanum sont fort fl6tris. Convolvulus 
commence a se fletrir, les feuilles brunissent. Toutes les fleurs en sont fletries. Malope, Per- 
base., Antirrh. , Cerinthe, Spart. , Mimul. fleurissent encore, et les stigmates du dernier sont 
encore irritables. Les feuilles inf. du Gladiolus commencent a se dess6cher. 31. lib. 
(64 air couvert). La fl6trissure des plantes mentionnecs est encore beaucoup plus sensible. 
Les feuilles de Cerinthe sont, en commencant des sommets, colorees d'un profond violet, celles 
de Gladiolus commencent a etre tachetees en jaune. Mimul. est entierement sec. Sol. et Hyos. 
penchent. Malope a encore quelques feuilles vertes. Ferb. et Ant. sont frais et en fleur. 
2 Aout. Midi. (73). Ferb. et Ant. sont encore en bonne sante. Sol. est a peu pres entiere- 
ment fletri. Mai. et Hyos. ont encore quelques feuilles vertes ; celles du Glad, sont presque 
entierement jaunes et s6ch6es. Les autres plantes sont ou mortes ou forlement fletries. 
5 Aout. Toutes les pi. ont peri, les feuilles et les tiges sont seches, brunes, d'un aspect sin- 
gulier. Sol. est encore vert et Antirrh. porte au sommet encore quelques fleurs bien conser- 
vees. Les feuilles mortes de toutes les plantes ne se detachent pas facilement des tiges. 

Dans une aulre experience nous trempames diverses branches dans 8 one. d'eau avec 3 dr. 
d'une solution de plomb acetique saturee , et observames que les Graminees resistaient le plus 
longtemps a 1'action du poison , pendant qu'un Calendula nfficinalis et Colutea arborescens en 
furent deja attaques au second jour. 

11 nous parait done incontestable , que le plomb acetique est un des poisons les plus actifs 



( 140 ) 

pour le regne vegetal, et M. Wiegman se sera sans doute trompe en avancant le contraire 
(Isis. 1826. p. 165). Reraarquons encore que dans notre I exp. toutes les plantes perirent 
en 10 jours, dans I'ordre suivant : Utinus , Hyoscyamus, Solanum , Lythrum, Cerintlie , 
Mimulus , Convolvulus, Gladiolus, Malope, Antirrhinum, Perbascum, Lupinus. La plupart 
noircies d'une maniere singuliere , commencant dans le tissu celluleux des feuilles et s'eten- 
dant de Ik aux parties inf6rieures ; d'ou 1'on ponrra conclure , que le poison se sera depose 
dans les cellules. 

En repetant les exp6riences ingenieuses sur la fonction des vaisseaux, prises par M. Link 
(Elem. Ph. hot. 3d. 2. p. 190) , je placai les plantes suivantes avec leurs pots dans la solu- 
tion de Cvanure de Potasse et de Fer , indiquee par ce savant; Fuchsia, H eliotr opium peru- 
vianum , Cheiranthus Cheiri, Hemimeris urlicaefolia , Impatiens Balsamina , Cineraria Peta- 
sites, Nolana, Rhamnus Alaternus. L? Impatiens , Heliotropium et Fuchsia pencherent deja 
des le lendemain , et au 6 e jour , toules les feuilles de Hemimeris etaient fletries et sechees, 
en partie bruries; les jeunes branches penchantes. Celles de Cineraria sont sechees, en 
commencant des bords, et tachet6es en noir. La surface superieure de celles de Heliotro- 
pium est brune. Dans 1' Impatiens les bords et les sommets sont fietris , les tiges normales. 
Nolana a la face sup6rieure des feuilles a taches brunes , et quelques feuilles du Cheiran- 
thus, qui est reste en general assez sain, penchent; aucune fleur n'est ouverte. Aussi dans 
le Fuchsia on ne voit qu'un leger penchement des feuilles. Le Rhamnus n'a rien souffert, 
seulement les feuilles sont assez profondement colores. Apres avoir arrose le meme jour 
ces plantes avec la solution du Fer sulphurique, nous trouvames au septieme les couches 
ligneuses de Y Heliotropium brunies ; dans Cineraria nous vimes les in ernes phenomenes; mais 
dans les autres nous en cherchames eri vain les vestiges. , / 

TINCTURA GALLARUM. I Exper. Toutes les plantes, placees dans 8 one. d'eau avec une 
drachme de ce liquide perirent, savoir Rumex sanguineus , Platanus occidentalis , Cupressus 
disticha , Anchusa capensis, Salvia Aethiopis , Impatiens Nolitangere , Ficus Carica, Hieracium 
amplexicaule , feuille d' Agapanthus. Apres 12 jours toutes elaient mortes. 

II. Exper. Dans 6 onces d'eau avec I dr. T. G. p6rirent Epilobium angustifolium &{. Oeno- 
thera biennis. Ill Expdr. Dans 4 onces d'eau avec I dr. T. G. sont placees plusieurs branches , 
qui le jour suivant avaient absorbe i du liquide, sans eprouver aucun mal; mais au qua- 
trieme jour Parietaria officinalis, Cytisus Laburnum, Alnus glutinosa , Leonurus Cardiaca , 
Gingko biloba et Mentha sylvestris commencererit d6ja a pencher. 

II me semble que cette teinture ne penetre pas a une hauteur considerable dans les tiges, 
mais agit surtout sur les vaisseaux et le tissu cclluleux des parties inferieures, en aneantis- 
sant la force de suction. En outre, il a el6 deja prouve, que toutes les sortes d'esprits 
exercent une action deletere sur les lissus des plantes 

.CAMPHRE. C'est bien peut-etre entreprendre un ouvrage superflu , que de faire des expe- 
riences sur 1'action du camphre sur la vie vegelale , apres que M, Goppert a deja 
decide 1'action deletere de cette substance d'une maniere qui ne laisse rien a desirer 



( 141 ) 

(f^erh. zur Beforderung des Gartenbaues in Preussen. Tom. VI. p. 65.). Remarquons done seu- 
lement , quo les resultats de nos experiences sont d'accord avec ceux du savant Professeur 
de Breslau , seulement a 1'exception pres de quclques experiences prises avec de 1'eau , dans 
laquelle etait divis6e une petite quantit6 de cette substance; les plantes, qui y furent trem- 
pees , restaient quelquefois saines ; meme apres avoir absorbe tout le liquide ; mais il faut 
avouer que cela n'avait lieu que quand la petite quantite du liquide fut promptement con- 
sumee , de sorte que le temps ne suffisait pas pour developper les efFets nuisibles de cette 
matiere. 

Le camphre volatilise, au contraire, exe^ait toujours ses efFets venimeux; les plantes peri- 
rent en 3 jours. L'action parait surtout attaquer les feuilles; car les plantes n'absorbaient 
pas 1'eau ; ce qui doit e"tre explique par la cessation de 1'exhalaison des feuilles. 

AQUA LAUROCERASI ARTIFICIALIS , preparee en ajoutant a 2 onces de 1'eau tiree des feuilles 
printanieres 1 goutte d'Oleum Laurocerasi. I Exper. 21 Juill. midi (65 \ F). De deux 
branches egales de Berberis vulgaris , de la meme pesanteur, chacune pourvue de 14 fasci- 
cules de feuilles, 1'une (N. 1) est placee dans 6 drachmes du poison, 1'autre (N. 2), dans 
3 dr. d'eau de pluie. 22 Juill. (68 F). N. 1 est fraiche et n'a pas encore absorbe 1 
scruple. N. 2 aussi fraiche, a absorbe 2 scruples d'eau. 24 Juill. N. 1 a absorbe en tout 
2i dr. du liquide et offre des signes d'empoisonnement. La tige entiere est brune, les feuil- 
les penchent et leur moitie inferieure est aussi brunie, surtout des feuilles inferieures- La 
decoloration commence dans le petiole et s'etend de la base de la feuille le long des nerfs, 
dont la couleur passe du vert pale par le jaune au brun. La par tie celluleuse est affectee 
plus tard. Sur une coupe de la tige, la moelle , le bois et 1'ecorce sont aussi brunis et toutes 
les parties dures sont ramollies. IN. 2 est tout a fait saine. Dans d'autres experiences , 
dont nous pourrions citer plusieurs , les resultats etaient souvent nioins decisifs. En eflet , 
plusieurs plantes absorbaient toute la quantite du poison sans aucun eflet nuisible. Nous 
ne saurions toutefois expliquer ces contradictions, que par 1'evaporation des parties vene- 
neuses de 1'eau; car dans toutes celles-ci nous avions pris des vases & ouverture large , pen- 
dant que dans 1'experience avec Berberis , les branches furent trempees dans des tubes tres- 
etroits et longs, de sorte que la surface 6vaporante etait fort petite. Les ph6nomenes de 
1'empoisonnement commencent en general au second jour, consistent surtout dans la fle- 
trissure et le dessechement des feuilles avec une coloration brune; aussi les tiges et les petioles 
se brunissent-ils et se ramollissent-ils bientot. 

EXTRACTUM OPII AQUOSUM. On conceit aisement , que 1'action des poisons narcotiques sur 
les vegetaux doit etre toute differente de celle sur le corps animal, parce que cette pro- 
priet6 de la force vitale , que nous appelons sensibilit6, manque comme telle aux vegetaux; 
et 1'on serait tente de conclure a priori, que les substances narcotiques ne pourraierit a<nr 
sur 1'organisme v6g6tal , parce qu'il est d6pourvu d'un systeme nerveux. Mais d'un autre 
cot6 on pourra avancer, que le principe narcotique pourrait agir immediatement sur la con- 
tractilite du tissu celluleux et sur les vaisseaux d'une maniere deletere. L'expericnce a 



( 142) 

deja prouve, que les memes substances peuvent agir d'une maniere tres-differente dans les 
deux regnes organiques; en effet, il est p. e. incontestable, que les huiles volatiles , stimu- 
lants energiques du systerae nerveux dans les animaux, exercent une action de!6tere sur 
les vegetaux. 

I Exper. 12 Juill. midi. Dans une solution d'une drachme E. O. dans 6 onces d'eau sont 
placees des branches en fleur de Spircea Salicifolia , ffieracium amplexicaule , Gypsophila 
repcns , Oenothera biennis, Mimulus luteus, M. moschatus, Veronica Teucrium, Myosolis Scor- 
pioidcs. Ces plantes perirent toutes dans 1'espace de 7 jours. Les Mimulus commencerent 
bientot a se fl6trir ; mais les stigmates en etaient encore irritables au second jour. Les fleurs 
A' Oenothera ne s'ouvraient pas, pendant que celles dans 1'eau pure fleurissaient tres-bien. 
Les fleurs d'Hteracum , au contraire , continuaient pendant plusieurs jours a s'ouvrir. Les par- 
ties inferieures des tiges etaient toutes plus ou moins pourries et d'une couleur brune. 

II. Exper. 25 Juill. 11 h. (66 J ) ; dans une solution de li gramme E. O. dans 18 one. d'eau 
sont placees: des branches de Clematis Viticclla en fleur, de Lychnis chalccdonica, de Papa- 
ver somniferum (fleurs pas encore ouvertes) , Eupatorium cannabinum , Populusalba, Solanum 
Lycopersicum , Pohjgonum elegans , Ononis spinosa et Malva sylvestris. 26 Juill. Le Papaver 
commence a se flt'trir , celui dans 1'eau pure etant entierement frais. Populus et Eupatorium 
penchent un peu dans les deux vases. 29 Juill. (69 F). Papaver commence a se fletrir for- 
tement; Populus est mort, les feuilles en sont brunes, pendant que dans 1'eau pure tous 
deux se sont bien conserves. Clematis commence a pencher ; Ononis un peu. Les autres ont 
toute leur fraicheur. 31 Juill. (6^). Pap. ct On. ont p6ri; Clematis commence a se fletrir 
fortement. Dans 1'eau pure il n'y a gue le Populus qui penche un peu. 5 Aout. (674) Po- 
lygonum, Malva et Eupat. se sont encore assez bien conserv6s ; Lychnis et Clematis forte- 
ment flctris ; les autres ont p6ri. 6 Aout. Tous ont peri et sont brunis, exccpte Eupat., 
Clemat. et Polyg. , qui pourtant sont tres-fletris. On observe done ici beaucoup de dif- 
ference dans les diverses plantes quant a la duree de 1'action du poison , depuis son commen- 
cement jusqu'a la mort. 

III. Exper. 20 Juill. midi (65 D 4) ; nous placames dans une solution de 3 gram. E. 0. dans 
8 one. d'eau, des branches de Mimulus luteus et M. rivularis , en fleur. 21 J. 11 h. Encore 
fraiches et les stigmates irritables. 24 J. les fleurs et les feuilles fletries; mais les stigmates 
dans les fleurs, quoique en partie deja fletries, sont ouverts et se ferment par 1'attouchement. 

IV Expdr. 15 Juill. Iti h. (68). Dans une solution de 3 gram. E. O. avec 8 onces d'eau 
nous mimes: branches et feuilles des Liriodendron tulipifera , Betula alba, Pinus larix , 
Lamium album (avec sa racine) , Solanum dulcamara , Lepidium sativum , Colutea arbores- 
cens , Atropa belladonna , Ayrostcmma coronaria , Dianthus collinus , Plantago lanceolata , 
Oenanthe fistulosa , Thuja occidentalis. 12 jours suffirent pour faire p6rir toutes ces plantes, 
pendant que dans 1'eau elles resterent tres-saines. En 5 jours moururent Colut., Lepid. , 
Betul. , Pinus, Solanum; en 6 jours: Ltamium , en 9 jours les autres. Elles h'avaient 
absorbe que 3 onces du liquide. 



(143) 

V Exper. 19 Juill. midi (66). Dans 5 one. d'eau, ou etaient dissoutes 1 gram. E. O. , 
furent placees des branches en fleur de Malope grandiflora, Lupinus bicolor , Tamarix 
gallica , Phalaris canariensis , Digitalis purpurea , Aconilum Lycoclonurn , Hyoscyamus niger , 
Impatiens Noli-tangere. Les branches des deux derniers etaient fletries , en les placant 
dans le liquide ; mais apres i d'heure elles avaient repris leur fraicheur naturelle ; ce qui 
cst bien remarquable ; car ce ne fut qu'au cinquicme jour , que le Hyosc. commenca a se 
fletrir par 1'action du poison. L' 'Impatiens et Digit, perirent en 4, Malope , Phalaris, 
Lupinus et Aconit. en 5 , Tamar. et Hyosc. en 7 jours. Toutes ont absorbe 3 onces du 
liquide. Celles dans 1'eau pure etaient le 26 Juill. encore bien conservees. 

VI. Exper. 19 Juill. Une branche de Rhus Toxicodendron fut plac6e dans une solution 
semblable a la precedente; le 24 elle etait deja entierement dessechee. 

VII Expdr. 19 Juill. Dans une semblable solution je trempai une plante entiere de Gladiolus 
psittacinus. 24 J. les feuilles inf. jaunirent en commenfant pres des nerfs ; il parait que le 
chlorophylle disparait des cellules; car les parois des cellules sont presque diaphanes. 
Ensuite aussi les feuilles sup. furent attaquees et a la fin de ce mois toutes les feuilles 
avaient peri et etaient jaunes. 

VIII Exper. 24 Juill. 11 h. (68). Une branche feuillee de Crataegus oxyacantha atta- 
chee naturellement au tronc, est menee dans un ballon rempli d'une solution de 18 onces 
d'eau avec 3 gram. E. 0. 25 J. 11 h. la branche en fut prise, et Iav6e avec de 1'eau. 
On n'observa pendant tout l'6te aucun changement dans cette branche ou dans les feuilles. 

IX Exper. Un Impatiens Bah. et un Calla cethiopica , croissant naturellement dans des 
pots , furent arroses le 19 Juill. chacun avec une solution de 3 gram. E. O, , ce qui fut 
repete le 25 J.; et le 2 Aout avec une solution de 4 gram. E. O. Les plantes n'en eprou- 
verent aucun mal; seulement YImp. avail peri le 22 Aoiit, malheureusement par defaut 
d'ar.rosement. 

X Exper. Un gason, compose de Graminees et d'autres herbes fut arrose par reprises 
avec une solution de ce poison , sans produire aucun effet nuisible sur les plantes. (Extrait 
du Tijdschrift voor Nat. Geschied. en Physiol. Tom. IV, p. 154 et suiv.) 

(La suite dans un n. prochain.) 

'Hx.'i) . Jii^Jun'J isq /... unions zw-L'') i'Ui'cioii '-cu old. >\ j; ;;>t:' 

RECHERCHES SUR L'lIISTOIRE NATURELLE DE L'HOMME ; ARTICLE Vll^ e , 

SUR UN CRANE CAFFRE , *) 

M. J. VAN DER HOE V EN, 

Professcur ordinaire a la Faculte des Sciences a Leyde. 

M. Roux , Etudiant a Lejde, avail recu du Cap, sa patrie , le crane d'un Caffre, dont 



*) A'ous nous dispcnsons de commuiiiquer des extraits des parties antcrieures de ces recherches , 1'auteur en ayant com- 



( 144) 

la vraie origine nc laissait aiicun doute , etant accompagn6 d'unc notice , par M. S. Bacley , 
Surintendant du Sommer set-Hospital, datee du 20 Mai 1837 , et portant que ce crane ap- 
partenait a un jeune Caffre de 25 ans, tue dans la derniere invasion de son peuple, et fils 
d'un de leurs chefs, nomme Pato. 

Ce crane se caracterise par sa forme comprimee et etroite, et la protuberance des os zygo- 
matiques. La hauteur en est a peu pres de 0, mi "-l41, la longueur de 0,179. La plus grande 
largeur entre les tuberosites des pari6taux, se trouve environ de 0,37 au-dessus de la suture 
squammeuse des temporaux et est de 0,124. La largeur du frontal derriere les proces zygo- 
matiques donne 0,088. La longueur de la voiite du crane (des os du nez jusqu'au bord pos- 
terieur du grand trou occipital) est de 0,378. 

La circonference ne mesure que 0,505. Le grand trou occipital est tres-alorige , 0,030 de 
large, 0,39 de long. La distance des arcs jugaux a etc trouvee egale a 0,122. 

Les os zygomatiques sont petits ; les nasaux sup6rieurement etroits et termines enpointe; 
les branches ascendantes de la machoire superieure fort larges , la distance entre les deux 
orbites etant fonnee principalement par elles. Les os du nez s'unissent en angle aigu. Au- 
dessous du trou infraorbital la machoire sup6rieure a une profonde excavation, et se porte 
sous une forme etroite, mais arrondie , tellement en avant au-dessus du nez, que Tangle 
facial de Camper n'offre que 70. Les dents sont fortes , blanches et bien rangees. 

La machoire inferieure est alongee , forte et offre a la partie anterieure une hauteur de 
0,038, excavee sous les dents incisives, elle promine a la marge inferieure. La distance du 
condyle jusqu'a Tangle n'est que de 0,056. La branche s'unit en angle obtus avec le corps , 
et la distance du menton jusqu'a cet angle donne 0,087. 

La forme generate de ce crane se rapproche tellement de celui du Negre, que Tauteur 
reviendrait presque de son opinion , fondee surtout sur les recits des vojageurs , que les Caffres 
different de la race ethiopienne. 

Un autre crane Caffre , qui se trouve dans le Musee anatomique a Leyde , ne differc 
guere du present ; seulement le trou occipital est encore plus grand. Selon M. v. d. H. la 
description qu'a donnee M. Weber (Die Lehre von der Ur- und Racenform der Schcr.del etc. 
Tab. 17, 18, p. 21) d'un crane caffre , s'accorde bien avec les siennes, mais la figure, 
qu'en a donnee M. Weber, ne ressemble pas tropaux cranes examines par Tauteur. (Extrait 
du Tijdschrift voor Natuurlijke Geschiedenis en Physiologie, Tom. IV, N. 3 et 4, p. 266 70, 
nvcc une planche) M L. 



muniquc un cxtrait dans les Aiinaks des Science's naturelhs. II Seric. Tom. VII. Aout p. 118 1S4 , ou Ton trouve 
aussi 1'eiplication des mcsures employees par 1'auteur. Une traduction allemande de ces rcclierclics vient d'etre publice dans 
les floti-rn de M. Froriep. 



(145) 

SUR LE SUCRE DE GELATINE ET LA LEUCINE, 

. '-ii ''roil y\i nojBiJiiii I '(.'"ij nj , 'ji'piiii noui no 

(At 

.11 iftd. 831101 no 
G. J. MULDER. 

C'est a M. Braconnot que Ton doit la decouverte de deux substances interessantes.produiles 
pendant la d6composition de la gelatine ou de la viande par 1'acide sulphurique. II les a 

J 'I J- i 7 

nominees sucre de gelatine et leucine. 

J'ai separe ces deux corps dans un grand nombre de cas : a en bouillant la g61atine avec 
la potasse caustique , on les prepare tous deux ; b de meme eri bouillant la chair avec le 
me'ine alcali; c.en traitant le blanc d'oeuf avec de la potasse on ne produit que de la leu- 
cine ; d en operant a la maniere de M. Braconnot sur la gelatine ou la chair animale ; e en 
laissant putrefier le caseum il s'en produit de la leucine. 

Lorsqu'on fait bouillir de la g61atine avec de la potasse caustique , il se degage beaucoup 
d'ammoniaque ; en saturant 1* alcali avec 1'acide sulphurique, evaporant et separantle sulphate 
potassique , on peut, au moyen de 1'alcool , extraire de la leucine et du sucre de gelatine 
de 1'extrait r6sidu. La leucine dtant plus soluble dans 1'alcool que le sucre , il est bien facile 
de les separer 1'un de 1'autre. Le sucre se produit en quantit6 plus grande que la leucine. 

En traitant la gelatine par de 1'acide sulphurique et en saturant 1'acide par delacraie, j'ai 
epuis6 1'extrait rdsidu par 1'alcool et me suis procure une forte quantite de leucine avec 
tres-peu de sucre; tandis que, selon M. Braconnot, 1'extrait, laisse pendant quelques mois en 
repos , donne du sucre en execs avec peu de leucine. 

Le blanc d'oeuf, decompose par de la potasse, donne la leucine tres-pure et eu quantite 
satisfaisante. 

Je passe pour ce moment les d6tails des decompositions, qui ont lieu pendant la formation 
du sucre et de la leucine, pour y revenir plus tard. 

Sucre de gelatine. 

On peut obtenir ce corps sous la forme de prismes d'une notable grandeur, en laissant eva- 
porer spontanement une solution alcoolique, ou de rhombes, lorsque 1'alcool a etc faible. 
Us sont sans couleur, sans odeur, ont une saveur tres-douce. Ce sucre est soluble dans 
4,4 d'eau et 930 d'alcool de 0,828 p. s. a 17,5. L'alcool etendu le dissout avec plus de faci- 
lite. L'ether ne le dissout pas. L'alcool bouillant sature par le sucre devient trouble par le 
refroidissement. II n'est pas alterable a 1'air. 

A 110 le sucre de gelatine ne perd point d'eau. 0,200 meles avec de 1'oxyde plombique ont 
perdu a 100 0,025 d'eau. A 178 il commence a se fondre et se decompose, donnant les 
produits de substances animales et un charbon volumineux , combustible sans residu. L'acide 
sulphurique le dissout a la temp6rature ordinaire sans coloration. II devient noir par 
l'6chaufFement. L'acide nitrique et 1'hydrochlorique le dissolvent a froid sans aucun eflet 
sensible. La potasse caustique et 1'ammoniaque le font avec facilite. 

Une solution aqueuse ne reagit ui acide ni alcalin. Elle n'est troublee ni par le sulphate 

Bulletin S." 19. IS Octobre 1838. 



cuivrique , ni par le sous-acetate plombique, ni par le nitrate argentique, le nitrate mercu- 
reux ou merctirique , ni par 1'infusion de noix de galle. Le chloride ferrique delaye en est 
color6 en rouge-brun. 

Seche a 100 le sucre de gelatine, tenu dans un courant de gaz acide hydrochlorique , ou 
de gaz ammoniaque , n'a rieri absorbe. 

L'analyse de ce corps offre quelques difficultes et ne peut s'eflectuer que dans un tube tres- 
long , pour decomposer les produits volatils. Les dernieres parties du carbone sont aussi 
difficiles a comburer. 

I. 0,263 ont donne 0,326 d'ac. carb. et 0,154 d'eau. 
II. 0,315 0,388 0,184 

-BOl R: >" '"'i' > 

III. 0,216 0,267 0,126 
0,441 ont fourni nitrogene a 759 mm et 17 avant 1'experience 106 ctmcub. 

760 ram 14 apres 176 

(Je qui produit 19,45 p. c. de nitrogene. 

Combure avec l'ox. cuiv. il a donne C -1- N 54 ctmcub. et Nil ctmcub. Ou C: N = 4: 1 
en volume. La quantite de N , derivee de la quantite du carbone selon I , est 19,84. 
La composition en centiemes du sucre hydrate est done: 

I. II. III. 

)\> 

Carbone. 34,27 34,06 34,19 

Hydrogene. 6,51 6,49 6,48 

Nitrogene. 19,84 19,84 19,84 

Oxygene. 39,38 39,61 39,49 

Nous avons vu plus haul que 100 p. de sucre sec perdent par 1'oxyde plombique 12,5 
d'eau chimique. Calculons 2 at. d'eau sur 1 at. de sucre, le poids de 1'atome du sucre hy- 
drate monte a 1799,76 et du sucre anhydre a 1574,8. La composition est done: 

Sucre hydrate. Sucre anhydre. 

Carb. 8~~ "60496" ""34,3(T "8 611,496 39,39~ 

Hydr. 18 112,316 6,32 14 87,357 5,62 

Nitr. 4 354,072 19,92 4 354,072 22,80 

Oxyg. 7 700.000 39,37 5 500.000 32,19 

1777,884 TOOOO 1552,925 TOO.OO 

Avec 100 p. du sucre anhydre se combinent 14,3 d'eau selon 1'experience , dans lesquels 
12,7 d'oxygene. i de cette quantite equivaut a 6,35, ce qui est J de 32,19. 

La composition du sucre de gelatine se rapporte a celle du sucre de canne ; car nous avons ; 

\ at. de sucre de canne. C. 6 H. 10 N. 0. 5 

4- 2 at. de carbonate ammoniaci. 2 12 4 4 



4 at. d'eau 

1 at. de sucre de gelatine =8 14 



8 




22 
8 


4 




9 
4 



(147) 

Le sucre de gelatine se decompose par les corps halogenes. Le chlore, mis en contact 
avec le sucre hydrate, le decompose sur le champ. II se degage de 1'eau etdel'acide hydro- 
chlorique et il restc un corps brun, dur, en par tie soluble dans 1'eau , rendant ce liquide 
brun. Filtree , la liqueur tres-acide deposa dans peu de liquide de grands cristaux prismati- 
ques. Mais la quantitd n'etait pas suffisante pour les bien etudier. Le brome et 1'iode font 
subir les memes changements au sucre de g61atine. 

Bouilli avec 1'oxyde plombique et de 1'eau il s'en produit une combinaison de sucre de 
gelatine avec 1'oxyde plombique soluble, une autre insoluble dans 1'eau. Filtree . la liqueur 
donna apres le refroidissement des cristaux prismatiques. Seches dans le vide ils effleurissent. 
L'analyse du sel , seche dans un bain de chlorure de calcium , a donne les resultats suivants. 

0,430 ont donn6 0,268 d'ox pi. et de plomb. , dans lesquels 0,184 de plomb. 0,853 ont 
donne 0,159 d'eau. J'ai rieglig6 le carbone pour obtenir des resultats plus exacts de 1'hy- 
drogene. Nous avons done : 

Trouve. 

'/'' i 1. /!>. '.Ill 

2,06 

JuoJ ri3 agngoh a 

64,93 
L'oxygene de 1'oxyde plombique est 4,607 selon le calcul; ce qui est | de 11,51. 

L'acide nitrique dissout le sucre de gelatine a chaud aussi bieii qu'a froid , sans aucune 
decomposition , comme 1'a prouve M. Braconnot. II se forme de tres-beaux cristaux apres 
le refroidissement , qui affectent plusieurs formes differentes. Mis dans un lieu tranquille la 
liqueur ne donne souvent de cristaux, qu'apres avoir fait eprouver un legermouvement au vase qui 
la contient. Alors il se produit instantanement , comme dans la cristallisation rapide du sulphate 
sodique , une masse aciculaire , sortant d'un point commun. Ordinairement on obtient de 
beaux cristaux rhomboi'des transparants. Sech6s sur 1'acide sulphurique 1'analyse m'a donne: 
0,534 de matiere , 0,355 d'acide carb. , 0,207 d'eau. 

At. Calcule. Trouve. 

Carb. 8 18,19 18,33 

Hydr. 22 4,09 4,31 

Nitr. 8 21,11 

Oxyg. 19 56,61 

L'analyse a done donne C 8 H 14 N 4 O 5 + 2 & + 4 H. Pour en conlroler 1'exactitude et 
determiner la capacite de saturation de 1'acide nitro-saccharique , 0,479 de 1'acide , seches 
sur 1'acide sulphurique , furent dissous dans 1'eau de baryte. L'exc6dant de la baryte fut 
enleve par 1'acide carbonique et le carbonate barytique dissous par rebullition. Filtre et 
lave , 1'acide sulphurique instille dans le liquide a donn6 0,592 de sulphate barytique , con- 
tenant 0,3895 de baryte , dans lesquels 0,0407 d'oxygen<,\ Dans 1'acide nitro-saccharique 





At. 


Calcule. 


Carb. 


8 


14,08 


Hydr. 


14 


2,01 


Nitr. 


4 


8,16 


Oxyg. 


5 


11,51 


Ox. plomb. 


2 


64,24 



( 148 ) 

anhydre, C 8 H 14 N 8 O 15 , se trouvent 51,60 p. c. d'oxygene ; ce qui donne dans 0,479 de 

1'acide hydrate pour 1'oxygene dans le sucre 0,07133 

1'acide nitrique. . . 0,14268 

0,21401 = 0,0407 x 5. 

II parait done que la baryte sature le sucre et 1'acide nitrique et que le sel barytique 
anhydre se forme de (C 8 H 14 N 4 O 5 + Ba) 4- 2 (S I5a). L'atome de 1'acide anhydre est 
selon la formule C 8 H 14 N 8 O 15 = 2907,00; selon 1'experience 1018 X 3 = 3054; 1'atome 
de 1'acide hydrat6 C 8 H 2 2 N 8 019 = 3356,91. 



l,cucine. 



Sous ce norn M. Braconnot a decrit un corps blanc , pulverulent, soluble dans 1'eau , 
cristallisable en grains irreguliers , croquant sous les dents , d'une saveur de bouillon , fusible 
a une temp, qui depasse 100, en partie sublimable , peu soluble dans 1'alcool, ne formant 
pas de precipit6s avec les sels metalliques , excepte avec le nitrate mercurique, qui donne un 
magma blanc et une liqueur surnageante rose. M. Braconnot a pr6pare la leucine de la viande 
par de 1'acide sulphurique. 

On peut la produire de differerites manieres. En bouillant la colle, ou le blanc d'oeuf, ou 
la viande avec de la potasse caustique on la produit en quantite differente. II se degage en tout 
cas de l'ammoniaque. Apres la d6composition complete on sature la potasse par 1'acide sul- 
phurique. On se procure une quantite bien notable de blanc d'ceuf, mele avec deux matie- 
res extractives dont nous parlerons plus tard. On produit simultanement de la viande un peu 
de sucre de gelatine , mul6 avec la leucine. Enfin on produit de la colle beaucoup de sucre 
de gelatine avec environ } de leucine. On les separe par 1'alcool et des cristallisations repe- 
tees de 1'cxtrait, duquel on a separe le sulphate potass.que par des cristallisations successives. 

Par 1'action de 1'acide sulphurique sur le blanc d'reuf, la viande, ou la colle, on produit 
beaucoup de leucine et moins de sucre de gelatine Les produits sont du reste les memes. 

M. Braconnot ne parait pas avoir obtenu la leucirie dans un etat isole, mais combinee 
avec quelque sucre de gelatine. Voici les proprietes , telles que je les ai etudiees sur la leu- 
cine , pr6paree de la colle, de la viande et du blanc d'oauf, soil par 1'acide sulphurique, soil 
par la potasse, soil enfin comme elle est separee du caseum pourii. 

Cristallisee de 1'alcool elle se montre sous la forme de paillettes nacrees , ayant la plus 
grande analogic avec la cholesterine. L'air ne la change pas. A. 170 elle est tout a fait 
sublimee, sans fusion precedente et sans decomposition, sans laisser quelque residu. Elle 
est douce au toucher , inoins pesante que 1'eau , insoluble dans Tether , soluble dans 27,7 d'eau , 
et dans 658 d'alcool de 0,828 p. s. a 17,5. Une solution alcoolique saturee a chaud se trouble 
par le refroidissement. 

L'acide sulphurique concentre la dissout sans coloration, meme en I'echauffarit. L'acide 
nitrique la dissout a froid ; a chaud elle donne des gaz. M. Braconnot a prepare un acide 
particulier de cette maniere , qu'il nomme aside nilro-leuciquc. Je ne 1'ai pas encore exa- 



( 149 ) 

mine. L'acide nitrique decompose entierement la leucine , par 1'action continuee de la chaleur , 
ne donnant que des gaz sans aucun r6sidu. La leucine est soluble dans 1'acide hydrochlo- 
rique, la potasse caustique et 1'ammoniaque. 

La solution aqueuse ne reagit ni acide , ni alcalin. 

Chauflee a 108 elle ne perd point d'eau. Melee avec 1'oxyde plombique , a la maniere de 
M. Berzelius, elle n'en perd pas nonplus. La leucine ne contient done pas d'eau chimique. 

Le chlore la d6compose et produit entre autres le meme corps brun , dur, que donne 
le sucre de gelatine et de plus un liquide d'un beau rouge, volatil. 

L'acide liydrochlorique gazeux est absorbe par la leucine. I. 0,134 ont absorbe 
0,037 de ce gaz, apres avoir transmis un courant d'air sec a 100. Ce qui donne pour le 
poids de I'at. de la leucine 1655. II. 0,191 ont absorbe 0,054. Ce qui donne 1608. La leucine 
de I etait pr6paree de la g61atine par 1'acide sulphurique, de II de la viande par le mme acide. 

I. 0,166 de la leucine , sechee a 108, preparee du blanc d'reuf par de la potasse , ont donne 
0,334 d'ac. carb. et 0,139 d'eau. 

II. 0,241 a 100, pr6paree de la colle par de la potasse , ont donne 0,484 d'ac. carb. et 0,200 d'eau. 
0,286 de la derniere ont donne : 

Nitrogene a 17, et 762,5 mm avant 1'exp. 107,5 ctmcub. 

18,75 763,5mm 
D'ou: 





I. 


II. 


At. 




Calcule. 


Carb. 


55,64 


55,53 


12 


917,244 


55,79 


Hydr. 


9,30 


9,22 


24 


149,755 


9,11 


Nitrog. 


10,51 


10,51 


2 


177,036 


10,77 


Oxyg. 


24,55 


24,74 


4 


400,000 


24,33 










1644,035 


100,00 



Avec 100 p. de la leucine 27,5 d'acide hydrochlorique se combinent d'apres 1'experience I ; 
27,7 d'apres la formule , dans lesquels se trouvent 0,7595 d'hydrogene, ce qui est i de9,ll. 



COMPA11AISON GENERALE DE LA FLORE 1NEERLANDA1SE AVEC CELLE 
DE LA PROVINCE RHENANE DE PRUSSE, 

Ml 

F. A. W. MIQUEL. 

Lorsque nous publiames 1'annee pass6e notre Essai G6ographique sur la vegetation neer- 
landaise *) , il nous fut impossible de la comparer avec celle qui orne la dite province prus- 



*) Disquisitio geographico-botanica de plantarum rcgni Batavi distribution u. L. B. 1837. 



(150) 

sienne. Depuis, un memoire distingue sur la distribution geographique des vegetaux dans 
cette province , publi6 par M. Wirtgen *) , nous a mis me'me de completer notre travail. 
Quant aux donnees purement g6ographiques , g6ognostiquesetmeteorologiques, nous renvoyons 
nos lecteurs a ces ouvrages , et nous nous bornerons a ne donner ici que les fails pure- 
ment botaniques. 

Prov. Rhenane. 
Nombre total d'especes phanerog. 

Dicotyl6dons. 
Dicot. aux phanerog. = 
Moncotyledons. 



1 



Monoc. aux phanerog. = 



1480 
1146 
: 1,29 
334 
1:44 



La Nderlande. 

1210 

905 

1 : 1,33 

305 



1:39 

Ce sont done les M. , dont le nombre est en general plus abondant dans la Neerlande , 
qui caracterisent surtout cette Flore par la predominance des Cyperacees Caricinees et des 
Graminees. Aussi les Najadees sont-elles nombreuses dans ce pays, dont la Flore porte en 
general 1'empreinte d'une vegetation littorale et insulaire. Dans la prov. Rhen. au contraire , 
les Orchidees , les Liliacees, les Irldees , les Asparaginees indiquent dej& un caractere plus 
meridional et montagneux. Les autres families sont presque equivalentes dans les deux 
pays. Voicij un tableau comparatif des families monocotyledonees et des principales des 
Dicotyl6don6es. 

Monocotyledonees. 



\ 


P. R. 


N. 




Espeees. Rapport <i toutes les Phanerog. 


Espeees. Rapport a toutes les Phan. 


Graminees. . . 


115 ... 


12, 9 . . 


.. 119 ... 1 


10, 1 


Cyp6racees. . . 


82 ... 


18 . . 


. . 72 ... 


16, 8 


Aroi'dees. 


3 ... 


439 . . 


4 ... 


302, 5 


Typhacees. . J'b 


5 ... 


296 . . 


. . 5 ; ma . lf . 


242, 


Juncees. [vo'>. 


19 ... 


77 . . 


. . 19 -', tt . lu< . 


63, 6 


Butomees. 


1 ... 


1480 . . 


. . 1 ... 


1210 


Colchicacees. 


1 ... 


1480 . . 


1 ... 1 


1210 


Liliacees ':'', //, 


25 ... 


59, 2 . . 


. . 15 y^. i 


80, 6 


Asparagin6es. 


8 ... 


185 . . 


>H1. / 6 ... 


201 , 6 


Amaryllid6es. 


4 ... 


370 . . 


4 ... 


302, 5 


Iridees. . . . 


5 . ,'* . ' 


296 . . 


3 ... 


403, 3 


Orchidees. . . 


39 ... 


36, 9 X:-" 1 


19 ... 


63, 6 


Najadees. 


14 ,. ;. . 


105, 7 . . 


. .. 23 ... 

>' 


52, 6 


Lemnac6es. '. . 


4 ... 


370 . , . . 


*' 5 


242, 


Alismacees. '. ' . 




ia ol :> 
211 , . 


. . 7 ... 


172, 8 


Hydrocharid6es. 


2 ... 


740 . . 


2 ... 


605, 



*) Erstcv '-'iiresbericht des botaiiischen Vercins am Mittcl- uiid Niedcrrheine. 



(151 ) 

DicotyUdone'es. 

Expeces. 

Renonculacees. . 48 

Cruciferes. ... 80 

Caryophyllees. . . 57 

Legumineuses. . 78 

Rosacees. <.> >-iinj 68* 

Ombelliferes. .ifil i 61 

Rubiacees. ... 20 

Syriantherees. . . 147 

Campanulacees. i .u 17 

Boragin6es. rtiii;vf" 22 

Labiees. .... 70 

Scrophularinees 
avec 1'Orobanche. 79 

Chenopodees. . 19 

Euphorbiacees. ,'Ur. 15 

Amentacees. . (suiti 32 
Ce sont done surtout les Caryophyllees, les Synant herees , les Campa-">utftcdes t Ic- Euphor- 
biacees , les Amentacees et les Chenopodees, dont le nombre relatif est plus grand dans la N. , 
pendant que la P. R. se caracterise par les Renonculacees, les Cruciferes, les Rosacees , les 
Ombelliferes, les Labiees , et surtout par les Scrophularinees, les Boraginees, les Rubiacees , 
et les Legumineuses. Cette dcrniere famille est tres-pauvre (Jans la N. , tant par la situation 
geographique que par le defaut de chaux que de marnes dans le sol. 

On voit done qu'avec peu de difference de latitude , il peut exister une assez grande 
difference dans la vegetation , lorsque la situation et la nature du sol sont bien differentes. 
C'est surtout aux extremes limites de ces deux pays, que la v6getation offre une difference 
importante. C'est la Flore westphalienne qui joint la necrlandaise avec celle de la Province 
rhenane, dont la partie bor6ale possede des plantes , qui caract6risent surtout notre vegeta- 
tion diluvienne , et qui manquent deja dans la partie m6ridionale de la dite province, comme : 
Alisma natans , Chilochloa arenaria , Rhynchospora fusca , R. alba , Carex arcnaria , Isolepis 
fluitans , Juncus squarrosus , Narthecium ossifragum , Malaxis paludosa , Oxy coccus palustris , 
Vaccinium vitis idcea, Myrica Gale, Andromeda poly folia , Ledum palustre , Scutellaria minor, 
Lysimachia thyrsijlora, Erica tetralix , E. cinerea , Cicendia Jiliformis , Helosdadium repens, 
H. inundatum, Hydrocoti/le vulgaris, Genista anglica, Hypericum elodes etc. 

D'un autre c6te les grandes rivieres de la Neerlande qui re9oivent leurs eaux du Rhin , 





P. B 


L. 


N. 






sur.o/; 


Rapport 
r. > M . 1 


d toutvs 

:30, 


let Phanerog. 

8 

O 


Especes. 

31 . 
62 


Rapport A 
. . 1 
. . 1 


toutes 

: 39, 


les Plan. 


5 


. . . 1 


: 25, 


9 


51 . 


. . 1 


: 23 , 


7 


. . . 1 




7 . . . . . 


57 I'in 


. . 1 




2 


Mi 8 if --'rv* 1:1 


:24, 


7 
3 ..... 


45 su\ 
43 . 


. . 1 

i!'K . 1 


:26, 

: 28, 


8 
3 




: 74, 


3 


14 . 


. . I 


: 86 , 


4 


. .;: 1 


^ 9 

: 10, 




127 . 


. . 1 


: 9 , 


5 


i 1 


* v t 

:87 


. 


16 . 


. . 1 


:75, 


6 


> 1 


:67, 


3 . ; .mq . 


17 . 


. . I 


:71, 


1 


. . . 1 

. . . 1 


: 18. 


1 
7 


50 . 
52 . 


. . 1 


:24, 
: 23 , 


2 
2 


. . . I 


:78, 




31 . 


. . 1 


:39, 





. . . 1 

1 


:98, 
4R, 


7 . * rsa.- . 
4 


14 . 
33 


. . 1 
1 


:86, 
:36, 


4 
6 



13 especes tic Rosa et 8 especcs de Rubus dans la P. R., 7 de Rosa et 7 de Rubus dans la N. 



(152) 

ont amene plusieurs plantes de la vegetation rhdnane , p. e. plusieurs especes d 1 Euphorbia. 
(Voyez notre Disquisit., p. 10, 12, 21.) 

Les nombreuses ChenopodJes , riches en individus , impriment a la Flore neerl. le caractere 
d'une veg6tation littorale. Les Synantherdes dont le nombre absolu est plus petit dans la N. 
que dans la P. r. , ont cependant un nombre relalif pins grand , mais encore inferieur a celui 
de la flore Allemande. Les Amentacees sont en nombre presque 4gal dans les deux pays ; de 
sorte que leur quantit6 est relativement plus prodigieuse dans la N. Les arbres de cette 
Famille sont a peu pres les memes dans ces deux pays; mais le nombre des individus offre 
une difference si sensible , que c'est par la que sc caract6rise surtout la difference entre ces deux 
Flores. La Prov. rhen. a 143 plantes ligneuses , la N. 107, ou en comparaison a toutes les pha- 
nerogames comroe 1 : 10, 3 dans la P. r., et 1: 11, 3 dans la N. Le hetre et le chene forment 
dans la P. r. de grandes forets}; I'orme, le frvne et les pins de plus petites; et la surface 
des forets est a celle de toute la province comme 1 : 3 , 2. Les formations diluviennes de 
notre pays se caracterisent par la vegetation monotone de bruyeres et n'offrent que de 
petites forets , cultivees ou du moins conservees par rhomme ; la grandeur des arbres dimi- 
nue a mesure qu'on s'approche de la mer. Dans les regions alluviennes ce sont les prairies 
et les marais qui remplacent les forets ; I'aune y v6gete promptement. Dans la Prov. rh6n. 
les prairies sont sur toute la surface comme 1 : 11 , 4; dans notre alluvium elles composent 
presque toute la superficie, de sorte que la difference de veg6tation dans ces deux pays 
se caracterise plutot par la difference quantitative des individus des Graminees que par celle 
des especes. La difference entre les especes des deux flores, etant surtout caus6e par la 
difference de chaleur et de lumiere , est presque immuable , pendant que le nombre des 
individus depend plutot des agents moins efficaces , comme p. e. de la situation , de la nature 
du sol, la culture etc. II est donne a rhomme de la changer; mais il lui est impos- 
sible d'effectuer aucune mutation dans le caractere d'une Flore , c'est-a-dire , de 1'enrichir 
ou de la priver de quelques especes. (Extrait du Tijdschrift voor Natuurl. Geschicdenis en 
Physiologic, T. IV, N. 3 et 4, p. 271-281.) 



SUR L'ACIDE XANTI10-PROTEIQUK, 



C. J. MULDCIl. 

Sous le nom dacide jaime Fourcroy et Vauquelin ont d6crit un corps particulier, produit 
par la reaction de 1'acide nitrique sur la viande ou la fibrine. Selon M. Berzelius il se de- 
gage du gaz nitrogene et se forme simultanement de 1'acide malique. 

J'ai diger6 a froid du blanc d'oeuf purifie, gonfle par 1'eau *) , pendant 48 heures, avecde 



*) Quand on emploie des substances sechcs , il est fort difficile d'obtenir la maliere jaune pure. 



( 153) 
t 
1'acide nitrique pur. Le corps jaune forme fut mele avecdel'eau, 1'eau decantee ct la poudre 

jaune recuillie sur un filtre, exprimee et lavee par de 1'eau etde 1'alcoolbouillants, jusqu'a ce 
qu'il fut insensible au papier bleu de tournesol. Je nomine ce corps, quant a son origii.e 
eta sa couleur, acide Xantlto-proftiqitc. Jmoo f.l 8,0 

Le corps jaune pale devient d'un bel oranje en le sechant. II est insoluble dans 
1'eau , 1'alcool et l'6ther froids , tres-peu soluble dans 1'eau bouillante, plus pesant que 
1'eau, pulverulent. II brule avec flamme , laissant un charbon volumineux, ne dormant 
point de cendres. L'acide nitrique le dissout a une douce chaleur en une liqueur 
jaune, formee de xantho-proteate ammonique, d'acide oxalique et d'acide nitrique; 1'eau 
en precipite une combinaison blanche d'acide nitrique avecl'acide xantho-proteique , qui perd le 
premier et devient jaune par le lavage. L'acide nitrique le decompose entierement a chaud et 
en forme de 1'acide oxalique. L'acide hydrochlorique le dissout en une liqueur jaune et ne 
produit point la couleur bleue de la proteine. Evapor6 il reste un residu brun deliquescent. 
L'acide sulphurique ne 1'attaque pas a froid , le dissout ensuile en une liqueur rouge , soit a une 
douce chaleur , soit a la temp, ordinaire ; 1'eau precipite une combinaisori blanche de 1'acide 
xaritho-proteique et de 1'acide sulphurique, qui devient jaune par le lavage. Bien lave ', 
1'acide xantho-proteique ne relient aucune trace de 1'acide sulph. , mais a toutes les pro- 
prietes qu'auparavant. L'acide xantho-proteique se decompose a une temp, plus elevee par 
1'acide sulphurique. L'ammoniaque , la potasse , la soude , 1'eau de chaux , la baryte, tous Je 
dissolvent, en donnant un liquide jaune ou rouge, scion le degre de concentration. L'acide 
nitrique le precipite de nouveau des solutions alcalines avec une couleur blanche , qui rede- 
vient jaune en le lavant et en separant 1'acide nitrique. 
Le resultat de 1'analyse est le suivant. 

I. 0,567 , seches a 130, ont donne 1,051 d'acide carb. et 0,339 d'eau. 
11.0,627, 1,166 }ot 0,3(57 * nC aiiljBJeha 

III. 0,518, .J>iroTni{u*|pil 0,970 0,310 
0,503, seches a 130, ont donne : nitrogene avant 1'exp. a 21,75 et 757, mm 112 ctmcub- 

>iu*>i apres 22,5 762, mm 171,25 
Ce qui donne : 

I. II. III. At. Calcule. 

Carb. 51,25 ,,,, 51,39 51,60 34 2598,79 51,65 

Li pi Hydr. 6,64 6,50 6,65 52 324,47 6,45 

Nitrog. 14,00 14,00 14,00 8 708,16 14,07 

Oxyg. 28,11 28,11 27,75 a " an 14 J 4 00_iOO_ ; 27,83 

5031,42 

Le nitrogene , 1'oxygene et i'hydrogene s'y trouvent done en rapport pour former de 
1'eau et de- 1'ammoniaque, ce qui explique facilement la conversion de 1'acide xantho-pro- 
teique en acide oxalique, par 1'action continuee de 1'acide nitrique sur ce corps, i/a -j 
L'acide xantho-proteique fut dissous a froid dans 1'eau de baryte ; la baryte exce- 



20. 31 Oolobre 1838. 



( 154 ) 

dante enlevee par 1'acide carbonique. II se separe par 1'evaporation un peu de carbonate 
barytique, qu'on enleve par le filtre. La liqueur, d'un beau rouge, fut evaporee au bain- 
marie et s6chee a 130. j so 

0,336 du sel barytique donnerent par la combustion 0,071 de carbonate barytique, dans 
lesquels 0,055 de baryte. Le poids de 1'atome de 1'acide xantho-proteique , qui en derive, est 
5070,6. aq 8i/' ffioo uoq *-JiI , g) 

0,771 du sel barytique, brules avec I'ox. cuivrique, ont donn6 1,188 d'acide carb. et 0,397 
d'eau. Dans 0,771 se trouvent 0,126 de baryte, qui retiennent 0,036 d'acide carb. dans le 
tube a combustion. Or, 0,036: 1,188= 1 : 33. II se trouve done 34 at. de carb. dans 1'acide. 

Le rapport de 1'acide carb. et du nitrogene 6tait = 17 : 2. 

La composition de 1'acide dans le sel barytique est done;.' icq oiius^ inoiv 

Trouve. Ala ml ml Calcule. 

Carb. 52,47 34 2598,79 52,83 

Hydr. 6,79 50 311,99 Hfi'I 6,34 

Nitrog. 14,30 >tq i&a'i jo;; 708,16 14,40 

Oxyg. 26,24 13 1300,00 26,43 >iq o 

4918,94 

Quand nous supposons 1 at. d'eau dans le sel barytique, ce sel est compose de C 34 H 48 
N 8 O 13 -f Ba + ft. L'acide , en se combinant avec 1 at. Ba, perd 1 at. d'eau. 

Ce sel etait tres-soluble dans 1'eau , insoluble dans Tether et 1'alcool et d'un beau rouge. 
Les sels alcalius sont rouges dans 1'etat de sel neutre ou de sel acide , jaunes dans 1'etat de sel 
basique. L'eau de chaux , bouillie avec 1'acide , donne un sel neutre rouge. Bouillie avec un 
petit exces de chaux , la liqueur devient incolore et il s'en precipite un sous-sel insoluble , 
jaune. Les xantho-proteates de potasse et de soude sont de meme d'un beau rouge et in- 
cristallisables. On les pr6pare directement. 

L'ammoniaque dissout avec facilite 1'acide jaune en une liqueur rouge. Evaporee, on retient 
un residu rouge, etanl un sel ammoniaque bi-acide. Le chloride ferrique, le sulphate cui- 
vrique , le nitrate argentique et 1'acetate plombique forment dans la solution du sel ammo- 
niaque un precipite jaune ou orange. Ces pr6cipit6s recueillis et Iav6s deviennent rouges en 
les srdia.it. 

0,481 d'un sel plombique, prepare ainsi , ont donne 0,059 d'oxyde plombique. Ce qui donne 
9974 pour le poids de 1'at. de 1'acide. Le xantho-proteate ammonique 6tait done bi-acide. 

J'ai produit de la m6me maniere, d'une tout autre preparation de 1'acide janne, unautre 
sel plombique, qui a donnd les resultats suivants. 

0,845 ont donne 0,105 d'ox. plombique, ce qui fait 9828 pour le poids de 1'atome. 

0,376, dans lesquels 0,329 de matier,e, ont donn6 0,638 d'ac. carb. et 0,194 d'eau. Le rap- 
port de 1'acide carb. et du nitrogene etait de nouveau = 17:2. 

Une experience directe sur la qua-.tite du nitrogene a donne pour 0, 581 du sel , ou 0,509 
de la matiere organique^ 






( 155 ) 

Gaz avant 1'exp. a 20 et 758,a> nl 4 . ,:! fl K .1125 ctmcub. 
apres a 20,5 et 759, m 2 ... 191 

XM 

Ce qui donne 14,89 p. c. de nitrogene. 
L'acide dans ce sel est done compost de i O if 

Trouve. At. Calcule. 

t Carb M-n>\ 53 - 62 talHPftt&b'.ffto SWAd&Jifw 54,07 

; Hydr^ nrt 6,55 ^&BUpt 299,51 6,23 

Nifftt 14 >89 8 708,16 I4 .74,. iqi3 

Oxyg. 24,94, OD9 , I 3m , 12 1200,00 24.96 

ori/BMiMmwHDiiBfaeanmtwi 7i 9 W> 4806,46 . ijft(H 

Avec 100 p. de la matiere se corabinent dans le sel neutre 29,01 d'ox. plomb. , dans les- 
quels 2,0796 d'oxygene , ce qui est -^ de 24,96. 

Le sel plombique neutre sera done compose de C 34 H 48 N 8 O 12 -I- PI et 1'acide libre = 

C34 H* 8 N8 Q12 + 2 ^\ift .T oh 'to 

Lorsqu'on chauffe le sel plombique ou 1'acide jaune avec de la potasse, on ne voit point 
de detonnation ; la combustion s'en fait a la maniere des substances animates. L'acide 
jaune differe done essentiellement de 1'acide nitro-haematique de M. Woehler, de 1'acide 
nitro-picrique et du nitro-indigotique. 

La conversion de la proteine en acide xantho-proteique est tres-simple. En 6vaporant la 
liqueur nitrique j'ai s6pare une quantit6 bien marquante d'acide oxalique , sans douteprQ- 
duite par la decomposition de 1'acide malique. II se degage du nitrogene pendant la digestion 
de la fibrine on de 1'albumine avec 1'acide nitrique. Enfin en sursaturant la liqueur nitri- 
que avec de la chaux, il se degage de 1'ammoniaque. II se forme done pendant la decom- 
position: le corps jaune, de 1'ammoniaque, de 1'acide malique, ou oxalique et il se degage 
du nitrogene. Nous avonc done : ; , 

1 at. de la proteine C. 40 H. 62 N. 10 0. 12 

2 at. d'acide nitrique et 1 at. d'eau + 2411 

40 64 14 23 

3 at. d'acide oxalique et 2 at. d'ammoniaque "*^ 6 12 4 9 



" 34 52 10 14 

2 at. de nitrogene -^Jusr: 2 

1 at d'acide xantho-proteique. j34 52 8 14 

Mais la th6orie de la d6composition diflere entierement selon la tempdrature, a laquelle 
la proteine fut expos6e pendant le contact avec 1'acide nitrique , de sorte que , par une 
action continuee , on pcut convertir le tout en ammoniaque , en acide carbonique et en 
oxyde nitrique. 

Une propriete bien interessante , et qui montre evidemment que le corps jaune est un corps 
particulier , c'est 1'action de 1'acide sulphurique et de 1'acide hydrochlorique , citee plus haul. 



( 156 ) 

SUR L E GENRE TUP El A, . .qza'i J/IBTB xci) 
f6f .7 Jo c,02 & a^iqc 

PAR 

.an-i?!oiJin ab .0 .q 68,I onnob iup 
M. P. W. KORTHALS, , a em;1 

Memlre de.la Commission pour lei lieche i cites d' Iliitoire naturelle dant let Jndes Oriental?*. 

M. M. Chamisso et r Schlechtendal avaient deja eleve le Viscum antarcticum Forst. an rang 
d'nn genre nouveau , dit Tupeia , en remarquant que cette plante, ne pouvant etre rangee 
parmi les especes de Viscum , s'approchait du Loranthus europasus (Linncea 1828, p. 203). 

En 1830 M. Blume decrivit dans sa Flora Javae une seconde espece de Tupeia , umbellata 
(Viscum umbellatum) et le meme auteur en conserve parmi les planches inedites une troisieme, 
dite T. Reinwardtiana. II est vraisemblable que ce meme genre a demontr6 a M. Blume 
I'affinit6 entre les Loranthacees et les Santalacees. 

M. Korthals avail aussi range le Tupeia parmi les Loranthacees (Voyez Bullet, p. 46) , 
mais 1'examen du T. umbellata trouve sur 1'ile de Java et du T. Reintvardtiana Bl. (racemosa 
Khs. M.S.) rappbrl6 de Sumatra et de Borneo, lui ont fourni d'autres sentiments. 

L'auteur decrit ensuite d'uue maniere d6laillee les organes g6n6rateurs. Dans les semen- 
ces germantes, qu'il observa sur les branches de diff6rents arbres , la partie superieure de 
1'endocarpe etait fendue en cinq lobes, pour emettre la radicule. Celle-ci rampe sur la 
branche et forme un renflement , d'oii la racine penetre par 1'ecorce au bois de I'arbre. 
Apres 1' insert ion de la racine , se developpent les cotyledons, qui sont des folioles lineaires 
pointues. 

La tige ligneuse de T. Reinwnrdtiana rampe sur la plante de support , en s'attachant ta 
<;t la par de petites racines. Dans cetle maniere d'attache, qui rappelle celie du lierre , se 
developpent d'abord de pelits corps globuleux , composes pour la majeure partie, du tissu 
cellulaire. Ces petits corps s'attachent aux branches , pour ramollir 1'ecorce et c'est d'eux 
que se developpent ensuite les fibrilles radicales qui penetrent dans le bois. Les feuilles 
olfrent trois on cinq nerfs principaux, qui commencerit a la base ou un peu au-dessus. Les 
petites flours vertes sont axillaiies et forment des capitules sessiles ou p6doncules. 

L'auteur conclut que les caracteres de Tupeia ue s'accordent pas avec ceux des Loran- 
tbact-es, rrayant de la resseinblance avec elles que par sa maniere de croitre. Mais a 1'excep- 
tion pres de la direction de 1'embryori, c'est avec les caracteres des Santalacees donnes par M. 
tt., Brown, que ceux de Tupeia ont du rapport. Or, eu comparant la description de 1'ovule, 
M. Kortlials serait tente de croire , que 1'embryon a etc dit inverse par faute d'ecriture, en 
prenant cormne base 1'axe du fruit, et non point 1'insertion de la graine. II semble 
que Ckoretrum R. Br, reprcsente les especes indieiuies dans la Nouvelle Hollande. 

TUPEIA SCHLECHT. BLUME. 
Flcrcs iTionoi&ij ? q 100 9 ( O j,p 

Masculi. Perigonium quadri-vcl quinque-partitum. Stamina 4 vel 5 partibus perigonii oppo- 
sita et basi earum allixa, antheris bilocularibus , basi affixis. 



( 157 ) 

Feminei. Perigonium nudum vel ad basin bracteolis 4 ad 5 cinctum , qnadri-vel quinque- 
partitum Ovarium uniloculare ovulis duobus vel tribus, a placenta central! e basi producta, 
peruhilis. Stylus brevis, stigmate capitellato vel emarginato. Fructus drupaceus; abortu mo- 
nospermus , embryone erecto , in albumine carnoso. 

Tupeia umbellata Bl. fei'lq JMtmtoa al t 

T. rarnis teretibus , ramulis angulatis , foliis alternis obovatis , obtusis , basi cuneatis , tri- 
nerviis, nervis lateralibus bifidis , inflorescentia axillari , subumbellata , umbellulis 5-floris: ' 

Cresc. in Lagerstromia propre Kossambi insulae Javae. 
->nu'L is )> >jjq ,9?i Tupeia Reinwardtiana.Bl. 

T. ramis teretibus, ramulis compressis, foliis alternis, ovato-drbiculatis, basi cuneatis 3- 
vel 5-nerviis , vel tri-nerviis lateralibus bifidis , inflorescentia axillari , floribus confertis in 
foliorum axillis, vel abortu eoruni racemosis, 4-vel 5-bracteatis, bracteis ovatis acutis , bac-' 
cis oblongo-ovatis calycis partibus coronatis. 
iul nobe iijp , oJnisIq nl Ihoab Synon. Tupeia racemosa Khs. Ms. 

Cresei Martapoera , Banjermassing etc. insulae Borneo , et in sylvis Melintany et Singalang 
in suite Sumatrac. itLf oitp , 9Ju 

Une planche represente 1'analyse des fleurs et du fruit de cette derniere espece. 
^Extrait d'une brochure: over het geslacht Tupeia; sans date.) gf"JnirJ<^|;.iL)j;jjf 

aupbup JnaiBtr, eaui^ig g-jI'Jaob 9idiG au. Jnd/iJlif* nt> , oqmo.il Jea'a .M 

isb 



up oJrifiI(| el noloe ,Tc.(.r oiT-jncn ioro 

fi* J 

ej .OAS^KSM^ .k snicnod it biBtiaiJ] aij J c:) itlf""Wi'R'ft' s li ^' r ^ '-'^ noUonbBit BB 

. A. VV. M I Q U E L. 



. . . . 

; noiJeotip Bi9 -ii Jnob 3U03 anvil ji-jiu voe?-B !jbto33n a ^ ob oilonnlq rl annb 

La plante qui donne les graines du paradis , est toujours encore sujette a quelques doutes, 
q-noique deja depuis les temps des Arabes elles aicnt 6te en usage dans la Pharmacie, et en 
comparant les descriptions que les differents auteurs out donnees de cette drogue , il n'y a pas 
de doute , que ce n'aient et6 toujours les memes graines ou du moins des graines de plan- 
les tres-voisines, qui ont porte ce nom. 

La question principale c'est de savoir, si la capsule des graines du paradis est la rneme 
que celle qui se presente dans le commerce sous le nom de Cardamomum maximum. ' 

On trouve duns les additions a 1'edition hollandaise de Dodonoei Pemptadtb (AhVers 
1644) des remarques sur cette drogue, qui sont encore dans nos jours de quelque inte- 
r4t pour la Pharmacognosie. L'auteur dit (p. 1447) que ces graines sont apportees en grande 
quantite de 1'Afrique occidentale, mais qu'elles ne croissent point dans les Indes orieri- 
tales ; qu'elles sont contenues dans une capsule membraneuse grise de la forme et de 'ia 
grandeur d'une figue. Le nom de poivre de Milleguetta est derive du pays de Malleguetta, 
d ? ou on les tire en abondance. Avicenna les avail dfja decrites sous le nom de Combaz 



bague.ou Clutyrbawe- Avant la maturite, dit 1'auteur, les capsules ressemblent a des baies- 
rouges et sont d'une bonne saveur. >udnJ lav udouf> ..'limi au-inivO niuJiJifsq 

II dpcrit ensuite une autre espece de Milleguctta de Madagascar, dont les capsules sem- 
blent appartenir a une espece d'Arundo; elles sont grandes, longues, de la largeur de deux 
pouces , devenant vers le sommet plus etroites , d'une forme presque trigone , mais non pas poin- 
tues, exterieurement d'une couleur roussatre, interieurement divisees en trois loges, conte- 
nant des- semences noires, luisantes, enveloppees d'une membrane mince, interieurement 
blanches, et d'une saveur un peu piquante. Selon Clusius, dit 1'auteur, ce n'est qu'une 
mauvaise espece de Meleguette. Mais la capsule est plus etroite , plus longue et d'une 
texture plus dure. II compare ce fruit avec celui d'un Amomum faux et avec un semblable 
Indo-occidental decrit par Lobel , inais dont les semences sont un peu pileuses et blan- 
ches. L'auteur donne enfin la description d'une espece de Cardamomum majus, qui sem- 
ble etre le mme que celui que nous appelons a present C. longmn. 

Abraham Munting , professeur de Botanique a Groningue , a decrit la plante , qui selon lui 
donne les graines du Paradis. (Voyez Ware oefening clcr Planten , p. 204 et Beschrijv* der 
Aardgewassen , p. 255. ) II n'y pas de doute , que cette plante ne soit un arbrisseau dicoty- 
ledone; et c'est pourquoi, Sprengel (flisloria rei herb. II p. 140) n'a pas hesite de nommer 
cette plante de Munting fabuleuse. Sans partager cette opinion, nous nous bornons a croire 
que M. s'est tromp6 , en cultivant un arbre , dont les graines avaient quelque rcssemblance 
avec celles du Meleguette. 

Feu M. Nees d'Esenbeck donna, dans ses belles planches des plantes officinales , un dessin 
de 1' Amomum Granum Paradisi (Voyez Planche 65) , selon la plante qu'Afzelius a decrite 
sous ce nom dans le Remedia yuinecnsia X, N. 1. C'est la meme plante que celle que M. 
Kunze, dans sa traduction de la Botanique medicale de Richard , nomma A. guineense. La 
capsule dans la planche de Nees s'accorde assez bien avec celle dont il sera question ici. 
Seulement elle seinble avoir etc peinte d'apres un exemplaire plus jeune. Le pedoncule est 
pourvu d'une quantite de petites bracteoles imbriquees. Aussi 1'auteur dit-il , que la cap- 
sule est a deux bords aigus. II nous semble bien evident , que 1'espece d'Afzelius n'est pas 
synonyme avec I' Amomum Granum Paradisi deLinne, fonde plutot sur une plante indienne ; 
car Linne cite dans le Species plantarum : Hort. Malab. , T. XI. Tab. 6. Toulefois on pour- 
rait conserver le nora d'Afzelius , comme appartenant a la plante , qui donne en verite les 
graines du paradis. , r . u > 

Parmi une grande quantite de graines du paradis, apportees de la cote de Guinee a 
Rotterdam, nous Irouvames une capsule entiere , dont nous allons donncr la des- 
cription. Oviforme , alongee , couronnee au sommet d'un appendice foliace et portant a la 
base de larges spathes. Longueur de la capsule entiere avec 1'appendice 8 centim. ; capsule 
elle meme 0,045, appendice 0,035. Diametre a peu pres 0,03; de 1'appendice 0,01 a 0,015. 
Pedoncule 0,02 de long, 0,004 a 0,005 en diametre. Trois spathes ovales y sont attachees, 
dont 1'inferieure est la plus grande. ayant a peu pres la longueur de la capsule sans I'appen- 



* ( 159 ) 

\ x ' 

dice. La surface de Yepicarpe est fort inegale, ridee, pliee et crevassee parledessechement, 
d'un brun clair, a peine luisante. II s'etend sup6rieurement dans ce singulier appen- 
dice foliace, tubuleux (dechir6 au sommet dans notre exemplaire). Le pericarpe entier est assez 
mince , de 0,001 0,002 d'epaisseur. Uendocarpe est dur , tenace , cartilagineux, d'uu jaune 
tres-pale. La cavile de la capsule est triloculaire , & cloisons fort minces, membraneuses , presque 
blanches et legereraent attachees a 1'endocarpe. Les trophospermcs sont attaches & la partie cen- 
trale et raoyenne des cloisons , en deux series, par toute la longueur de la .capsule. Les trophosper 
ines s'etendent pres de leur attache en arilles blanches , tres-fines, membraneuses, qui envelop- 
pent chaque graine; les arilles se soudent ensemble , de sorte qu'ellcs forment dans chaque cavite 
une membrane qui contient les semences dans ses differentes petites cavites. Cette membrane 
ne s'unit pourtant pas avec 1'endocarpe. Le nombre desgraines est tres-grand , etpeul-etre de 
250 a peu pros. Elles sont brunes, luisantes, ovoi'des, & surface inegale ridee. La couleur en est, 
en general , plus vive que des graines plus anciennes , que 1'ou trouve dans les Apothicaireries. 
En comparant cette capsule avec un Cardamomum maximum, nous trouvons la difference 
la plus sensible. Celui-ci est plus petit , d'une forme obovoide , semblable a celle de la figue. 
On n'y voit ni les bractees a la base, ni un appendice foliace au sommet. Feu M. Neesd'Esen- 
beck, a qui nous avions communique un exemplaire de cette espece rare de Cardamomum, 
en a donne la description dans le Handbuch der P/iarm. Botanik de Geiger , derniere edi- 
tion, p. 242. 
aiuol oovr. 80)nel<; ~ . s -. i Tt r J *S!iSo7~^liul 01 .V^w.'S. fl 

EXPEDITIONS SCIENTIFIQUE 1 .'^ 

' ' " 






-ni^I- le Dr. E. Forsten, etant nomme membre de la commission pour les recherches d'His- 
toire naturelle dans les Indes Orientales, est parti dans ce but le mois de Juillet passe. Ce seront 
surtout les recherches de Zoologie, dont s'occupera ce naturaliste , connu au monde savant 
par sa dissertation sur la Cedrela febrifu^a. L'ile de C61ebes sera le premier objet de ses 
recherches. 

0! oqqolo T : u;-T "' 'iiaan-jiniiioa galliuol eol : 8Bq Jio'io -jn 

M. E. F. Splitgerber, savant botaniste d'Amsterdam, vient de retourner d'un voyage a 
Surinam, en rapportant de tres-riches collections de Bolauique, contenant, sans doute, 
plusieurs nouveautes qui ne contribueront pas peu a eclaircir la Flore de ce pays. Ce sont 
aussi les parties de Pinterieur de ce pays , peu ou peut-etre point du tout visiteesjusqu'a ce 
jour par les naturalistes , qui ont ete le th6atre de ses recherches. 



usq 
01 isni.l) 'jbiicx *ul 'iil , ; Ju. ' NECROLOGI E.ijuJoa r 




C'est a regret que nous communiquons la perte bien sensible que vient d'eprouver 1'urii- 
versite de Leyde, dans la personne de M. G. Wttewaall, Professeur d'economie rurale , mort 
le 6^ me Juillet passe. 



( 160 ) 

EXPERIENCES SUR I/ACTION DBS SUBSTANCES VEXfcNEUSES SUR LES VEGETAUX, 
-noqq/i ni:ru: <qt. .;) nind nu'b 

i'aaaB Ja 'isiliis 9qr nifilqfu "* IT, jmlvjfo) /i.i'jii/doj: ,^9HJjdi^, 

toj - ;i tf; A. ' W. MIQIJEL. 

jopsoiq. ,,ea8U" n .eaonin; t lo'l v. . M c k l .gliiq-gait 

-no-.- >il ' . ' : -^ffofiJJfi Jnoa rwvvtv inicce P artie> nyez p 9 y ! & Jnaiitu'jogal Ja eaibnuld 

EXTRACTUM HVOSCYAMI. I Exper. 31 Juill. (64). Dans une solution fillree de 3 gram, de 
1'extrait dans 12 onces d'eau nous mimes des branches en fleur de Galega qflicinalis , Malva 
si/lvestris , Spiraea salicifolia , Genista scoparia , Lconurus Cardiaca , Clematis Fiticella , Apium 
graveolens , Polygonum Persicaria et une plante avec sa racine d'Ocnothera Fraseri. Les 
memes dans 1'eau pure. 1 Aout. Toutes penchent plus ou moins, surtout Polyg. , Leon., 
e^'-Galeya. Dans 1'eau pure elles sont loutes fraiches. 2 A. (63 pluie). Toutes , a la seule 
exception pres de I'Ononis, penchent, surtout Pol. et Leon. 3 A. Genista et Leon, sont tres- 
fanes ; Polyj. entierement desseche, Oenoth. a peu pres. Ononis , Malva et Apium fleurissent. 
5 A. Galega, Oen. , Gen., Leon., Spir. sont maintenant entierement fanes , en partie desse- 
ches, mais peu decolores. Apium et Malva fleurissent encore, mais ont un aspect morbide. 
Clematis et Ononis commencent a se fletrir.' Dans 1'eau pure toutes sont bien fraiches , 
excepte Polygonum. Trois onces de la solution de 1'extrait sont absorbees; le' double de 
Veau pure. 

II Exper. 10 Juill. Nous placames dans une scmblable solution des plantes avec leurs 
racines d'ffyoscyamus agrestis a boutons a fleur , de T^inum usitatissimum en fleur, des bran- 
ches de Tilia europcea, Genista tinctoria, Calceolaria Hibbcrli, Anuyallis coerulea, Mescmbry- 
antkemnm multiftorum , Myrtus communis , Anchuaa italica , Ficus Carica , Impatiens Nolitan- 
gere. Les monies dans de 1'eau pure. 13 Juill. Linum , Ficus et Impat. sont presque entiere- 
ment desseehes. 15 Juill. Calceol. et Genist. se i'anent ; les autres, comine toutes les plantes 
dans 1'eau pure, sont encore fraiches. 18 Juill. Gen., Calc. , Tilia et Ana-g. , sont a present 
entierement fletris, mais non pas decolores. L'ffyosc., qui s'est asset bien conserve jusqu'ici , 
ne croit pas; les feuilles commencent a se faner, et il ne se developpc pas de fleurs. 1Q 
Juill. Mesembr. commence a pencher , et les fleurs ne s'epanouissent pas pendant Iajourn6e. 
Calc. est entierement desseche. 20 J. Toutes sont mortes , a 1'exception du Mescmbr. , dont 
les fleurs se sont de nouveau epanouies. Myrtus a encore quelques feuilles vertes. La branche 
de Ficus contient encore du sue laiteux. Toutes sont fraielies dans 1'eau pure, et les fleurs 
de Mesembr. s'epanouissent tous les jours a midi. 

III Exp&r. \ Aout, midi, (67i air couvert). Je plafai pres d'une fenetre deux amples feuil- 
les d'fferacleum yiyanteum b ~peu pres de la meme grandeur, Ja plus petite dans 9J onces 
d'eau contenant i once d'une solution saturee et filtr^e d'Extrait ; la plus grande dans 10 
onces d'eau pure *). 2 Aout 114 h. (63 forte pluie). La feuille dans 1'eau pure se porte 
. -- -7 ,O .M e>b on: 



*) La grande mcsure l m .36 de long, 1,40 de large , la petite 1,63 et 0,88. 



( 161 ) 

tres-bien et en a absorb6 5 one. 3 dr. L'autrc feuille penche fortement et n'a absorb6 que 
6 dr. du liquide. 3 A. 11 h. (67 couvcrt). La feuille dans 1'cau en a absorb^ toutelaquan- 
tit6 , et est fletrie. La feuille dans la solution veneneuse a encore suce 7 dr. En diss6- 
quant le petiole , nous eri vimes tous les faisceaux vasculeux , places circulairement autoar 
d'un centre commun, colores en brun. Le tissu celluleux, qui entoure ces vaisseaux, 
n'a point chang6 de couleur. Les vaisseaux de 1'autre feuille sont entierement blancs. J'ai 
observe par une dissection longitudinale que la matiere colorante n'avait penetre qu'a une 
hauteur de quelques millimetres. 

IV. Exp&r. 1 Juill. 12 h. Nous mimes dans 2 onces d'eau , meldes de 1 scr. d'extrait, 
YOnoclea sensibilis, une feuille d'Urtica baccifera, des branches en fleur d'llieracium ainplexicaule , 
Scorzonera hispanica , Salvia Aelliiopis, Hyoscyamus niger, Mimulus moschatus , A:c/iusa 
capensis, une branche de Royena lucida. Piper rubricaule et une plante entiere d'ffyoscya- 
mus niger. Les m ernes dansl'eau pure. 7 Juill. au soir ; Scorz. penche, aussi les bran- 
ches annuelles de Royena ; les fleurs de Sale, sont un peu fletries. Anch. est entierement fletri. 
Tout est frais dans 1'eau. 8. J. le matin. Onocl. est plus fletri que dans 1'eau pure. Salv. Test 
bien d'avantage. Fleurs d'Hier. et de Scorzonera demi-ouvertes, mais commen9ant a se 
faner; celles A' Anch. sont entierement fanees. Les autres sont fraiches. 12 Juill. II s'est 
developp6 quelques fleurs d'Hieracium, mais plus petites , comme les normales. Les feuilles 
Hyos. commencent a se decolorer. Scorzonera a fini sa fleuraison. Roy. et Salv. sont des- 
seches. Le bord de la feuille d'Urt. commence a se dessecher. Mimulus vit encore et con- 
serve son odeur. Anch. et Piper sont desseches. 14 Juill. Le Mim. se desseche aussi. Toutes 
les branches jusqu'au point ou elles ont etc submergces, sont ramollies et interieurement bru- 
nies; il reste i du liquide. 

V Exper. 7 Juill. Des exemplaires du Lcmna minor furent places dans une solution de 2 
scr., Extrait de 8 onces d'eau. Le 12 Juill. elles commencerent a se d6colorer; le 28 la 
plupart avaient succombe. 

sq lia-rii .Conclusions. 

On voit bien, qu'en general, 1'action de cet extrait ressemble a celle de 1'opium. II 
parait que la mort commence surtout dans les parties exterieures; les feuilles et les fleurs 
furent attaquees les premieres. Le ramollissement des parties Irempees dans le liquide ne 
saurait etre regarde comme un fait particulier, parce qu'on 1' observe aussi dans les tiges 
placecs dans 1'eau pure. L'action du poison sur 1'absorption est d'un plus haul interfit ; celle- 
ci etant dans toutes les plantes placees dans la solution veneneuse, si petite, que Ton 
pourrait facilement en deduire leur mort. Mais que ce n'est pas une actibn mecanique, qui 
ait empech6 cette fonclion, cela se trouve, il me semble, assez demontre par la I, et 
surtout par la III experience , ou nous avions employ6 des solutions filtrees. 

La vitesse de 1'action etait aussi pour ce poison bien differente dans les diverges plantes. 
Dans 1'espace de deux jours perirent Polygonum Persicaria, Ocnothera Fraseri , Linumusit., 
Ficus Car., Impatiens noli-tang. , Heracleum gig., Salvia Acth. Dans trois jours: Genista 

Bulletin S," 21 15 Auvcmlirc 1838. 



( 162 ) 

scoparia , Leonurus Carb. , Spiraea salicifolia. En six : Clematis f^ilicella , Ononis spin. , Royena 
luc En sept Genista tinct. , Calceolaria Hi/iberti , Tilia europ , Anagallis coer. En hull: 
Hyoscyainus mger, Myrtus comm. , Urtica bacc. En neiif: Mimulus mosch. , Piper rubric. 
Quelques plantes sculeincnt scinblent resister a Faction du poison. Mais en general on comprend 
aisement, qu'il est presque impossible de determiner d'une maniere precise le terme de la mort. 

Quant a 1'action des extrails narcotiques en general, on pourrait avancer, que , par leur con- 
sistance et leur viscosil6 , 1'absorption se trouve empecli6e d'une maniere mecanique , quand 
ces solutions sont appliquees a des tiges coupees. Ce qui se confirme par 1'observation, qu'ils 
n'orit point d'action nuisible sur les racines memes. Davy vit deja mourir des plantes dans 
les solutions visqueuses de gomme , de sucre etc. *) C'est surtout par les experiences inge- 
nieuses de M. Goeppert (Voyez Verhand. zur Bcford. d. Gartcnb. in Preuss. T. VI. I lift. p. 
147) que se confirme cetle opinion. II avail introduit p. e. dans 1'interieur des bulbes, par 
des incisions, les acetates de Strychnine, de Morphine et de Brucine , et retrouva ensuite ces 
matieres dans les fcuilles memes sans en avoir observe un effet nuisible. Cela etant ainsi, 
1'action des extraits narcotiques devient bien douteuse. Aussi on ne doit pas oublier, que 
les orifices des vaisseaux et des cellules coupes, ne tardenl pas a etre attaqucs par la pourriture 
et que par cela 1'absorption est bientot entitlement empechee , ce qui a lieu plus vite dans 
les solutions de matieres veg6lales que dans 1'eau pure. 

En se rappelant toutes les observations, que nous venons de citer, on ne s'etonnera pas, 
que plusieurs physiologistes ont entierement iiie 1'action nuisible des matieres narcotiques 
sur la vie v6g6lale. Mais c'est surtout par les fails suivants que je ne voudrais pas parta- 
ger leur opinion. 

Les plantes commencerent , meme dans les solutions tres-peu consistenles, a se faner 
bientot, p. e au second jour, pendant qu'elles restererit fraiches dans 1'eau pure. Suppose 
que le fletrissemenl ail etc cause par 1'absorption meme, les plantes d'une absorption prompte 
et abondante dcvraient elre plus vite atlaquees que celles d'une absorpliou plus lentc , ce 
que nos experiences n'ont point prouve- On ne pourrait par consequent non plus expliquer 
pourquoi p. e. \' flyoscijamus a peri plus tol dans 1'opium , el moins tot dans 1'extrail de Jus- 
quiame. Aussi 1'observation , que plusieurs fleurs de la secondc journee ne s'epanouissaienl 
pas, confirme notre opinion (Dianthus IV exper. d'Opium, Oenothcra I exp. , Scorzonera el 
Hicracium IV exp. de Jusquiame). C'esl aussi ce que nous avions observe sur Vffyoscyamtt?; 
dans la V exp. avec I'Opium , el que nous voulons citer ici. La branche flelrie placee dans 
la solution veneneuse, se rafraichil en une heure et ne commenea qu'au cinqnieme jour a 
se faner, d'ou il 'est bien vraiseinblable , qu'ayant tire au commencement de 1'eau de lu 
solution , elle n'est morte ensuite que par defaut d'eau. Enfin les changements qne 1'on 
trouve dans les plantes empoisonnees par ces extraits narcotiques, ne sauraient s'cxpliquer 
_____ : ____ ________ _ . tvl ^nr.ii Q]IT--" ___ 

\.\ ,Vj3'ft'j r \ V.Jno'iiiaq i'uio; , '. .... 

*) M. Link cependant dit : Ct liquorei crassi siouti atramouluin . quiu crassissiini , uli aqua glutinc ct fiilijiiH' nnxti 

ra.isennt. scil. in paries ^seclns. D (IKl^en^eSia, p. 194.) hU\ 



tra.isennt. 

.8Ct i<fw u 81 It "JT. , 



(163) 

par le dcssechement vulgaire, comme p. e. la bien prompte decoloration etc. Schubler et 
Zeller en introduisant les extraits par des incisions dans le tissu des vegetaux, en observe- 
rent aussi des actions lethales.'xoqrn 

II n'est point encore determine comment les extraits narcotiques font mourir les plarites. 
En dissequant les tiges, je voyais penetrer la solution dans 1'une plante a une hauteur con- 
siderable, dans d'autres a peine a quelques millimetres; mais jamais je ne 1'aipu poursuivre 
jusque dans les i'euilles ou les fleurs. C'est pourquoi on pourrait croire, quc la force de sue; 
tion est eteinte dans le tissus par les malieres narcotiques, de maniere quc le defaut d'eau 
cst urie des premieres causes de la mort. Ce n'est point ici une action qui s'etend vite sur 
le corps entier de la plante, comme dans le corps animal. Les stiginates de Mimulus reste- 
rent encore irritablcs dans les fleurs dont les petales etaieut deja fanes. (Extrait du 
Tijdschrift eoor Natuurlijke Gc&chicdcnis en PItysiologie, Tom. IV, p. 125 suiv.) 
!, , , ; OM^ OS, 



j -JIM) uoK'ji' f;n no ifcpvfiiKiij :' -iviiuv nil-i LILM >CITUM 9^ ub ii^oitn'no i- I 

ACTION DE L'ACIDE HYDROCHLORIQUE SUR LA PROTEINE , 
; '- H 'P-' UD i' ! ' jnumanoT fculq usq mj io71iii,H: 



>A 

.ii) id eqioo yui">m ub uiJ IIKJ oLumg golq bl olt!-. luauuil cl oupgibflfij , oono'i 

Bourdois et Caventou ont indique un moyen fort interessant de decouvrir la presence de 
la fibrine , de 1'albumine , soil veg6tale , soil auimale , et de quelques autres substances ani- 
males. II consisle dans la reaction do 1'acide hydrochlorique sur ces corps; cet acide 
produit une liqueur violette ou bleu,e , apres quelques jours de contact. C'est la une decom- 
position tres-simple des corps organiques. Elle est absolumcnt la meme pour la matiere 
caseeuse, que pour la fibrine et 1'albumine. 

J'ai mis en contact pendant 4 jours de 1'albumine d'oeuf purifie avec dc 1'acide hydrochlo- 
rique ; j'ai evapore 1'exces de 1'acide a 60 ou 70. II se formait un coagulum brun , quej'ai 
porte sur un filtre , exprime et mele de nouveau avec de 1'eau dans laquelle il se dissolvait. 
L'eau fut evaporee au-dessous de 100 et simultanement 1'exces d'acide ; le residufut trait^ par 
1'alcool, qui le dissolvait sans residu.Evapore de nouveau, le corps, d'un brun profond, fut seche. 

La liqueur, passee par le filtre de la partie insoluble, etait noire. Elle fut evaporee au bain- 
marie a 60 a 70, le r6sidu redissous dans 1'alcool, dans lequel il elait tout a fait solu- 
ble; 1'alcool etant evapore , le residu noir fut prudemment seche. 

Ces deux corps separes 1'un de 1'autre ont beaucoup d'analogie entre eux, toutefois diffe- 
rent ils essentiellement. Je donnerai 1'analyse comment je les ai separes a la maniere 
decrite plus haut. II s'ensuivra que la proteine se combine sans decomposition avec 1'acide 
hydrochlorique , pour former le coagulum , tandis que le corps organique se trouve entie- 
rement decompos6 dans la liqueur noire. 

La matiere de la liqueur noire, prudemment sech6e, etait molle s a la chaleur del'eau bouil- 



( 164) 

lante , dure et fragile a froid , extremement hygroscopiquc. Elle a donne les resultats suivants. 

1,548, me!6s avec du nitrate argentique et ensuite bonillis avec de 1'acide nitrique, jusqu'a 
ce que la matiere organiquc se trouvat entierement decomposee , out donne 1, 373 de chlo- 
rure argentique. Ce qui donrie 21,86 p. c. de chlore. 1,270, combures avec 1'oxyde plom- 
bique et 1'oxjde cuivrique, out donne 1,758 d'acide carb. et 0,700 d'eau. 

Corabure avec 1'oxyde cuivrique ct 1'oxyde plombique on a rccueilli N et C en volume = 

11,5 :92,0= 1:8. 

La composition est done : 

Trouve. At. Calcule. 

Carb. 38,28 40 37,28 

Hydr- 6,12 78 5,93 

Nitrog. 11,09 10 10,80 

Oxyg. 22,65 20 24,40 

Chlore. 2'l,86 8 21,59. 

La composition de ce corps peut etre variee de plusieurs mariieres ; on n'a besoin que de 
chauffer un peu plus fortement la solution pour evaporer du sel ammoniaque ; il est done 
bien difficile de 1'obtenir d'une composition constante. 

Quand on traite cette matiere par de 1'eau^, on voit distinctement une poudre d'un brun 
fonce , tandis que la liqueur tierit en solution complete la plus grande partie du meme corps brun. 
C'est de 1'acide humique combine avec de 1'ammoniaque , tandis que la poudre brune est 
de 1'acide humique libre., Traitee par un alcali fixe, la liqueur degage la totalite de 1' ammo- 
niaque , qui s'y trouve pour la plus grande partie comme chlorure ammonique. 

Pour s6parer 1'acide humique de la liqueur noire, je 1'ai sature avec de l'ammoniaque et 
precipite ensuite par de 1'acide nitrique faible. La poudre brune precipitee etait du humate 
ammonique , du moins dc 1'acide humique ammoniacal. Pour la bruler completement il faut 
loger du chlorate potassique dans le tube a combustion. 
0,250 m'ont donne 0,491 d'acide carb. et 0,122 d'eau. 

II se degage une petite quantite de nitrogene pendant 1'analyse. La matiere melee avec 
de la potasse caustique donne du gaz ammoniaque. Calculons le nitrogene selon le humate 
ammonique nous avons : 

Trouve. 

Carb. 54,30 

.!>ri;) Hydr. 5,42 , -ol 

Nitr. 4,20 

Oxyg. 36,08 

A en juger d'apres 1'analyse la poudre brune sera done Hm + NH 3 et non pas Hm + Nfi 4 . 
Elle etait sechee a 130. 

Le d6faut de matiere m'a empeche d'instituer d'autres analyses de la poudre brune. J'a- 
jouterai , pour constater 1'ideutite avec 1'acide humique , les proprietes auivantes. La ma- 



( 165 ) 

tiere employee a 1'analyse degage de 1'ammoniaquc par les alcalis fixes et se dissout , p. e. 
dans la potasse , en nne liqueur brune. Par 1'acide sulphurique 'on parvient a en separer 1'acide 
humique prive d'ammoniaque Elle r6agit faiblement acide , se dissout un peu dans 1'eau ; 
la solution ammoniacale neutre se precipite par le nitrate argentique , le sulphate cuivrique 
et 1'acetate plombique; mais , des que la liqueur saline est passee par le filtre , 1'eau de 
lavage dissout presque la totalite du pr6cipitc brun fence, qu'on pent precipiter de nouveau 
par 1'addition d'une nouvelle quantite de sel m6tallique. L'acide nitrique concentre la 
dissout et en forme un liquide d'un beau rouge. 

II est bien facile de montrer la conversion de la proteine en acide humique, au moyen 
de 1'acide hydrochlorique. Dans le cours de la decomposition il ne se produit aucun gaz et 
toutes mes recherches pour decouvrir un autre corps dans le liquide , excepte le chlorure ammo- 
nique, furent infructueuses. J'avais observe depuis quelque temps que la couleur foncee, qu'ori 
observe apres le contact de quelques matieres animates avec I'acide hydrochlorique , etait in- 
fluencfee par 1'air atmospherique. La coloration se produit, il est vrai , dans 1'hydrogene , 
I'acide carbonique , le nitrogene, dans le vide, ou dans des vases remplis entierement de 
ces deux corps; mais toujours d'une maniere incomplete. Jamais je n'ai observe plus qu'une 
couleur d'un brun clair, qui ne s'augmerita plus pendant un temps tres-prolonge ; tandis que 
dans 1'air la liqueur devient de jour en jour plus fonc6e, et lorsqu'elle est tres-concentree 
elle devient tout a fait noire. L'absorption de 1'oxygene parait done bien indispensable dans 
la conversion de la proteine en acide humique et en chlorure ammonique. En faisant monter 
dans une cloche, remplie de mercure , de I'acide hydrochlorique et de la proteine , et qu'on le 
conserve dans 1'obscurite, la liqueur, qui retient la proteine dissoute, est d'un jaune paille. Quel- 
ques bulles d'air atmospherique suffisent pour que la couleur bleue commence a se montreiv 

Reprenons maintenant 1'analyse, citee plus haul, de la combinaison des corps produits, 
composee de C> H N"> O 20 CIS; il est aise de conccvoir que C 4 H" Jjio QU absorbent 
118 QS + 4 H + 4 Ox. , pour former C* II 40 0^ + ?f!-I3 + 4 1 -NH* ou bien 4 at. de chlo- 
rure ammonique -t- I at. d'acide humique ammoniacal + C 10 H 10 O 5 . Le dernier se preci- 
pita dans le corps, obtenu par nous sous les circonstanccs decrites, en poudre d'un brun 
fonce , tandis que 1'autre reste dissous. 

On peut done regarder le produit, remarque par Bourdois et Caventou, comme un sel 
double un humate et un chlorure ammonique. 

Le prdcipite separ6 de la liqueur noire , dont j'ai parle plus haul p. 163 , est une combi- 
naison de la proteine pas encore decomposee avec I'acide hydrochlorique. Mais il est tres- 
difficilc de 1'obtenir pure. Une fois la composition s'atlacha a C 40 H 62 N 10 O 12 + 2 BGJ 4- H , 
une autre fois a la suivante. 

1,704 donnaient 0,767 de chl. arg. fondu, ou 11,10 p. c. de chlore. 

Le rapport du nitrogene et de I'acide carbonique produit par la combustion se trouvait =1:8. 

0,507 ont donne 0,872 d'acide carb. et 0,325 d'eau. 

Ce qui donne: 



( 166 ) 

Trouve. At. Calcule. 

Carb. 47,56 40 46,68 

Hydr. 7,14 9M. 71 6,76 

Nitrog. 13,77 10 13,52 

Oxyg. 20,43 15 22,90 

Chlore. 11,10 3 10,14 

ou bien C* H N 1 * O ia + 1 i Hi + 3 H : ou 2 Pr + 3 Hl + 6 . 

Tl sullit de deliver de cette analyse , que I'acide hydrochlorique peut se combiner avec 
la proteine et qu'il s'ensuivra plus qu'une combinaison stable. 

La decomposition de la proteine pendant la putrefaction en acide humique, en acide carb. 
ct en ammoniaque est bieii facile a interpr6ter. Supposons que le double ou 24 at. d'oxygene 
soient absorbes de 1'air , nous avons C*o H" Nio Q12 -t- O 24 = C 30 IPO Q 1 * + 5 #IP -i- 10 C t H, 
ou bien I at. d'acide humique, 5 at. d'ammoniaque , 10 at. d'acide carb. et 1 at. d'eau. loaik* 
?.f __ === ===^ a ^== . 1 '"'' inc l 0;);)n9u N 

SUR LA DECOMPOSITION DES MAT1ERES ANIMALES PAR LES ALCALIS , 

TAE 

G. J. MULDER. 

Un grand nombre de substances animates contiennent de la proteine : la chair animale p. e. 
en est formee pour la plus grande partie. Les changements qu'ils subissent de la part des 
agens chimiques dependent done, en grande partie, des effets que produisent ces corps sur la 
proteine elle-me'me. Pour computer mes etudes dans cette partie de la science, j'ai 
etudie 1'action produite par la potasse sur 1'albumine de 1'ocuf. Elle sera la meme pour la 
librine , la matiere caseeuse et la partie fibreuse de la chair. Encore n'est-il que trop probable 
que les autres alcalis fassent subir les memes changements aux dites substances. 

En faisant bouillir de la potasse caustique , delayee, dans le vide sur 1'albumine purifiee, 
on apercoit bieritot un degagement d'ammoniaque. Apres quelques jours de coction , 1'alcali 
etant toujours en exces , 1'ammoniaque ne se degage plus et la liqueur est coloree en rouge 
brun pale. En saturarit la liqueur avec de I'acide sulphurique il se degage de I'acide carbo- 
nique et , en la distillant, on se procure de I'acide formique. La solution ncutre evaporee , 
dorme , par des cristallisations r6petecs, du sulphate potassique, qu'on s6pare autant qu'il est 
possible. L'extrait residu, traite par 1'alcool bouillant , se dissout presque entiorement dansce 
liquide , quand on a continue asse?, longtemps la decomposition de la matiere organique par 
la potasse. L'alcool bouillant abandonne par le refroidissement de la leucirie, un extrait rouge 
et en retierit un autre presque sans coulenr. L'extrait rouge doit 6tre trait6 a plusieurs 
reprises par de 1'alcool, pour le debarrasser de la leucine , melee encore avec la matiere 
exlractiforme , tandis que 1'alcool, qui retient 1'autre extrail , evapore convenablernent, donne 
de la leucine en quantite bien suffisante. 



( 167 ) 

L'acetate plombique , instille dans la solution aqueuse de 1'extrait rouge , en pr6cipite une 
inntiere particuliere , que je nomme trylhro-prolidc. Le mme precipit6 se produit en petite 
quantite lorsqu'on ajoute de 1'acelate plombique a la solution aqueuse de la matiere solu- 
ble dans 1'alcool froid; mais en ajoutant a la derniere , apres que Ton a filtre la liqueur, 
du sous-acetate plombique , on obtient un precipite blanc d'un autre corps organiqne parti- 
culier, que je nomme protidc. Ces deux corps se produisent vraisemblablement aussi pen- 
dant 1'ebullition dans 1'eau de plusieurs malieres animales, qui contiennent de la proteine , 
et constituent probablement , pour la plus grande partie, 1'extrait de viande , produit dans 
plusieurs analyses. 

Erythro-protide. On separe 1'oxyde plombique au moyen du gaz hydrogene sulphure. La 
solution aqueuse, privee du sulphure plombique, est sans couleur, mais reprend la couleur 
rouge lorsqu'on 1'evapore et qu'on separe 1'acide liydro-sulphurique, soit dansle vide, soil dans 
1'air. Evaporee jusqu'a siccite 1'erythro-protide se presente sous la forme d'un corps solide 
rouge brun , n'altirant pas I'humidite de I'air. d'une saveur presque insignifiante , un peu 
amere, brulanta la maniere des substances animales, soluble dans 1'eauetdans 1'alcool bouil- 
lant , presque insoluble dans 1'alcool froid. La solution aqueuse est precipitee par 1'acetate 
plombique, le sublime corrosif, le nitrate argentique et 1'infusion de noix de galle. 

La composition de ce corps, comme il est combine avec 1 at. d'oxyde plombique, est la 
suivante : 

Trouve. At. Calcule. 

Carb. 56,63 13 56,12 

Hydr. 5,93 16 5,64 

Nitr. 10,23 2 10,00 

Oxyg. 27.21 5 28,24 at. 1770,554. 

Protide. Apres que Ton a precipite de 1'extrait soluble dans 1'alcool froid et dissous dans 
1'eau un peu d'erythro-protide , au moven de 1'acetate plombique, on precipite par le sous- 
acetate plombique un sel blanc floconncux, duquel J'hydrogene sulphure separe , apres la fil- 
tration el 1'evaporation de 1'eau , une matiere presque sans couleur, fragile et tres-facile a 
otre reduite en poudre, d'une saveur amere, combustible a la maniere des substances animales, 
soluble dans 1'eau et dans 1'alcool froid; la solution aqueuse est pr6cipitee par le sous-acetate 
plombique et ne Test pas par le sublime corrosif, le nitrate argentique, ou 1'infusion de 
noix de galle. , 9rr 

La composition de ce corps , etant combinee avec 1 at. d'oxyde plombique , est comme 
suit : 

Trouve. At. Calcul6. 

Carb. 59,20 13 59,04 

Hydr. 6,62 18 6,67 

Nitr. 10,56 2 10,52 >'dtt 1 - 

Oxyg. 23,62 4 23,77 at. 1683,04. 



( 168 ) 

La derniere diflere done de la premiere par echange de 2 at. d'hvdrogene contre 1 at. 

d oxygene. 

Pendant la decomposition de la proteine par la potasse il se degage de l'ammoniaque et 

se produit do 1'acide carbonique, de 1'acide formique, de la leucine , de la protide et de 

1'erythro-protide. Je n'ai pu d6couvrir aucun autre produit. Nous avons done vraisembla- 

blement : 

2 at. de leucine. <.a ijv*ap ... C. 24 H. 48 N. 4 0. 8 v 

2 at. de prolide .oUtiB 26 36 4 8 

2 at. d'erythro-protide. ..... 26 32 4 10 

4 eq. d'ammoniaque 24 8 

in-/ 2 at. d'acide carbonique 2 4 

1 at. d'acide formique . 2 2 3 

2 at. de proteine + 9 aq. = C7W~ H. 142~ N. 20 O. 33 
(Extrait du Natuur- en Snheikundig Archicf, 1838, N. 1 , ou se trouvent les details) 

lolfi'i ?ti(;l> i 






OBSERVATION SUR LE CANAL MEDULLAIRE ET LES DIAPI1RAGMES DU TRONC DE 
CECROPIA PALM AT A L. , SUIVIE DE CONSIDERATIONS GENERALES 

SUR LES DIAPHRAGMES MEDULLA1RES, 

_ -.,_./ 



F, A. W. MIQUEL. 

(Vnyez ^H. p. 29.) 
Dernicie partie. 

9l isq .oliiji-JtiTq oq no ucs'l 

.|nl. Description anatomique du tronc de Cecropia. Un epiderme mince et egal recouvre 
1'eitericur du tronc ; vers la partie inferieure il offre quelques petites taches de lenticelles ; 
les cicatrices des petioles sont visibles sur toute la longueur; elles deviennent successive- 
jnent plus grandes vers le sominet. La forme en est presque triangulaire et la ligre supe- 
rieure s'allonge a chaque angle et entoure toute la circonference de la tige. C'est surtout 
dans la partie superieure de la tige qu'on remarque sur cette meme ligne, justcment a la 
partie moyenne , un petit bourgeon, dont cependant souvent on n'apercoitqu'un rudiment. 
La couche de Vcnvcloppe herbacee est tellement mince , qu'a peinc elle se fait nettement 
distinguer de 1'epiderme. Les couches corticales, au contraire, sont tres-d6veloppees ; ce 
sont de gros tubes fibreux s'anastomosant entre eux et bien visibles a 1'oeil nuj ils entourent, 
en forme de reseau, la tige entiere sans etre fortement unis entre eux; on n'y remarque 
pas de tissu celluleux; mais les plus interieurs sont fortement colles ii la surface exterieure 
des couches ligneuses. Ces tubes sont en general cylindriques , quelquefois un peu comprimes ; 



( 169) 

on en voit ca el la dont la cavit6 est divisee par une cloison longitudinale. Mais ce qui 
caractdrise surtout cettc couche corticale , c'est que les fibres n'en sorit point disposees regu- 
lierement en couches concentriques et qu'il est impossible d'en separer ces feuillets super- 
poses, que Ton trouve ordiriairement dans d'autres veg6taux ligneux. C'est done ici le meme 
cas , dont M. de Mirbel avail deja prouve 1'existence dans plusieurs vegetaux, en 
remarquant que les faisceaux qui constituent les couches corticales , ne sont pas toujours 
reunis en couches (Annal. des scienc. nalur. Mars 1835). En comparant la grosseur de 
ces differents filets corlicaux , les plus exterieurs semblent etre d'un diametre plus grands 
que les interieurs. Les parois en sont assez epais , mais ils n'offrent point cette tenacite , 
qui les caracterise en d'autres vegetaux. L'epaisseur de la couche corticale entiere differe, 
peu de la tige sur toute la longueur. Dans 1'article premier, (p. 31), nous avons deja in- 
dique la difference d'epaisseur du bois sur les diverses hauteurs de la tige, en obser- 
vant, qu'on ne pouvait egalement bien distinguer partout les limites entre les couches de 
differentes annees et les limites entre les jets annuels. Or, cela n'est pas difficile a expli- 
quer, attendu que la vegetation de cette tige ayant etc continuelle , ces differences entre 
les jets de chaque annee ne sont ni visibles exterieurement ni indiquees par les limites 
evidentes entre les couches ligneuses. Le bois lui-meme nous semble d'une structure bien 
particuliere. Des rayons medullaires nombreux, tres-blancs, s'etendent du centre a la 
peripherie par toule la masse du bois. Ils divisent la tige (sur une coupe transversale) en 
plusieurs cones tres-reguliers d'une couleur uri peu plus obscure et d'un tissu serre. 
Chacune de ces espaces est pourvue d'une serie d'ouvertures assez larges, plac6es parallele- 
ment avec les rayons. Ces ouverlures sont les orifices de larges tubes, qui, des le premier 
abord, ressemblent aux tubes corticaux; 1'examen ineine le plus scrupuleux ne nous a pas fait 
trouver la moindre difference. Aussi ces tubes ligneux , a la circonference du bois , sont-ils places 
immediatement pres des fibres corticales. C'est ainsi que 1'on pourra se convaincre que 1'ac- 
croissemerit du bois s'est fait ici par les couches corticales, en unissant ces couches par un 
tissu celluleux serre, entrecoupe par les rayons medullaires. Car, en examinant de plus pres 
le bois, nous n'avous trouve autre chose que ces tubes et un tissu celluleux qui les unit; 
voila pourquoi le bois qui y est trouve a peu de durete et est tres-spongieux. Vetui md- 
dullaire differe deja du bois par une couleur plus foncee et offre celte particularite qu'il 
est form6 par une nombreuse quantite de vaisseaux spiraux, entierement deroulables dans 
toute la longueur de la tige. Observons encore que les couches corticales et en partie 
aussi le bois montrent ca et la des fentes , ou se sont developpes les bourgeons. 

En comparant cette structure de la tige avec celle d'autres vegetaux , nous trouvons une assez 
grande ressemblance avec celle d'une branche de Sycamore , dont M. Richard vient de repre- 
senter une coupe dans ses Nouveaux dtemens de Botanique 4dit. dern, Paris 1838, Planche 
qualrieme, Jig. 4 et 5. 

Le canal medullaire est revetu de la moelle , qui est en general tres-mince (1 mm. d'epais- 
seur) , et coup6 par ces diaphragmes dont nous avons deja parle. La moelle parietale et 

Bullelin K. 22. 30 Hovembre 1838. 



( 170 ) 

les diaphragmes sont tous deux constilues par une double substance. L'unc supcrficiclle brune, 
exlerieurement lisse et d'uri aspect singulier, a surface tachetee en facettes, et d'une struc- 
ture peu serree, comme floconneuse, inais sans doute cellulaire, quoiqu'il nous ait etc impos- 
sible de faire des lames minces de ce tissu pour en examiner la structure intime. Le couleau 
le plus tranchant le comprime , mais ne le fend pas. Cette substance brune, qui revet 
aussi eiterieurement les diaphragmes, couvre un lissu blanc, d'une nature, comme il sem- 
ble , toulc difi6rente, d'une texture beaucoup plus serree, tres-dure , fragile. D'abord ce tissu 
recouvre immediatement 1'etui medullaire, et forme, en se recourbant vcrs la cavite du tronc , 
ces diaphragmes, dont chacun est forme par deux lames , 1'une superieure , 1'autrc inferieure, 
col!6es entre elles , sans etre intimement unies ; de sorte que par le dessechement la cloison 
se fend en ces deux lames constituantes. J'etais fort curieux de connaitre la structure de ce 
tissu blanc et dur; mais en faisant des coupes aussi minces que possible et en les grossissant 
250 fois en diamctrc , je rie decouvris qu'une substance tout a fait homogene. Or, apres 
1'avoir expose quelques heures a 1'eau bouillante, je me convainquis que ce n'etait qu'un 
tissu celluleux tres-serre et comprime, rempli des sues desseches (amidori) dont il etait forme. 
Ce sont done ici des cylindres crcux formes de cette substance et places bout a bout , 
remplissant la cavite du tronc et revetus d'un tissu celluleux floconneux. 

Avant dc terminer cette description , remarquons encore un fait assez singulier. Eu cou- 
pant longitudinalcment la tige entiere , nous observames a la partie moyenne une place , 
ou la moelle et la couche de bois qui la couvre immediatement , etaient mortes et affec- 
tees d'un champignon filamenteux ; aussi 1'ecorce et 1'enveloppe herbacee qui y correspon- 
daient etaient-elles atlaquees de la meme maladie ; mais il se trouva entre ces deux par- 
ties une couche de bois bicn saine , cc qui nous semble prouver que cette partie nouvelle 
s'est formee entre des couches mortes de bois et de liber, attaquees par ce champignon. 

IL En comparant maintenant cette structure de la tige de Cecropia avec celle d'autres 
ve^etaux a tiges creuses et cloisonneuses , on remarquc une difference assez sensible , tant dans 
I'ine^alite du diametrc (iu canal medullaire sur les differentes hauteurs du tronc , que dans 
la structure des diaphragmes memes. Quoique nous ne hasardions pas d'expliquer ces singu- 
larites, il nous semble poui lanl assez vraisemblable , que la simplicit6 de 1'accroissemcnt de 
cette ti^e, par un seul bourgeon terminal d'une grandeur considerable , a quelque connexion 
avec le diametre (In tronc ; car dans presque tous les vegetaux 1'accroissement se fait par 
des axes lateraux, dont le duveloppeineiit commence des 1'etui rn6dullaire de la tige et dont 
les diametres isont d'abord egaux au diamelre primitif de la tige. 

L'histoire anatomique et physiologique de la moelle est si intimement liee a celle de la 
tio-e en general , qu'il est bien difficile de la trailer s6par6ment ; c'est pourquoi nous nous 
borncrons pour Je moment a ne donner que quelques remarques iso!6es. 

Les limites entre les axes ou merithalles simples sont toujours iudiqu6es par des retrecisse- 
ments du canal medullaire et par une moelle plus serree, plus compacte ; dans les tiges 
lierbacecs la moelle est souvent d'un vert clair, et quand la moelle dess6chee disparait 



avec 1'age , elle reste souvent dans ces noeuds memes de la tige. C'est ce dont on s'apercoit 
aisement dans les coupes de tiges longitudinales, surtout a 1'endroit ou se sont developpes les axes 
lateraux. Cette moelle semble contenir de la matiere nutritive pour le d6vcloppement des 
feuilles et des branches. Les cloisons de la moelle, qui indiquent les limites entre les axes 
devraient etre distinguees par une denomination particuliere et on pourrait les nommer 
diaphragmes medullaires. Elles ne consistent en general que du tissu cellulaire serre, comme 
nous 1'avons 6galement remarque dans la tige du Cecropia.*) 

Quand les tiges sont nodeuscs, c'est -a-dire , quand les limiles des axes sont tumefiees , on 
a remarque un entrelacement et des anastomoses des vaisseaux dans ces diaphragmes. 
M. Ehrenberg vient de fixer tout r6cemment 1'attention des phytotomistes sur cette structure 
particuliere dans les noeuds du Sium amjustifolium et d'autrcs Ombelliferes ; la coupe trans- 
versalc de ces anastomoses a la forme de chiffres arabes. Les faisceaux traversent hori- 
zontalement 1'axe de la ligc On iie decouvre pas de pareil Rete mirabile dans les 
noeuds de \Impatiens Balsamina, mais les faisceaux, destines aux feuilles ou aux branches 
sont disposes d'une maniere toute particuliere. (Voyez Mittheilungen aus den Verhandel. der 
Gesellschaft Naturforsch. Frcunde zu Berlin. 1837, pag. 25 26.) 

Malgrc que M Ehrenberg croie avoir fait une d6couverte toute nouvelle , il faut remar- 
quer que J. D. Moldenhawer avail deja decrit cette disposition des faisceaux dans les 
noeuds du Phcllandrium aqualicum (Voyez de f^as is plantar , 38) et M. de Mirbel avait 
iridiqu6 une semblable ramification des vaisceaux dans le Mirabilis Jalappa etc. (Voyez 
Annnlcs du Museum, T. XV. Tab. I. fig. 6. 11.) 

Plusieurs vegetaux qui ont des tiges creuses ou dont le canal m6dullaire n'est pas entie- 
reinent rempli de moelle , en possedent pourtant dans les noeuds , comme une chose indis- 
pensable au developpement des feuilles et des axes lateraux. Ce sont les tiges a diaphragmes. 

M. Dumortier vient aussi de communiquer des observations nouvelles sur les articulations 
des tiges ; il a surtout montre la difference entre 1'articulation des tiges monocotyledonees 
et des dicotyledonees. (Voyez Recherches sur la structure compares et le developpement des 
aniinaux et des vegelaux. Bruxelles 1832, pag. 28 et suiv.) 

Un fait assez generalement connu. c'est que, dans les tiges a feuilles opposees, les dia- 
phragmes montrent le plus de developpement, Dans celles a feuilles alternes et a petioles peu 
engainants le diaphragme n'est souvent pas entier, n'offrarit qu'une partie laterale de la moelle. 

Dans les tiges, a moelle persistante pendant tout I'age du vegetal, les diaphragmes ne 



*) Notre savant ami, M. Decaisne a Paris, a observe le meme fait dans la garance. Je dois, dit-il , cependant appelcr 
1'attention sur 1'organisation des artieulations correspondant a 1'insertion des feuilles. Dans cette parlie, le tissu cellulaire 
est beaucoup plus serre. et on le voit generalement s'y colorer en jaune, de preference aux autres parties aeriennes de 
la plante ; ce fait ne depend pas settlement de Pat-cumulation des sues , mais de ce qu'ils s'y trouvent plus elabores dans 
cette masse de tissu cellulaire beatiroup plus dense, qui joue ici le role de lissu glandulaire; les glandes etant souvent 
formees. comme on le sail, par le tissu cellulaire, qui devient dc plus en plus dense, a mesure qu'il arrive a circon- 
scrire le reservoir ou sc depose le sue qui s'y trouve produit par une sorte de distillation. (Recherches anatom. et physiolo- 
gique* tur la Garance. Bruxelles 1837 , pag. 31. Planche VI et VII.) 



( 172 ) 

tombent pas sous les yeux , mais n'en existent pas moins en effet, sans se distinguer du reste 
de la moelle par une couleur differcnte et une texture serree. 

Pour ne pas unir sous 1111 litre cominun des choses tout a fait diff6rentes,'il faut distin- 
guer les cloisons medullaires , qui se trouvent dans quelques vegetaux , des diaphragmes me- 
dullaires. C'est la une moeile interrompue par des cavites transversales, et les cloisons for- 
mees de cette maniere n'ont aucune relation avec des feuilles ou les axes lateraux. Elles 
ne different sous aucun rapport de la moeile , et n'offrent ni une structure plus serree 
ni des depots de matiere nutritive. Dans les tiges jeunes la moeile est souvent encore con- 
tinue , et ce n'est que par l'accroissemcnt ulterieur que ces cloisons se developperit. Hill les a 
figurees du Juylans (Voyez Construct, of limb. T. X, Jig. 14), et M. de Mirhel les a iridi- 
quees dans la Nyssa aquatica et Phytolacca (Voyez Elemens Tom. I p. 112), M. De Candolle 
dans les Jasminum qfficinale (Voyez Physiol. T. I , p 167); mais c'est surtout dans la Phyto- 
lacca decandra qu'on voit clairement cette structure et la formation successive de ces cloisons. 



SUR LES NIDS D'O I S E A U X MANGEABLES, 



G. J. MULDER. 

M. Doebereiner a demontre, que les nids des hirondelles des Indes sont formes d'une 
matiere animale particuliere, ayant plusieurs rapports avec le mucus ou avec les os des 
poissons cartilagineux. Les experiences publiees par ce cliinristc sont en rapport avec les 
observations de M.M. Raffles et F. Home, qui ont demontre a leur tour, que I'animal 
rend des matieres solides par 1'cesophage, organe pourvu de conduits excreteurs particu- 
liers. 

II ne restait done plus de doute a lever concernant 1'origine de la matiere en ques- 
tion , quoique plusieurs naturalistes eussent tente de demontrer 1'originc vegetale de ce 
produit tout aussi singulier que remarquable. Restait cependant encore a determiner la 
nature chimique du corps meme. 

M. Blume , Directeur de 1'Herbier, a eu la complaisance de me confier une assez grancie 
quantite de ces nids d'hirondelles , pour les soumcttre a uri examen. J'en ai piofite en 
cherchanl les faits suivants. 

On trouve parmi les nids en question plusieurs formes differentes. Les plus vulgaires ont 
la forme d'une cuillere sans manche , tranchee a ligne droite par 1'un des deux cotes, et 
termiuee par deux bouts 'pointus. Ceux-ci ne sont pas si blancs que les autres, qui ont 
(Je plus un prolongemenl plus ou moins grand, par lequel le nid proprement dit cst 
attache aux roches. Ce prolongcment aplati est comme une base, formee de la meine 
substance, mais impregnee de matieres de la roche. Les dcrniers nids sont plus fragiles 



( 173) 

que les premiers; la cassure des demiers est tout a fait vitreuse , et la surface interne inunie 
d'une multitude destries elevees , comrne si c'etait une texture reticulaire. 

Les parties constituantes de ces deux especes de nids sont absolumerit les memes, excepte 
que la substance principale est un peu plus pure dans les nids prolonges, que dans les 
autres. Je ne donnerai done que le resultat de I'examen des premiers. 

La densite en est I,250a23,5. Seches a 100 ils perdent 12,38 p. c. d'eau. Us sont fragiles 
a. un plus haul degr6 , de manierequ'on parvient facilement a les reduire en une poudre fine ct 
impalpable. L'alcool bouillarit en dissout du sel marin , du chlorure magnesique ct une petite 
quantite d'unc graisse solide , blanche , tandis que I'eau bouillante en extrait du sulphate sodique 
et des traces de carbonate sodique. L'eau evaporee devient floconneusc et depose des parcelles 
de la matiere particuliere, qui constitue presque en entier le nid d'hirondelles des Indes. Les 
llocons ont tout a fait les memes proprieles que la matiere principale du nid et est d'au- 
tant plus dissoutc, que la quantite d'eau fut plus largement employee a la decoction. 
En fin I'eau , priv6e des flocons par le filtre, coritient encore une autre matiere organique 
dissoute. C'est un acide organique combine avee de la chaux , inele avec un peu de la ma- 
tiere principale, alteree , quand on a contiriu6 la coction uri peu plus longtemps. La nature 
de 1'acide n'a pu etre determinee ; mais il dorine des sels solubles avcc 1'acetate plombique 
neutre et le sulphate cuivrique ; le sous-acetate plombique y prodnit des flocons blancs , 
1'alcool de meme ; I'infusion de noix de galles n'y produit point de precipite. 

La matiere particuliere et principale, qui est insoluble dans 1'alcool et presque insoluble 
dans I'eau, devient gelatineuse par le dernier menstruum. La gelee est volumineuse et en- 
tieremerit transparenle , de sorte que Ton distingue avcc la plus grande facilite jusqu'au 
fond les plis du filtre. Cette gelee est insoluble dans 1'acide acetique , 1'acide riitrique , 
1'hydrochlorique et le sulphurique delaye, dans 1'ammoniaque et la potasse taible. Elle est 
dcomposee par la potasse caustique en donnant de rammoriiaque. L'aeide nitrique forl la 
transforme en partie en acide jaune de Fourcroy et la decompose a chaud en gaz. L'aeide 
hydroclilorique bouillant la dissout , mais la decompose simultanement en dormant une li- 
queur brune, coinme le font la fibrine et 1'albumine animales. 

On nc parvient pas a cxtraire quelque autre substance de la gelee, que les sels et les 
substances nominees. Je regarde la gelee comme une matiere animale particuliere. En la 
sechant elle reprend la forme preccdentc et devient d'uii beau blaric , et pulverulent par la 
trituration. Brulee elle donne les produits de substances animales, se gonfle , donne un char - 
bon volumirieux et un residu de 5 p. c. d'une cendre blanche , compos6e de phosphate calci- 
que et magnesique, avec des traces de carbonate calcique , produit sans doute par la com- 
bustion. 

Parmi les substances des nids d'ltiron:lclles on ne rencontre pas de soufre ou de phos- 
pliore libre. 

L'analyse des nids d'hirondelle.s m'a donne les resultats suivarils sur 100 p. dc la sub- 
stance sechee a 100' C. 



( 174) 

Matiere particuliere. . . 'y^ijiv. ;;:/.^)'. . n.v-b, "J> -'t'"? ; . . . 90,26 
Sel calcique a acide animal , sol. dans 1'eau , insol. dans 1'alcool. . . . 0,53 

Graisse solide blanche. . V" :' V-' 1 . 3 '* 0,22 

Sulphate sodique. 8 J>''. - 'J. 1 Jf; >>.t"'i v>'-'i. "P<-1 ."1 . . . J 3<! . . 0,77 

Chlorure sodique avec un peu de chlorure magnesique 3,47 

Phosphate calcique et phosphate magnesique , avec des traces de carb. cal- 
cique. . . . U'' ; 'i' \ 3! '; j y 'a 9ll ii'. J(l $ l i- i i. lI0 .' II R^'fVo<.94).. . . . 4,75 
Carbonate sodique , traces. 

La purete de la matiere principale et 1'absence de toute texture organique rn'ont conduit 
a la soumettre a une analyse. Les resultats en sont les suivants: 

I. 0,295, dans lesquels 0,280 de matiere pure, brules avec de 1'oxyde plombique et del'oxyde 
cuivrique , scion la methode de M. Berzelius , ont donne 0,555 d'acide carb. et 0,177 
d'eau. 

II. 0,231, dans lesquels 0,219, ont donne 0,436 d'ac. carb. et 0,140 d'eau. 
I. 0,498, dans lesquels 0,473 de matiere pure, ont donn6: 

Nitrogene a 20 et 766,2 mm avant 1'exp. 100 ctmcub. 

2375 et 766,5 mm apres 148 
II. 0,704, dans lesquels 0,669 , ont donne nitr. a 24,25 et 766 mm avant 1'exp. 117,5 ctmcub. 

26,25 766,5 mm apres 185 

D'ou: I. II. 

Carb. 54,81 55,05 

Hydr. 7,02 7,10 

Nitrog. 11,64 11,66 

Oxyg. 26,53 26,19 

La composition de la matiere animate en question ne saurait etre fixec par la determi- 
nation du poids de I'atome. Les 5 p. c. de sels terreux peuvent bieri tre diminues par une 
digestion prolongee de la matiere dans 1'acidc acetique ; mais il est impossible d'en extraire 
entieremcnt les sels. Le sulphate cuivrique , 1'acetatc plombique , le sulphate ferrique 
et le nitrate argentique , dans lesquels on a plongc la gelee , tres-delayec , les font contrac- 
tor et il est done vraisemblable , que les oxydes se combinent avec le corps organique. 
Mais il est impossible d'en deriver le poids dc I'atome de la substance. 

La composition en centiemes trouvee par 1'experience peut etre representee par la rela- 
tion suivante des atonies: 

Carb. 22 55,17 

Hydr. 34 6,96 

Nitr. 4 11,62 

Oxyg. 8 26,25. 

Mais il se peut bien que le poids de 1'at. soil p. e. 24 etc. fois plus grand ; le calcul ne 
prouve done rien ; il donne seulement le rapport des atomes le plus probable. 



( 175 ) 

\ 

La mature gelatineuse , quc Ton rencontre dans les nids d'hirondclles en Europe , est peut- 
etre d'une nature analogue et merite bien d'etre mise en comparaison avec la maticre 
particuliere des Indes , qu'on peut nommer ndossine de vioaaia nid. 



SUR LA COMPOSITION DE LA TERRE DE LA VALLEE EMPOISONNEE DE JAVA , 



G. J. MULDER. 

La vallee empoisonnee de Java, si connue par le pouvoir de faire mourir les animaux, 
qui la visitent , n'est veri6neuse ni par 1'Anthiaris toxicaria , ni par quelque exhalaison v6ne- 
neuse du sol lui-meme, mais vraisemblablement par 1'acide caibonique, degage par le terrain 
volcanique , sur lequel elle se trouve placee. M. Blume m'a Iivr6 une petite quantit6 de la terre 
de la vallee , prise de la surface. Elle etait fragile , facilement reductible en poudre , d'une 
couleur rouge , d'une pesanteur specifique de 2,398 a 23 C et appartient aux oligistes 
ocreuses. L'analyse m'a donne : 

Oxyde ferrique avec peu d'ox. manganique. 48,81 

Silice 14,42 

Alumine 33,20 

Carbonate calcique 1,69 

magn6sique . . . njj.iud .: . '. . . . . 1,22 

Sulphate sodique , chlorure sodique et chlorure calcique 0,66 

~1 00,00 

La composition de la terre n'offre done rien de particulier. On a prete une attention spe- 
ciale pour decouvrir quelque substance volatile v6n6neuse. Le r6sultat ful negatif. 



SUR LA COMPOSITION DE QTJELQUES STEAROPTES ET HUILES ESSENTIELLES, 

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G. J. MUL 1)1-1! 

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Stearoptc de thuile de mads. 

John a decrit sous le nom de myristicine un stearopte de 1'huile de noix muscades. Ce 
corps a, selon lui, une odeur aromatique et la saveur de 1'huile elle-meme ; il se serait fondu 
au-dessus de 100. 



( 176) 

Le stearopte de 1'hnile de macis est vraisemblablement la myristicine de John. Les cris- 
taux examin6s par nous etaient groupes en hemispheres fragiles, parfaitement blancs, ayant 
1'odeur de 1'huile. 

0,947 chauffes a 100 perdaient 0,009. A 112, apres urie heure, encore 0,057 et apres 
quelque temps la totalite s'etait sublimee en aiguilles tres-fines , parfaitement blanches , sans 
laisser aucun residu. Chauffe sur une feuille de platine dans la flamme d'alcool il brule sans 
donner de fumee. 

Ce stearopte tombe dans I'eau , se dissout facilement dans 1'eau bouillante, a la tempe- 
rature ordinaire dans 1'alcool et 1'ether, la potasse caustique et 1'acide nitrique. L'acide 
sulphurique le colore en rouge beau. 

I. 0.414, chauffes a 100, ont donne a 1'analyse 0,945 d'acide carb. et 0,394 d'eau. 
II. 0,305 ont donne 0,698 d'acide carb. et 0,293 d'eau. 
III. 0,467 out donne 1,080 d'acide carbonique. 
D'ou 1'on tire en centiemes : 

I. II. III. 

Carbone 63,116 63,280 63,090 

Hydrogene 10,574 10,511 [ 

Oxygene 26,310 26,129 

En faisant passer le gaz acide hydrochlorique sur le stearopte , il devient transparent et 
se fond. 

0,279, tenus pendant i heure dans un tel courant et prives de 1'acide libre par un cou- 
rant d'air sec pendant 4 heure , avaient gagne en poids 0,033. Le poids de I'atome du stea- 
ropte devient , selon cette combinaison : 

3848 x i = 1924. 

La composition du stearopte de 1'huile de macis peut done etre representee par : 
Carborie 16 1222,992 63,61 

Hydrogene 32 199,674 10,39 

Oxygene 5 500,000 28.00 

1922,666 100,00. 

La combinaison hydrochlorique, dissoute dans I'eau, reagit fortement acide. Pr6cipitee par 
le nitrate argentique elle a donne 0,143 de chlorure d'argent, contenant 0,0353 de chlore. 
Dans les 0,033 d'acide hydrochlorique se trouvent 0,0321. II ne s'etait done pas sublime du 
stearopte pendant cette experience. 

La quantite de 1'hydrogene de 1'acide hydrochlorique, combine avec 100 parties du sta- 
ropte (11,84) est 0,3234 de bien s - a de 10,39. (Voyez plus bas: kuile de macis.} 

Stearopte de Vhuile de marjolaine. 

"*,',. 

11 etait parfaileincnt blanc, sans odeur , et forme de cristaux durs. A 112 0,565 per- 
daient pendant plusieurs heures 0,008, etarit de I'eau hygroscopique. Les cristaux etaient 



( 177 ) 

encore transparents. Chauffe sur une feuille de platine il se fond et se sublime , sans laisser 
de residu. II est plus pesant que 1'eau , brule avec flamme et est soluble dans 1'eau bouil- 
lante , dans 1'alcool et Tether, 1'acide nitrique et la potasse caustique. L'acide sulphurique 
concentre le colore en rouge. 
S6che a 112 1'analyse a donne: 

I. 0,569 ont donne 1,252 d'acide carbonique et 0,548 d'eau. 
II. 0,325 ont donne 0,717 d'acide carbonique et 0,313 d'eau. 
Ou en centiemes : 

I. II. 

Carbone 61,018 61,002 

Hydrogene 10,703 10,701 

Oxygene 28,279 28,297 

0,373, tenus dans un courant d'acide hydrochlorique, comme le st6aropte de macis, ont 
gagne en poids 0,048. Le poids de 1'atome du stearopte de marjolaine devient done : 

3536,7 x i = 1768, 
La composition peut done etrerepresenteepar : 

Carbone 14 1070,118 60,89 

Hydrogene 30 187,194 10,65 

Oxygene 5 500.000 _28,46 

1757,312 fOOTOO. 

La eombinaison hydrochlorique reagit fortement acide. Dissoute dans de 1'eau et precipitee 
par du nitrate argentique, elle a donne 0,181 de chlorure argentique. Laquantit6 de chlore 
dans ce chlorure est 0,044853 , et dans 0,048 d'acide hydrochlorique 0,046784. Le st6aropte 
n'a done rien perdu pendant cette eombinaison. 

La quantite de Thydrogenc de 1'acide hydrochlorique , combinee avec 100 parties du stea- 
ropte (12,95), est 0,3548, ou de 10,65. 

Le stearopte n'a rien gague en poids dans un courant de gaz ammoniaque. 

.'.'.^iiriojaii >()> 
Slearopte de I'kuile de citron. 

Une petite quantite de ce st6aropte, que j'avais a ma disposition, etait blanche, cassante 
ayant la forme cristalline et 1'odeur de 1'huile. II se fond a 46, et se sublime a une tem- 
perature un peu plus elevee. II se dissout facilement dans 1'eau bouillantc et dans 1'alcool 
et Tether a la temp, ordinaire. 

0,160 de ce stearopte, seches sur de Tacide sulphurique , ont donn6 0,322 d'acide carb. et 0,132 
d'eau. D'oii Ton tire : 

Trouve. At. Calcule. 

Carb. 55,022 2 55,02 

Hydr. 9,162 , 4 8,98 

Oxyg. 35,816 1 36,00 

fi.ulletm X." 23 15 DirciuWe 1838. 



( 178 ) 

0,121 de ce stearopte n'ont gagne dans un courant d'acide hydrochlorique que 2 milli- 
grammes. II ne se combine done pas avec cet acide. 

JN'ayant plus de substance a ma disposition, la vraie composition de ce stearopte reste 
encore douteuse. 

Stearopte de Vhuile de Bcrgamotte. 

Selon M. Dumas 1'huile de Bergamotte a la meme composition que 1'huile de citron, 
et M. Boissenot a reconuu les memes proprietes aux stearoptes de ces deux huiles. 

Le stearopte de Bergamotte, que j'ai recueilli de 1'huile, etait purifie a plusieurs reprises 
par la cristallisation de 1'alcool. II se montre sous la forme de cristaux aciculaires blancs.qui 
se fondent a 206,5 et se subliment. Le stearopte est sans odeur, se dissout dans Tether et 
1'alcool et dans 1'eau chande , ainsi que dans la potasse caustique. L'acide sulphurique le colore 
en rouge beau , 1'acide nitrique ne 1'attaque pas a froid, mais le dissout et le decompose a chaud. 
11 ne se produit pas d'acide oxalique. 

I. 0,260 orit donne a 1'analyse 0,630 d'acide carbonique et 0,091 d'eau. 
II. 0,273 0,662 d'ac. carb. et 0,095 d'eau. 
Ce qui donne : 

I. II. At. Calcule. 

Carb. 67,000 67,051 3 67,09 

Hydr. 3,885 3,867 2 3,65 

Oxyg. 29,115 29,082 1 29,26 

Le poids de 1'atome n'a pu elre determine. 0,568 n'ont gagne dans du gaz acide hydro- 
chlorique que 0,002. 0,421 n'ont gagne dans du gaz ammoniaque que 0,001. II ne se 
dissout ni dans 1'ammoniaque liquide, ni dans 1'acide hydrochlorique. line solution alcooli- 
que du stearopte , melee avec une solution alcoolique d'acetate plombique , ne produit point 
de precipit6. L'eau ajoutee depuis donne un precipite floconneux , qui se rassemble a la sur- 
face , mais qui ne conticnt point d'oxyde plombique. La vapeur du stearopte se d6compose 
a quclques degres au-dessus de la temp, de fusion. La densite de la vapeur ne saurait done 
etre determinee. 

Quoique le poids de 1'atome ne puisse par consequent point etre fixe, la relation bien 
simple des atomes entre eux se prouve par 1'analyse. Le stearopte de 1'huile de Berga- 
motle differe essentiellement de celui de 1'huile de Citron et les deux huiles ne sontdonc 
probablement pas de la meme constitution. 

.fnir>nib'to .qaiy) ;. ' 






Huilc de mads. 



L'huile de macis est selon toute apparence un melange d'un stearopte et d'un oleopte. 
L'huile pure, sechee par du chlorure de calcium, a donne a 1'analyse: 

I. 0,482 donnerent 1,434 d'acide carbonique et 0.470 d'eau, 
II. 0,365 1,088 0,355 

Ou en centimes : 

.(.; i -,.',-i '..-.i at t: ' ... ,.^i 



( 179) 

Carbone 82.265 82,587 

Hydrogene 10,832 10,807 

Oxygene 6,903 6,606 

La relation des atonies qui en derive est C 15 2 H 24 4 O 1 . Retranchons de C 16 H 32 O 5 = 

= C 3 ' 2 H 6 ' 4 O 1 nous avons: 



C" H' '*> ' 

II parait done que 1'huile de macis est un melange du st6aropte et d'une huile, dans 
laquelle I'hydrogene ct au carbone = li : 1. 

Mais il se pourra que le stearopte de 1'huile de macis n'est qu'une combinaison de cette 
huile C 1 H 1 * avec le stearopte de 1'huile de marjolaine C 14 H 30 O 5 . Le resultat de 1'analyse 
du premier, (p. 176) peut fort bien etre represent6 par C 16 H 33 O 5 , ce qui est = C 14 H 30 O 5 
-t- C 2 II 3 , ou bien le stearopte de marjolaine, combin6 avec 1'huile de macis C 1 H 1 *. Le 
defaut de matiere m'a empeche de d6cider cette question avec pr6cision. Si tel est en effet le cas, 
1'huile de macis vulgaire, examinee par nous , sera form6e de C 76 H 123 O 5 = C 14 H 30 O 5 + 
C62 JJ93. C'est-a-dire que c'est un melange du stearopte C 14 H 30 O 5 avec un hydrogene 
carbone C 1 H 1 !- 

ino ,oiiph;;5i; re -!.i jdp'nui'-oM'.n oMvis'b f'71.0 :;j nc / 

Hmle de camphre. 
" 

L'huile de camphre se trouve ddcrite par plusieurs naturalistes. La petite quantite qui m'a etc 
confiee , pour la soumettre a 1'analyse, est d'un jaune clair , d'une odeur de camphre tres- 
prononcee, plus legere que 1'eau. Elle peut tre distillee sans laisser de residu. Distill6e 
avecdel'eau, elle y laisse des traces de camphre. 

Sechee par du chlorure de calcium, 1'huile de camphre m'a donne a 1'analyse : 
0,232 ont donne 0,683 d'acide carbonique et 0,227 d'eau. 
0,400 1,181 0,389 

Ou en centiemes : 

I. II. 

Carbone 81,403 81,641 

Hydrogene 10,874 10,806 

Oxygene 7,723 7,553 

La relation des atonies est d'apres 1'analyse C 14 H 22 > 4 O 1 . Retranchons 1 at. de camphre = 

C 10 H 16 O 1 nous avons: 
C 4 H6- 4 . ~0r C 4 . H6, 4 = 10 : 16. 
L'huile de camphre est done un melange d'une huile C 10 H 16 avec du camphre et le camphre 

lui-meme un oxyde de cette huile. (Extrait du Natuur- en Scheikundig Archie/, n. 4. 1837.) 
iloJiOT/- oh.nir ncr..J ! f nod Joil ioJ a'.ijj m-jol SY/UOIK TJO-'J avi.^cif* , /v.iii.'Kxu/.ntf . /. .1 

- 



(180) 

IT ' . v 

SUR L'ACIDE NITRO-LEUCIQUE, 

Mfe 

G. J. MULDER. 

= *0 E Ha'3 ah { enodoiunt-Wl ^0 ' v ewnoJa aab. noilebi 

La leucine se combine , selon M. Braconnot, avec 1'acide nitrique , et en produit un nou- 
vel acide, qui peut se combiner avec des bases. Lorsqu'on met en contact, a la temp, 
ordinaire, de la leucine et de 1'acide nitrique non en exces , la leucine se dissout, sans aucurie 
evolution de gaz, en une liqueur epaisse , transparente ; pen d'instants apres , 1'acide nitro- 
leucique se solidifie en grumeaux. cristallins , qui donnent des cristaux aciculaires en dissol- 
vant ceux-la dans de 1'eau et en 6vaporant la liqueur a une douce chaleur. A unc temperature plus 
eleveeil se degage du gaz et toutc la leucine peutetre detrnile et convertie, sans residu, en 
produils gaz6iformes. Ce qui reste de matiere solide apres une decomposition incomplete est 
encore 1'acide nitro-leucique. 

Puisqu'il ne se forme point d'autres produits et qu'il ne se degage aucun gaz pendant la formation 
<1 la nouvelle combinaison, 1'acide nitro-leucique doit etre compose de leucine et d'acide 
nitrique , plus une quantite d'eau , plus ou moins grande. L'analyse a donne les resultats sui- 
vants: 0,173 d'acide uitro-leucique , seches sur de 1'acide sulphurique, ont doune 0,238 
d'acide carb. et 0,107 d'eau. 

Trouv6. At. Calcule. 

Carbone 38,03 12 917,22 37,69 

Hydrogene 6,87 26 162,23 6,61 

Nitrogene 4 354,08 14,70 

Oxygene 10 1000.00 41,00 

2433,53. 

Ce qui donne C 12 H 24 N 2 O 4 + ^ + H. Ou I at de leucine , 1 at d'acide nitrique et 1 at. d'eau. 

0,163 d'acide nitro-leucique ont ete dissous dans de 1'eau de baryte ; la baryte exc6dante 

fut enlevee par 1'acide carb. et le carbonate dissous par 1'ebullition et la nitration. De 1'acide 

sulphurique, instille dans ce liquide, a donne 0,102 de sulphate barytique. Ce qui rend le 

poids de 1'atome de 1'acide nilro-leucique 2328. 

Sur 100 p. de 1'acide nitro-lciicique on a 62,6 dc sulphate barytique , dans lesquels 
41,01 de baryte, qui contiennerit 4,2 d'oxygene selon 1'experience, ou , de 41,00. 

.bf : 01 " 

L1VRES PUBLIES DEPTHS LE MOIS DE JUIN JUSQU'AU MOIS DE DECEMRRE 1838. 
f.WJf/1 .' '.( : "s^',\L *,'sV)i*AV8!\6%'fv-^toi\w/'v nit i -rf> no om^m-iul 

J. A. KRAIJENBRINK , Opgave eener nieuwe leerwijze tot het benaderen van de wortels 
der hoogere magtsvergelijkingen. (Nouvelle mdthode pour resoudre les equations des degre's 
superieurs au second.) Arnhem. 1838. 8. 



( 181 ) 

D. LARPNER en H. KATER, Handboek der werktuigkunde, benevens een aanhangsel over 
den slinger en de balans ; naar de Hoogduitsche vertaling van H. KONZMAN , vergelekcn met 
de Engelsche oorspronkelijke uitgave, vertaald door A. J. do Bruyn. (Manuel de Me'canique , 
traduit de V Anglais et de I'Allemand.) Avast. , chez S. de Grebber. 1838. 1 vol. 8. av. 21 pi. 

G. CLEMS , Dissertatio Mathematico-Astronomica de Maculis Solaribus. Groning. 1837. 8. 

F. KAISER, De komeet van Encke en hare naderende verschijning. (La comete d'Encke et 
son apparition prochaine.) Leyde, chez H. W. Hazenberg et Comp. 1838. 8. 

L. LIEWES, Handboek der Zeevaartkunde. (Traitd de Navigation). Amst., chez C. G. 
Sulpke. 1838. 1 vol. 8. av. fig. 

G. A. VAN DER VOORT, Verzameling van aanteekeningen over de koude in de maandeii 
December 1837, Januarij en February 1838. (Recueil d' observations thermomelriquca , faites 
pendant le froid de I'hiver de 18371838) , avec des tableaux. Amst, chez Elix etO. 1838.8. 

G. ROSE, Beginselen van de leer der kristalvormen , benevens ecn tabellarisch overzigt 
der delfstoflen naar derzelver kristalvormen, uit het oorspronkelijke vertaald door N. W. 
de Voogt, met bijvoegselen en een voorberigt van W. Wenckebach. (Traduction des elemens 
de Cristallographie de G. Rose , par N. W. de V. avec additions et preface de W. W.) Leyde , 
chez P. H. van den Heuvell. 1838. 1 vol. in 8. av. 10 pi. 

E. WEBCKEBACH, de Magneto-Electrischc Telegraaf van Gauss en Sleinheil, naar oorspron- 
kelijke berigten en eigen behandeling voor het Nederlandsch publiek beschreven. (Descrip- 
tion du Te'legraphe Magneto- Electrique do Gauss et Sleinheil.) La Haye , chez S. de Visser. 
1838. 1 vol. in 8." av. 1 pi. 

Leerboek der Scheikunde van J. J. BERZELIUS, 3 e deel, l e aflevering. (Traduction du 
Traite de Chimie). 

Schets der onbewerktuigde Scheikunde, naar de 4 e Hoogduitsche uitgave van Dr. F. 
WOHLER. Gouda, Vogelensauk. 1838. (Traduction des Elemens de Chimie.) 

Natuur- en Scheikundig Archief, uitgegeven door G. J. MULDER en W. WENCKEBACH. 1838. 
N. 1 en 2 contenant: 

I." Sur la maniere de decouvrir la presence de 1' arsenic dans les substances organiques, par S. Stratingh. Ez. 
2. Resultats d' observations meteorologiques , faites a Paramaribo par II. M. Dieperinck, par W. Wenckebach. 
3. Sur la proteine et ses produits de decomposition et de combinaison, par G. J. Mulder, 
-i.o Sur la composition de la Chondrine, par le meme. Yoyez Bull. p. 77. 
5. Sur la gotnme arabique , par le meme. 

6. Sur les nids d'oiseaux mangeables, par le meme. Voyez Bull. p. 172. 

7.o Sur la composition de la cire, par A. F. van der Vliet. Voyez Bull. p. 13-i. Notices diflerentes, Bibliographic. 
Over den oorsprong en de geschiedenis der Hollandsche duinen, door W. VAN DEN HULL. 
(Sur Forigine et I'histoirc des dunes de la Hollande.} Avec une planche repiesentant le livage. 
Haarlem , Erven F. Bohn. 1838. 120 pp. 8. 
L'auteur expose des theories sur 1'origine et les changernens des dunes. 

Observations thermo-electriques sur I'elevation de la temperature des Jleurs de Colocasia 
odora , par A. VAN BEEK, membre de 1'Institut des Pays-I5as, etc. et C. A. BERGSMA, Dr. en 



( 182 ) 

Sciences et en M6decine, membre de la societ6 provinc. des arts et sciences d'Ulrecht etc. 
etc. Avec une planchc lithographiee. Utrecht, chez Robert Natan. 1838. 4 14 pag. 6 tabL 

Le trop peu de familiarite des Botanistes avec les lois de physique generate, joint au manque d'usage des 
instruments, fut toujours un grand obstacle a 1' execution de beaucoup d'experiences sur la Physiologic 
vegetale. 

Ce fut done un cas Lien heureux, que M. VAH BEEK, un de nos physiciens les plus distingues, ait voulu prendre 
les soins neressaires pour executer ces experiences d'une maniere, qui, quant a la partie physique, nc laisse 
rien a desirer. Car on a employe pour ces experiences 1'appareil ingcnieux dont se servirent MM. BSCQUEREL et 
BRESCHET dans lenrs recherches physiologiques et d'un galvanometre, execute p.-ir M. COMMON a Paris, et parfai- 
tement adnptc a cette sorte d'experiences. 

C'etait surtout pour demontrer d'une maniere incontestable le developpement de chaleur dans la spathe du 
Colocasia odor a , phenomene que M. RASPAII vient d'attaquer tout recemment d'une maniere plus ingenieuse que 
veridique, en appelant ce phenomene un phenomene puremant physique, cause par le reflechissement des rayons 
calorifiqucs des parois de la spathe, comme au foyer d'un miroir parabolique. C'esta juste titre que les auteurs 
font remarquer ici a M. RASPAIL, que cette theorie avail etc deja refutee avant d'etre emise, par un fait cite 
dans les experiences de MM. VROLIK et imVmEsg, savoir qu'un spadice de Colocasia odora, depourvu d'une spathe, 
montrait encore un maximum de temperature de 16 F. 

En passant sous silence la description detaillee de la maniere dont les auteurs ont applique leur instrument 
et les soins qu'ils ont pris afin de mcttre leur resultat a 1'abri de toute objection, nous transscrivons le 
resume des consequences qu'ils tirent eux-memes de leurs recherches (pag. 11.) 

1. Que le degagement de chaleur dans les fleurs de Colocasia odora a lieu sur toute la surface visible du spa- 
dice, quoique avec une intensite differente dans ses diverses parties. 

2. Qu'apres 1'epanouissement de la spathe, un degagement considerable de chaleur a lieu dans les fleurs males, 
qui atteignent une tres-haute temperature, de beaucoup plus elevee que celleque Ton a observee a cette epoque 
dans les autres parties superieures du spadice. 

3. Que vers 1'epoque de 1'emission du pollen , une augmentation considerable de chaleur se manifeste subite- 
ment dans les fleurs males avortees, qui forment le cone charnu ou glanduleux du spadice, tandis que la tempe- 
rature des fleurs males diminueconstamment et approche de plus en plus de celle dc 1'atmosphere. Le degagement 
de chaleur de cette partie constitue une seule periode de plusieurs jours, celui des fleurs males avortees au 
contraire offre plusieurs periodes distinctes et journalieres, jusqu'an deperissement de cette partie. 

4. Que le degagement de chaleur dans chacune de ces diverses periodes est uniforme, et le meme sur la sur- 
face des fleurs males, que sur celle des fleurs males avortees, en opposition avec ('opinion emise par quelques sa- 
vants , qui aftirment que la chaleur va en augmentant vers le sommet du spadice. 

Qunnt a la cause de ce developpement de chaleur, les auteurs semblent partager 1' opinion de M. DECAKDOLLE 
qui 1'attribue a la combustion du carbone de la plante par 1'oxygene de 1'air. 

Les auteurs ont aussi tache de determiner, si les autres parties de cette plante montrent une chaleur propre, 
etsesont servis , pour ce but, d'une autre sorte d'aiguilles delicates formees de cuivre et d'acier, soudees bout- 
a-bout. Mais, disenl-ils, soil que nous placions les points de soudure dans les petioles, ou bien dans les pcdon- 
cules, nous n'avons jamais pu decouvrir la plus legere trace de chaleur propre: de sorte que, par la sensibilite 
de notre appareil, qui indiquc les plus legeres differences de temperature, nous croyons etre en droit de con-; 
clure, que dans le Colocasia odora il u'existe pas de chaleur propre appreciable. 

Les tableaux, joints a la fin de la presente brochure, contiennent les resultafs numeriques des diffcrentes ob- 
servnlions. Une planche lithographiee represente le spadice enveloppe de la spathe, un spadice isole et un sem- 
blaljle coupe longitudinalcmcnt. 



( 183) 

C'est par laute d'impression que malheureusemenl on lit cinq fois R.iispail au lieu de RASPAII. 

RUMPHIA sive Commcnlationes Botanica imprimis de planlis Indise Orientalis , turn peni- 
tus incognitis, turn qua; in libris RHEEDII , RT;MPHII , ROXBURGHII, WALLICHII, aliomm rccen- 
sentur. Scripsit C. L. BLUME cognomine RUMPHIUS. Lugd. Batav. 1835, 8. Fol. cum Iconn. 
coll. et delineationibus. Tom. I. 

Quoique ce magni6que ouvrage de M. BLUME soil deja generalement connu et annonce dans plusieurs journaux 
scientifiques de 1'elranger, nous croyons cependant etre utiles a plusieurs botanistes , en donnant une analyse 
detaillee de ce livre, qui par sa brillante execution n'aura pu tomber sous les mains de plusieurs cultivateurs 
de la science. C'est siirtout pour eux que nous donnerons des extraits des matieres les plus interessanles. 

L'ouvrage est execute d'une maniere qui ne laisse rien a desirer, tant par 1' elegance lypographique, que 
pour les inagnifiques dessins, colories d'apres le vivant et ornes d'analyses tres-detaillees , peints en partie par 1'auteur 
Itii-meme en partie par M. DECAISHE, dont le talent dans ce genre de peinture est aussi admirable que 1'habilite 
qu'il deploie dans 1'anatomie des organes les plus subtils est grande. Ce que ROHPHIUS , RUKEDE et ROXBURGH fu- 
rent jadis, MM. BLCME et WALLICH le sont de nos jours, mais de maniere a faire honneur aux progres de la science 
depuis un demi-siecle. 

La Rumphia est dediee a feu Son Allesse, la digne sceur de notre Auguste Monarque, comme un faible 
temoignage de reconnaissance pour la protection speciale dont cette noble femme avail honore M. BLUME meme 
depuis sa jeunesse. 

La preface contient une revue sur les recherches de Botanique faites par ordre du gouvernement dans 1'Ar- 
chipel des Indes. Un grand nombre des Botanistes les plus distingues, MM. REINWARDT, KDHL, VAH HASSELT, ZIPPE- 
i.rns, KORTHALS, etc. ont e'te envoyes aux Indes. C'est surtout a ZIPPEI.IIIS, jeune botaniste, instruit par M. lii.rsE, 
et des lors jardinicr du jardin de Buitenzorg, que la science est redevable de la collection de plantes des Mo- 
luques etde la nouvelle Guinee. Le vaillant naturaliste succomba dans ce voyage sur les cotes insalubres de 1'ile 
de Timor. Ses collections et ses manuscrits ont etc remis par ordre du gouvernement AM. BLUHE, qui rendra horn- 
mage au merite de ZIPPELIDS en inserant dans la Rumphia une grande partie de ses decouvertes. 

M. BLUME, envoye aux Indes comme Direcleur du Service Medical et alors cultivaleur zele de Zoologie, com- 
menca bientot a s'occuper de la Botanique, dans la seule intention d'etudier les plantes medicinales etde trou- 
ver parmi les plantes indiennes de nouveaux medicamens. C'est ninsi que, comme parhasard, la Flore indienne a 
gagne un de ses cultivateurs les plus distingues et les plus assidus. C'etait comme par un pressentiment secret, 
que TAcademie Imperiale Leopoldine avail honore M. BLUMS: du nom de RUMPHIUS, qui dans son temps avail etc 
nomme a si juste litre par la meme Academic le Pline des Indes. Get autre Kumphius snlisfait done a present 
a un devoir, qu'il s'elait impose depuis longteinps; il publie sous le litre de Rumphia des Commentaires sur les 
ouvrages de RUMPIIIUS, RHEEUE, RoxncRcn, WAIIICH , en d'autres mots, il nous offre une partie de ses savantes 
recherches dans la Flore indo-orientale. C'est surtout /' 'Herbarium Amboinense de Rumphius que 1'auleur va 
eclaircir. 

La Rumphia se divise en differenls chapilres, dont le I" contienl: Rumphii laborum remuncratio. 

Le II me Rumphii de quibusdam MELASTOMACEIS, additis aliis nonnullis in India orientali recens investigate 
(pag. 1028). L'auteur donne d'abord le caractcre du genre MEDIHILI.A Gaudich. (Freyc. voy. part. hot. p. 484), 
et decrit ensuile 1. Jff. crispata Bl. in Bydr. tot de natuurk. wet. T. VI. p. 257 (ou 1'auteur a deja donne une 
Synopsis des Melastomacees indo-orient.) scu Funis murcenarum mas seu rubra Rumph. V. p. 66. 1. Tab. 33. 
fig. 1. 2. M. pterocaula Bl. 1. c. p. 2SI. (le. in Rumphia Tab. I,) 8. M. macrocarpa Bl. I. c. p. 252 
(Ic. T. II), synonyme avec Funia mur. foemina sen glabra Rumph. 1. c. p. 67, Tab. XXXV, fig. 2. 4. M. crat- 
tinervia Bl. 1. c. p. 251, seu F. m. tertia sive latifolia Rumph. 1. c. p. 67, difterente de la plante qui a etc 
decrite p. 68 et dans 1'Actuarium sous le meme nom et depeinle sur T. XXXVI. 6. M. radicans Bl. 1. c. p. 251. 



(184) 

(Ic. Tab. Ill), espece mm mentionnee par R. Le genre Minuaii SI. 1. c. p. 245, dedie au celebre physicien 
van Maruin, differe du Marumia Reinw. , qui est synonyme avec Reinvvardtia Nees ab Es. (Syll. pi. nov Soc. 
Rat. I. p. 9 f) et peut-etre avec Sauraja Willd. Ce genre de M. Bl. appartient avec Medinilla a la Tribu des 
Miconiee DC. et se rapproohe du Huberia et Henrietta, dont il diflere par 1'appendice setace et dilacere des 
antheres. 1. M. muscosa Bl. 1. c. selon un echantillon cueilli par Koenig et conserve dans 1'Herb. de van Royen 
a Leyde (Ic. Tab. V). Le genre ASTROHU est deja elabli par M. Blume dans Bydr. Flor. Ned. Ind. p. 1080 et ap- 
partient a la Tribu des Charrante'es , differant de tous les genres de cette Famille tant par le defaut de sy- 
inetrie des Loculamens de 1'ovaire avec les autres verlicilles florales que par les spermophores discoideo-convexes 
attaches au fond des Loculamens, et enfin par la structure des graines. 1. A. papetaria Bl. in Bijdr. totde nat. 
W. 1- c. p. 867, sen Pharmacum papetarium Rumph. IV, p. 134 (7c. Tab. 69). '2. A. spectabilis Bl. L'ijdr. Fl. 
Ned. Ind. p 1080. (Ic. Tab. VII), (Melastoma arborea Reinw. Catal. Hort. Buitenz. p. 70 exparte). Le genre 
EWTCKIA Bl. in Bijdr. nat. wet. VI, p. 205, est un des plus beaux de cette famille, ressemblant par son port 
plnti'it anx Memecylees qu'aux Melastomacces. L'auteur fait la reraarque, qu'Astronia et Ewyckia s'eloignent en 
quelque sorte des Melastomacees , 1 par le torus epigyne continu avec le calico; de sorte, qu'entre les parois du 
calioe et ceux de 1'ovaire il n'y a pas de cavites pour recevoir les antheres. 2. par la disposition des spermopho- 
res, eloignes de Tangle interieur des Loculamens; dans Ewyckia ils sont opposes a cet angle. E cyanea Bl. 
in Bijdr. tot de nat. wet. I. c. p. 266. (Ic. Tab. VIII.) 

Le chop. III mt ' contient: Descriptio Laurinearum indicarum quarundam minus notarum, undo Cortex , Cu- 
lilatcan ac Folia Malubathri officinarum ex parte colliyuntur. (p. 26- -45). 1. Cinnamomum Culilawan Bl. (haud 
Nees ab Esenb) Ic. Tab. IX, fig. 1. et Tab. X, fig. 1. Syn. Bl. 1 Bijdr. Flor. ned. Ind. p. 571. Hayne Arzneyk 
Gew. Vol. XII, Tab. 24. b. (feuilles). Coelit-lawan-boom Valentijn, Beschr. Arab. III. p. 210, fig. n. 37. Cu- 
litlawan sive Cortex Caryophyllodes albus Rumph. II. p. 65, 66. Tab. XIV (except, inflor.) Laurus, fol. opposit. 
triplinerv. Linn. Mat. med. p. 108. Mant. 237. L. Culilaban Linn. spec. 530. L. Cassia var. Culilaban. Lain. En- 
cycl. Nat. Ill, p. 444. L. Culilawang Nees ab Esenb. frat. disp de Laur. p. 61. (excl. descr. pi. Javan. et forte 
Syn. Roxb. Hort. Beng. p. 80). L'auteur fait remarquer que 1'ecorce Culilaban ne se cueillepas d'une seule espece 
d'arbre, mais de plusieurs, savoir: du C. Culilawan et du C. Xanthoneurum , et que 1'ecorce du C. Javanicum 
(dit Sintoc par Rumph) est entre frequemment dans le commerce depuis quelques annees. M. Blume pense que 
le C. Culitlawan Nees ab Es. en Wall. pi. asiat. rar. II. p. 76. ( Laurus Culitlaban Roxb. Hort. p. 30) n'appartient 
pas a celte espece. 2. C. (caryophylloides) rubrum Bl. (le. Tab. 11, fig 1), caracterise deja par 1'auteur selon 
une figure se trouvant entre les Manuscrits de Rumphius (Syn. Cortex caryopholloides ruber R. II, p. 66. 
Peut-etre Laurus caryophyllus Lour. fl. cochin.). 3. C. Sintoc (spurium) Bl. (Ic. Tab. All). (Sijn. C. 
Sintoc Bl. Bijdr. p. 571. Hayne 1. c. XII. Tab. 24. Blume in Tijdsch. voor Nat. Gesch. I. p. 63 excl. Syn. 
Valenl. et Rumph.) Ce n'est pas de cette espece que provient 1'ecorce Sintoc de Rumphius. On trouve en- 
suite une comparaison tres-detaillee et bien interessante par rapport a la Pharmucognosie sur les diflerentes 
ecorces appolees Culilaban, Sintoc, Slassoy etc., el repvesentees dans les planches avec une justesse et une 
elegance a surpasser tout ce qui, sous ce rapport, s'est presente jusqu'a ce jour. Mais 1'espace de notre feuillene 
nous permct pas d'en donner un extrait detaille, c'est pourquoi nous renvo^ons le lecteur a 1'ouvrage memo. 
&.C. xantkoneurum Bl. (Ic. Tab. XIII. fig. 1.) esquisse dans le Tijdsch. voor Nat. Gesch. I. p. 63. Syn. Calilnwan 
ex Popuauis et Moluccis insulis Rumph. II. p. 66. Haec arbor Corticem Calilawan Papuanum pracbet, facie, odore 
atque acredine aromatis coriici illo, qui ubivis in Arcliipelago Mulaico nomine Massoi notus est, longe similior 
quam Cortix Culilawan umboiiiensis. 5. C. Capparu Coronde Bl. (Ic. Tab. IX. fig. 2-3), decrit selon une 
feuille dans 1'Herbier de Burman, cueillie dans 1'ile de Ceylon. En voici la diagnose: foliis oblongis basi subob- 
lique aculiusculis breviter triplinerviis aveniis subtus Ividosericcis. Sijn. Cupperoe coronde Act. Ac. Caes. Nat. 
Cur. I. App. p. 4, fig. 3. Nees ab Es. Disp. p. 27, 63. Tab. VI. fig. 3. 6. T. camphoratum Bl. Tab. XIV. 
fig. 1. Decrit dans les Bjdr. Flor. Ned. Ind. p. 871. Syn. Laurus calophylla Reinw. in litt, ad Nees ab Es. Disp. 



( 185 ) 

p. 63. C. albiflorum Nees ex parlc quoad Syn. pi. javanicae in Wall. pi. as. select, fase. 8, p. 63. _ 7. C. niti- 
dum Hook (hand Sees) (Ic. Tab. XV). Syn. Laurus Caryophyllata Reinw. in lit. ad Nees Disp. p. 63. C. eucalyp- 
toides C. G. Nees in Wall. pi. as. rar. II. p. 73. Nees Jun. Off. Pflanz. Suppl. IV. Ce sont surtout les feuillcs de 
cet arbre, qui s'appellent Folia Indi ou T am.alapa.tr a ou Malabathri. M. Blume a deja trouve ces feuilles dans 
1'herbier du celebre vuyageur RAUWOLFF, conserve dins le Musee de Butanique a Leyde, et parmi elles une espece 
nouvellc , qu'il decril ainsi : C. Rauwofffii foliis ovato- aut elliplico oblongis longe acuminatis basi subinoequali- 
acutiusculis breviter iriplinerviis subarctiato-reliculatis glabris , nervis lateralibus cost.ique media apice venuloso- 
subramificatis . (Ic. Tab. IX. fig. 45). ', 

L'auteur .ijoute ensnite des remarques fort interessantes sur d'autres especes, qui donnent les feuilles d'Indes 
du commerce. L' espece, nominee Cassia cinnamomea, strictiori folio ignobilior Pluken.Almag p, 89, est con- 
sideree par 1'auteur comme nouvelle et appelee C. ochrace'tm, foliis lanceolatis oblongisve utrinque attenuatis 
tri-aut hrevissime trij)linerviis subaveniis , nervis lateralibus apice evanescentibus. (Ic. Tab. X. fig. 2, 3 et 4.) 
Deux autres especes, determinees sur des feuilles d'Indes sechees s'appellent C. neglectum , foliis elliplico-oblon- 
gis utrinque vix acuiiusculis breviter triplinerviis subtus ochroleucis puberibus et transverse reliculato-striatis , 
nervo medio infra apicem venuloso. Habit, a Kuhl et van Hasselt in monte Kapuliang , Provinciae Javanicoe 
Buitenzorg collectum. (Ic. T. XI. fig. 2.) C. Malabathrum, fol. elliptieis oblongisve utrinque subacutis valide 
tri-aut brevissime triplinerviis transverse venulossi glabris, nervis apiee confluentibus. (Ic. T. XIII. fig. Set 4.) 
Syn. Laurus Mai. Burm. flor. Ind p. 92 'excl. Syn. Ruin ph. Herb. Amb. Katu Karua Houtt. II. 2. p 335 et Hort. 
Malab. V. p. 105. T. 53. Du C. nitidum on trouve decrites les varietes suivantes. a. Spurium (Tab. XVI. fig. 1) 
foliis obiter arcuato- venuloso-reticulatis, junioribus subtus argenteo-sericeis. b. Subcuneatum (Tab. XIII. fig. 2j 
foliis basi subcuneatis triplinerviis subtus obiter vcnnloso-reticulatis. c. Oblongifolium (Tab. XVI. fig. 2) foliis 
oblongo-lanceolatis utrinque attenuatis plerumque triplinerviis. Syn. Laurus Culil. Nees Disp. p. 62, quoad 
descr. pi. javan. C. Culitl. javanicum Necs in PI. As. rar. II. p. 75 in nota. C. Cul. Nees in Bot. Zeit. 1831 , p. 602 
ex parte. 8. C. iners Bl. decrit dans Bijdr. p. 570. Syn. Laurus iners Reinw. ex parte in lit. ad Nees Disp. 
p. 63. Cinn. Malabathrum Batka in Reg. Bot. Zeit. 1834. p. 135. (Ic. Tab. XVII et XVIII.) 9. C. (Sintoc) 
javanicum (Ic. Tab. XI). Deerit in Bijdr. p. 570. Syn. Sindoc Rumph. II. p. 69. Lnurus Malabratum Horsf. in Verb. 
Batav. Genoots. VIII, Laurus Pseudo-Cassia Reinw. herb, ex parte. Melastoma Reinwardtianum Bl. Bijdr. p. 1069, 
tantnm quoad folia, cum panicula ad mcum Dissochseta fallax special. C. Sinloc Bl. (quoad Syn. Val. et 
Rumph.) 

Chap. IV. De Ipo si<ee arbore toxicaria Riimphii (p. 46 59). L'auteur parle dans ce chnpitre d'une maniere 
tres-detaillee de 1'arbre, d'ou les indigenes de Java recueillent lefameux poison dit Upas, dntiaristoxicaria Lesch. 
(Ic. Tab. XXII-XXllI.) L'auteur y depose le fruit d'une etude longue et penible. Cet arbre croit dans les iles de 
Java, de Bali, de Celebes; vraisemblablement aussi dans celles de Timor et des Philippines, et selon Rumphius 
dans celles de Borneo et de Sumatra. 

Chap. V. De Upas Radio sire Upas Tjettek alque de Rgno'Colubrino. (p. 60-72). Un autre poison, employe 
par les indigenes a rempoisonnement des fleches, surpasse encore le precedent en violence, et vient d'un 
arbrisseau tout different de celui-la. LESCHEKAUI.!, quoique les fleurs lui en fussentinconnues, I'a rapporte au genre 
Strychnos , ce que M. BLUME vient de confiraier par 1' inspection des fleurs. RDMPHICS avail deja parle del' Upas Radja 
(Herb. Amb. II. p. 265), mais la planto-mere lui etail inconnue. L'anteur peint dans ce ehapilre cette partie 
de la vegetation montagneuse de Java, qu'il appelle region des Jrtocarpees, et cela d'une maniire, qui, tantpar 
1'elegance et la purete du style que par la beaute du tableau entier, peut servir de modele pour la description 
d'une vegetation aussi riche que majeslueuse. C'etait une idee heureuse executee d'une maniere eclatante, que 
celle de ne pas se reslreindre sculement a la description systeinatique des vegetaux Indo-Orientaux; mais de dormer 
un tableau colore de la vegelation enliere C'est pourquoi 1'auteur a aussi ajoute de beaux tableaux representant 
des vues sur ces diverges regions de la vegetalion, executes par 1' habile pinceaudeM. PATEM. Apres avoir parle 

Bulletin N. 24. 31 JUcembre 1838- 4 



( 186) 

des proprietcs du poison de Y Upas Tjettek et de la mnniere de le recueillir et de le preparer, 1'auteur passe 
a la description du I. Strychnos tieute Lcsch. (Ic. Tab. XXIV.) 2. Sir. ligustrina (Ic. Tab. XXV) caule arboreo, 
ramulis acirrhis apice interdum subspinescentibus, foliis ovatis ellipticisve obtusis rarissime acutis basi allenuatis 
trinerriis glabris, cymis terminalibus, paucifloris, baccis globosis 2 -8 spermis. Syn. Strynhnos colubrina auct. 
(baud Linnei et tantummodo quoad Rumphii citatum). Lignum colubrinum. Caju Ular. Rumph. II. p. 121. Tab. 38 
(male). Lignum colubrinum off. BREYN. Icon, et Descr. p. 1 9. Tab. V. fig. 2. LINNE avail deja remarque (Amoen. 
' Ac. II, p. 116), quo le Cndjuular de RDMPJIIDS etait fort different des autres espeees de Strychnos, rapporle 
pourtanl par les autcurs an Str. Colubrina de Linne. M. BI.UME distingue trois espeees, confonrlues sous le nom dc 
SIR. COLCBRINA. 1. STR. CULLBRIHA , caule sarmcntoso, cirrbis siraplicibus lateralibus solitariis foliis ellipticis oblon- 
gisve obtusiuscule acurainatis triplinerviis glabris, cymis terminalibus paucifloris, baccis globosis 2 12 spermis. 
WALL. fl. ind. II. p. 264. Hodira Caniram RDEED. H. M. 8. Tab. 2-4. Cresc. in Malabaria , forte in Zcilania. 
2. Str. minor: caule sarmentoso, cirrhis simplicibus axillaribus oppositis ant solitariis rectis aut recurvis, foliis 
ovalis acutis mucronatis breviter tri-aut quintuplinerviis trinerviisve ad costarn subtus pubescentibus, cymis ter- 
minalibus, baccis globosis 24 spermis. Str. colubrina Herb. Royen. Tjeru Katuvalli Caniram Rheed. II. M. 7. 
T. 5. Cresc. in Zeylania , insul. b'aypyn et ora Malab. 3. Str. farinosa : caule arboreo , cirrhis simplicibus 
Jateralibus solitariis, foliis elliptico-oblongis subtus glauco-farinosis. Du PETIT TDODARS in Diet, des Sc. nat. VI. p. 
429. Cresc. in Madagascaria. M. BLIIME ajoute que le lignum colubrinum provient des differentes espeees de 
STRYCIINOS. 

Chap. VI. Collectanea ad monographiam Aroidearum , prcecipuc ad meliorem generum indicorum coynitionem 
(p. 73). Depuis longtemps M. BLUSE avail prepare une Monographic des Aro'idees, dont il nous offre ici unc 
partiebieniraportante. Voici un Tableau decetle familleselon noire auleur. AROIDF.& Juss. Dlvisio I. ARACE.B (Aroidese 
verce R. Br. Androgynantheoc Schott). Trib. I. PISTIACE.S Rich. Gen. I PISTIA. L'auteur remarque que Id structure 
de cette pi. n'est point aussi simple, quo M. LISDLEY 1'a voulu avancer, en placant ce genre pres du Lemna dans 
la famille des Pistiacees. Les nerfs des feuillesconliennent evidemment des vaisseaux spiraux Ires-fins. 1 P. Stratiotes 
L. 2. P. minor sive Kiambani Kitjil RDMPH. VI. p. 177. 3. P. crispata sive Kodda Pael. Hort. Mai XL p. 63. Tab. 
32. 4. P. occidentalis, est 1'espece qui croit dans les Antilles et le continent voisin. II. AMBROSINIA Bassi (Ic. 
Tab. XXXVI. 13.) Tribus II. Cryptoconjnece. III. CRYPTOCORYNE Schott. 1. C. spirulis (Ic. Tab 36 C.) Syn. 
Arum spirale Retz. 2. C. tiliata. Syn. Ainbrosinia ciliata Roxb. Corom. III. p 90. Tab. 294. 3. C. ovata. Syn. 
Arum ovatum L. Karinpala Hort. Mai. XI. p. 45. Tab. 23. IV. STYLOCHATON Leprieur Ann. d. Sc. Nat. 1834. II. 
p. 184. Tab. 5. 1. Str. hypogwum. Trib. III. Dracunculince Schtt. Subtribus I. Arisarece Schtt. V. ARI- 
SARCM Tournef. Inst. p. 131. 1. A. vulgare. Syn. Aram Arisarura L. Arisarum australe Kich. in Archiv. Bot. 1813. 
p. 20. Tab. 2. 2. A. proboscideum. Syn. Arum prob. L. 1 7. VI. ARISJSMA Mart, in Bot. Zeit. 1831. p. 459. I. A. 
crubescens Syn. Arum erub. Wall. PI. as. rar. II. p. 30. Tab. 13o. 2. A. Leschenaultii , foliis pel tati-sectis 
segmentis (denis-duodenis) sessilibus oblongis acuminatis erosis parallelo-venosis , spadice clavato- obtuso spatha 
subfornicata breviore. Eab. in terra cont. India? in montosis Nelligerris a LESCUEN. reperla el in Mus. paris. ser- 
vata. 3. A. echinatum Syn. Arum echin. Wall. PI. as. rar. II. p. 30. Tab. 186. 4. A. ncpenthoides. Syn. 
Arum. nep. Wall. Tent. fl. nep. p. 26. Tab. 18. 5. A. Jacquemonti, foliis peltali-sectis, segmentis (quaternis 
quinisve) sessilibus oblongis longe acuminalis, spadice filiformi spatha subfornicata subulato-acuminatissima bre- 
viore. Hab. in montibus terra3 continentis Indite or. a Jacquemont report; in Mus. Paris. 6. A. hastatum, foliis 
corduto-hastatis seu hastato-tripartitis denticulatis, spadice clnvato-obtuso spatha ovata acuminata breviore. Syn. 
Arum virginianum Palis, ined. (non L.) Hab. in Amer. sept. foed. , fide Herb. Lessert. 7. A. brasilianum , foliis 
trisectis, segmentis sessilibus ovalo-ellipticis acuminatis, lateralibus extrorsum lobatis, spadice clavato-obtuso spa- 
tha ovata breviore. Syn. Arum tripbyllum L. ex parte (scil. synon. quoe ad pi. brasil. pertinent) sp. pi. p. 965. 
Lamarck, Willd., Spr. (omn. ex parte). Dodarl mem. 81. fig. 273. 8. A, atrorubens Syn. Arum alrorubens 
Ait. Dort. Kew. III. p. 815. A. triphyllum L. ex parte. Lam. Euc. ex parte. 9. A. ringens. Syn. Arumringens. 



( 187 ) 

Thb. 10. j4, laminatum (Ic. T. XXVII et XXXVII fig-. E.)foliis trisectis, segmentis lateralibus subsessilibns, 
inlermedio ansnto, ellipticis acuminatis integerrimis, spadice subulate spatha erceta ovata acuminatissima breviore. 
Hab. in sylvis Javac ocrid. 11. A. costatum. Syn. Arum costatum Wall. Tent. fl. nep. p. 28. Tab 19. 12. A. 
speciosum. Syn. A. speciosum Wall. 1. <r p. 29. Tab. 20. 13. A. intermedium , foliis trisectis, segmentis sessilibus 
intermedio ovato-elliplico, lateralibus semicordato-ovatis, acuminatis remote penninervigeris, spadice elongato- 
snbuliformi spatha subfornicala acuminata niulto longiorc. Hab in Ind. Or. a Jacquemont lect. in Mus. Paris. 
H. A.filiforme (Ic. T. XXVIII), in Java et Sumatra. Syn. Arum fil. Ueinw. in Cat. H. Buitenz. p. 103. 13. A. l)ra- 
contium. Syn. Arum. Drac. L. 16. A. Boscii, foliis pedati-sectis, segmentis (7 11 aut pluribus) omnibus sessilibus 
lineari-lanceolatis acuminatis, integerrimis, spadiee subuliformi , spatha erecta aeuminata dimidio longiore. Hal), in 
Amer. sept, fideexempl. a Bosc et Palisot lect. in Herb. Lessert. 17. A. Thunbergii, foliis pedali-sectis, segmentis 
(1015) sessilibus lanceolatis setaceo-acuminatissiinis integerrimis, sp.idioc subuliformi tortuoso-descendente spatliant 
superne acuminatam subfornicatatn longe superanle. Syn. Arum Dracontium Thunb (baud L) fl. jap. p. 233. 18. A. 
tortuo.iMm. Syn. Arum tortuosum Wall. fl. As.rar. II. p. 10. Tab 114. 19. A. japonicum , f. pedali-sectis, segnieniis 
(7 la) lateralibus sessilibus , in lermedio ansa to , oblongis acuminalissiniis subrepandis , spadice clavato-obtuso spatha 
superne fornicato-incurva acuminata breviore. Syn. Arum DracunculusTbunb. (haud L) fl. jap p. 233. 20. A. ser- 
ratum. Syn. Arum serratum Thunb. Ac. Soc.Linn.Lond.il. p. 338. - 21. A. cochinchinense , foliis pedati-seclis, 
segmenlis sessilibus lato-lanceolalis integerrimis, spadice subulato spatham superante. Syn. Arum Draconlium Lour, 
(hd. Linn. 1 ) excl. syn. - Species dubiae : 22. A. pumilum Syn. Arum pumilum L. - 28. A. Loitreiri foliis trisectis, 
segmentis lanceolalis, spadice subululo spalbam superante. Syn. Arum triphyllum Lour, (baud Linn.) excl. Syn. Thb. 
t Pluk. 24. A.pytlwniiim. Syn. Arum pythonium Mart. Am. bot, mon. p. 18. 25. A. pentaphyllum. Syn. Arum 
pentaphyllum L. 26 A. heptaphyllum, foliis peltati-sectis, segmentis (6_7) sessilibus oblongis obtusis spadice 
erecto fusiform! spalham superne erecto-pateiitem ovatam acutara adsequante. Syn. Serpentaria orientalis sive Dracun- 
culus etc. Zan. rar. stirp. p. 100. Tab. 173. fig. 3. 27. A. tenosum. Syn. Arum venosum Ait Hort. Kew. 28. 
A. heterophijllum, foliis pedati-sectis, segmentis (7-11) omnibus sessilibus oblongis brevi-cuspidatis integerrimis 
simpliciler penninervigeris inlermedio bilateralibus minorc. Hab. in Japonia, fide sp. a Burger lect. in Herb. Lugd. 
Bat. 29. A. latlsectum, foliis peltatiseclis , segmentis (6 et fortasse crebrioribus) ellipticis longe cuspidatis integerri. 
mis, intermedio ansato , lateralibus sessilibus. Hb. cum priori ; an var. A. Thunbergii ? 8"). A. amplissimum , foliis 
(amplis) pedati-sectis segmenlis (II 15) oblongis longe cuspidatis arcle parallfllo-penriinervigeris repandis, inter- 
medio ansato lateralibus sessilibus. lib. cum priori. SI. A. I'lukenetii. Syn. Arisarum virginianum, Dracontii foliis, 
pocne viride etc. Pluk. Almag. p. 82. Tab. 271. fig. 2. Subtribus II. EUAROIDEJE (Euaroideaeet Dracunculeo: Sch.lt.) 
VII. Biarum Schtt. 1 . B. tenuijOlium. Syn. Arum tenuifolium L. 2. B. gramineum. Syn. Ar. gramineum Lain Encycl. 

Nat. III. p. 10 3. B. Bovei(Ic. Tab. XX IX) foliis ovatisseu lanceolato oblongis obtusiusculis, spatha superne pa lento 

spadicem subuliformen adajquante. Syn. Calla fol. ovatis Gron. pi. or. p. 116. Hab. in Orient. etj'Egyplo. fidesp. 
Bovei. 4. B. Homeid f. lanceolato-spalhulatis obtusis. Syn. Arisarum Homaidt Rauw. Hodoep. I. p. 115. fid. sp. in 
ejusllerb. 5. B. Oliverii f. Innceolato-linearibus acuminatis, spatha erccto-fornicala acuminalissima. Hab. in Orient, 
fid. sp. Oliv. in Mus. Paris. VIII. Arum L. et auct. ex parte. 1. A. vulgare Lain. 2. A. italic-urn. $. A. Jacqueiiioulii, 
foliis cordato-hastatis lobis baseos obtusis, spatha superne lanceolata acuminatissima, spadicis apice cyliudrico, obtuso. 

Hb. in alt. mont. Asioc austr. inter, fid. spec. Herb. Paris. 4-. A. syriacum foliis , spatha superne oblonga 

acuminata , spadice elongato cylindraceo obtusiusculo. Syn. A. Syrcac. flore macul. Herm. Par. Bat. p. 75 ; Hab. in Syria 
fide Hb. Lessert. 5. A.pictum L. fil. Syn. A. balearicum Buchoz Dec. 8. PI. 11, A. corsicum Lois. Flor. Gall. 671. 
6. A. virginicumL. Species magis minusve imperfecle notae : 7. A. pyrenaicum Lep. 8. A. orientals Bieb. 9. A. 
byzantinum Clus. 10. A. heterophyllutn, foliis oblongis obtusiusculis ad basin subcordatam passim biauriculatis , 
auriculis semilanceolatis inflexis, spatba superne ova to subacuata , spadicis apice cylindrico obtuso. Hb in Mesopotam. 
fide sp. Herb. par. II. A. spiculatum, foliis hastatis, lobis baseos productis linearibus, spatha superne ovata 
acuta , spadicis apice brevi cylindraceo obtuso. Hab. in Syria et Perside fide Herb. Par. 12. A. Rauwolffii, foliis ovatis 



(188) 

hasfato-trilobis, lobis lateralibus lineari-Ianceolatis arrectis, spatha superne ovata lanceolala acuminata, spadicis 
apice brevi cylindraceo obtuso. Syn. Ar. auriculis longiss. Oviduc arabum Rauw. 1. c. p. 116. Species imperfeetissirae 

notoc : 13. A. (oegip'ium) eiiguum. fesl 14. A. (orient ale) minus Moriss. IX. DRACUNCULCS TOBR\EF. SCDOTT. 1. 

Dr. polyphyllus C. Bauh. (Ic. T. XXXVII G.) Syn. Ar. D r acunculus L. 2. Dr. minor Rauw. El. Syn. Arum crinitum 
Hort. Kew. A. dracunculus Buchoz Cent 2. Dec. 10. T. 1. X. SAUROMATUB. SCHTT. I. S.pedatum. Syn. Ar. pedatuni 
Fitch. 2. S.guttatum Syn. Arura guttatum Wall. as. rar. II. p. 10. Tab. 1 1 5 XI.TnEKiopnoNus ( Ari sp. Wight. Thyphonii 
sp. Schtt.). Spatha inferne cnnvoluta. Spadix snperne nudus, inferne interrupte androgynus, organa rndiraentaria 
infra et supra stamina. Antheroe definitae , biloculares, loculis poro terminal! dehiscentibus. Ovaria libera, 3 - 8 ovu- 
lata , .ovulis erectis , fundo affixis. Baccoe oligo-aut abortu monospermae. 1. Th. crenatum. Syn. Arum cren. Wight in 
Hook Bot. misc IV. p. 100. tab. suppl. III. XII. THYPHOJUBH Scnrr. 1. T. diraricatum (Ic. T. XXXVI. A.) Syn. 
Arum diversifolium Bl. Cat. Kort. Buit. p. 102. A. orixense RBr. Prod, ex parte. A. trilobatum (haud L) Thunb. A. 
divaricatum L. Arisarum amboinieum Rumph. V. p. 320 T. 110. f. 2. 2. T. trilobatum Syn. Arum orixmse Roxb. 
Andr. Rep. 356. Bot. Reg. 430. R. Br. Prod, ex parte. A. tiilobatum L. ex parte. 3. T. cuspidatum (Ic. Tab. XXX. 
f. 12.) Syn. Arum cuspidatum Bl. Cat. Hort. Buitenz. p. 101. 4. T. flagelliforme. Syn. Arum flag. Lodd. Bot. Cab. 
396. 5. T. minutum Syn. Arum minutum W. A. mucronatum Spr. (haud L) ex parte. 6. T. cocliinchinense. 
Syn. Arum Arissarum Lour. fl. coeh. SUBTRTBUS III. ATIIEHURE.<E. XIII. ATIIEHCRUS (Ari sp. auct.). Spatha ad basin 
convolutam spadice unita. Spadix inferne interruple ndrogynus , superne nudus: organa rudimentaria nulla. 
Antheroe sessiles, coadunatae , rimis duabus transversalibus dehiscentes. Ovaria libera, ovula solitaria, basifixa, 
erecta. Styli breves, stigmate subpeltalo, indiviso. Bacctc monospermoc. 1. A. ternatus Syn. Arum bulbosum 
Herb. Pers. A. atrorubens Spr. (haud Ait.) A. fornicatum Rolh. p. ind. or. A. subulatum Desf. Cat. H. P. ed. 

2. A. triphyllum Houtt. ex parte. A. ternatum Thunb. fl. Jap 2. A. tripartite (Ic. Tab. XXXI et XXXV II. 

fig. 2.) foliis tripartitis, scapo petiolo ebulbi breviore. Hub. in China; eulta in Hort. Buitenz. TRIB. IV. TIIOM- 
SOKIEJE. XIV. AjiORpnopnAU.cs. 1. A. campanulatus (Ic. Tab- XXXII et XXXIII ) Bl. in Decaisn. Herb. Timor. Syn. Arum 
Rumphii Gaud, in Freyc. Voy. (excl. Syn. Horl. Mai. et Hb. Amb. 2. A.dubius, petiolis glabris, spatha spadice 
superne rotundato-obtusa longiore. Syn. Schena H. Mai. XI. p. 35. T 18. 3. A. Mulleri , petiolis Uevibus, spatha 
ovata acuta superne patente spadice clavato obtuso breviore, antheris quadri-quinquefariam aggregalis. Hab. in Java. 
4. A. giganteus (Ic. T. XXXIV), petiolis verrucoso asperis, spatha ovata o'tusiuscula superne patenle spadicem cylin' 
draceo-fusiformem parum superante, antheris absque ordine congeslis. Syn. Draoonlium paconifolium Denst. Clav. H, 
M. Dracont. polyphyllum Houtt. ex parte. Mulenschena Hort. Mai. XI. p. 7. T. 19. 5. A. sativus = Tacca Ruraph. 
Amb. V. p. 824. T. 112. (mala). 6. A. variabilis (Ic. Tab. XXXV et XXXVII H), peliolis Icevibus, spatha-oblongo- 
ovata acuminata superne erecto-patente spadice (in fundo spatha;) sessili acutiusculo cylindraceo fusiform! dimidio 
breviore. Hb, in Java. 7. A. Zeylanicus, petiolis locvibus, spatha ovala acuta superne erecto patente spadice (in fundo 
spa. hoe) pedunculalo cylindraceo-fusiformi aculiusculo multo breviore. Hab. in Ceylon fid. sp. Koenig. Herb. Roy. 8. 
A punctulattts , petiolis Itcvibus, spatha oblongo lanceolata obtusiuscula spadice cylindraceo-fusiformi obtusiucub 
paullo breviore Hab. Java. 9. A. bulbifer. Syn. Arum bulbiferum. Roxb. in Curt. Bot. Mag. N. 2072 et 3508. Hab. in 
Bengal, et Java. L'auteur remarque , que dans les iles Philippines aussi se trouvent des especes de ce genre, selon 
Rayus Hist. pi. HI in App. , et deux especes dans la region Africaine entre les tropiquesdeterminees selon des specimens 
imparfaits cueillis par Palisot et Leprieur, savoir: A. difformis et A. consimilis. XV. THOMSORIA Wall. (Pytho- 
nium Schtt.) Th. nepalensis. Gen. affine : XVI. Aglaonema Scnrr. 1. A. simplex (Ic. Tab LXV et XXXVI D), foliis 
oblongis protuberanti-venosis. Syn. Ar. integrifolium Schtt? Caladium simplex Bl. Cat. II. Buitenz. 2. A. maranta- 
folia (Ic. T. LXVl) foliis oblongis obsolete parallelo-venosis. Syn Appendix erecta Rumph. V. p. 487. T. 182. fig. 2. 
3. A. maculata (espece douteuse) rcferant Dracunculus Luzonis primus coet. Ray. Hist. III. App. p. 36. 7. 

CHAP. VII. De quibusdam plantis minus cognitis e familia Pandanearum. (p. J5o. seqq.) M. Blume traite icide 
quelques especes, precedemment mentionnees par Rumphius , maisimparfaitement connues, en sereservantd'exposer 
dans un cbapitre particulier les Pandanees arborescentes, d'une vegetation imposante , qui ornent les regions lillorales 



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rlcs Moluques. FHETCINETIA GABD. 1. F. strobilacea (Ic. T. XXXIX). Caudice scandenle radicantc , foliis elongatis 

linearibusacuminatissimisapicespinuloso-dentieulalis, spadicibuslaleralibus (subternis) squamis in strobilumovoideum 
congestis involucratis, masculis elongato-cylindraceis. Syn. Pandanus funicularis Rinnph. IV. p. 158. T. 82. 2. F. im- 
bricata (Ic. T. XL). Caudice scandente foliis elongatis linearibus acuminatisbasi apiccque spinuloso-denticulatis, spa- 
dicibus terminalibus breviter pedunculatis, femineis (subbinis) ellipsoideo-globosis ovariis tri-pentagynis. Hab. Java. 
8. F.javanica (Ic. T. XLI). Caudice scandente, foliis lineari-lanceolatis acuminatis apice spinuloso-denticulalis, spa- 
dicibus terminalibus breviter pedunculatis, femineis (ternisaut quinis) cylindraceis, ovariis tri-tetragynis. 4. F. 
insignia (Ic. T. XLII). Caudice scandenle, fol. longissimis linearibus acuminatissimis rigidis ima basi apiccque spinu- 
loso denticulatis. spadicibus terminalibus breviter pedunculatis, feraineis (ternis aut quinis) cylindraceis, ovariis di- 
trigynis. Hab. in Java, N.Guinea. 5. F. angusli/olia (Tab. XLIII 1 . Caudice scandente, fol. elongatis angusto-linea- 
ribus acuminatissimis apice spinuloso-denliculatis; spadicibus terminalibus breviter pedunculatis, masculis femineisque 
cylindricis, ovariis trigynis. Hab. in Java. PI. aRumphioYI. p. 21. T. 8. f. 2. descripla , proxima, dicenda Fr. gra- 
minea , Hab. stfirilis etiam in Java. 

CHAP. VIII. J)e noeo quodam genere e familia Laurinearum. DEHAASA BL. 1. Deh. microcarpa (Ic. T. XL1V) , 2. 
D. media (Ic. T. XLV), 3. D. elongata (T. XLVII), 4. 1). cuneata (Ic. T. XLVI). M. Nees v. Esenbeck ayant deja 
enumere ces especes dans son Syst. Laurin., nous les passons ici sous silence. 

CHAP. IX. De quibusdam Passifloreis Indies Orientalis. Lesplantes de cette famille sont si rares dans 1'Inde Orion- 
tale et surtout mix Moluques, qu'on n'en trouve aucune espece dans 1'ouvrage de Rumphius, et seulement quel- 
ques unes dans Rheede H. M. V11I, p. 3945. Les especes indo-oricntales brillent plutot par la beaute des fruits quo 
par I' elegance des flours. MODECCA RHKED. LAM. 1. M. obtusa (Ic. T. XLV1I1), decrit deja dans Bl. Bijd. fl. Ned. 
Ind. p. 939. 2. M. cordifolia (le. T. XL1X) . decrit 1. c. 8. M. populifolia fol. membranaceis longe petiolatis ova- 
tis, acuminatis, fructibus clavato-ellipsoideis obtusis. Hab. in Timor. D'autres especes de cette famille appartiennent 
a la section Polyanthea DC. du genre Passiflora, quoiqu'elles se rapprochent par la forme de la paracorolle du genre 
Disemma. 1. P. molluccana (Ic. T. LI), decrit in Bl. Bijdr. Fl. Ned. Ind. p. 938. 2. P. Horsfieldii(Ic. Tab. LII.) 
fol. ovalibus, retusis basi cordatis integerrimis subtus glandulosis et velutino-pubescentibus, petiolo apice biglanduloso , 
cirrho simplici apedunculis bilateralibus cymoso-subquinquefloris dislincto. Hab. in Madurae fruticetis. 

CHAP X. De alia A ntiaris Specie minus noxia. Antiaris innoxia (T. LIV. ) foliis elliptico oblongis acuminatis basi 
obiter inoequali-subcordalis supra scabris sublus velutino-pubescentibus pedunculis.'implicibus, coenanthiis femineis 
turbinato-elongatis. Sijn. A. toxicaria Hook, in Comp. Bot. Magas, n. 11. T. 17. Arbor Toxicaria foemina Rumph. II. 
p. 264. Hab. in Timor. 

CHAP. XI. Collectanea ad cognitionem Myristicearum India Orientalis. A la tete de ce chapitre 1'auteur com- 
munique des observations bien interessantcs sur le commerce des muscades et sur les iles oil ellesse cultivent par 
excellence; mais 1'espacede noire feuille nous empeche d'en donner un extrait. Une traduction complete serait sans 
doute tres-bien venue au public. La planche XXXVIII offre le superbe tableau, d'une forct de la region des 
Artocarpees, que la main de I'homme n'a pas encore alteree. 

L'auteur propose , de partager les Myristicees indiennes en trois genres ; mais qu'il considere ici encore comme 
sections du genre Myristica L. Sect I. Myristica. Anthercc per totam longitudinem in columma cylindracea con- 
natae, stigma emarginato-subbilobum. Colyledonesplicatoe. 1. M. J'ragrans Houtt. (7c. T. LV, representant un tableau 
magnifique). Get arbre n'est forestier que dans quelques iles des Moluques austro-orientales et sur les cotes de Ceram ; 
mais a present il est disperse par tout 1'archipel des Moluques, quoiqu'on ne le cultive que dans quelques iles de la 
prefecture de Bandan, savoir: Lonthor, Bandan-Neyra et Way. La planche LllI nous offre un aspect superbe sur 
ces belles iles. 2. M. tubijlora (Ic. T. LVI) fol. oblongis obtusiuscuje acuminatis basi attenuatis glabris, pedun- 
culis axillaribus lateralibusve paucifloris, peranthiis (masculis) cylindraceo-tubulosis fructibus cernuis ellipsoideo- 
elongalis rostratis'glabriusculis. Hab. ora Nov Guinea:. 3. M lepidota (T. LVII) foliis lanceolatis longe acuminatis 
basi acutjs discolorib:is , floribus fasciculalis axillaribus, fructibns subsolitariisobovoideis et ramulis foliisque subtus 



( 190) 

ochracescenti-lepidotis. Hab. in Nov. Guinea vicinisquc insulis. 4. M. iners (Ic. T. LVIII). Bijd. fl. Ned. Ind. p. 
873. 5. M.fatua Houtt. (Ic. T. LLX.) Syn. M. spadicea Bl. Bijd. Ned. Ind. p. 577. M. officinalis Gacrln. quoad. Syn. 
Runiph. M. dactyloides Gacrtn. , except syii. ad pi. raalab. pert. M. tomentosa Thb. quoad pi. malacc. Sect. II. KNEMA. 
Flores tinibracteati. Anlherae in apicc columns radialo-divergentes. Ovarium simplex, stylo nullo aut brevi termi- 
natura. Stigma in aliquot lobos sive denies breves divisum. Cotyledones plante. 6. M. (Knema] glauca (Ic. T. LX) 
Bijdr. fl. Ned. Ind. p. 576. 7. M. (Kn.) laurlna (Ic. T. LXI) Syn. M. tomentosa Bl. Bijdr. p. 577. Sectiolll. 
PYRRIIOSA. Florum pedicelli bracteati. Antherae margine repando columnac apice depressoc adnatre. Ovarium snepe 
duplex, allero plerumque abortivo. Stigma sessile, indivisum aut obsolete emarginatum. Cotyledones planee. 8. 
M. (P.) javanica (Ic. T. LXlIi Bl. Bijdr. p. 576. C'est a cette section qu'appartiennentsansdoute les Palalce reliquae 
rninores Herb. Amb. II. p. 27. a. M. tingens , 1. c. p. 27. T. 7. b. M. unijormis Lam. , est bien douteuse. c. M. cana- 
riformis seu Pal. canariformis Rumph. 1. c. p. 28. T. 8. d. M globularia (baud. Lam.) sen P. globularia R. 1. b. T. 9. 
e. M. glabra Bl. Bijdr. f. M. Icecigata de 1'ile de France dans 1' Herb, de Paris sous le nom de Muscaclier sauvagc 
globuleux. g. M. aruana seu P. ar. R. p. 56. Tab. 24. fig. 3. 9. M. (P) Horsfieldii (T. LXIU) Bl. Bijdr. p. 577. 

CHAP. XII. De quibusdam Orchideis e Tribu Vanillearum. VANILLA. 1. V. albida(1al). LXVII). Bl. Cat. Hort. 
Buitenz. p. 100 et Bijdr. fl. Ned. Ind. p. 422. 2. V.planifolia Ait. (T. LXVIII.) Syn. V. viridiflora Bl. Bl. Bijdr. 
Cultivee dans le Jardin de Buitenzorg. 3. V. aphylla Ic. T. cit.) Bl. Bijdr. p. 122. CTRTOSIA Bl. 1. C. javanica 
Bl. (T. LXIX) Bijdr. fl. Ned. Ind. p. 396. - EBYTHSORCHIS. 1. E. altissima. (Tab. LXX). Syn. Cyrtosia altissima Bl. 
Bijdr. p. 396. 

En lerminan I cette analyse du present ouvrage de M. Blunie, il nous semble encore indispensable de remnrquer que 
chaque plante a ele decrite par 1'auteur (exccpfe la phrase diagnostique^ d'une maniere tres-detaillee, etcela dansun 
style qui, aussi bien sous le rapport de la glossologie que sous celui de la purete de 1'expression et de la beaute du 
langage ne laisse rien a dcsirer. 

L'aper^u le plus superficiel de la Rumphia annoncc d'abordque 1'auteur n'a point voulu s'arrcter a la description 
purement botanique de la vegetation indienne; mais qu'il nous ydonneles fruits de recherches plus etendues, en 
envisageant cette vegetation et si riche et si majestueuse en rapport avec 1'homme en general, avec la statistique, le 
commerce et la medecine. Nous terminons en soubaitant que, quiconque ne s'occupe pas particulierement de 1'etude 
scientifique du regne vegetal, y puise, il y trouvera toujours bien des choses digncs de son attention ; c'cst aussi 
sous ce point de vue que la Rumphia doit etre bien specialcment recommandee au gouvernement indo-oriental et aux 
inedecins. 

Leerboek tot de kermis der Artsenljgewassen, derzelver zamenstelling , krachten , gebruik 
en pharmaceutische bereidingen , door F. A. W. MIQUEL. Te Amsterdam, bij C. G. Sulpke. 
1838. pp. XLIV et 406. 8. (Traite de Botanique medico-pharmaccutiquc.} 

Tabulae Craniorum diversarum Nationum. Delineavit et descripsit GERARDUS SANDIFORT. 
Lugd. Bat. apud S. et J. Luchtmans , Academi* Typographos MDCCCXXXVIII. 

L'autcur se propose de publier dans 1'ouvragc, dont nous annoncons maintenant la premiere livraison, les cra- 
nes des differentes nations. C'est le Museo anatomique de Leyde qui lui fournira la majeure quantite d'objets. Les 
cranes dessincs en grandeur naturclle par 1'auteur lui-meme sont graves par \eehvaard d' Amsterdam. Us sont repre- 
sentes du profil gnucbe et de la face anlerieiire. Chaque plancbe, grand in folio, est accomplice d'nne feuillede 
texteen latin , contenant 1'histoire et la description la plus dctaillce du crane, et enfin des mesures precises des 
divers cliamelres, de leur relation , tics circonferences , de la caparite etc. 

La presente livraison contient six planches representant : Cranium foemincs groenlandicce. C. Romani. C.Amboi- 
nensis. C. Caffri. C. Hottcntottae. C. Boschjcsmanni. 

L'importance du sujel, les descriptions fidtes par un savant d'unc reputation curopeenne, et la parfaite execution 
' des planches, donncront unc juste celebrile a cct ouvrage. 



(191) 

Anatomischc Beschrcibung eines monstrosen sechsfussigen Wasserfrosches , (Rana esculenta) 
von Dr. J. VAN BEEN, Mitglied der Koniglichen Medicinischen Gesellschaft zu Copenhagen, 
practischem Arzte zu Zwolle. Leyden, bei S. und /. Luchtmans, 1838. 4. pp.24. (Descrip- 
tion anatomique d'une grenouille monstrueuse hexapode.) 

La description tres-detaillee de cette interessanle monstruosite est illustree par deux planches lithographiees , 
representant 1' animal entier et 1'anatomie des parties surnumeraires. L'animal fut pris pros de Rotterdam et com- 
munique a I'auteur par II. J. van tier Hoeven. 

Nederlandsche Insekten , beschreven en afgebeeld. Amsterdam, chez Sepp. (Lepidop- 
tdres indigenes.} N. 264268. 

Contient : 

Geometra Loevigaria. Bornbyx Grammica. Bombyx austera. Geometra Scabraria. Tinea Upup&pennella. 

Los dessins de ces especes et 1'histoire de la metamorphose sont de la main de M.M. VER HUELL a Rotterdam et 
TRAP a Leyde. 

Tijdschrift voor Natunrlijke Geschiedenis en Physiologic , uitgegeven door J. VAN DER 
HOEVEN en W. H, DE VRIESE. (Journal d'Histoire Naturelle et de Physiologic.) Tom. V. N. 1 
2 et 3. Levden 1838. 

Contient: 

1. C. J. TEMMINCK, sur les genres Thaphosous , Emballonura , Urocryptus et Diclidurus, p. 1 84. 

2. F . A. W. MIQUEL, recherches sur 1'irritabilite des feuilles du Mimosa pudica, p. 35 60. 

3. S. MCLLER, Observations sur les Crocodiles indiens et description d'une espece nouvelle. p. 61 87. 

4. J. VAN DER HOEVEN, Idees sur la valeur de la Zoologie et sur la meilleure maniere de 1'enseigner, p. 88112. 
Jj. J. M. MOLKENBOEII, Note sur le Brassica oleracea costata nepenthiformis DC. p. 114 133. 

6. S. MULLER, Memoire sur quelques mammiferes nouveaux de 1'ile de Borneo, p. 134 150. 

7. J. VAN DEEM, sur les fibres anterieures et posterieures de la moelle, p. 151 186. 

8. W. H. DE VRIESE, Encephalartos Marumii nova species Cycadearum , p. 187189. 

9. G. VROLIK et W. H. DE VRIESE, experiences sur 1'elevation de temperature du spadice de Colocasia odora, 
p. 190-229. 

10. C. HASKARF, , Note sur 1'elevation de temperature dans quelques Aroi'dees, observee dans 1'ile de Java, p. 
230282. - 

11. J. J. BRUINSMA, Note sur le merite en Botanique de M. Dr. H. ANDRE.*, suivie de remarques, par C. MDLDER, 
p. 233 2S4. 

12. C. HASBABL, Plantarum rariorura Horti Bogoriensis Decas prima, p. 255-271. 



( 192 ) 

INSTITUT ROYAL DES PAYS-BAS. 

S. M. le Roi a approuveles nominations suivantes de quelques membres, failes par la Premiere 
Classe de 1'Institut des arts , sciences et belles lettres. M.M. J. C. Rijk , Commandant de 1'Instilut 
royal pour la marine , a Medemblik ; B. H. Goudriaan , Ingdnieur en Chef du "Walerstaat , 
a la Haye ; W. Wenckebach , Lecteur a l'Acad6mie militaire a Breda ; J. van den Bosch , Lieu- 
tenant Gen6ral , Ministre pour les Colonies a la Haye ; et W. H. de Vriese , Professeur 
extraordinaire a 1'illustre Athen6e d' Amsterdam. 

La Classe a nomm6 correspondants M.M. G. Simons , Aviseur au Ministere des finances 
a la Haye ; A. Goekoop , Inspecteur du Waterstaat a Arnhem ; P. 0. C. Vorsselman de Heer, 
Professeur a 1'Athenee de Deventer; F. A. W. Miquel, Docteur en Med. Lecteur en botani- 
que a 1'Ecole m6dicale de Rotterdam ; A. A. Sebastiaan, Professeur d' Anatomic et de Physiologic 
a 1'Univcrsite de Groningue; J. R. de Vos , Docteur en m6d. a Calcutta; Th. Horsfield, 
Docteur en m6d. a Londres; J. Liebig, Professeur h Giessen ; H. K. W. Berghaus, Pro- 
fesseur a Berlin , et M. Dumas , Professeur a Paris. 



.ij ,r.7i;l ob yti'J f.nnb 

. 



TABLE DES MATURES 



CONTENUES DANS C E VOLUME. 



PHYSIQUE. 

Pag. 

1. Action de I'acide sulphurique etendu sur le Zinc distille, place dans des vaisseaux 
isolants et non isolants , par M. A. F. van der Vliet 7. 

2. Variations de V aiguille de declinaison, pendant I' apparition de I'aurore boreale </18 
Fevrier 1837 , observees d Breda , par M. W. Wenckebach 22. 

3. Sur la variation diurne dans la pression de I' atmosphere , par le merae 24. 

4. Experiences thermo-electriques , par M. S. Bleekrode 70. 

5. Appareil et experiences thermo-eleclriques , par M, S. Brouwer 71. 

6. Action thermo-electrique du Mercure , par M. P. O. C. Vorsselman de Heer. . . 124. 

CHIMIE. 

1. Composition de I'acide pectique et de la pectine, par M. G. J. Mulder 13. 

2. Sur la Theine et la Cafeine, par le m6me 32. 

3. Composition du mucilage vegetal, par le meme 35. 

4. Sur Vinuline et Vamidon du Lichen d'lslande , par le me"me. ........ 40. 

5. Analyse de I'urine d'un cochon , par M. H. C. van Setten 43. 

Bulletin, S.i 15. 



Pag. 

6. Analyse de I' Upas Antiar , par M. G. J. Mulder 49. 

7. Sur une kuile C 1 H 1 separee de I'huile de Canelle , par le meme 72. 

8. Sur la Chondrine, par le meme 77- 

9. Maniere de determiner le Nitrogene dans les analyses organiques , par le meme. . 79. 

10. Sur le sulphate de cuivre ammoniacal , par le meme 82. 

1 1. Stir la composition de quelques substances animales , par le meme 105. 

1 2. Notes sur la gomme arabique , facide pectique et la composition des tourbes , par le meme . 13^. 

13. Sur la composition de la cire dabeilles , par M. van der Vliet. ....... 134. 

14. Sur le sucre dc gelatine et la leucine , par M. G. J. Mulder 145. 

15. Acidc Kantho-proleique , par le meme. . r \ '"-i 152. 

16. Action de 1'acide hydrochlorique sur la Proteine , par le meme 163. 

17. Sur la dei:ompi>sition des matieres animales par les alcalis , par le meme 166. 

18. Sur les nids cfoiseaux mangeables , par le meme 172. 

19. Sur la composition de la tcrre de la vallee empoisonnee de Java, par le meme. . 175. 

20. Sur la composition de quelques stearoptes el Indies essentiellcs , par le memo. . . 175. 

21. Sur Vacide nitro-leucique , par le meme ISO. 

MIKERALOGIE, GEOGNOS1E ET GEOGRAPHIE. 

1. Observations faitcs , dans une excursion a, Sumatra par la commission d'Histoire 
naturelle 57 et 95. 

2. Sur les observations des marrees aux cotes neerlandaiscs , faites par ordre du gouver- 
nement, par M. G. Moll 67. 

3. Sur les memes observations , par M. Tan Rees 69. 

4. Observations geologiques et mineralogiques sur file de Borneo, par M. L. Horner. 125. 

BOTAMQUE. 

1. Notice sur I' Enccphalartos brachyphyllm Lehm, par M. W. II de Vriese. . .. ' 10 

2. Notice sur V Encephalarlos elongatus Lehm., par M F. A. W. Miquel. ... 11. 

3. Description du Drapanaldia minulissima, par le meme 18. 

4. Notice sur le Sargasse de I Ocean, par le meme 19. 

5. Observations sur le canal medullairc et les diaphragmes du tronc de Cccropia palmata 
/. , suivies dc considerations generates sur les diaphragmes medullaires , par le meme ; 

l re partie , pay. 29. 2 Je partie. . ' - \w$. 

6. Remarques sur quelques cspeces de Loranthus , par M. P. W. Korthals. . . .... 44. 

7. Plantarum Caclenrum in Jlnra jlumincnsi rlclineatarum revisio , auct. Miquel. . . . 47- 
8 Revue des Pa I infers dr: I'Archipcl des Indes Orien talcs , I 1 article, par M. C. L Blume. 6t. 



Pag. 

9. Sur le Lemna arrhiza, par M. S. T. Hoffmann , 73, 

10. Observations sur les Cycadees de I'Herbier royal a Leyde , par M. F. A. W. Miquel. 82. 

11. Sur une espece nouvelle d'Isaria du Bresil, par le meme 85. 

12. Remarques sur le parasitisme du Tillandsia aloacfolia Hook. , par le meme. . . . 86. 

13. Miquelia, genus novum plantarum javanicarum , scripsit C. L. Blume. ..." 93. 

14. Ouelques experiences pour determiner I' influence de la lumiere sur I' exhalaison aqueuse 

des feuilles et sur la suction par les tiges des plantes , par M. F. A. W. Miquel. . 99. 

15. Sur la prefoliation des Cycadees , par le meme 129. 

16. Experiences sur I' action des substances veneneuses sur les vegetaux , par le meme. 137 et 160. 

17. Comparaison de la flora neerlandaise avec celle de la Prusse rhenane , par le meme. 149. 

18. Sur le genre Tupeia, par M. P. W. Korthals 15(3. 

19. Note sur le fruit d'Amomum Granum Paradisi, par M. F. A. W. Miquel. . . . 157. 

ZOOTOMIE ET ZOOLOGIE. 

1. Observations sur les yeux simples des animaux articules Cuv, , par M. A. Brants. . 25. 

2 Sur la cause de la sensation brulante prnduite par les Physalies,par M. P. W. Korthals. 42. 

3. Notice sur le genre Limulus et les especes qui y appartiennent , par M. J. van der 
lloeven , pag. 60, et note additionelle. . 136. 

4. Sur une nouvelle espece de Cryptobranchus du Japan, par le meme 90. 

5. Sur V evacuation periodique de sang des organes de la generation des animaux , par 

M. A. Numan 91. 

6. Sur un crane caffre , par M. J. van der Hoeven. 143. 

ARTS INDUSTRIELS. 

1. Sur un mmjen de proteger les chaudieres a vapeur contre I' incrustation des precipites , 
par M. M. A. Bake 7(j 

2. Experiences sur I 'inflammation de la poudre et tincendie dns mines au moyen de I'elec- 
tricite voliaiquc , par M. Merkes 130. 

SOCIETES SAYAWTES, UMYERSITES f EXPEDITIONS SCIENTIFIQUES 

ET WOMINATIOWS. 

Seance publique de /Tnstitut 5 

Nominations des mcmbres nouveaux et des correspondans de /'Institut 192. 

M. van Rees, nomine Professeur ordinaire de Physique a V Academic a* Utrecht ... 59. 

Voyages de M.M. Splitgerber et Forsten. . . 159, 



^ f > 

ITECROLOGIE. 

Pag- 

De G..Moll. ...... ..g.-s.; n 9* . -ww^.W-nfl ' | 3 ' 

De G. Wttcwaall ' 159> 



Revue des livrcs piMies en 1838 , pag. 12. 120, 180 ct suiv.